DU MERCURE
Le principal moyen des médicastres dans le traitement de presque toutes les maladies est le mercure; ils ne savent pas qu'ils empirent l'état de leur malade au lieu de le guérir. — Tenez-vous donc en garde contre les ordonnances où vous voyez figurer calomel, merc, subi, corros., merc. precip., chloretum hg . , bichL hydrarg., argent, viv., et surtout contre l'usage extérieur de Yunguenlum neapolitanum (pommade mercurielle ou onguent gris), qui produit tant de mal ; méfiez-vous également des pilules laxotives mercurielles. On trompe souvent les malades en leur faisant croire que, pour se débarrasser du mercure, ils n'ont qu'à prendre un purgatif. L'homme qui prétend être médecin et tient des propos semblables, prouve ou son ignorance des plus complètes, ou la plus insigne mauvaise foi : car, même enadmettant qu'il fût aussi facile d'expulser du corps le mercure qu'il est aisé de l'y introduire, l'impression qu'il a exercée sur tout l'organisme ne peut s'eftacer immédiatement; elle y restera comme l'ouverture que laisse dans une jambe le clou qui vient d'en être
retiré immédiatement. La blessure, il est vrai, pourra se cicatriser plus tard, mais il faut du temps, et, en outre, un traitement rationnel, car autrement il résulterait des conséquences des plus graves. Donner des laxatifs contre les suites du mercure, serait aussi peu raisonnable que de farfouiller un morceau de bois dans une blessure faite par un clou de fer, et de prétendre qu'il n'en faut pas davantage pour en obtenir la guérison.
On ne se débarrasse pas facilement ainsi du mercure^ et encore moins par la voie des selles. — Il se répand subitement dans tout le corps, se mêle à toutes les humeurs, et gagne par là les glandes et les os. D'où il suit que ces lents empoisonnements par les remèdes mercuriels sont beaucoup plus difficiles à guérir que toute autre maladie naturelle : il faut presque toujours un temps infini, et, dans un grand nombre de cas, on ne peut qu'en alléger les souffrances.
En général, soit immédiatement après Fusage interne ou externe du mercure, soit longtemps après, on pourra employer avec avantage hep. sulph., surtout contre les souffrances suivantes : maux de tête nocturnes, chute des cheveux, boutons douloureux sur la tête, inflammation des yeux avec douleurs dans le nez par la pression, éruption autour des lèvres, salivation abondante et ulcération des gencives avec accumulation de mucosités dans l'arrièregorge; si, en outre, les amygdales sont gonflées, et les glandes du cou indurées ; si Ton éprouve des douleurs lancinantes, en respirant, en toussant, ou en tournant la tête. Il conviendra contre les tumeurs inflammatoires et suppurantes placées dans les aines, sous les aisselles ou sur la poitrine; contre les selles diarrhéiques avec ténesme, quelquefois sanguinolentes, muqueuses, vertes; si l'urine est rouge, foncée, chaude et acre ; contre la toux par suite du refroidissement des mains ou des pieds, ou contre la toux, après avoir bu, suivie quelquefois d'une exspuition de sang;