‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 74 sur 237 · DES AGES, DES SEXES, ETC · texte numérisé non relu

DES AGES, DES SEXES, ETC

« Remarques. — Nous naissons tous, tant que nous sommes, grands ou petits, riches ou pauvres, hommes ou femmes, enfants, jeunes ou vieux, nous naissons tous enclins à la douleur, c'est-à-dire porteurs d'un germe virulent qui est le principe de presque toutes nos maladies ; et ce germe abrège la durée normale de la vie, en nous tenant sur la pente permanente du mal. — Les organisations les plus complètes, les plus harmoniques n'en sont pas exemptes.

« Les tempéraments (première inégalité introduite dans l'organisme par un concours de causes indéterminées), les idiosyncrasies (véritables tempéraments dégénérés, abâtardis, viciés), les prédispositions morbides acquises ou héréditaires, rendent, selon les circonstances d'âge, de sexe, de climats, de saisons, de régime, etc., rendent cette pente plus glissante et plus périlleuse.

« Quand l'idée homœopathique, qui est un pas de plus dans cette grande voie de perfectibilité humaine qu'on appelle la civilisation, régnera sans partage sur les esprits, l'application qui en sera faite adoucira, avec le progrès du temps, cet entraînement, cette pente irrésistible à la douleur physique et morale, à laquelle l'humanité est livrée depuis qu'elle a perdu les instincts vrais et purs de la vie. Alors commencera cette grande restauration physiologique, tant promise, dans laquelle disparaîtra, dans la me-

sure du possible, par la prophylaxie, le germe de la mort anticipée que nous subissons. Ainsi, en garantissant à l'homme les fruits acquis de l'expérience et de la science, Thomœopathie le réintégrera encore dans sa longévité, en écartant de lui les excès qui y portent atteinte.

« Or, tout tempérament constitue un premier désaccord dans l'harmonie vitale; d'où il suit que chaque tempérament, fortement accusé, est déjà une forme de maladie, qui ne compromet pas encore, il est vrai, l'exercice des fonctions et la jouissance de la vie, mais qui fait, selon son espèce, pencher l'organisme vers un ordre spécial de souffrances. — Personne ne doute, en effet, que le tempérament sanguin ne prédispose, par exemple, à des maladies différentes de celles du tempérament nerveux, et que l'état de pléthore ne soit l'expression la plus complète de la prépondérance du sang sur le reste du corps vivant.

« L'étude des effets purs des médicaments (étude faite sur l'homme à l'état sain) a démontré que les remèdes ont chacun, en propre, la faculté de développer une augmentation d'activité vitale, plus ou moins restreinte, dans une portion de l'organisme, et que c'est toujours au détriment de la pondération des fonctions que cette augmentation se fait. — Tout le monde sait aujourd'hui que Vaconit napel a la vertu de solliciter spécialement un excès d'action dans le système sanguin et de donner à l'économie animale les attributs passagers, sans doute, du tempérament sanguin. Ce qu'on dit ici de l'aconit, on peut en dire autant de tout autre médicament à l'égard des constitutions lymphatiques, nerveuses, bilieuses, et des constitutions-mixtes, les moins imparfaites de toutes.

« Quant à l'influence récipropre des âges, des sexes et des tempéraments, il y aurait des considérations majeures à présenter en ce lieu. — Nous devons nous borner pour le moment à dire que certains médicaments ont une action qui se fait sentir plus particulièrement aux divers âges, et

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