‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 73 sur 237 · DANS L'ORGANISME · texte numérisé non relu

DANS L'ORGANISME

Dans les yeux. Le simple lavage n'est utile que pour faire sortir la poussière; mais, si la substance introduite est soluble dans Feau , les lotions ne peuvent qu'aggraver les souffrances. Le frottement est encore plus dangereux ; mieux vaut le lavage, surtout quand on a soin de mettre Fœil dans un verre plein d'eau. L'huile est un calmant contre les acides ou les sels caustiques, mais elle offre de très-graves inconvénients contre la poussière de cantharides ou autres insectes morts. Le blanc d'œuf est très-bon , quand il est tombé dans Fœil des parcelles acérées de substances minérales, des couleurs, ou tels autres corps aigus. Si c'est de la chaux, de la cendre, quelque éclat de couleur non fondue, ou du tabac en poudre, il faudra dans ce cas se servir de lait caillé acide, ou de la crème tournée.

S'il est entré dans Fœil un petit corps qui occasionne une pression vive, qu'on écarte les paupières, et qu'on tâche de le faire tomber au moyen d'une petite allumette de papier fortement roulée; son extrémité ne portera point sur l'œil, et l'on s'en servira comme d'un pinceau. Puis, on laissera Fœil se mouvoir dans toutes les directions pendant Fécartement des paupières, et l'on examinera si dans l'intérieur il n'y a pas d'autres corps étrangers. Le papier sans colle sera préféré, parce que ces petits objets s'y attachent plus facilement. S'il était utile de porter profondément

cette petite allumette, on la mouillera préalablement avec la salive.

Les forgerons, par exemple, sont exposés à être atteints dans Fœil par de petits éclats de fer chaud, qui adhèrent fortement ; on peut s'en débarrasser et les extraire au moyen d'un crin doublé que l'on promène çà et là sous la paupière, ou bien encore à l'aide d'un cure-oreilles bien nettoyé. L'aimant a souvent servi à enlever ces parcelles de fer : qui veut l'essayer, le fasse : il n'y a pas d'inconvénient. Comme tout frottement est toujours nuisible, il sera préférable, surtout chez les enfants, d'appliquer un petit appareil de compresses trempées dans l'eau froide. Souvent les souffrances s'apaisent par le sommeil. Quand il y a rougeur et inflammation de l'œil, donnez acon., qui est encore utile quand bien même le petit corps ne serait pas sorti, et qu'il y aurait quelques difficultés à l'extraire. Ce remède calme beaucoup les douleurs, ce qui est d'un grand avantage, puisqu'il peut faire attendre avec patience l'arrivée du médecin, ou bien donner au malade une nuit supportable, jusqu'au retour du jour, où l'inspection de l'œil est plus facile. Si, après avoir continué acon., l'œil reste sensible et rouge, donnez sulph. ; si cela ne suffit pas, donnez cale. carb. après le septième jour.

Bans les oreilles. S'il y est entré des insectes, qu'on se tienne couché sur l'oreille opposée, afin de recevoir dans l'autre de l'huile goutte à goutte, jusqu'à ce que l'insecte se fasse voir; on l'ôtera alors avec une allumette de papier roulé. S'il s'est introduit dans l'oreille d'un enfant quelque chose qui soit susceptible de se gonfler par l'humidité, tel qu'une graine, qu'on se hâte, parce que chaque heure de retard rend le cas plus grave. Prenez une épingle à cheveux, pliez-la sur le milieu, et faites-lui subir en ce point un angle obtus, ce qu'on peut faire facilement à l'aide d'une clef ; elle doit former ainsi une espèce de curette, dont les extrémités libres seront fixées dans un bouchon.

Qu'on se place de manière à être derrière l'oreille, qu'on la tire avec une main en haut et derrière la nuque, de façon que l'œil de l'opérateur y voie aussi profondément que possible. Qu'on trempe l'instrument dans l'huile, et qu'on le fasse glisser assez résolument dans l'intérieur de l'oreille, de façon à saisir le corps étranger par derrière; et une fois qu'il est embrassé, on le soulève légèrement et on le ramène à soi.

Si, antérieurement à tout essai pour l'extraction du corps étranger, il y a inflammation et douleur dans l'oreille, qu'on donne a?m.; quelques heures après, puis.; si l'inflammation est assez intense pour que l'oreille en soit enflée au point d'empêcher l'extraction, donnez alors puis.; s'il arrive, par exemple, que l'enfant éprouve de fortes douleurs, de la fièvre, du délire, s'il se débat avec rage, puis, ne suffit plus, donnez bell.; et plus tard, s'il reste encore de la douleur, on peut s'en défaire par sulph.

Après que les accidents inflammatoires ont disparu, procédez à l'extraction du corps étranger.

Dans le nez. Dans le cas où l'on aurait à extraire un corps étranger logé dans les narines, qu'on attende que le malade fasse une forte inspiration ; on lui ferme ensuite la bouche afin que l'air s'échappe avec force par le nez, ou bien encore on en chatouille l'intérieur avec une barbe de plume ou avec un peu de tabac à priser, afin de l'obliger à éternuer. On peut aussi se servir du petit instrument décrit plus haut, pour l'extraction des corps introduits dans l'oreille. Selon les circonstances, on donnera à cet instrument des proportions telles, qu'on puisse le porter jusque dans Tarrière-bouche. Cependant qu'on ne se laisse pas trop aller à des tentatives de cette nature; il vaut toujours mieux s'adresser à un médecin qui ait des instruments adaptés à de pareils accidents. — L'inflammation qui en résulte et forme obstacle à l'opération, de même que celle qui se déclare consécutivement, se guérissent l'une et l'autre par

acon. ou arn. Lorsque cela ne suffit pas, donnez belL ou rhus toxic. Contre les douleurs persistantes et la suppuration consécutive, donnez sulph.

Bans le gosier. Si pareil cas se présente dans le gosier, qu'on provoque à cracher avec force et promptitude en frappant entre les épaules; qu'on fasse ouvrir la bouche, et après avoir fixé la langue en bas avec une cuiller, qu'on regarde dans le gosier pour s'assurer s'il y a quelque chose qui puisse se prendre avec le doigt et être enlevé.

Si c'est une grosse bouchée qui s'arrête au fond du gosier, il est urgent, à cause de son volume et de sa dureté, de provoquer la régurgitation, surtout quand, en pressant la gorge, on sent que la bouchée se porte en haut. Afin de faciliter la régurgitation , il suffira de chatouiller le gosier, et, selon le cas, de mettre une prise de tabac sur la langue, ou même encore de faire des injections d'une infusion légère de tabac. — Si l'on peut s'assurer par une exploration extérieure de la présence du bol alimentaire , il suffit quelquefois d'une simple pression dirigée de bas en haut pour le faire rendre. Si l'on a affaire à un enfant , il faut commencer par le contraindre à cracher ce qu'il a avalé , mais que ce ne soit pas avec trop de violence. Si la bouchée est déjà descendue assez en avant pour qu'on ne puisse la voir en regardant au fond du gosier , et au contraire si elle est parvenue jusque dans la région inférieure de l'arrièrebouche, il faut en favoriser tout de suite la chute dans l'estomac, si c'est une substance d'une digestion facile. Si le patient sent que le bol commence à cheminer, qu'il laisse faire, il tombera de lui-même ; seulement , pour aider, il boira de temps en temps une gorgée d'eau, pourvu toutefois que le corps engagé ne soit pas de nature à se gonfler par l'humidité : car , dans ce cas , il faudrait donner du beurre fondu*, si enfin la déglutition est par trop difficile, qu'on lâche de la favoriser avec une baguette de bois souple, ou mieux, avec une baleine très-lisse, dont Tune des ex-

trémités sera raboteuse et dentelée tout à la fois, afin d'y fixer plus fortement une éponge avec un lien de fil ou de soie. Ainsi disposé, cet instrument improvisé sera trempé dans l'huile et sera introduit avec précaution dans i'arrièrebouche, où il doit forcer l'obstacle.

S'il se déclare une contraction spasmodique qui empêche le morceau de descendre, s'il y a douleur, difficulté de respirer et autres symptômes semblables, donnez ign . Si cela ne suffit pas, chamom. o.$ alors, donnez à avaler un peu d'huile ou de beurre, et recommencez les tentatives mécaniques de la déglutition.

Il reste souvent dans la gorge, à Fendroit où était l'empêchement, une sensation comme s'il y avait encore quelque chose d'arrêté. Mais cela n'est rien, cette sensation s'efface d'elle-même, ou après avoir pris un remède. On se convainc que ce n'est qu'une fausse sensation, car, les douleurs, qui précédemment étaient fortes, n'augmentent pas, restent les mêmes, et qu'il ne survient pas d'autres souffrances. Aussi peut-on alors avaler sans difficulté aucune, soit un peu de boisson, soit une bouchée molle. Toutefois, en avalant, on éprouve encore, au passage qui a souffert, une douleur qui disparaît. Dans ce cas, on peut donner am., et s'il ne suffit pas, merc. viv. Si cependant il restait quelques débris dans la gorge et que la douleur persistât, donnez silic.

Si c'est un os qui se soit arrêté dans la gorge, et qu'il soit d'une dimension telle qu'il ne puisse descendre, il faut roter de la manière indiquée ci-dessous, ou en faire faire l'extraction par un médecin.

Si l'on a affaire à des corps aigus, pointus, à des morceaux de verre, à des arêtes, à de petits os, à des épingles, à des aiguilles, etc., qu'on se garde bien de faire des tentatives violentes. Dans ce cas, on se contentera d'avaler de temps en temps une bouchée de pain un peu forte, sans être trop mâchée toutefois; une figue peut remplir le même

DES CORPS ÉTRANGERS INTRODUITS DANS i/ORGANISME. 163

office; ou, si ce sont de petits corps acérés qui se soient attachés à la gorge, qu'on prenne des boulettes de cire de la grosseur d'une balle de plomb, enduites préalablement de miel ou de sirop.

S'il survient des symptômes dangereux, tels que douleurs violentes, pressionqui vajusqu'àl'étouflfement, grande anxiété, mouvements convulsifs, etc., qu'on se hâte de faire l'extraction du corps engagé dans la gorge. Pour cela, on se servira d'un fil de fer qui sera doublé de manière à faire une anse dans le milieu; on le plongera dans la bouche et on le poussera jusqu'au-dessous du point douloureux; là on lui fera subir un mouvement de va-et-vient, quelquefois un mouvement de rotation, et on le sortira tout doucement. Dans certaines circonstances, il est préférable de se servir d'un morceau de baleine, monté comme il a été dit plus haut. On enfoncera cette baleine jusqu'audessous du corps étranger; en même temps on donnera à avaler une gorgée d'eau pour gonfler l'éponge ; alors on tournera tout doucement la baleine et on l'attirera à soi. On peut également se servir d'une large barbe de plume attachée à un fil de fer. Plongée dans l'arrière-gorge, ainsi qu'il vient d'être dit de la baleine, on la fera pivoter légèrement, et l'on ramène quelquefois l'objet engagé. — D'autres fois, quand ce sont des aiguilles ou des arêtes qui se sont introduites, on peut faire usage, avec quelque succès, d'un morceau de viande ou de lard qui sera attaché solidement à un fil; le malade devra l'avaler, et quand il sera arrivé à la partie douloureuse, on le retirera vivement. S'il s'agit, dans un cas d'urgence, d'un fragment de verre, qu'on se serve du bout supérieur d'une chandelle de suif, qu'on attachera par sa mèche à un fil ; on le donnera à avaler, et on le sortira après qu'il aura eu franchi le point douloureux : on répétera cette opération plusieurs fois. Il est bien entendu que, dans de pareilles circonstances, on se servira des moyens qui sont le plus à portée, et que l'on

prendra toujours en considération la nature du corps engagé. C'est ainsi qu'un enfant qui courait les plus grands dangers pour avoir avalé un hameçon en fut débarrassé à l'aide d une balle de plomb, qui, ayant été percée et puis enfilée par un bout de fil, arriva sur l'obstacle, pesa dessus, détacha l'hameçon et le ramena heureusement.

Dans les cas où l'opération précédente est indiquée, on fera appuyer la tête du malade sur la poitrine d'un assistant ; on baissera et l'on tiendra baissée la langue avec le doigt indicateur, puis on introduira l'instrument, préalablement préparé, huilé, avec une grande précaution dans l'arrière-gorge, et aussi profondément que cela sera nécessaire. On sera averti que l'instrument est arrivé sur le corps étranger à la résistance instinctive du malade, ou à la douleur ou aux mouvements brusques et presque convulsifs qu'il manifeste. Pour retirer l'instrument, on ne saurait apporter trop d'attention afin d'éviter d'obstruer la trachée-artère et de ne pas abandonner le corps étranger qu'on ramène. Qu'on porte plutôt l'instrument un peu de côté, et qu'on se hâte de faire pencher la tête du malade en avant dès qu'on en aperçoit l'extrémité.

Dans les cas les plus graves et les plus difficiles, cette opération, pratiquée même par un médecin habile, peut échouer; alors il ne reste plus qu'à ouvrir la gorge : on peut encore espérer de sauver par ce moyen extrême un malade sur le point d'étouffer.

Dans le larynx et la trachée-artère. Lorsque, pendant

la déglutition, on parle ou que l'on rit, ou lorsqu'on fait une forte inspiration en tenant quelque chose dans la bouche, ou quand un enfant en jouant saisit un objet quelconque avec la bouche, il arrive souvent que le corps étranger s'engage dans le larynx ou la trachée-artère. Dans ce cas, on a recours à la pratique vulgaire qui consiste soit à frapper entre les épaules pendant que le patient porte la tête inclinée en avant, soit à provoquer l'éternument ou le vomisse-

ment en chatouillant le gosier, moyens utiles seulement dans les accidents les plus simples, mais qui peuvent aggraver aussi la position du malade ; ainsi, qu'on n'en abuse pas. On peut pareillement, en jetant avec force la tète en arrière, faciliter une toux violente qui dégage le corps et l'oblige à sortir. Cependant, qu'on ne compte pas sur ces divers petits moyens, si le corps est engagé trop avant dans le larynx. — On s'assurera de sa présence, en saisissant doucement avec les doigts le larynx à l'extérieur, et en lui faisant subir un petit mouvement de haut et de bas; il devient alors assez facile de le sentir et de le faire claqueter contre les parois, s'il n'est pas trop adhérent. Quelquefois on parvient à rassurer le malade à l'aide de quelques médicaments, et s'il s'endort la tête peu élevée, il arrive que le corps sort de lui-même. Si le danger augmente malgré les remèdes, il faut procéder à l'opération. Qu'on se hâte alors d'appeler un médecin capable d'entreprendre cette opération, qui est Tunique moyen de salut, et cela lorsque le malade paraît être dans un état désespéré. La trachéotomie, si elle est bien pratiquée , n'est nullement dangereuse, comme elle paraît l'être à beaucoup de gens ; elle n'est même pas très-difficile. La plaie qui en résulte guérit assez promptement d'elle-même, comme tout le monde le sait ; on voit, en effet, souvent des gens qui se sont coupés accidentellement ou autrement la gorge, se rétablir en peu de jours. Ce serait donc un tort que de reculer devant cette opération, quand il se trouve un chirurgien assez expérimenté pour la pratiquer.

Comme les accidents sont ici à peu près semblables à ceux que nous avons fait connaître au sujet des corps engagés dans Farrière-bouche, les mêmes moyens s'y appliqueront après un examen préalable et selon les mêmes précautions. Nous renvoyons donc à cet article. On reconnaîtra qu'un corps étranger est engagé dans la trachée-artère aux signes suivants: La douleur se fait sentir plus en avant, le malade

l'indique avec le doigt; si c'est dans la gorge, la douleur est plus en arrière. Les symptômes que nous connaissons se déclarent ici comme dans le cas relatif à la gorge, seulement la respiration est courte et surtout plus gênée; la figure est également plus bouffie, plus bleuâtre; les yeux plus saillants, la voix plus changée, rauque, et quelquefois elle s'éteint. Ces souffrances sont d'abord presque insignifiantes, mais elles ne tardent pas à s'aggraver peu à peu; d'autres fois elles cessent tout à coup, mais elles reprennent subitement et ont plus d'intensité.

Si le corps étranger n'est pas assez gros pour empêcher complètement la respiration, et qu'il ne soit pas engagé dans l'épiglotte, mais plus bas, alors il arrive que le malade paraît être assez bien pendant quelque temps; car il ne tousse pas et ne souffre d'aucune incommodité, et cet état peut même durer plusieurs semaines. Il n'est pas guéri pour cela ; on voit plus tard se déclarer une toux suffocante qu'on peut prendre pour une espèce d'esquinancie. Dans ce cas, si tart. émet, ne soulage pas promptement, ou silic, le malade est sans ressource. L'incision elle-même ne pourrait rien, si la respiration, entre les accès de toux, est difficile et pénible. La langue alors se gonfle et le malade meurt asphyxié, qu'on fasse ou qu'on ne fasse pas l'opération.

Dès qu'on a reconnu que le corps étranger est dans la trachée-artère, qu'on donne aussitôt ipec. S'il apporte du soulagement, il faut le répéter après chaque aggravation, et l'on ne donnera au malade rien autre chose que de l'eau sucrée ou du sucre. En attendant que le médecin soit arrivé, si ipec. n'a pas suffi, on donnera bell. étendu dans l'eau, ce qui doit produire souvent un grand résultat. Le malade s'endort-il, qu'on le laisse tranquille ; et si les accidents se représentent, qu'on ne se hâte pas de lui donner trop vite une nouvelle dose, mais seulement dans le cas où il y aurait une aggravation réelle. Souvent le corps étranger sort de

lui-même durant le sommeil. Si bell. ne suffit pas, ou si les souffrances persistent après que le danger est dissipé, on peut faire l'essai de hep. sulph. délayé. Si, malgré tous ces moyens, il survenait une suffocation, qu'on donne tart. émet.; ou si la face du malade devient bleuâtre, administrez d'abord op., un globule, et même trois qui seront délayés dans une cuillerée d'eau, et qu'on donnera goutte à goutte sur la langue.

Bell, sera le remède approprié dans le cas où il serait entré dans la bouche, et par suite dans la trachée-artère, de la poussière, des cheveux ou de la barbe de plume, qui agissent ici en provoquant la toux , plus tard, hep. sulph. qu'on donnera peu à peu. L'amélioration se fait, toutefois, lentement. Il est bon de tenir de temps en temps du sucre ou de la gomme arabique dans la bouche.

Lorsqu'un objet s'est engagé dans le haut du larynx d'un enfant, ou à côté, il se déclare des accès d'une toux suffocante, que pour l'ordinaire on soulage avec tart. émet. 3 dilué. Si les accès se renouvellent fréquemment, et qu'en toussant il se dégage une mauvaise odeur de la bouche, donnez silic., quelques globules le soir et le lendemain. Il en résultepresque toujours un bon effet. Le corps étranger est chassé au dehors par la toux, ou il est avalé. Dans les cas les plus opiniâtres, donnez hep. sulph. 3 alterné avec silic.

Dans l'estoniac et les intestins. Il suffira souvent d'a-

valer des substances molles, gluantes et liées, d'éviter tout ce qui est échauffant, acide et irritant, et d'attendre patiemment que le corps étranger, réfractaire aux forces digestives, soit rendu par les selles. Des frictions sèches, des pressions modérées sur le bas-ventre, puis se coucher dessus, faire un peu d'exercice sans fatigue, tout cela favorise, aide les intestins dans les efforts expulsifs. — On voit, en effet, une pièce de monnaie, une balle, une bague, etc., même les corps qui ont un diamètre plus grand que celui

des conduits par où ils doivent passer, sortir, quelque temps après, sans souffrance, et cela par le seul effet d'un régime convenable. — Celui qui est sujet à la constipation s'abstiendra de tout purgatif qui affaiblit la force intestinale; qu'il prenne, au contraire, une nourriture légère et du beurre en quantité ; puis, qu'il ait le soin de s'administrer tous les jours un lavement d'eau tiède ou de lait.

Il faudra prendre la précaution de rendre ses évacuations dans un vase plein d'eau, afin de s'assurer que le corps étranger est sorti. On tamisera les matières rendues, et s'il s'agit de petits corps effilés et aigus, on jettera le tout sur un gros linge, et l'on constatera s'ils ont été amenés avec les selles. — Les aiguilles se frayent généralement une tout autre voie, et le plus souvent sont rendues sans aucune souffrance et sans danger pour le malade. Si elles devaient séjourner longtemps, qu'on donne toutes les semaines silic, et plus tard, une seule fois dans l'intervalle, hep. sulph.

Si, quelque temps après avoir avalé des aiguilles ou une pièce de monnaie, il survient des symptômes graves, des douleurs violentes dans le bas-ventre avec une sensation de serrement et de pincement, qu'on donne tout de suite ipec; s'il est suivi de soulagement, il faut y revenir toutes les fois que le mal reprend; s'il ne suffit pas, donnez nux vorn. Si, malgré ces premiers moyens, les accidents s'aggravent, suivis de coliques violentes et de constipation, op. y remédie souvent; s'il survient des accidents plus graves accompagnés de douleurs lancinantes sur un point, et que là on ressente comme si un abcès voulait s'y former, qu'on donne lach.

Quelquefois les objets avalés suivent sans difficulté tout le trajet des voies digestives, et ne s'arrêtent qu'à l'anus. Qu'on donne dans ce cas des lavements mucilagineux, d'huile ou de lait; qu'on coupe ensuite de longues bandes de lard d'une certaine épaisseur, qu'on les introduise à cet

effet dans la moitié de leur longueur. Si, après avoir donné le lavement, on peut faire cette introduction de manière à garantir l'intestin des blessures qu'il pourrait recevoir du corps étranger qui s'y trouve, il deviendra facile, dès qu'il se présentera, de l'extraire, avec une baguette arrondie ou le manche d'une cuiller d'argent. — Si l'on ne peut en venir à bout, il faut appeler un médecin pour qu'il fasse le nécessaire. Mais qu'on se garde toujours d'administrer des purgatifs, ce qui serait très-dangereux. Si l'anus se ferme avec spasmes, donnez ign.

Quand des sangsues s'introduisent dans l'estomac, il se déclare des symptômes alarmants, tels que douleurs brûlantes, hoquets avec suffocation, vomissements mêlés de sang, et fièvre lente qui mine le corps : qu'on se hâte alors de donner de l'eau salée en grande quantité, et, dans l'intervalle, du beurre fondu ; chez les enfants, quelquefois un peu de sucre, et jusqu'à ce que les souffrances aient un peu cessé. On donnera ensuite am., et quelques jours après, contre les souffrances consécutives, ars. alb.

Si d'autres petits animaux, comme des insectes, pénètrent dans l'estomac, il suffira de donner du beurre fondu salé ou de Thuile ; si la douleur ne cesse pas tout de suite, qu'on donne une pilule de camphre de la grosseur d'un pois, écrasée dans l'huile. S'il s'agit de vers, de petits reptiles, de grenouilles, qu'on donne à boire de l'eau sucrée, et du sucre à manger, jusqu'à effet évacuant. Si cela ne suffit pas, qu'on donne des pilules de mie de pain mêlées avec un peu de tabac. Contre les souffrances qui en résultent, faites flairer du camphre, et répétez quelquefois ipec. ou nux vo?n.

Dans la peau. Quand des corps étrangers s'introduisent sous la peau, on peut employer les moyens indiqués plus haut à l'article Blessures. Cependant il est bon de noter ici ce qu'il convient de faire lorsque ce sont de petits corps aigus, tels que épines, barbes de chardon, etc., qui

pénètrent dans la peau. S'il s'agit des piquants de diverses plantes, qu on frotte alors la partie avec de l'huile, et qu'on rapproche du feu aussi près que cela se pourra; puis, qu'on prenne un couteau ordinaire pour racler doucement la peau, de manière à faire sortir ces sortes de corps. Lorsque les épines sont entrées obliquement, faites courir votre couteau dans le sens opposé, de façon que la pression porte d'abord sur l'extrémité engagée. Cette opération sera répétée aussi souvent que ce sera nécessaire, ainsi que les onctions d'huile et l'exposition au feu.

Le même procédé sera employé dans le cas où de petits éclats de verre auraient pénétré sous la peau; mais ici la douleur est forte, et il devient préférable de les abandonner au travail de la suppuration, qu'on traitera comme une blessure ordinaire. Si cela ne suffit pas pour en favoriser la sortie, donnez hep, sulph.; et si c'est encore insuffisant, silic. Dans les cas où la suppuration s'est établie profondément, et où silic, et hep, sulph. n'ont pas suffi, donnez une couple de fois lach., et plus tard merc, viv.

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