‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 86 sur 237 · MAL DE TÊTE NERVEUX · texte numérisé non relu

MAL DE TÊTE NERVEUX

Dans la céphalalgie qui reconnaît pour cause une souffrance nerveuse, la tête est ordinairement fraîche, et la face pâle; dès l'invasion, les urines sont claires; le vomissement est suivi de soulagement ; les douleurs se reproduisent fréquemment et toujours de la même manière ; elles n'occupent souvent que la moitié de la tête, ou bien elles se fixent sur un point comme par un clou, et elles s'aggravent par l'attouchement. On les calme par le silence et l'obscurité; on les prévient quelquefois en se lavant la figure à l'eau froide, en se frictionnant avec des brosses sèches, et en prenant un des remèdes suivants, et point d'autre médicament. Le café est très-nuisible dans

cette sorte de mal de tête, quand même il devrait soulager momentanément ; aussi faut-il y renoncer complètement.

Coff. est un remède efficace contre les douleurs semilatérales qui sont violentes, tiraillantes etpressives, comme si l'on avait un clou planté dans la tête, comme si le cerveau était broyé, écrasé et déchiré; elles reparaissent à la moindre occasion, à la suite d'une contention d'esprit, d'une contrariété,d'un refroidissement, d'un repas copieux, avec aversion pour le café ordinaire, avec excessive sensibilité au bruit et à la musique ; ces douleurs sont intolérables et portent aux larmes; le malade est tout à fait hors de lui, il gémit et crie, il s'agite, éprouve une grande anxiété, craint le froid et ressent des frissons. Coff. sera répété souvent, si c'est nécessaire; et plus tard on pourra donner nuxvom., quelquefois aussi ign. ou puis.

Acon. remédie souvent aux douleurs les plus violentes, à celles qui obligent le malade à rester couché : il semble être sans connaissance; par intervalles il éprouve des envies de vomir : il se plaint et craint la mort; le moindre bruit ou mouvement lui est insupportable; le pouls est faible et petit, et s'arrête quelquefois, surtout quand la douleur est pulsative et battante, ou fixée au-dessus du nez, et s'aggrave par la parole. Acon. convient aussi dans le mal de tête par refroidissement, accompagné de coryza, bourdonnement d'oreilles et de coliques, ainsi que suivi d'une sensation pénible, et semblable à l'effet d'une balle traversant la tête, et y produisant comme un courant d'air.

Ign. est approprié aux douleurs, avec compression audessus du nez, qui s'améliorent en s'inclinant; qui sont pressives du dedans en dehors, tressaillantes et pulsatives; déchirantes au front, comme si un clou y était implanté, et piquantes et perforantes dans l'intérieur du cerveau ; avec nausées, éblouissement de la vue, aversion de la lumière, face pâle, urines abondantes, claires : ces douleurs cessent quelquefois pour un moment, quand on change de

position, mais elles reparaissent fréquemment avec le repos, le soir après le coucher, et le matin après le lever; le malade est très-nerveux, versatile, taciturne et abattu.

Verat. alb. convient lorsque les urines sortent avec une douleur brûlante, qu'il y a en même temps diarrhée, et que les douleurs deviennent tellement violentes, que c'est à en perdre la raison, ou qu'on tombe dans une grande faiblesse; lorsqu'on s'évanouit, que les douleurs augmentent en se levant ou en se couchant, qu'on est pris de sueurs froides, de frissons et de soif. (Voy., pour le reste des symptômes, ce qui est dit précédemment à l'article mal de tête, par suite de constipation.)

Puis, apaise les douleurs déchirantes qui s'aggravent le soir, ou qui sont pulsatives et lancinantes le matin après s'être levé, et le soir après s'être couché ; battantes, lancinantes et déchirantes dans les tempes, et surtout si elles sont unilatérales; quand on éprouve envie de vomir, pesanteur de tête, obscurcissement de la vue et photophobie, bourdonnement dans les oreilles, ou si Ton y ressent des élancements, des tressaillements et des déchirements ; la figure est pâle et les larmes sont faciles; appétit nul, soif nulle; frissons, anxiété, quelquefois hémorrhagie du nez, battement du cœur. Ces divers symptômes s'aggravent en se tenant tranquille ou étant assis, et s'amendent à l'air frais; la céphalalgie diminue en comprimant la tête. Ce remède convient surtout aux tempéraments lymphatiques et aux caractères doux.

Bry. remédie aux douleurs brûlantes et pressives de la tête, ou quand on éprouve en s'inclinant une sensation comme si tout voulait sortir par le front, et que le mal s'aggrave en marchant; ou lorsqu'on ressent à l'extérieur un déchirement qui s'étend à la face et jusqu'aux tempes, ou un déchirement partiel compressif et fouillant, notamment chez les personnes sujettes au rhumatisme ou d'un

caractère irascible et pétulant. Souvent, après bry., convient rhus tox.

Nux vom. convient, comme il a été dit plus haut, dans le mal de tête par suite de constipation, de l'usage du café; il convient aussi lorsque la douleur ressemble à un clou implanté dans la tête, ou avec une sensation de mouvement saccadé, lancinant, suivi de nausées et de vomissements acides ; si Ton éprouve sur un côté des élancements avec pression ; si cette douleur commence le matin et s'aggrave incessamment jusqu'à perdre connaissance, ou à vous rendre moitié fou ; le cerveau est douloureux comme s'il était déchiré; la figure est pâle et abattue, la tête lourde avec bruissement, vertige et tremblement en marchant ; la douleur s'aggrave par le moindre mouvement, même par celui des yeux, à Fair frais du matin, ou après le repas ou en se baissant; et aussi lorsque la tête est douloureuse à l'extérieur, et que cette douleur augmente par un temps froid.

Chamom. remédie aux douleurs de tête qui sont occasionnées par un refroidissement ou par l'usage du café; lorsqu'elles sont déchirantes et tiraillantes d'un seul côté jusqu'au menton; aiguës dans les tempes, avec pesanteur au-dessus du nez ou avec battements très-sensibles, surtout si une joue est rouge et l'autre pâle, ou que la face est bouffie, que les yeux font mal; lorsqu'on ressent une sorte de froid au cœur ou à la poitrine, que le goût est amer et putride. Ce remède convient souvent aux enfants et aux personnes qui supportent difficilement la douleur et sont intraitables.

Chin. est approprié aux personnes sensuelles, lorsque la douleur est pressive et empêche de dormir, ou lorsqu'elle est lancinante et pulsative dans les tempes; qu'elle est térébrante et pressive au sommet de la tête, comme si le cerveau était meurtri; lorsqu'elle est tressaillante, déchirante et éclatante; qu'elle s'aggrave à chaque pas que l'on

fait, à chaque mouvement, en ouvrant les yeux ; quand il y a amélioration en se couchant et étant couché ; lorsque la peau est sensible au moindre attouchement; chez les personnes chagrines ; chez les enfants rétifs, désobéissants et gourmands, qui ont le visage pâle, et seulement quelquefois rouge et chaud; et ils deviennent alors très-babillards ou sont agités toute la nuit. Souvent, après, il convient de donner coff.

On donne quelquefois ant. crud., par suite des désordres de l'estomac, ou par suite d'un refroidissement ou d'une éruption rentrée, qui donnent lieu à des douleurs sensibles principalement dans les os, ou dans les tempes et le front, avec sensation perforante, éclatante et déchirante; lorsqu'il y a amélioration à l'air frais ou aggravation en montant les escaliers. Précédé de puis., ant. crud. est d'un meilleur effet, si l'estomac est dérangé et que, consécutivement à la céphalalgie, il s'est fait une perte abondante de cheveux.

Coloc. est efficace dans le mal de tête le plus intense, le plus cruel, où la douleur est déchirante, unilatérale, tiraillante, pressive et serrante ; avec pression sur le front, qui s'aggrave en se baissant ou en se couchant sur le dos; lorsque les accès reviennent toutes les après-midi ou vers le soir, dans le côté gauche, avec grande inquiétude et anxiété ; particulièrement s'il y a sueurs d'une odeur urineuse, ou que les urines sont rares et puantes, tandis que, pendant la durée des douleurs, l'émission en est abondante et très-claire.

Caps, est employé quelquefois contre le mal de tète, extensif, éclatant, battant avec une sensation d'effort excentrique; s'il s'aggrave par la marche ou le mouvement, ou que les douleurs soient déchirantes et lancinantes pendant le repos; lorsque par le mouvement de la tête ou des yeux, ou en se baissant, elles empirent, comme aussi si Ton s'expose à l'air et au froid ; chez les personnes flegmatiques, nonchalantes et susceptibles; ou chez les enfants

très-obstinés et difficiles à conduire, surtout lorsqu'ils craignent de sortir et redoutent le mouvement, s'ils sont frileux, et que leur mal s'aggrave principalement après avoir bu.

Lorsque les remèdes dont il vient d'être question n'agissent pas promptement et d'une manière favorable, on peut essayer les suivants, qu'on aura soin d'administrer à l'état de solution dans un verre d'eau à la dose d'un ou deux globules, et que Ton fera prendre par cuillerées à café toutes les deux ou trois heures.

Suif, sera employé contre les douleurs pulsatives déchirantes et gloussantes, avec sensation de chaleur au cerveau, principalement le matin ou le soir ; avec nausée; aggravation à l'air frais et amélioration dedans; avec déchirement assourdissant et pression qui revient incessamment; avec chute de cheveux à la suite d'éruptions et d'ulcères supprimés ou de sueur rentrée.

Ars. réussit dans le même cas, pourvu qu'il y ait aggravation en restant dedans et amélioration à l'air frais.

Silic. convient lorsque les douleurs sont pulsatives et battantes, accompagnées de chaleur et de congestion à la tête; lorsqu'elles sont provoquées par des efforts intellectuels, en lisant à haute voix, ou en se baissant, avec douleurs nocturnes et déchirantes qui se portent de la nuque au vertex, et surtout avant midi; lorsque la douleur se porte sur le front et sur les yeux ; s'aggrave par la pression du chapeau ; lorsque la tête se couvre d'élévations tubéreuses, se dépouille de cheveux, que la peau devient extrêmement sensible ; que la douleur gagne le nez et le visage, et que la tête entre facilement en transpiration.

Sep. est surtout bon contre la céphalalgie lancinante ou perforante, comme aussi si elle estpulsative, ressentie principalement aux tempes, ou si elle est frontale et semilatérale, si elle s'aggrave par le moindre attouchement et force le malade à crier si l'on y touche ; s'il y a nausées et

vomissement aggravés par le mouvement,et si elle se calme au contraire par le repos absolu, dans l'obscurité, les yeux fermés, et invite au sommeil, qui ne tarde pas à venir, et après lequel les souffrances disparaissent.

Un violent mal de tête, suivi de grande faiblesse, d'indifférence et de découragement, est l'indice de quelque maladie prochaine grave, qu'on peut prévenir par verat. alb. et ars. alb., pourvu que ces remèdes soient adaptés aux souffrances dont il s'agit ; sinon, on donnera acid. phosp.

9° MAL DE TÊTE CAUSÉ PAR LE DÉPLACEMENT D* AFFECTIONS RHUMATISMALES, GOUTTEUSES, ÉRUPÏIVES, ETC.

Lorsque, par suite de déplacement d'affections rhumatismales, goutteuses ou cutanées, on éprouve un mal de tête intense, il ne faut pas le négliger. Donnez, dans ce cas, les remèdes appropriés à ces maladies, et voyez dans les pages précédentes ce qui s'y rapporte.

Il n'y a pas de temps à perdre quand, à la suite de la rétrocession de la fièvre scarlatine, de la rougeole, de la fièvre miliaire, du pourpre, il se déclare une céphalalgie qui est suivie bientôt après de délire, ou après une fièvre catarrhale supprimée brusquement, ou pendant le travail douloureux de la dentition : dans ce cas, employez cupr. acet. On donnera la préférence à la première trituration', on en prendra une très-petite pincée qu'on délaiera dans un verre d'eau, et qu'on administrera par cuillerée à café, tous les quarts d'heure ou toutes les demies ; s'il survient une amélioration, on éloignera les doses. Aux adultes, la dose sera d'une cuiller à dessert. Quand on a un médecin homœopathe, on doit l'envoyer chercher.

Quand le mal de tête se fixe dans les yeux, au fond des orbites, avec des élancements à travers le cerveau, accompagné de la faiblesse des yeux, il faut voir là un présage de cécité. Si bell. ni sulph. dilué n'améliorent promp-

tement, qu'on s'adresse à un médecin homœopathe.

Lorsque la douleur reparaît toujours sur le même côté, qu'elle atteint profondément le cerveau, et que l'autre côté du corps est presque paralysé, avec fourmillement, spasmes et autres souffrances analogues, la guérison est fort difficile; cependant ne négligez pas de réclamer les secours de Fart.

Lorsque chez les vieillards le mal de tête est continuel, qu'ils ont peu d'urines, qu'elles sont épaisses, troubles et puantes, c'est un signe de mauvais augure. Qu'ils boivent beaucoup d'eau, qu'ils se fassent frictionner la peau, et qu'ils appellent le médecin.

Voyez plus loin le chapitre concernant les maladies de la peau, pour la teigne et les exanthèmes de la face.

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