CHUTE DES CHEVEUX
Lorsqu'il pousse autant de cheveux qu'on en perd, il faut se contenter de se laver, de se brosser et de se peigner la tête souvent; il n'y a pas d'autre médecine à faire. Mais si les cheveux deviennent toujours plus clairs, qu'on les fasse couper tous les mois au nouveau de la lune. Lorsqu'ils se produisent avec une force végétative appauvrie, on peut y remédier en lavant souvent la tête à l'eau froide, surtout le soir, et en enveloppant la tête d'un mouchoir; si cela ne réussit pas, qu'on essaie les lotions avec la bière. Lorsque les cheveux sont trop secs, il est nuisible de se servir d'huiles, de graisses, de pommades ordinaires ; vous préférerez, une fois par semaine, les lotions d'une décoction de son. Dans le cas où les cheveux sont friables et cassants, ou s'ils sont couverts de crasses et de pellicules, il faut les laver tous les deux ou trois mois avec une lessive légère faite avec de la cendre de hêtre, ce qu'on fait en trempant le peigne dans cette lessive ; après quoi, on se lave la tète avec l'eau ordinaire. Si les cheveux se fendent, on se servira de la graisse d'ours avec le soin d'en
couper l'extrémité tous les deux jours, au nouveau de la lune. S'il se fait des places chauves, il est utile de les raser souvent dans un rayon qui intéresse les cheveux environnants ; si cela ne donne pas de résultat après quatorze ou quinze jours, qu'on frotte la tonsure chaque semaine une fois, le soir, avec un oignon coupé en deux ou bien avec de la pommade de moelle de bœuf, faite comme il est dit quelques lignes plus bas. Si à la suite d'une longue et violente maladie on devient chauve, on se lavera la tête avec de Feau-de-vie, tous les soirs et tous les matins. Si la caiTitie est héréditaire, tous les moyens sont inutiles. Si elle vient avant l'âge, employez la pommade suivante : Faites fondre au bain-marie de la moelle de bœuf; mettez dans une soucoupe une seule goutte de teinture de cantharides ; ajoutez-y peu à peu de la moelle fondue, en remuant et en battant toujours, jusqu'à ce que la soucoupe soit pleine. Prenez de cette pommade une cuiller à café, et frottez-vous la tête tous les trois ou quatre jours, le soir en vous couchant (1).
Si la chute des cheveux a lieu à la suite de causes ou pertes très-affaiblissantes, donnez chin., et, plus tard, ferr. acet. — Dans les transpirations grasses de la tête, chin. peut être utile. Si les cheveux tombent à la suite de fortes sueurs, merc. viv. est indiqué utilement; par suite de l'abus de quinquina, bell.; après l'usage du mercure, hep. sulph. ou carb. veg. ; à la suite de chagrins et de soucis, staph. et acid. phosph. — A la suite de maladies inflammatoires, de fièvres nerveuses, hep. sulph., cale, silic. et lycop.; après des maux de tête, à la suite d'affections hystériques ou goutteuses, accompagnées d'une grande sensibilité qui oblige à se tenir la tête couverte, hep. sulph. et acid. nit. Après les maux de tête produits par des désordres chroni-
(1) Voy. l'important ouvrage, sous le rapport pratique, Traité des maladies du cuir chevelu, par le docteur Cazenave, médecin de l'hôpital Saint-Louis. Paris, 1850, t vol. in-8, avec planches coloriées.
ques des voies digestives, lycop. ; il convient également si Ton éprouve des démangeaisons au cuir chevelu et si, en même temps, il est couvert de pellicules furfuracées.
Si ces divers moyens ne peuvent empêcher la chute des cheveux, servez-vous de l'huile de laurier ou d'amandes amères. Prenez-en une goutte que vous mêlerez avec de la moelle de bœuf fondue, ou avec la meilleure huile d'amandes douces, et frottez-en les cheveux avec une petite quantité. — La chute des cheveux est occasionnée aussi chez les femmes par Fusage qu'elles ont de les nouer trop serré ou pas assez (1). Le remède ici est tout simple; il ne s'indique pas.