VIII UN MOT D EXPOSITION
inconsolable. Un ami l'aborde avec des paroles douces et compatissantes; il souffre de sa douleur etpleure avec elle. Cet acte de sympathie augmente un moment l'état douloureux de la véritable affligée, mais elle ne tarde pas à en éprouver un soulagement qui plus lard devient une guérison à sa peine.
On le voit : dans ces deux exemples, la loi, c'est le fait; et le fait, c'est la loi : loi et fait qui sont inhérents à l'instinct de conservation qui régit fatalement notre organisme.
L'homœopalhie, on le comprend déjà, n'est pas chose nouvelle, elle existait à l'état élémentaire. Appartenant à la famille des vérités éternelles, sœurs jumelles déposées au sein de celui de qui tout procède, elle a erré comme celles qui l'ont précédée dans le monde scientifique et comme celles qui sont encore ignorées ; elle a erré longtemps dans la pralique de la vie à l'état d'empirisme jusqu'à ce qu'un homme de génie l'ait reconnue pour ce qu'elle vaut, l'ait formulée et convertie en loi afin d'en rendre l'application facile, certaine et utile.
Si c'était ici le lieu de faire l'histoire des révolutions médicales, des théories et des hypothèses qui se sont succédé sans grand profit pour l'humanité, on ne serait pas surpris que la médecine ait mérité et gardé à travers les siècles la qualification de science conjecturale, lorsque d'ailleurs les autres branches de connaissances humaines s'élançaient dans la voie du progrès, et s'y maintenaientpar des applications sûres et profitables.
Quoi qu'il en soit, tout en doutant de la certitude des principes sur lesquels les médecins prétendaient baser l'art de guérir, le monde ne cessait pas pour cela de croire à son utilité, et à son avenir. — Hippocrate ne suffisait pas à sa destinée.
Depuis les travaux et les observations de ce puissant génie, la médecine, comme science, n'a donc point fait un pas; comme art, elle a simplifié et amélioré quelques procèdes d'application, elle est parvenue à plus de précision dans la connaissance (diagnostic) des maladies, en tant que fixées^localement. Mais tout cela n'implique pas le moindre progrès scientifique au point de vue de la certitude, qui est tout entier dans le choix et l'appropriation du remède. Et la preuve la plus incontestable de la vérité de celte assertion est fournie à tout propos par l'allopathie elle-même ; car, elle ne cesse d'invoquer le témoignage deniiustreGrccquandellc veut soutenir ou invalider une opinion, quand elle veut étayer un fait clinique qui est douteux; — on en conviendra, c'est là une singulière manière d'at-