‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 10 sur 237 · UN MOT D'EXPOSITION. IX · texte numérisé non relu

UN MOT D'EXPOSITION. IX

tester le progrès. Les plus sages parmi les médecins des vieilles doctrines ne prononcent jamais le nom d'Hippocrate sans ôter leur chapeau, acte de révérence bien dû à celui qui créa, il y a plus de deux mille ans, l'observation clinique.

Un mot à ce sujet; il fera mieux comprendre la vérité promise, c'est-à-dire l'homceopathie.

Plein de foi dans les efforts médicateurs de la nature, convaincu par l'observation que l'organisme a horreur du mal ou de ce qui trouble l'harmonie des fonctions, vers lequel la vie ne cesse de réagir en vertu de la loi de l'instinct conservateur qui est en nous, Hippocrate se contentait dans le traitement des maladies de favoriser cette réaction de la force vitale par le régime et non par l'emploi des remèdes dont les effets ne lui étaient pas connus. Cette réaction de la force vitale opérait la £uérison, qui s'accomplissait alors par l'aggravation du mal, d'où sortait une crise quelconque, soit une hémorrhagie, soit une éruption déboutons, un accès formidable de ûèvre accompagné de sueur, etc., etc. — C'était bien là le commencement de la science que le vieillard de Cûs avait pressentie dans ces paroles si vraies et devenues si importâmes depuis peu: Vomitu vomilus curantur (les vomissements se guérissent par le vomissement), la méthode qui devait la compléter, méthode qu'il ne connaissait pas et qui consiste dans la connaissance et l'application des effets purs des médicaments.— C'est par elle, en effet, qu'on vient en aide à la force vitale (à la nature) dont l'activité incessante veille au maintien de l'équilibre de l'économie, et à son rétablissement lorsqu'il est momentanément rompu par l'état de maladie, et que les ressorts de la vie en sont affaiblis.

Hippocrate s'en tint donc à l'observation pure. — Le génie est patient et ne s'emporte pas ; il sait attendre ou s'abstenir. Un autre devait continuer son œuvre et compléier son idée.

La médecine n'était pas constituée comme science. Cette glorieuse tâche élait réservée à S. Hahnemann (1).

Et ce n'est que de nos jours qu'elle devait prendre rang parmi les sciences exactes, autant du moins que les phénomènes de la vie peuvent être soumis à une méthode qui leur soit invariablement applicable dans le plus grand nombre de circonstances et les plus importantes. La difûculté même du sujet

(I) S. Hahnemann naquit à Meissen (Saxe) le 10 avril 1755 et est mort à Paris eu 1843. — Voyez Notice sur sa vie, ses travaux, sa doclrine} par Léon Simon. Paris. 1855, in-8.

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