FAIBLESSE DE L1 ESTOMAC
Les choses les plus essentielles à dire à ce sujet ont été . traitées au chapitre IV, en tant que cette faiblesse d'estomac provient de la nourriture ou des boissons récemment prises. Quant aux autres causes, il en a été question aux chapitres I, H, III; mais il est certaines souffrances qui sont produites par descauses diverses qui agissentàlafoisetd'autaes où 1» cause est inconnue; quelques-unes n'ont qu'une durée passagère, quelques autres sont longues et opiniâtres : alors on dit qu'il y a dyspepsie; d'autres encore sont le commen-
MALADIES 0B i/ESTOUAC 307
cernent de maladie* violentes et dangereuses-— Nouante*» fyire connaître ici les affections de l'estomac, que chacun peut traiter c^z soi. Mais il en est qui ne peuNçnUtrie traitées que par le médecin, et ce sont celles que nous dé** signons sous le nom de <iy»pep»ie. — . C'est un mot savant et voilà tou^ car il ne dit rien. Quand un médecin prononce ce mot, il n'apprend rien autre chose que ce qu'il sait du malade, à savoir, que son estomac ne digère pas bien. Ce n'est, après tout, qu'un expédient dont se sert le médecin pour faire comprendre et croire qu'il est injtié dans ses souffrances; et, par cela seul qu'il fait usage de ce ter me, il donne la preuve de son ignorance : car il y g un très-grand nombre de maladies de l'estomao et de tottt l'appareil digestif qui sont sous la dépendance d'une digestion difficile ; et celui qui ne sait pas assez bien les discerner pour les traiter isolément par des moyens appropriés leur donne néanmoins et indifféremment ce nom de dyspepsie (digestion lente et difficile), et il les traite, sans plus de façon, par les mêmes remèdes qui, loin d'apporter le moindre soulagement, ne font qu'aggraver la situation du malade, et, pour un qu'il a pu sauver, il en a tué des milliers.
Au début du mal, on peut toujours guérir; mais si la maladie est déjà avancée, on ne peut, dans la plupart des cas, espérer de guérison qu'en prescrivant un régime rigoureux et en employant les moyens indiqués, ou, si cela ne suffit pas, en appelant un médecin homœopathe.
Le régime strict consiste à éviter les aliments qui sont passés, les salaisons et les viandes fumées, ou les choses à moitié gâtées ou desséchées, par exemple le beurre rance; à prendre un modeste déjeuner le matin, c'est-à-dire en faisant usage d'une nourriture légère; rien de lourd, peu ou point de viande, tout au plus un œuf; rien de frit à la graisse ou au beurre; point de pain trop tendre ou chaud, seulement du pain rassis et jamais grillé qui, à cet état, est à moitié altéré et devient indigeste; à dîner, on prendra
quelques légumes avec de la viande bouillie ou rôtie; à souper, un morceau de pain rassis avec du beurre ou toute autre chose légère; cela suffit ordinairement ; on s'abstiendra surtout de pâtisserie mal faite, dont la pâte n'est pas bien levée; on se privera de thé et de café; on boira de Peau froide.
On se tromperait de croire que Ton peut, avec du sucre, rendre douces les choses acides; le goût se laisse tromper, mais l'estomac jamais. Il en est de même pour ce qui est amer et fort.
La première de toutes les conditions est donc d'adopter un régime bien entendu, c'est-à-dire une nourriture saine, abondante, réparatrice et variée; car l'estomac est comme un champ sur lequel on peut jeter toujours la même semence. Il faut savoir se tenir à ce régime d'une manière invariable, toujours et partout.
Les cas dans lesquels l'appétit vient à manquer subitement, où il y a nausées, douleurs, et surtout tranchées, sommeil agité et faiblesse, réclament les remèdes indiqués ci-après ; dans les cas chroniques, vous choisirez parmi ceux dont il est parlé plus loin.
Arn. convient non-seulement lorsque cette souffrance (la faibiesae d'estomac) est causée par un coup reçu sur l'estomac, par un effort qui sur le moment donne lieu à une vive douleur, ou par un tour de reins, mais aussi par suite de défaut de sommeil, fatigue d'esprit, grande excitabilité et irritabilité (comme quand on dit que le malade est dans un état nerveux) ; si la langue est sèche, couverte d'un enduit jaunâtre, avec goût putride ou amer et aigre, bouche mauvaise, répugnance pour le tabac, appétence pour les choses aigres, renvois quelquefois avec odeur d'œuf pourri; lorsque, après avoir mangé, on éprouve une plénitude d'estomac, nausées avec efforts pour vomir; vents et flatulence; ventre ballonné; en même temps pesanteur dans tous les membres, vertiges, douleurs de luxation,
MALADIES DE I /fiSTOMAC. 309
) maux de tête pressifs au-dessus des orbites, étourdisse- ) ments et chaleur dans la tête ; quand on éprouve une chai leur désagréable, que le sommeil est agité, les réveils fré- | quents et en sursaut, accompagnés de songes pénibles. I Si arn. ne suffit pas, donnez nux vom.> et, à défaut de i celui-ci, chamom.
| Nux vom., si la maladie est la suite de débauches, de
| l'abus du café, du vin principalement ; si le malade a été | pris d'un refroidissement, si la bouche est sèche sans altération, s'il y a une accumulation d'eau ou de phlegmes aij grès, si la langue est chargée d'un enduit blanchâtre; si
I le goût est nul et insipide pour toute sorte d'aliments ; sa-
live aqueuse et abondante, vomissement, pression de l'estomac , ventre tendu , selles petites et dures ou rares (constipation); vacillement, vertige ou engourdissement de la tête ; pesanteur de la nuque, tintement des oreilles, tiraillement dans les dents molaires, tantôt supérieures, tantôt inférieures; tiraillement dans les membres, manque d'énergie et paresse d'esprit; le malade est inquiet, querelleur, irritable; parfois sa face est chaude, ou marquée de plaques rouges. Si nux vom. ne suffit pas, donnez chamom.
Chamom. convient lorsque, après avoir mangé ou bu, le
I mal a utoe invasion brusque à la suite d'une vive contrariété,
I que la bouche en reste amère, que les renvois bilieux sont
suivis d'un vomissement de matières verdâtres ou de bile
I pure ; qu'il y a de l'agitation pendant le sommeil, et qu'il
: est interrompu ; en outre, il y a douleur et plénitude de la
tête, la face est chaude et rouge, les yeux sont rouges et
brûlants; l'esprit est très-irritable. Si chamom. ne suffit
pas, donnez puis., et si puis, ne suffit pas, nux vom.
| Puis, convient lorsqu'on a mangé de différents mets et
| pris des boissons de plusieurs espèces qui se contrarient,
I principalement si les aliments sont flatulents ; après avoir
I mangé beaucoup de choses grasses, telles que porc, mouton
310 «ALAMB LES PLtJS OÛfiOfUHES.
et saucisson, ou toute autre ehoetHCtiftomi beurre, «arteat au beurre rance ; si le.gû&t enestidraery saMy eblèfeseïone sensation de viande gâtée ou putride ipa dé soif ; torsqne chaque bouchée de paio^ou tout» ant»e.nûurriti*?e,ilaîsqe de l'amertume dans la vhoueta; tjuaiwj( te tabac est insiv pide ; quand on a la bouche pleine de glaipea^tqtoeittgorge gratte, qu'il y a,;def( renvoi biltetfry:ort des aigreurs ou ftpretés d'estomac,; upe averse particulière pouMeecWiJments chauds; que le ventre est balloftaé et tând«^ surtout sous les côtes ; qu'il y a borborygme*, grouillements, selles lentes, petite^ pénibles, ou ^diarrhée; lassitude dans les membres., comme dans la fièvre intenmittittite, frissons, débilité; si le malade $st faible, ennuya, taciturne, irritable par la moindre chose, et peu disposé à parler»
Chin, convient lorsque l'air ambiant est chargé de vapeurs nuisibles, ou au printemps et en automne, lorsque les jours humides sont suivis de sécheresse; dans les pays où l'on a récemment creusé des canaux, où les terres ont été desséchées, et où régnent les brouillards ; dans le cas où, par suite de la profession, çn est obligé de respirer des émanations nuisibles, et qu'on, e$t privé d'un air suffisamment pur ; il est utile dans les prodromes de la fièvre intermittente et pour prévenir tout à la fois la fièvre eilo-même. Il convient aussi lorsqu'on éprQuy^d$l<i satiété, de J'indifr férence pour le boire et lemapge^j lqrsqp^ le* alimente resr tent longtemps sur restomac,q^oa^ beaucoup de renvois et qu'on vomit les aliments non encore digérés ; qu'on a du goût pour les choses excitantes, fortes et acides; qu'on éprouve une faiblesse générale et un besoin de rester couché, mais cependant sans ayotf la ,foi$e ejL la patiftwe de garder la môme place; si pouya^t «faendjft efejfléeWr^ membres, ils restent complétemç^ rftWffi lp wflti&.j>*l on ressent souvent de la chaleur, et le moindre courant d'aif donne des frissons ; si les urines sont brûlantes et déposent beaucoup; si on ne peut s'endormir, et si, en dormant, le
Maladies m l'estomac. 311
g sommeil ë$t interrompu; si l'esprit est mélancolique et
I rflol dtepdSé.
. ''AftiMSmM., \6viûvf(fa éprouvé va èërtaitî ttfthilft à
rèstôftiftfcttvéè ëtiVie de vomir ; fei là langue est éhâirgéé où j èôuvërtë dé petites vésiéules^ënvbis fréquents, qui fàpj pot teflt le goût des tflifoéttfcïiti'ôMHéiït démanger ; bouehe I sèche ou salive abondante avec grande soif, surtout là Huit *, | phlegrnes dans là gorge, ou votnissemerité de phlégiûés ou , de bile; estomac douloureux Comtfië ^11 était trop plein, | ôtf Sensibilité douloureuse à l'épigàstfè par lé toucher; en
| outre, flatulences et tranchées, avec constipation et diar- | fhéë. Si antitn. crtid. tarde k produire un bon effet,
| dOnttèz b?y. "x i -.
i Bty.y si l'estôrhàc est dérangé et s'il y à en même temps
I des frissons et du froid, constipation, langue chargée et I couverte d'un enduit jaunâtre, ou de vésicules comme dans ! àhtim. crud. ; c*èât là même soif, mais lé jour et la nuit il y a un peu plus de sécheresse, dans la {gprge et r estomac. Il I convient surtout en été, ou lorsque le temps est chaud et I humide. Dans cette Circonstance, débutez d'abord par bry .,
i que Vous répéterez si* ou douze heures après s'il le faut. . Ce h'eât que plus t&fd que vous donnerez ùnlim. cruà., si j bty. n'a pas suffi.
j Ipec, lorsqu'on à l'estomac surchargé de glaires ou
i affaibli par toute autre cause ; lorsque la langue n'est pas âfile, quoique lé malade ait des nausées ou des vomissei ffientS; il convient particulièrement dans les cas caractérisés par un dégôàt prononcé contre tout aliment, même : Contre le tabac, et lorsque lés vomissements sont faciles et I Violents, compliqués de diarrhée ; et notamment lorsque ces I accidents se répètent tous les jours ou tous les cfé'ux jours,
à la ménie heure. ' i^l'M
i Hep. sulph. cantàeht htfsqUfe Téstôniaè se dérafijjë faci-
lement, même en menant une vie régulière, soit même en prenant toute sorte de précautions; lorsqu'on éprouve de
l'appétence pour les choses acides, fortes, acerbes, ou pour le vin ; qu'on a des nausées, des maux de cœur et des renvois, principalement le malin; qu'on vomit des matières acides, bilieuses et glaireuses ; que la bouche est inondée de glaires, le ventre douloureux, et que les selles sont dures et sèches, après surtout qu'on a fait usage de pilules bleues (mercure).
Lac h. est mis en usage lorsque hep. sulpâ. ne suffit pas; quand les souffrances ont lieu après avoir mangé , ou le matin de bonne heure, ou que les selles s'arrêtent pendant plusieurs jours.
Les cas chroniques les plus opiniâtres de dyspepsie peuvent être guéris par hep. sulph. ou sulph., pourvu qu'on ne le répèle pas trop souvent, qu'on sache attendre qu'une aggravation notable se produise ; et si l'un de ces remèdes est sans effet, qu'on emploie l'autre. Si tous les deux restent sans efficacité, donnez bell.,ou quelquefois merc. viv., et après sulph.