‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 3)Chapitre 136 sur 232 · VERS · texte numérisé non relu

VERS

On attribue généralement la plupart des affections à l'existence des vers, qui eux-mêmes reconnaissent diverses causes. Ainsi on dit qu'ils proviennent de ce que les enfants sont gorgés de bouillie, de gâteaux, ou de ce que la mère se nourrit, pendant l'allaitement, de beaucoup de viande, de poissons et d'aliments salés ou cuits à la graisse, et Fon suppose alors que c'est là ce qui rend les enfants naturellement malades, ou qui les prédispose à le devenir; ou bien encore de ce qu'on les emmaillotte trop chaudement et qu'on ne les promène pas à l'air extérieur, et encore de ce qu'on les drogue pour les vers, en leur administrant soit des lavements, soit des purgatifs, ce qui, du reste, loin de détruire ces incommodes parasites, ne peut que les engendrer et les faire prospérer.

Du moment qu'on peut se douter de la présence des vers, la première chose à faire, c'est de mettre les enfants à un régime convenable, propre à neutraliser les conditions d'existence de ces animaux ; et si après cela il reste des souffrances vermineuses, on pourra plus facilement les faire cesser par l'action des remèdes. — On s'alarme beaucoup trop de la présence des vers : ils ne sont pas aussi dangereux que les médicaments qu'on emploie pour les détruire, et qui sont prônés par les journaux et les commères. Les gens crédules croient aisément ce qu'on leur dit à ce sujet, et n'en payent que plus cher; mais s'ils savaient ce qu'ils préparent à leurs enfants, ils préviendraient le regret qui les attend ; ils donneraient le double pour ne pas avoir introduit ces drogues dans leur maison.

Il est vrai qu'il arrive quelquefois qu'elles tuent les vers, ainsi que font les poisons, mais elles tuent aussi les enfants ou leur ménagent de longues souffrances par les altérations abdominales qui en résultent. Qu'on sache, en premier lieu, que les enfants ont plus ou moins de vers, même

avant de naître, et que c'est déjà un indice d'une maladie grave que de voir les vers sortir spontanément; en second lieu, que les vers vivent de substances qui seraient plus nuisibles aux enfants que les vers eux-mêmes. La plupart des symptômes attribués aux vers ne sont que les symptômes d'une maladie générale préalable, qui favorise et augmente l'affection vermineuse, surtout si les enfants ont un mauvais régime. D'après cela, on ne doit pas s'étonner s'ils se multiplient beaucoup et occasionnent différentes souffrances qui, ajoutées à la maladie primitive, peuvent prendre une très-grande gravité. On parvient bien à chasser les vers, à faire disparaître les symptômes dont ils étaient l'occasion, mais la maladie réelle, la maladie fondamentale, s'accroît.

Il arrive aussi qu'il se déclare d'autres souffrances qui sont pires que les premières, bien qu'elles se développent lentement, comme cela se voit sur les enfants de dix à douze ans. La chasse aux vers ne remédie à rien d'essentiel. — Les remèdes dont nous allons parler guérissent l'affection vermineuse, et réussissent même à expulser les vers, fussent-ils très-nombreux. — Pendant le traitement, on donnera à manger aux enfants dans une juste mesure, mais toujours peu de pain et jamais ni gâteaux ni choses semblables. On leur permettra de manger des substances fraîches ou bouillies, ou des fruits secs.

Lorsqu'on n'est pas sur de l'existence des vers, que l'enfant maigrit et qu'il vomit souvent, donnez ipec. j mais s'il a la langue chargée, donnez carb. veg.; si cela ne suffit pas, puis, y si l'enfant était fatigué par une diarrhée intense, ou qu'il eût pris des purgatifs, ckin. ; s'il y a constipation, nux vom.

Si l'enfant rend des vers de temps en temps, que le ventre soit distendu, que le nez lui démange, donnez cin., qui est le remède capital contre toutes les souffrances provenant des vers. Dans les coliques produites par les vers avec en-

vie de vomir et affluence considérable d'eau dans la bouche, que la région ombilicale soit dure, et si l'abdomen est généralement dur et gonflé, avec des besoins fréquents et impuissants d'aller à la selle, des stries de sang, donnez d'abord aeon.; quelques heures après, cin.; et si cela ne suffit pas, merc. viv. Dans toute souffrance vermineuse, acon., administré dès le principe, est d'une grande utilité : et si, après son emploi et celui de divers autres remèdes, le mal reste le même, donnez sulph. comme moyen efficace; surtout après merc. viv. Ces remèdes opèrent en général la guérison dans tous les cas ; seulement, lorsque les enfants sont altérés et qu'ils sont peureux et tressaillants, donnez bell. Dans les cas les plus graves, loch, convient, administré deux ou trois fois.

Les individus tourmentés par le ver solitaire en rendent, de temps en temps, des morceaux qui se détachent comme d'une articulation; ce parasite est carré, entièrement plat et large comme le petit doigt. Si l'on n'en rend pas de fragments lorsqu'on devrait en rendre, ce qui arrive ordinairement à la pleine et nouvelle lune, qu'on ne croie pas pour cela avoir le ver solitaire, car personne ne peut le savoir s'il n'en rend; mais s'il se trouve qu'on dise la vérité, ce n'est encore qu'un pur hasard; du reste, celui qui a réellement le t*nia ne doit point s'en effrayer et croire qu'il a dans le ventre une bête dont il faut qu'il se débarrasse à tout prix, par toute espèce de poison. Si on l'expulse promptement, le succès est pire pour le malade, car il peut s'attendre, d'un moment à l'autre, à d'autres et nouvelles souffrances. — Celui qui y est sujet prendra sulph. deux matins de suite, à la lune décroissante; et à la pleine lune suivante, merc. viv., et, huit jours après, deux fois sulph. ; il devra répéter cette méthode pendant quelque temps. — Il arrive que le ver sort après quelques doses de cale. carb. ; si cela ne suffit pas, il faut s'adresser à un médecin homœopathe.

Pour les ascaride», petits vers qui se tiennent à l'anus, voyez l'article suivant.

DEMANGEAISONS A L ANUS,

Si ces démangeaisons sont internes ou externes, pires étant assis ou pendant le mouvement, pires après avoir mangé ou bu des choses échauffantes, avec douleur et hémorrhoïdes dures, sèches, humides ou saignantes; si le malade est constipé, qu'il ait contracté l'habitude des boissons fortes, de la bière ou du café; ou si elles ont lieu chez les personnes qui mènent une vie sédentaire, chez les femmes enceintes; ou qu'elles soient produites par les ascarides, qu'on peut voir remuer à la marge de l'anus, donnez nux vom. le soir en se couchant.

Lorsque le prurit est causé par les ascarides et que nux vom. ne suffit pas, si les enfants sont très-inquiets et qu'ils aient la fièvre, donnez, matin ou soir, acon.; et si cela ne suffit pas, ipec. le matin. Si de temps à autre les enfants sont tourmentés par cette affection, surtout à la pleine et à la nouvelle lune, donnez sulpk. à chaque pleine lune, et si lie. à chaque renouvellement ; et si une prise n'a pas suffi donnez le même remède dilué, par cuillerées, sept matins de suite. Si à la pleine lune suivante il n'y a pas encore amélioration, donnez de la môme manière cale. carb.9 que l'on peut répéter sept jours de suite.

Empêchez les enfants de manger de la viande de cochon et des pâtisseries. Si tout cela reste impuissant, donnez ferr. trois à quatre matins de suite ; si parfois il se déclare de la diarrhée, cessez-le ; et si la diarrhée persiste, donnez chin.

Pendant que les enfants font usage de ces remèdes (sulph., cale. carb.} silic. et ferr.), on s'abstiendra de tout autre médicament; tout au plus une prise d'acort., s'ils ont la fièvre ; et si acon. ne suffit pas, donnez le camphre à flairer.

i Rien n'empêche en outre qu'on rie frotte l'intérieur de l'anus

avec un peu d'huile douce, et si cela même ne suffit pas encore, de donner de petits lavements à l'eau froide tous les soirs; rien de cela ne contrarie l'action des remèdes. Cette pratique restant sans effet, on peut essayer, surtout chez les i enfants qui ont hérité de cette affection, les lavements à

i l'eau légèrement salée ; et s'ils ne suffisent pas et occasion-

i nent de la diarrhée, qu'on donne alors des lavements aci-

i dulés (d'eau vinaigrée). Dans le cas d'un nouvel insuccès,

| on a vu des frictions répétées matin et soir, faites sur les

i parties pruriteuses, avec une moitié de citron, apporter du

| soulagement. (Ce dernier procédé réussit contre les déman-

i geaisons des parties génitales de l'homme ou de la femme.)

i II est d'observation que l'usage des asperges dans la sai-

son est très-avantageux pour combattre les vers et les dé- I mangeaisons qu'ils provoquent; car on a fait la remarque

i que c'est à cette époque que ces parasites fatiguent le plus.

Oh a encore constaté que l'un des meilleurs remèdes j chez les enfants, est de donner une goutte de tein-

; ture de urtica urens\ chaque matin, durant plusieurs

I jours, lorsque les démangeaisons sont provoquées par les

I hémorrhoïdes (tumeurs à l'anus rouges et bleuâtres);

i donnez dans ce cas les remèdes suivants : dans les déman-

geaisons accompagnées de brùlements et d'élancements, où l'anus est contracté comme s'il était trop étroit, et qu'on fait des efforts inutiles pour aller à la selle ; si elles 1 sont accompagnées d'élancements sourds et de mouve-

ments spasmodiques tractifs dans les reins et autour de l'anus, et qu'à chaque mouvement on sente dans les reins j une douleur sécante qui arrache des cris au malade, et i qu'il ne puisse marcher ni être assis ni courbé, alors donnez

| nux vom., ou un ou deux jours après, ign. en deux doses. Lorsque, indépendamment des démangeaisons, on éprouve au dedans et autour de l'anus une douleur d'exco- [ riation avec élancements, s'il y a en outre brûlement, que ' ' 29

les tumeurs se ramollissent, que le rectum soit comme trop plein et trop lourd, ou qu'il sorte ; quand on éprouve aussi un besoin continuel d'aller à la garde-robe, ou qu'on a des selles minces et sanguinolentes avec des douleurs fortement lancinantes qui vont dans les reins, qu'il y a de la roideur ou de la tension, donnez sulph. matin et soir, pendant quelques jours, et attendez-en patiemment les effets. Mais s'il y a quelque aggravation à la suite de sulph., donnez acon. ; si cela n'améliore pas l'état, faites sentir du camphre.

HÉMORRHOIDES.

Cette affection consiste dans un écoulement de sang par l'anus, qui a lieu assez fréquemment toutes les quatre à cinq semaines, et qui est précédé de souffrances plus ou moins incommodes, après quoi on se trouve infiniment soulagé. Elle préserve souvent d'autres maladies plus graves. C'est précisément ce qui fait que les Allemands l'appellent veine <Tor. D'ordinaire les symptômes précurseurs sont assez douloureux. Quelquefois l'écoulement du sang s'arrête; il n'en sort pas ou peu ; d'autres fois il s'en écoule trop, et cela devient dangereux. Il arrive qu'il se forme des tumeurs sur la marge de l'anus quelquefois très-douloureuses, surtout lorsqu'il ne se fait pas de flux sanguin. Cette affection peut se porter aussi sur une partie plus importante de l'organisme : il en résulte alors des accidents très-graves. Pour tous ces cas, il y a sans doute à employer divers remèdes; mais il y a surtout à modifier un genre de vie qui pourrait aggraver la maladie. — Il ne faut pas rester longtemps assis, particulièrement sur un siège mou, à moins que les hémorrhoïdes ne soient sorties ; on évitera toute boisson forte, principalement la bière forte, le vin, le café, le thé, etc. Le matin on boira beaucoup d'eau ; on mangera moins de viande, et l'on prendra beaucoup d'exercice.

Les médecins de la vieille école n'entendent rien au traitement des tumeurs hémorrhoïdales ; s'ils ont quelquefois réussi à les faire disparaître, c'est par un pur hasard ; et l'insuccès leur a fait concevoir la folle idée de les exciser, ce que chacun peut faire s'il a une paire de ciseaux adaptés à cette opération. Les douleurç de l'opération n'ont rien de très-souffrant, mais ce n'est pas moins une opération hasardée et très-irrationnelle, qui peut avoir de graves conséquences; on ne parvient souvent à arrêter l'effusion. du sang qu'avec un fer brûlant ou de la créosote, et il en résulte des ulcère^ qu'on ne parvient pas toujours à faire cicatriser. Cette excision n'a d'autre effet que de suspendre momentanément les souffrances, car il ne tarde guère à se | former d'autres tumeurs qui s'établissent plus haut dans 1 le rectum , où elles deviennent naturellement beaucoup 1 plus incommodes et plus douloureuses : on n'a plus la res- ' source de les exciser avec la même facilité, et, si l'on y | parvient, le rectum se trouve lésé â'une manière irremé- I diable. Supposons que cette nouvelle opération ait une I apparence de réussite ; et puis que fera-t-on contre les I tumeurs qui se forment plus haut ? Là s'arrête la sagesse I de ces habiles opérateurs. Mais alors la maladie étant der ! venue beaucoup plus grave qu'auparavant, ils l'abandon- ! nent au destin. — Nous autres homœopathes, nous avons i des remèdes qui guérissent ces tumeurs sans les couper; ) et nous savons aussi que plus on fait subir de ces mutilations ! au malade, plus il est difficile de les guérir. I Des ablutions et des lavements d'eau fraîche, une ou

| deux fois par jour, constituent un excellent moyen, quand I les hémorrhoïdes ne coulent pas ; mais qu'on se garde bien I de l'employer, quand elles saignent, qu'elles sont fluentes. ) Tout au plus y doit-on recourir quand le flux est trop | abondant; mais alors il faut toujours prendre des remèdes \ adaptés à la circonstance. Ces lavements seront pris avec \ une grande précaution ; l'eau ne sera pas trop froide; le

bout de la seringue, en gomme élastique, en bois de buis ou de tilleul, ne sera pas trop pointu ; il sera obtus et de la grosseur du petit doigt; on aura la précaution de le tremper dans de l'huile fraîche, de la graisse, ou du beurre : c'est alors qu'on l'introduira avec ménagement. Hais si les tumeurs de l'anus sont trop douloureuses, et qu'on ne puisse pas introduire la seringue, on tiendra sur l'anus une éponge trempée dans de l'eau froide. Le malade fera utilement d'humecter les tumeurs avec sa salive, pourvu que ce ne soit pas immédiatement après avoir mangé ou fumé ; ceux qui chiquent ou ont des ulcères dans la bouche s'en abstiendront. Lorsque les hémorrhoïdes ne saignent pas, elles deviennent très-douloureuses; et si l'application de l'eau froide les exaspère, alors qu'on prenne une fumigation sur une chaise percée placée sur un vase d'eau de son très-chaude ; on se trouvera bien aussi de l'usage de substances mucilagineuses, et particulièrement d'une émulsion de graines de coing.

Hais le principal est dans l'emploi des remèdes. S'il y a une grande démangeaison, consultez l'article Démangeaisons à l'anus; s'il y a des coliques par suite d'hémorrhoïdes, donnez les remèdes contre la colique, parmi lesquels se distinguent principalement puis., nux vom. et coloc. Puis, s'adresse aux femmes ; nux vont, est pour les ivrognes et pour ceux qui mènent une vie sédentaire, et coloc. quand les douleurs sont très-violentes. Il faudra aussi voir

l'article consacré à la congestion sanguine abdominale.

Acan. est suivi d'un bon résultat lorsque le sang flue, et qu'il y a en même temps une douleur lancinante et pressive à l'anus ; lorsque le bas-ventre est comme trop plein, avec tension, pression et coliques ; lorsque les reins sont comme brisés.

Nux vom. lorsque les tumeurs sont le siège de douleurs lancinantes et brûlantes, accompagnées des souffrances indiquées à l'article Démangeaisons à l'anus; lorsque,

avant et après la selle, il y a un flux abondant d'un sang clair, ainsi que dans le cas de constipation ou de grossesse. Si ce remède ne suffit pas, donnez ign. ; et plus tard, si les souffrances reviennent, sulph.

Puis, lorsqu'avec les selles il sort un mélange de sang et de mucosités avec une forte pression sur les tumeurs ; lorsqu'on éprouve des douleurs dans le dos, que la face est pâle, et qu'on est près de se trouver mal; si cela ne suffit pas, donnez merc. viv. ; et après, sulph.

Caps, convient quand les tumeurs sont très-enflées, que le sang s'échappe avec des douleurs brûlantes, des selles séro-sanguinolentes ; lorsqu'on ressent des tiraillements dans les reins et le dos, et des tranchées dans le ventre.

Ign. convient dans les douleurs pulsatives situées profondément, avec démangeaison et fourmillement, flux abondant de sang, ou procidence de l'anus pendant les selles; ou lorsqu'après les selles on éprouve une forte douleur d'excoriation et de contraction, particulièrement à la suite d'un besoin impuissant d'aller, ou qu'il n'est sorti qu'un mucus sanguinolent.

Chamom. se donne quand le flux de sang est liquide, avec douleurs compressives dans le bas-ventre, et besoins fréquents d'aller à la selle; qu'il y a de temps en temps de la diarrhée, particulièrement si elle est accompagnée d'une sensation de brùlement et de corrosion, avec maux dans les reins, surtout la nuit.

Antim. crud. convient fréquemment lorsqu'il sort de l'anus une mucosité jaunâtre qui tache le linge; on peut dans quelques cas l'alterner avec puis. ; lorsque le mucus donne la sensation d'un fort brùlement, préférez alors carb. veg. ; principalement quand on saigne du nez et qu'il se fait un afflux de sang vers la tête.

Carb. veg. lorsque, par suite d'un flux de sang brûlant, le malade tombe dans une grande faiblesse: s'il ne suffit

pas, donnez ors. alb. ; et s'il y a une nouvelle aggravation, alternez ces deux remèdes.

Sulph. est le remède principal contre les hémorfhoïdes fluentes ou borgnes; il convient particulièrement quand il y a une pression, un besoin continuel d'aller à la selle et que ce besoin est sans résultat, ou qu'il y a des selles trèsminces et sanguinolentes, accompagnées de douleurs d'excoriation et d'élancements violents dans l'anus et autour; quand les tumeurs sont brûlantes, qu'elles suintent, sortent beaucoup, et au point de ne pouvoir les faire rentrer; si elles sont accompagnées de douleurs violentes et lancinantes dans les reins et le dos, avec roideur des reins comme si tout y était trop court ; et aussi quand en urinant on ressent une douleur brûlante.

Celui qui a déjà pris beaucoup de soufre ou d'huile de Harlem, et qui en a abusé, devra préalablement faire usage de merc. viv., et, six jours après, de sulph., le soir et le matin; mais s'il a abusé également des préparations de mercure et de soufre, qu'il prenne d'abord lach. une ou deux fois ; et s'il se produit une nouvelle aggravation, merc. viv. y et ensuite sulph., qui s'alterne quelquefois avec sep»

Bell, convient dans le flux de sang accompagné de mauvaises douleurs dans les reins, comme s'ils étaient contusionnés, brisés; s'il ne suffit pas, donnez hep. sulph. ; et si la guérison n'est pas opérée, quatre à cinq jours après, rhus toxic. Dans tous les cas, le malade ne prendra de ces remèdes que deux fois par jour, le matin et le soir, ou le soir et le matin.

Dans le flux trop abondant de sang, donnez acon. ; s'il ne suffit pas et que le sang coula comme dans une hémorrhagie, qu'on n'attende pas longtemps et qu'on donne ipec. ; si après dix minutes il n'y a pas de résultat, sulph., et de nouveau acon. ; si cela ne suffit pas encore, donnez ùelL à flairer, et ensuite cale. carb. en olfaction. Si, après l'usage de l'un de ces remèdes, il y a quelque amélioration,

ne donnez plus rien ; s'il y a quelque aggravation, recommencez, et ne recourez à un autre remède que lorsque le précédent a épuisé son effet. Si le malade reste affaibli, faites-lui flairer ckin.

Les remèdes ci-dessus indiqués suffisent pour les cas d'urgence ; ils peuvent aussi guérir les cas chroniques ; et s'ils n'y réussissent pas, appelez un médecin homœopathe, et renseignez-le avec détail sur toutes vos souffrances.

DIARRHÉE

Cette affection est déterminée très-souvent parles causes indiquées dans la première partie de ce livre : comme par une frayeur subite r une peur, une contrariété, un refroidissement, un échauffement, un dérangement d'estomac, la suite de brûlures, etc.

La plupart des gens ont encore le préjugé de croire que la diarrhée est un bénéfice de nature, nécessaire au rétablissement de la santé dérangée. Il est vrai qu'il y a quelques maladies qui se jugent par la diarrhée, mais elle n'en reste pas moins une maladie si elle a de la durée ; et il est très-vrai aussi que c'est par elle que commencent d'autres souffrances. — Le faux semblant d'amélioration et de faiblesse qu'on éprouve après une diarrhée quelconque (soit provoquée ou non) est considéré par beaucoup de personnes comme salutaire et agréable, par cela seul que l'état actuel est différent de celui qui précédait ce dérangement. Par comparaison, il en est de même de ceux qui regardent l'usage de la bière forte ou de l'eau-de-vie comme bienfaisant, à cause de cette espèce d'enivrement qui en résulte ; il leur semble d'autant meilleur, qu'il est plus prononcé. Il se trouvç aussi des gens qui croient que la santé ne peut rester dans un parfait équilibre s'ils ne se purgent pas de temps en temps. Us n'ont qu'à essayer, s'ils sont constipés, des remèdes que nous conseillons contre la constipation, et

ils se convaincront qu'ils peuvent guérir la plupart du temps sans purgatifs. Si Ton est pris d'une diarrhée naturelle ou artificielle, ce ne sera pas une raison pour qu'il faille l'arrêter artificiellement, comme par du vin, de l'eau-de-vie, et tout autre moyen; il vaut mieux lui laisser son cours, et ne prendre que les remèdes qui lui sont appropriés. Supprimer la diarrhée n'est pas toujours dangereux ; cependant cela peut le devenir quelquefois, principalement chez les enfants et les vieillards, ou chez les personnes qui sont atteintes en même temps d'une autre maladie. — Il peut en résulter alors des affections graves, telles que la dyspepsie, des hépatites (maladie de foie), etc., mots bien savants qui éblouissent les esprits simples, qui ne mènent pas plus loin, et qui font oublier le mal principal ; le pire de tout cela, c'est qu'il n'est pas toujours facile de guérir les suites fâcheuses d'une diarrhée supprimée. — Mais croire qu'il est très-imprudent d'arrêter le cours du ventre, parce qu'on empêche la sortie des impuretés du corps, c'est être dans une autre erreur : la suppression de la diarrhée n'est dangereuse que parce qu'on change une maladie pour une autre, et qu'on ne connatt pas celle qui doit la remplacer; elle est généralement plus grave. La plupart de ces impuretés n'existent que dans l'imagination.

Expliquons-nous plus positivement, et cela pour détruire les préjugés qui existent sur ce sujet : En admettant que le corps contienne de véritables impuretés, il s'en débarrasse plutôt par une évacuation naturelle que par la diarrhée, qui, quoi qu'on en dise, ne parvient pas à en délivrer les intestins. Lorsque les matières sortent fermes, rien ne reste; tout le monde sait cela. Le canal intestinal est un véritable tube, étroit à son origine, et qui va s'élargissant jusqu'à son extrémité inférieure. 11 ne ressemble pas à un tuyau de pompe à incendie, sur lequel il faut agir pour en faire sortir le contenu. Non, ce n'est pas un instrument inerte, mais bien un tube tout vivant, doué d'une activité

MALADIES DBS INTESTINS. 345

propre et constante. Cette activité, tant qu'elle est à l'état normal, ne souffre pas que rien reste dans le corps; il n'y reste quelque chose, que lorsqu'elle a perdu sa régularité ou qu'elle s'arrête; ce qui ne peut avoir lieu. — Dans la diarrhée provoquée par un purgatif, cette activité, cette force est irrégulière, et s'irrite dans les efforts qu'elle fait pour débarrasser l'organisme de ces purgatifs, véritables poisons qui, lorsqu'elle y est parvenue, laissent les intestins dans une grande faiblesse, dans un relâchement extrême. — Si le purgatif n'agit pas à l'égal d'un poison, il n'évacue pas tout à fait ; il ne sort du corps que ce qu'il ne peut tolérer. — Les effets funestes de ces médecines deviennent encore plus évidents, lorsque les drogues restent dans les intestins; car le corps n'a plus la force de les chasser ; alors elles y restent avec toute la force d'un poison. On a beau dire que c'est la maladie qui produit ces symptômes; il n'en faut rien croire ; cela est faux. Il meurt beaucoup plus d'adultes par la magnésie et l'huile de riciu, plus d'enfants par la rhubarbe que par l'arsenic, dont on est tant effrayé, à juste titre. — Dans l'état de constipation, la force des intestins est plus puissante, et dans un temps donné, les excréments peuvent être expulsés, et, par conséquent, rien ne peut rester dedans, car les matières durcies remplissent toujours le gros boyau, ce qui n'a jamais lieu dans la diarrhée. Lorsque la force d'expulsion s'arrête, il est vrai que tout reste stationnaire ; mais elle peut être facilement provoquée, comme cela est prouvé à l'article Constipation. Les médecins qui ont ouvert des corps par centaines, savent très-bien qu'on ne trouve des impuretés que dans les sujets morts à la suite de la diarrhée, et jamais dans ceux qui ont été constipés.

Lorsqu'on est pris d'une légère diarrhée et qu'on se trouve par là soulagé ou~guéri d'une autre maladie, il ne faut pas se presser de recourir aux remèdes ; il faut y recourir quand elle continue, ou qu'elle donne lieu à d'autres

affections. Dans ce cas, choisissez parmi les médicaments appropriés aux symptômes.

Dans la diarrhée de dentition il n'y a rien à faire, à moins qu'elle ne dure trop longtemps et qu'elle n'affaiblisse les enfants. Il suffira dès le principe d'éviter les acides, le café, le thé et toute substance salée ; tous fruits, frais ou secs, les œufs ou le poulet et autres volailles sont toujours nuisibles. Ne donnez que des boissons mucilagineuses et une nourriture féculente, comme la farine d'avoine, de riz, etc. Si l'appétit se conserve, le malade prendra du bouillon, du potage avec ou sans fécule, ainsi que du lait récemment trait, s'il n'y a pas de répugnance; mais on le donnera sans excès; il pourrait augmenter la diarrhée.

Ipee. convient dans le cas où le petit malade crie, s'agite, est inquiet, salive beaucoup, qu'il a le bas-ventre gonflé, avec des besoins impuissants d'aller, qu'il a des selles fréquentes, petites, jaunâtres, accompagnées de coliques et de douleurs au rectum, ou que les selles sont muqueuses, minces, comme en état de fermentation, et d'une mauvaise odeur ; qu'il éprouve en même temps de la faiblesse, l'envie de rester couché ou qu'il est somnolent ; que le visage est pâle, avec cercle bleuâtre des yeux, horripilation, irritabilité, mauvaise humeur. Si ipec. ne suffit pas, donnez rheum, si les selles ont une odeur aigre, rheum sera préféré dès le principe.

Chamom. s'adapte principalement aux enfans qui crient, s'agitent, et veulent toujours être portés ; à ceux d'un âge plus avancé, s'ils s'agitent d'une manière inquiète et maussade, qu'ils crient jusqu'à en perdre connaissance, et qu'ils se tordent en double; lorsque les plus petits ramassent leurs jambes sous le ventre, que leur ventre est tendu, dur, que les selles sont fréquentes, séreuses ou aqueuses la plupart du temps, ou verdâtres, ou brunâtres, ou indigérées et donnent une odeur d'œufs pourris ; qu'il y a des borborygmes, manque d'appétit, soif, langue chargée, renvois

fréquents et soulèvements d'estomac comme pour vomir.

— Ce remède conviendra aux grandes personnes, particulièrement quand les selles sont vertes, aqueuses, chaudes et puantes; qu'elles ont la bouche amère; qu'il y a renvois iftoers, vomissements bilieux, plénitude d'estomac, tranchées, céphalalgie.

Puis, convient dans la diarrhée qui a la consistance de bouillie, ou lorsqu'elle est liquide, puante, qu'elle excorie l'anus, qu'elle est brûlante; si elle s'accompagne de dégoût, de nausées, de renvois désagréables, de tranchées, plus fréquents la nuit que le jour ; donnez rhus. toxic. si, rendue à l'état de bouillie, elle n'a lieu qu'après minuit, mais précédée de maux de ventre qui cessent après la garde-robe.

— Puis, convient dans la diarrhée muqueuse, lorsque chaque selle change de couleur; si elle occasionne une grande faiblesse, donnez coloc. ; et si ce remède amène de vives tranchées, administrez une tasse de café pur. Si les selles sont claires, verdâtres, sanguinolentes et accompagnées de ténesme, donnez merc. viv.

Merc. viv. convient quand les souffrances sont à pousser des cris, qu'on se tord et qu'on a un besoin urgent et impuissant d'aller, avec sueur froide et tremblement; quand les selles sont vertes, aqueuses et muqueuses, quelquefois bilieuses, avec des stries de sang, suivies d'une grande fai* blesse, d'une haleine mauvaise, et comme si elle venait d'un estomac à jeun; s'il y a manque d'appétit, et envie de vomir, et en même temps diarrhée et vomissement. Il con* vient aussi quand les selles sont tellement corrosives qu'elles brûlent et excorient.

Sulph. se donne dans la diarrhée où les selles sont telle- " ment acres que tout le pourtour de l'anus en est excorié, ou provoquent dès éruptions miliaires ; souvent aussi, si elle s'accompagne d'émaciation, ou chez les enfants, s'ils ont le ventre dur et distendu : lorsque le moindre refroidissement ramène cette affection, même après avoir

employé d'autres remèdes qui l'avaient fait cesser.

Antim. crud. convient dans la diarrhée aqueuse avec dérangement d'estomac, langue chargée d'un enduit blanc, mais on préférera ferr. si, en même temps que l'anus est excorié, on y éprouve un état douloureux de spasme; lorsqu'après chaque repas on éprouve une douleur pressive à l'estomac, que les yeux sont trop sensibles, que la face est pâle et terne ; il convient surtout contre les diarrhées sans douleurs. Si cette affection dure depuis longtemps, et que les autres remèdes soient restés sans effet , donnez acid. phosph. à doses répétées et de plus en plus fortes.

Rheum convient dans la diarrhée aiguë, mince, glaireuse, et comme en fermentation (comparez avec ipec), et particulièrement aux enfants qui crient et se plaignent de coliques, ou ramassent leurs jambes vers le ventre, si leur bouche est pleine de salive et leur face pâle. (Si la face est rouge, donnez chamom., et si elle n'est pas suffisante, bell.) Dans le cas où l'enfant sent l'aigre, quoiqu'on le lave souvent, si rheum n'a pas suffi et que les douleurs persistent, donnez chamom.-, et si elle reste sans effet, et que les douleurs diminuent en même temps que l'état de faiblesse continue, avec distension du ventre, donnez suiph.

Chin. répond non-seulement à toutes les diarrhées chez les individus débilités, mais aussi dans les cas où, lorsque pendant la durée des fortes douleurs, lesquelles se caractérisent par une sensation de spasme, de resserrement et de compression, il sort une grande quantité de matières brunâtres et minces, suivies le plus souvent de douleurs brûlantes à l'anus, avec contraction du bas-ventre, borborygmes et coliques venteuses. Oq pourra aussi le donner lorsque, par suite d'un refroidissement, on est éveillé la nuit par ces souffrances spasmodiques, qui cessent alors presque immédiatement, avant que la diarrhée se soit déclarée.

Bry. convient assez ordinairement pendant les étés chauds, et en particulier après avoir pris des boissons

MALADIES DBS INTESTINS. 349

froides, ou pour tel autre cas de refroidissement; ou que la diarrhée est causée par du fruit ou par un excès de nourriture; ou lorsqu'elle se déclare bientôt après avoir mangé; à la suite de l'usage de la choucroute ou d'un aliment analogue; à la suite d'une vive contrariété, et quand chamom. n'a pas suffi.

Dulc. convient dans la diarrhée qui se manifeste à la suite d'un refroidissement, particulièrement en été et en automne, s'aggravant la nuit; qui s'accompagne d'évacuations fréquentes et plus aqueuses, avec ou sans douleurs ou coliques. Si dulc. ne réussit pas après six heures, donnez bry. et répétez-le toutes les six, les huit ou douze heures. — Si la diarrhée est accompagnée de plus de faiblesse que de douleur, si elle éclate après le repas, et que les aliments soient rendus non digérés, chin. convient généralement; quelquefois aussi c'est bry. ou rheum qu'il faudra consulter. Mais si la faiblesse est considérable et coïncide avec les douleurs abdominales, donnez ars,, et, s'il n'est pas suivi d'un prompt effet, nuxvom. — Contre les selles d'aliments non digérés, ferr. conviendra souvent, alterné avec chin. ou cale, carb., et quelquefois avec merc. viv. Contre la grande faiblesse avec diarrhée, ipec. est le meilleur remède, avec verat. et ars.; pour la diarrhée sans douleur, ferr. —

' Lorsque la diarrhée alterne avec la constipation, comme cela a lieu quelquefois chez les vieillards, donnez ant. crud.

I et cale. 9 surtout s'il n'y a aucune espèce de douleurs.

I Pour la diarrhée des femmes grosses ou nouvellement

| accouchées, VOyez le Chapitre des Maladies des femmes;

| et pour la diarrhée des enfants pendant l'été, voyez le cha-

I pitre des Maladies des enfants.

Page 1