‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 3)Chapitre 137 sur 232 · I DYSSENTERIE · texte numérisé non relu

I DYSSENTERIE

S'il arrive que dans cette affection il y ait peu ou point de I fèces, outre les remèdes dont il va être parlé, on consultera ! so

avec fruit ceux dont il a été question à l'article Diarrhée.

Merc. viv. est indiqué lorsque le malade éprouve un besoin urgent de s'évacuer, comme si les intestins allaient sortir; lorsque, après de longs efforts, on rend un peu de sang clair; ou après des selles vertes et comme hachées, mêlées de sang, et lorsque, après évacuation, on éprouve un ténesme plus fort qu'auparavant; chez les enfants, quand ils pleurent et crient beaucoup ; et chez les nourrissons, quand ils refusent le sein.

Acon. lorsqu'on éprouve des déchirements dans les membres, la tête, la nuque et les épaules. Si une couple de doses d'acon. ne suffit pas, donnez chamom.; dans quelques cas, puis., lorsqu'il sort des glaires mêlées de sang, ou rkus toxic, et pour cela voyez l'article Biarrhée.

Acon. est aussi le meilleur moyen dans la dyssenterie qui a lieu dans les fortes chaleurs suivies de nuits froides, et qui s'accompagne de frissons, de chaleur violente et de soif; si cela ne suffit pas, voyez ce qui est dit ci-dessus aux articles bry., nux vom., ou merc. viv., qui est fréquemment indiqué.

Chin. convient dans la dyssenterie épidémique qui se déclare dans les localités marécageuses, dans celles où l'on creuse des canaux, et principalement lorsque la maladie gagne et s'aggrave sensiblement tous les jours.

Merc. subi, est le remède principal dans la dyssenterie d'automne, particulièrement après acon., avec ténesme violent et coliques; lorsque dès le principe il y a des selles bilieuses, et plus tard mêlées de sang et de mucosités. Si après la première dose il y a amélioration, et que plus tard l'aggravation survienne, répétez-le; s'il reste sans effet, comparez-le avec d'autres remèdes, et particulièrement avec ce qui a été dit des coliques et de la diarrhée au paragraphe suivant consacré à coloc.

Coloc. est indiqué lorsqu'on ressent une douleur atroce dans les intestins, tels que s'ils étaient pressés comme entre

deux pierres : le malade est obligé de se plier, de se tordre ; il est très-agité ; les évacuations sont muqueuses, quelquefois sanguinolentes; le ventre est distendu et ballonné comme un tambour ; on éprouve une pression dans le ventre comme s'il était trop plein; des frissons parcourent tout le corps, et la langue est chargée de mucosités blanchâtres. Comparez ce qui a été dit de coloc. à l'article Coliques.

Sulph. convient dans tous les cas où les autres remèdes n'ont procuré qu'une amélioration passagère.

Ars. convient lorsque les selles deviennent putrides et puantes, lorsqu'elles s'échappent involontairement, et que les urines sentent très-mauvais; que le malade perd ses forces, qu'il devient indifférent et tombe dans la torpeur, avec bouche putride et puante, lorsqu'il y a çà et là des taches rouges ou bleuâtres répandues sur le corps; lorsqu'il y a jactation, et que le malade est agité sur son lit sans trouver le moindre repos, et qu'il désire la mort; si en même temps la respiration est presque froide, ou qu'il y ait sensation de brûlement; et si àrs. a été administré une ou deux fois, sans résultat, donnez carb. veg.; si après ars. il y a aggravation, donnez nux vom.; si après carb. veg. l'odeur putride persiste, donnez ehin.r et plus tard encore carb. veg. Quelquefois après ars. phosp. est un excellent remède.

CONSTIPATION

La première observation à faire sur cette affection et qu'on taxera de paradoxale, c'est qu'on doit se féliciter de n'avoir pas de maladie plus grave que celle-là. Qu'on remarque, en effet, que tous ceux qui sont ordinairement constipés deviennent très-vieux et restent vigoureux; mais il est bien entendu que ce n'est pas après avoir fait usage des purgatifs, tandis que ceux qui sont disposés à la diarrhée perdent prématurément leurs forces et deviennent rarement vieux. La diarrhée ne peut avoir lieu que par

l'effet d'un élément nuisible, qui altère la constitution, tandis que la constipation ne s'établit que par le fait d'une grande transpiration et d'une nourriture animale abondante. On croit généralement que les purgatifs contribuent à la santé, et qu'ils préviennent les maladies, de même aussi que ce sont les impuretés du corps qui les occasionnent : cette opinion est entièrement erronée et n'a aucun fondement.

Chacun peut faire sur un cbeval ou sur soi-même l'expérience suivante, qui lui prouvera que nous sommes parfaitement fondé lorsque nous proscrivons les purgatifs. Qu'en état de bonne santé on en fasse usage pendant huit jours, et l'on verra si Ton ne rend pas des matières abominables. Or, comme cela arrive à l'animal aussi bien qu'à l'homme, dans les conditions de parfaite santé, c'est donc aux purgatifs qu'il faut attribuer ces évacuations. On peut même reconnaître dans les matières évacuées les drogues dont on a fait usage. Lorsqu'on prend des sels purgatifs, les sels sentiront toujours les œufs pourris; si l'on prend des racines drastiques, elles arrivent noires et aqueuses; si l'on prend du mercure, elles sont verdâtres; si l'on prend de la rhubarbe et de la magnésie, elles sont généralement d'une très-mauvaise odeur, etc.

Toute substance médicamenteuse qui est introduite à faible dose dans le corps, à titre de purgatif ou de vomitif, ne doit pas moins être considérée comme un poison. Il y a cette différence, que les poisons actifs pris en quantité assez élevée détruisent promptement les forces et désorganisent l'estomac, tandis que les mêmes agents, pris comme purgatifs et à moindre dose, tuent plus lentement. '- Celui qui est sujet à la constipation et désire se soulager de temps en temps, ou qui éprouve en outre d'autres souffrances, doit faire usage des remèdes que nous allons indiquer; mais, avant tout, il doit observer un régime convenable : il ne mangera pas trop de viandes ni de choses

salées, il mâchera comme il faut, et moins il a de dents, plus longtemps il doit mâcher; qu'il coupe tout en petits morceaux; qu'il fasse usage du laitage, des fruits secs ou crus, et des légumes; qu'il mange souvent du potage; qu'il se prive de thé, de boissons spiritueuses, etc.; il devra surtout prendre tous les jours un verre d'eau fraîche en se couchant.

Parmi les remèdes domestiques, le seul qu'on puisse recommander, ce sont les lavements, dont il sera fait usage de temps en temps. Les lavements se composeront d'eau tout simplement, et Ton n'en abusera pas : il serait plus fâcheux de s'accoutumer aux purgatifs. — Les lavements ne sont pas un traitement curatif, mais seulement palliatif; ils aident puissamment l'action des remèdes appropriés, et contribuent un peu à la gùérison. Lorsque, de loin en loin, on est sujet à la constipation, on peut se guérir par l'emploi des lavements froids; et pour cela on les prendra à petite dose, tous les soirs avant de se coucher ; on tâchera de les garder. Deux semaines de cette pratique ont détruit souvent cette disposition à la constipation; les selles finissent par se régulariser si l'on a observé un régime convenable. — On s'en abstiendra lorsqu'il existe des hémorrhoïdes. Mais disons que tout liquide autre que l'eau est nuisible; on ne doit en excepter que le lait fraîchement bouilli, —que l'on doit préférer quelquefois chez les enfants. — Il n'y aurait pas de grands inconvénients à se servir, selon la circonstance, d'huile douce, de beurre ou de graisse fondue; mais les occasions sont rares. i — La promenade à pied, et particulièrement sur un sol montueux, contribue beaucoup à rétablir la régularité des i selles; on prendra l'habitude d'adopter une heure fixe pour satisfaire ses besoins, soit tous les matins avant déjeuner, i Nux vom. convient aux personnes qui mènent une vie

I sédentaire et qui sont dans l'usage de boire des spiri- | tueux, ou lorsque la constipation survient après un repas I copieux de mets variés, et après une surcharge d'esto-

mac, ou lorsque la constipation a été précédée de diarrhée, ou lorsque la diarrhée a été supprimée; qu'il y a manque d'appétit, goût désagréable, langue chargée de mucosités, langueur d'estomac, nausées, gonflement et pression de l'abdomen, chaleur et élancements fugaces, sensation d'un poids, coliques et tranchées profondes, chaleur de la face, céphalalgie, dégoût pour le travail, sommeil inquiet, oppression, irritabilité et plaintes fréquentes. — Lorsque la constipation est accompagnée d'une humeur chagrine, taciturne, qu'on a mangé des pâtisseries, de la graisse rance, etc., donnez puis.} si en même temps on est irritable et sensible au froid, donnez bry.

Bry. convient principalement en été, ou lorsque cet état du ventre augmente dans cette saison; aux personnes qui souffrent souvent de rhumatisme, on en donnera matin et soir une dose, et l'on attendra deux ou trois jours.

Op. convient lorsque, avec le besoin d'aller à la selle, on éprouve une sensation comme si l'anus était fermé, et qu'on n'a pas de besoin réel; si l'on vient à ressentir une pesanteur dans l'abdomen, et un battement avec pression dans l'estomac, bouche sèche, soif et manque d'appétit. On peut le prendre plusieurs fois, soit toutes les six heures.

Lycop. est un des remèdes les plus efficaces dans la constipation chronique, spécialement lorsqu'il y a un besoin inefficace de faire, accompagné de borborygmes et de distension des intestins.

Plat., lorsqu'après de grands efforts il ne sort que peu d'excréments, qu'il y a ténesme et fourmillement dans l'anus, qu'on éprouve après lesselles un frissonnement de tout le corps et une sensation de faiblesse dans le bas-ventre,et, en outre, une contraction, une pression en bas et une oppression de l'estomac, accompagnée d'efforts impuissants à rendre des éructations.

Lach. est indiqué dans la constipation chronique avec la

même oppression de l'estomac, et une égale impuissance de rendre des vents.

Merc. viv.y lorsque cette indisposition s'accompagne d'un mauvais goût de la bouche, que les gencives deviennent douloureuses et que l'appétit se conserve. Si merc. viv. ne réussit pas, donnez staph,

Natr. muriat. convient dans tous les cas où les remèdes précédents ont échoué, et qu'il n'y a aucune envie d'aller à la selle; mais s'il y a besoins fréquents avec ténesme sans effet, donnez sulph. deux fois.

SOUFFRANCES DES VOIES URINAIRES OU ÉMISSION DOULOUREUSE ET EMBARRASSEE DES URINES.

Ces souffrances sont souvent occasionnées par d'autres

1 maladies, dépendantes des reins ou de la vessie, qu'elles

soient vénériennes ou d'origine chronique. Dans ces deux

derniers' cas, il faut appeler un médecin homœopathe ;

i toutefois on doit, dès le principe, recourir aux moyens

propres à combattre l'état aigu. Ils peuvent empêcher une

maladie plus grave qui résulte, la plupart du temps, de

i remèdes allopathiques pris à forte dose. Si ces souffrances

l ne dépendent pas des causes que nous venons de présumer,

il reste peu de difficultés à surmonter pour les guérir. | La sécrétion des urines est une fonction très-importante;

I il y a plus de danger à garder ses urines vingt-quatre heures

I qu'à s'abstenir une semaine de la garde-robe. Plusieurs

maladies peuvent naître de la rétention volontaire des urii nés. Aucune considération au monde ne doit nous empêcher

. de satisfaire ce besoin, et Ton prendra dans toute circon- ■ stance ses mesures pour ne pas avoir à souffrir d'une réten-

! tion forcée. On ne conçoit pas, en vérité, qu'un homme de ' sens puisse s'exposer, par un motif quelconque, aux suites I fâcheuses d'une pareille contrainte, qui a été le principe de r tant de morts cruelles.

On peut sans inconvénientretenir les matières fécales pen-

dant vingt-quatre heures; mais quant aux urines (on ne saurait trop le répéter), il y a du danger à les retenir seulement une heure.

En second lieu, on aura soin de ne point rendre ses urines dans un courant d'air ; c'est ce dont se garantiront surtout les personnes qui souffrent déjà des voies urinaires.

Troisièmement, qu'on prenne le temps nécessaire pour uriner, qu'on ne s'efforce pas pour le faire, et qu'on ne s'arrête pas avant que la vessie soit complètement vide.

Enfin on boira une grande quantité d'eau, particulièrement lorsqu'on s'aperçoit que les urines sont plus rares. — On fera attention, à cet égard, aux tout petits enfants qu'on laisse souvent souffrir de la soif, dans l'idée qu'ils ne peuvent supporter l'eau froide. Les boissons chaudes et sucrées qu'on leur donne ne font qu'exciter davantage leur soif.

Si l'on voit la quantité d'urine diminuer graduellement, on doit voir là un signe d'une maladie prochaine, qui peut devenir dangereuse. Dans cette circonstance, il est bon de faire des applications de compresses mouillées chaudes sur le bas-ventre, de boire régulièrement beaucoup d'eau, et de temps en temps quelques prises de petitlait; mais qu'on se garde bien, dans ce cas, d'avoir recours aux boissons dites diurétiques. Si Ton éprouve un besoin impuissant d'uriner ou des douleurs en urinant, il faut se garder également des diurétiques, parce que souvent on a affaire à un obstacle qui s'oppose au cours des urines et contre lequel ces remèdes ne peuvent rien; et, dans ce cas, plus on veut le forcer, plus le mal doit s'aggraver : qu'on fasse alors usage des remèdes ci-dessous indiqués, qui souvent suffiront pour vaincre cet obstacle. On ne négligera pas non plus de faire des fomentations d'eau chaude. Si en urinant on ressent quelque douleur ou une sensation de broiement, etc., faites usage de substances mucilagineuses, telles que le gruau, et ne mangez rien de salé ou de fumé.

Dans les cas les plus ordinaires, employez acon., lorsque

surtout on éprouve un besoin douloureux d'uriner, qu'il sort peu d'urine, soit par gouttes accompagnées d'une grande douleur, soit même qu'il n'en sorte pas du tout ; ou que le peu que l'on rend est tout à fait rouge, foncé ou trouble. Ce remède convient particulièrement aux femmes et aux enfants; à toute aggravation on en donnera un globule.

Après acon., le remède le plus important est puis., surtout lorsque, dans la région de la vessie, immédiatement audessus des os,et dans la profondeur de l'abdomen , on éprouve des douleurs intenses avec pression et tranchées, ou que la partie devient chaude et rouge.

Il arrive fréquemment que cet accident est dû, principalement chez les enfants, à un coup, à une chute, à une correction manuelle reçue sur le dos ou sur la vessie : dans ce cas, donnez toujours arn., qu'on alterne quelquefois avec acon.

Puis, est indiquée lorsqu'on en rencontre les symptômes suivants : douleur spéciale de la région de la vessie, immédiatement au-dessus des os, désir fréquent d'uriner, mais en petite quantité, accompagné de douleurs, stries rouges et foncées ; en môme temps douleur lancinante et pression dans le dos, dans les côtés, généralement dans un seul, et sur lequel le malade ne peut rester couché; quelquefois douleur même de la vessie, fièvre et soif; d'autres fois le testicule du côté malade est retiré, ou la cuisse du même côté est comme engourdie.

Lorsque les souffrances de la vessie dépendent des vésicatoires récemment appliqués, ou que par l'effet d'une intention non avouable on a avalé quelques gouttes de cantharide, faites flairer du camphre, ou buvez quelques cuillerées d'eau camphrée. Ce moyen est également bon lorsque ces symptômes sont dus à d'autres substances toxiques. Dans les autres cas, donnez d'abord acon., et ensuite nux vont., surtout si l'affection est occasionnée par deshémorrhoïdes rentrées ou supprimées, ou encore lorsqu'on éprouve une forte tension, avec brùlement et pression au dos, entre

les côtes et la hanche. — Puis, convient dans les cas analogues, principalement quand ils reconnaissent pour cause la suppression des menstrues, ou qu'elles sont tardives ou courtes. Bell, convient mieux quand les douleurs sont plus lancinantes et qu'elles viennent du dos vers la vessie, qu'elles s'aggravent de temps en temps, suivies de beaucoup d'agitation, d'inquiétude, de coliques; et si l'on n'obtient qu'un soulagement passager, donnez hep. sulph.

Lorsque le besoin d'uriner est très-grand, que le filet d'urine est mince, que le malade entre facilement en transpiration, donnez merc. viv., particulièrement lorsque l'urine est d'un rouge foncé, qu'elle se trouble promptement et devient puante ; si elle est acre, corrosive, ou si elle est suivie d'un peu de sang, on l'alternera avec hep. sulph. Lorsque les urines deviennent visqueuses et gélatineuses, et que les douleurs sont intolérables, on peut donner coloc.

Si, pendant que le besoin d'uriner se fait sentir, qu'il est urgent et ne cesse pas, et qu'en même temps la vessie est douloureuse, il arrive que la région vésicale se gonfle et soit sensible au toucher, que les douleurs empirent pendant la miction, que les urines soient couleur de sang, ou qu'il sorte de petits grumeaux sanguinolents, donnez plusieurs doses d'acon. Maisce n'est que dans le cas d'un effet toxique ;ue l'on devra songer au camphre. Après acon. donnez nux vom., ou puis., ainsi qu'il a été dit plus haut, ou quelquefois aussi hyosc.

Si les urines et les selles se suppriment chez les enfants à la nourrice, par suite d'une frayeur ou d'une peur qu'aura éprouvée la mère, et si leur ventre se distend, qu'on se garde bien de donner des purgatifs ; ils n'y feraient rien ; acon. convient alors parfaitement. Si la peau de l'enfant devient chaude et sèche, tandis qu'elle est ordinairement fraîche et souple, donnez op. On agira de même dans les cas les plus graves, et Ton continuera ce remède tous les quarts d'heure, jusqu'à ce qu'il y ait amélioration.

Dans la rétention complète, ou bien lorsque l'urine ne sort que par un jet très-mince et très-lent, avec sensation de brùlement dans le canal et chaleur brûlante dans le ventre, il faudra avoir recours au camphre, qui soulage ordinairement; mais on en usera à petite dose, soit en olfaction, soit en solution dans un peu d'eau chaude dont on prendra une cuillerée à thé de temps en temps.

Lorsqu'il arrive que les souffrances urinaires ont lieu à la suite d'hémorrhoïdes mal soignées, comme c'est l'ordinaire, par exemple, lorsqu'on en a fait l'ablation, etc., on a affaire à un cas difficile à traiter; alors les douleurs et le brùlement sont intenses, notamment lorsque les urines ne coulent que goutte à goutte ; quelquefois elles deviennent sanguinolentes, d'où il suit souvent un léger soulagement. Dans cette circonstance, on usera utilement de lavements d'eau tiède ; acon. et merc. viv. allègent les souffrances, et surtout sulph.; plus tard, si les douleurs s'aggravent, acon.; de même nux vom. soulage également ces douleurs, principalement si elles sont dues à l'usage des boissons spiritueuses, ou qu'elles se soient augmentées immédiatement après en avoir pris; si l'aggravation est provoquée par un refroidissement, donnez rfw/c, qui calme temporairement. Lorsque de temps en temps il sort avec les urines des grumeaux de sang ou de matière, donnez cale. carb. en deux doses, mais après l'emploi de sulph. Si le brùlement revient et s'est aggravé, essayez carb. veg. elars. alb. Une guérison complète ne peut s'obtenir que par les soins longtemps continués d'un médecin homœopathe.

PISSEMENT DE SANG.

Le pii»cmeiit de «ang ou hématurie, affection dépendant fréquemment d'autres maladies,doit être traité par les remèdes sus-mentionnés. S'il est la suite d une violence extérieure, donnez arn.\ des boissons spiritueuses, nux vom.; de débauches, chin. Si pendant le sommeil il y a écoulement

de sang et de sperme, mère, viv.; si cet accident se présente souvent, hep. sulph. Si l'on éprouve une sensation brûlante à l'extrémité de la verge, le scrotum et le pénis étant contractés spasmodiquement, et que des douleurs spasmodiques se fassent sentir dans les cuisses, les genoux et les aines, accompagnées de contractions et de tranchées dans les reins, jusque dans la région ombilicale, donnez puis.

ÉCOULEMENT DE l'CRÈTRE.

Cette affection varie beaucoup ; quelquefois elle est légère, et revêt d'autres fois un caractère très-grave : elle est souvent spontanée, comme aussi elle peut reconnaître pour cause les flueurs blanches, maladie commune aux femmes. Nous allons indiquer ici les moyens de soulager les cas les plus intenses et de guérir les plus légers; nous obtiendrons peut-être ainsi que les malades ne s'adressent pas aux médecins de la vieille école et aux charlatans. J'ai vu souvent de ces affections bénignes se transformer en maladie grave par suite d'un traitement contraire, en laissant après lui des souffrances longues et opiniâtres, et quelquefois incurables ; et personne n'ignore les conséquences terribles qui suivent la suppression brusque de toute blennorrhagie contagieuse.

On se soumettra ici au régime indiqué plus haut, à l'article Rétention d'urine. On réussira à calmer les douleurs avec des lavements d'eau tiède; on s'abstiendra des injections dont on abuse tant et qui sont toujours nuisibles; on trempera la verge dans l'huile tiède , ou bien on l'enveloppera avec des compresses huilées. Les remèdes employés ordinairement dans des cas pareils, le baume de copahu et decubèbe, nuisent fréquemment et ne guérissent pas, uniquement parce qu'on les prend à trop forte dose. Après avoir reçu l'infection, le malade fera bien d'étendre sur la plante des pieds gros comme un pois de baume de copahu,

Maladies *>es intestins. â6t

et chaussera son bas par-dessus; ou s'il en éprouve un besoin fréquent d'urine^ il placera quelques feuilles dé persil à la plante des pieds; dans les cas chroniques, ce sera une cuillerée à thé de cubèbe en poudre. C'est une véritable folie que d'avaler ces drogues : ce n'est jamais par la quantité que s'opère la guérison ; car, si Ton ne réussit pas à arrêter l'écoulement, il en résultera par le baume de copahu des souffrances de poumons, comme par le poivre de cubèbe des souffrances de l'estomac ; il y a plus : c'est que l'effet résultant de l'absorption par les pieds est beaucoup plus rapide que celui qu'on se promet par l'estomac.

Si ces moyens ne réussissent pas, et qu'on n'ait pas fait autre chose, on aura recours à Yacon. , dont on donnera quelques globules pour calmer les douleurs les plus violentes ; plus tard on administrera merc. viv. trois jours de suite, s'il le faut; quand les douleurs aiguës ont disparu, on peut enlever en une semaine le reste avec sulpk.

Dans la douleur brûlante, intense, avec écoulement de matière verdâtre et jaunâtre, donnez merc. viv. ; si l'écoulement est blanc comme de la crème de lait, donnez caps., particulièrement lorsqu'on éprouve, en urinant, outre le brûlement, des douleurs sécantes; si la douleur est plutôt tiraillante et pressive, avec spasme, et qu'il y ait en même temps souffrance en urinant, donnez puis. ; dans les cas chroniques, nux. vom. enlève tout le reste des symptômes; et s'il reste un suintement laiteux, donnez ferr.; dans les cas chroniques, donnez sep. et natr. muriat. alternativement une fois par semaine. — Si l'écoulement provient uniquement de la leucorrhée, et nullement d'une infection vénérienne, prenez nat. muriat. Le mari et la femme devront en prendre matin et soir une dose, et en attendre les effets quinze ou vingt jours.

Si l'écoulement venait d'une origine suspecte, s'il avait un caractère purulent, que ce fût, en un mot, une gonorrhée, tout en tenant compte de ce qui précède, on procédera

ainsi qu'il suit : faites macérer des sommités fleuries de chancre femelle, bien mûres et bien odorantes, dans de l'alcool, et donnez-en cinq gouttes dans de l'eau le matin, à midi et le soir ; continuez tant que l'amélioration est sensible. — Si on ne pouvait se procurer ces fleurs, on y supplée par eann.y 6 globules pour un verre d'eau, que Ton prend comme il est dit ci-dessus. — Après cann. donnez thui. cinquième dilution, tous les deux jours. Thui. est surtout efficace chez les femmes. On emploiera aussi merc. et mlph. (Voyez plus bas l'article Ckancre.) — Dans le cas d'une grande inflammation avec brùlement et priapisme, donnez canth. — Le traitement de cette maladie exige le repos le plus complet.

MAIADÎE DU PÉNIS.

Si la maladie consiste dans le gonflement, la rougeur et la douleur du prépuce, ayant pour origine une cause physique, comme le frottement, la pression, etc., donnez acon, d'abord, et quelques heures après arn.; et si, après amélioration, le mal empire, administrez alternativement l'un et l'autre. Hais si arn. ne convient pas, donnez rhus toxic. deux fois. — Si le mal provient de la malpropreté, donnez acon. et, quelques heures après, merc. viv. — Les petits enfants sont sujets à ce genre d'affection ; employez chez eux les mêmes remèdes. Si la cause résulte de l'effet de plantes vénéneuses, qu'on aura touchées avec les mains, donnez bry. ou bell. ; quelquefois il est mieux d'alterner avec acon. S'il se fait un écoulement de matière purulente par la verge, merc. viv. est le remède principal, et si la sensation de brùlement qui en résulte ne cesse pas, donnez caps. Si quelques jours après il reste des traces d'écoulement, donnez hep. sulph.; s'il reste dans la peau du prépuce des parties indurées , donnez lach. deux fois ; quand les symptômes sont très-mauvais, et qu'il y a çà et là des ta-

ches bleuâtres, donnez ars. alb. une ou deux fois. Chez les petits enfants, cale. carb. une ou deux fois , si acem. et merc. viv. ne réussissent pas.

Dans le cas OÙ les testicules sont douloureux et engorgés, à la suite d'un coup, d'une chute, etc. , donnez acon. et arn.y alternativement; après une gonorrhée supprimée, puis., quelquefois aussi merc. viv.f après une esquinancie, voyez l'article qui s'y rapporte. Lorsque la douleur est intense et pressive en tous sens, et qu'elle s'accompagne d'élancements violents dans le ventre, donnez spong.; lorsque la douleur est plus compressive et que les élancements sont plus brûlants, donnez staph.; si la cause est dans l'abus du mercure, consultez l'article Empoisonnements. Si cet état dure depuis longtemps, prenez sulph., et adressez-vous immédiatement à un médecin homœopathe.

S'il se déclare des ulcérations (chancres) plus ou moins étendues au pénis, avec ou sans coïncidence d'un échaufferaient (gonorrhée), on guérira cet accident par merc. six globules de la troisième dilution — pour six cuillerées — qui seront prises en trois jour&, l'une le matin l'autre le soir. A quelques jours de là il se manifeste une aggravation du symptôme principal; cette aggravation précède une amélioration qui ne tarde pas à se compléter par la cicatrisation des ulcères. — Si elle tardait cependant, et qu'il vînt à se montrer des végétations, on aura recours à nit. acid. qu'on administrera comme le remède précédent. — Cette maladie étant toujours difficile à conduire sur soi-même, il vaut mieux, dans ce cas, appeler à son aide un médecin homœopathe; c'est le plus sûr pour ne pas se fourvoyer.

Page 1