XXVIII * INTRODUCTION
sans acidité, frais ou cuits, pris en petite quantité et de temps en temps, tels que raisins, melons ; les fruits secs, tels que figues, raisins de Corinthe, prunes, et autres ; puis viennent les pommes, pêches, fraises, framboises, cerises et oranges douces. — On devra s'en abstenir s'il y a ou coliques ou diarrhée.
2° Après que les symptômes de l'état aigu ont cédé, et que l'appétit est revenu et demande une nourriture quelque peu substantielle, il faut élargir le cercle des aliments à choisir, et Ton pourra les prendre dans les choses suivantes :
Toutes sortes de pain léger et de biscuits sans être trop frais, mais exempts d'ingrédients salés avec excès; les gâteaux faits avec du miel, des œufs, du sucre et un peu de beurre ; toutes espèces de farines ou fécules converties en aliments friands, mais pourvu qu'ils ne soient pas assaisonnés avec des substances aromatiques, pénétrantes ou parfumées ;
Pommes de terre, navets, carottes, épinards, choux, choux-fleurs, poids verts ou secs, lentilles, haricots; bien entendu qu'on ne fera pas usage de ces diverses substances si le ventre était relâché ou atteint de coliques;
Le lait de vache pas trop récemment trait, le beurre, le lait cuit, cacao cuit au lait ou à l'eau, le chocolat sans arôme, un peu clair, et même une infusion légère de thé noir;
Beurre frais, crème de lait, fromage doux, caillé et autres laitages;
Œufs frais à la coque ou au lait ;
Soupes et bouillons gras légèrement assaisonnés avec le sel; eau de veau et de poulet ;
Poulets, pigeons, poules dindes, venaisons, gibiers, bœuf; mouton, le maigre du jambon, langue fourrée. — Toute espèce de poissons frais ;
Sel, sucre, glace, divers sirops, pourvu qu'ils n'aient pas un parfum prononcé.
INTRODUCTION. XXIX
Aliments strictement défendus.
Toute viande fumée, le poisson salé, le veau, l'oie, le canard; le foie, le cœur, les poumons et les entrailles des animaux ;
Le beurre rance, le vieux fromage fort, le lard, le porc -gras, tortues, moules, huîtres fraîches ou cuites, œufs durs, bouillis, omelettes ;
Poisson sans écailles, comme l'anguille, la lamproie ; le homard, la langouste, etc. ;
Toutes sortes de noix ; café et thé vert;
Les mets préparés avec du sang et de la graisse, tels que boudins ;
Les côtelettes de veau ; toutes sortes de salaisons, et surtout celles qui sont trop fumées ;
La viande des jeunes animaux ;
Toutes préparations culinaires de haut goût;
Les gâteaux trop gras ou aromatisés ; toute pâtisserie coloriéee. (Les joujoux coloriés dont la couleur ne tient pas ne doivent pas être laissés entre les mains des enfants.)
Le cidre, vinaigre, salade ou concombre assaisonnés, saumures, marinades ;
Artichauts, panais, betteraves, champignons, céleri, raifort, ail, oignons, poivre, huile rance, moutarde, safran , muscade , gingembre , écorce d'orange amère, vanille, feuilles de laurier, amandes amères; ainsi de suite pour toutes les plantes ou substances de haut goût et fortement aromatiques ;
Toutes sortes de liqueurs ou boissons alcooliques et acides ou acidulés; — les eaux minérales artificielles.
Dans tous les cas possibles, le malade ne fera usage que des choses qui conviennent parfaitement à son tempérament ; il ne faudrait pas le forcer à prendre un aliment qui lui répugnerait. Ainsi, il n'est pas question de lui faire une obligation absolue des aliments qui sont permis ou défendus.
XXX INTRODUCTION
Quand il aura un remède à prendre, il ne devra pas avoir l'estomac surchargé. S'il se sent de l'appétit pour des substances solides, il pourra en faire usage, mais à des heures réglées et invariables : la régularité des repas est d'une haute importance.
Le régime diététique des enfants à la mamelle ne doit pas être changé durant la maladie; mais la nourrice ou la mère devra se conformer aux recommandations précédentes. ' '
On écartera du malade toute influence qui pourrait troubler l'action des remèdes homœopathiques. Nous l'avons presque dit, et nous le répétons : point de médicaments empiriques, point d'infusion théifôrmé de plantés simples, point de cataplasmes oude topique irritant ou médiélnal appliqués à la peau. — ' Nous ne reviendrons pas suria nécessité qu'il y a de s'abstenir des évacuations sanguines, de quelque manière qu'elles soient faites. — Écartez toutes les odeurs fortes dont on fait usage pour la toilette> lès eaux de Cologne, de Luce; tous les objets de parfumerie d'un effet pénétrant, les poudres dentifrices, etc. — Quant à l'usage du tabac, s'il tient à une habitude invétérée, il n'y a pas à s'en abstenir, mais le restreindre seulement; dans tous les cas, pour ce qui est de le fumer> il ne convient pas que les lèvres touchent le tabac ; on fumera avec un porte-cigarre.
Le traitement homœopathique est troublé par l'usage des bains chauds, surtout s'ils sont aromatisés, comme aussi par les bains sulfureux et médicamenteux: il faut donc s'en priver.
La toile, le coton, les peaux mégissées doivent être préférés aux tissus de laine.
Lorsque la nature des souffrances le permettra, le malade prendra un exercice modéré, en plein air, durant une heure ou plus par jour, ou dans sa chambre, dont on aura soin de renouveler l'air de temps en temps.
Toutes choses égales d'ailleurs, la liberté et la sérénité d'esprit placent un malade dans les conditions les plus favorables pour son rétablissement.
Le travail, qui distrait l'esprit et met en même temps le
INTRODUCTION. XXXI
corps en mouvement, est fort utile dans les maladies chroniques; lorsque c'est possible, usez -en : vous entretiendrez et développerez vos forces.
Les remèdes homoeopathiques doivent être pris à jeun, et deux heures avant de manger ou de boire, ou de faire usage du tabac, si l'habitude en est prise ; comme aussi, il faut attendre au moins quatre heures après avoir bu ou man&ë, pour prendre les remèdes. Il serait utile que le malade fût alors affranchi de toute préoccupation morale et intellectuelle. — Ces remèdes seront pris dans (une chambre), un lieu clair, frais et sec, libre de toute odeur. — Dans une alcôve1 ou dans une petite chambre où Fair n'est pas pur; ri'eàt pas renouvelé, lés remèdes perdent de leur efficacité; »■ • '* • '
De 1a proTlsion des médieameat*.
Le plus grand embarras qui se soit présenté^ lor$ de la première publication de ce livre, se trouva dans la quantité numérique des remèdes homoeopathiques. Il importait de les mettre à la portée de toutes les fortunes; c'est pour cela que le nombre ne fut d'abord porté qu'à 30. Pendant l'impression, on l'augmenta de 15 comme aussi indispensables que les premiers. En Allemagne, on renchérit ; on ajouta plusieurs médicaments également utiles, et le- nomlire en est porté aujourd'hui „à 60.
Et d'un autre côté, comme quelques remèdes agissent mieux à hautes dynamisations, d'autres à basses dilutions, et que certains aiitfes réussissent aussi bién-à busse qu'à haute puissance, le nombre de tous ces agents thérapeutiques s'est trouvé doublé; c'était là le mal : ils devenaient trop chers. Pour remédiera cet inconvénient,, il fallait trouver un expédient.
Toutefois, nous rapportons ici la liste de tou& les médicaments cités dans cet ouvrage. Mais ceux dont le nom est imprimé en lettres grasses sont regardés comme indispensables, il faut se les procurer ; et ceux dont le nom est en lettres ordinaires ne sont pas rigoureusement utiles. — Il est bien entendu que je ne parle que des autres remèdes dont il est question dans ce livre.
INTRODUCTION
On a eu le soin d'indiquer par un chiffre le numéro de la dilution qui convient à chaque cas ; quand c'est un T, cela veut dire teinture ; et lorsqu'il n'y a pas de signe, il est sous-entendu qu'il s'agit au moins de la 30e dilution, et mieux encore des hautes puissances de Jenichen.
Ainsi, la liste ci-après contient une série assez complète de remèdes à haute dilution en globules, et quelques-uns à basse dynamisation : c'est une provision suffisante. Quant à celui qui veut et peut s'en procurer un plus grand nombre, qu'il le fasse ; il n'y a nul empêchement à cela ; mais dans le choix qu'il aura à en faire, il devra consulter son médecin, qui le fixera sur le nombre et la puissance des médicaments nécessaires : c'est prudent, parce que ce que nous nommons expérience n'est souvent qu'une opinion.
Aconitam.
Aconitum. — 6.
Agaricus.
Agnus castus. — 3.
Alnmlna.
Antlmonlum erudum.
Antimonium erudum. — 3.
Arnica.
Arnica* — 6.
Arnica. -T. M.
Arcenlum.
Auront.
Belladona.
Bryonla.
Bryonia. — 12.
Calearea carfconlea.
Calendnla. — T.
Camphora. — T.
Caniphora.
Cantharis. — T.
Cantharis. — 3.
Capstcum.
Capsieum. — 6.
Carbo veaetablll».
Carbo vegetabilis. — 3.
Caustlcum.
Causticum. — 3.
ChaniQmilUu
Ghiinuimllla. — 6.
Cbina.
China. — 3.
Clna.
Cina. — 6.
Gocculu8.
Coffea.
Colle». —6.
Colchicum.
Colocyathla.
Colocynibia. — 6.
Cenlum.
Croccus.
Croccus. — 3.
Cuprum. — S.
Cyclamen.
Drosera.
Dnleamara.
Dulcamara. — 3.
Ether nltrlcum*
Euphrasla.
Euphrasla» — S.
Ferrum.
Hepar «ulfiirla cale. — S.
Ilcpar nulfurio cale.
Hydrophobin.
Hyoacyamus*
Hypericum.
Hyperleum. — T.
Igualia.
Ignatia, — 3.
INTRODUCTION
Iodîum.
Ipecacuanha.
Ipecacuanba. — S.
Kali carbonicum.
Laebeals.
Lycopodfum.
Marum verum Teucrium.
■fereuriua vivus.
Mereurina solubilla.
Merearlun solubilis. — S.
Mer car la s sublluiatus.
Natrum muriaticum.
Nux moachata. — 3.
»ux ▼amtoa*
Opium.
Opium. — 6.
Petroleum.
Phosphorus.
Phosphorug. — T.
Pboaphorleum «eldum.
Phosphoricum acidum.
Phosphoricum acidum.
Piper niger. — 6.
Platina* Pulaatllla.
PuUatilla. — 12, Rheum.
Rhenm. — 3.
Rhododendron.
Rhiia texicodendron.
Ruta.
Ru ta.— T.
Sain bu eus niger.
Sanguinaria.
Secale.
Secale. — s.
0epla.
SHicea.
Solanurn nigrum. — T.
Spigelia.
Spongia. — s.
Staphysagria.
Stramonium.
Sulphur.
Sttlphur. — S.
Synipbytunt. —T.
Tartarus emeticus.
Tartarua emetleua. — 5.
Theridion.
Thuya.
Urtica Dioica.
Vaccinin.
Vaccin in. — 3. *';
Veratrum.
Veratrum. — 6.
On doit se procurer ces médicaments chez des pharmaciens homœopathes; ils les délivrent dans des flacons ou dans des boîtes convenablementconfectionnées : on en trouve à Paris, chez MM. Catellan frères, Weber et Uzac ; à Lyon, chezM. Pelletier ; à Marseille, chezM. Trichon -, à Bordeaux, chez M. Alexandre.
Nous recommandons de ne pas confondre dans la même boîte les médicaments à basses et à hautes puissances ; il faut les tenir séparément. Il faut, aussi avoir en réserve des flacons vides et bien propres, ainsi que des globules purs. — Il n'est pas indifférent de boucher soigneusement les flacons toujours avec le même bouchon ; une confusion à cet égard gâterait infailliblement les médicaments ; il n'y aurait plus moyen de s'en servir 8vec fruit. Il ne faut pas non plus
XXXIV INTRODUCTION
négliger de tenir la petite pharmacie dans un lieu sec, et à l'abri de toute odeur ou vapeur forte, etc.
Dn choU du médecin (1).
Puisqu'il est parlé souvent dans cet ouvrage de la nécessité de s'entourer des soins et des lumières d'un médecin, il n'est pas hors de propos de dire quelques mots àûr le choix qui doit en être fait.
Je n'exposerai pas ici le grand art de choisir un médecin : il y aurait à dire là-dessus des choses que beaucoup de monde ne serait pas bien aise d'entendre; mais du ftKP» ment qu'il est établi qu'il existe parmi les homœopathes des subdivisions et des sectes, il n'est pas mal d'en causer un peu.
Comme toutes choses, les homœopathes se divisent en différentes espèces : .... ~-
1° Ils se divisent en homœopathes purs ou entiers, et en demi-homœopathes. Il ne faut pourtant pas l'entende de ceux-ci comme pour le système monétaire, où deux d$rniécus font un écu entier; rlon. Les demi-homœopathes se trouvent, il est vrai, sur la moitié de la bonne route; et là, ou ils avancent et deviennent progressivement homéopathes entiers, ou ils se réduisent à rien. — Laissez ces derniers de côté. • , , . ,
2° Parmi les homœopathes purs, il y en a dçbons et de mauvais. Les premiers doivent avoir la préférence, .sans doute; et, en cela* on.se, conduira. comme dps lechoi* d'une femme... Mais comment les juger par avance,? Si l'on écrivait un gros livre là-dessus, qui le lirait? Et m&ue si ou le lisait, qui en suivrait (es conseils?... En fait de mariage, comme dans1 le choix d'un médecin, les hommes les plus raisonnables font souvent d'étranges bévues... Que chacun choisisse donc son médecin comme il l'entend, c'està-dire conformément à son caractère et à sa manière de
(1) Ce sujet a été traité au point de vue moral par Hahnemann ; voy. son ouvrage : Études de médecine homœopathique, traduit de l'allemand par Schlesinger. Paris, 1855, t. II, pag. \ et suiv.
INTRODUCTION. XXXV
voir. — Vous comprenez que, dans ce conseil, je désintéresse les mauvais : ils ne peuvent donc pas m'en vouloir.
3° Parmi les bons, on en compte encore trois espèces. --Ceux de la première donnent volontiers beaucoup de médicaments, et même par plusieurs gouttes : ils croient par là montrer beaucoup de courage ; aussi1 prétendent-ils obtenir beaucoup de guérisons, 'et il y a mieux/c'tst qu'un grand nombre de gens les croient. lisse dirigent d'après la conduite qu'Hahnemann a tenue depuis 1790 jusqu'en 1IH0, et même jusqu'en 1820. —A partir de cette époque, leur vieux maître, pour lequel ils montrent le plus grand respect depuis sa mort, passe, à leurs yeux, pour être tombé dans l'enfance, ou pour avoir eu un trait d'innocente folie.
— Ceux de la seconde espèce donnent peu de remèdes : quelques globules par-ci, par-là, et voilà tout. Us soutiennent qu'en cela ils montrent plus de courage, partant plus de science, et qu'on est d'autant plus sûr de son fait qu'on sait mieux attendre l'effet du remède. Ils prennent pour règle ce que faisait Habnemann dans les dix dernières années de sa vie. Ils croient que leur maître était alors dans toute la maturitéde sa raison ; et si l'on en excepte quelques petites bizarreries, vieux restes de certaines idées du siècle passé, ils trouvent qu'il a conservé ce coup d'œil droit et sûr, qui lui a fait faire les guérisons les plus étonnantes, encore à la veille de sa mort. Ils veulent, de tout leur pouvoir, l'imiter et même aller plus loin ! L'un d'eux s'est même élevé si baut, qu'il a eu l'audace de dépasser le point où Hahnemann s'est arrêté : il a découvert les hautes puissances; et c'est ainsi que cette seconde espèce s'est accrue d'une nouvelle branche qui se distingue, elle, par l'emploi des hautes dynamisations. Mais, pour cela, il s'agit de savoir bien faire son choix parmi les médicaments, et Ton n'y parvient que si Ton est parfaitement versé dans la connaissance de la matière médicale, ce qui n'est pas chose facile.
— Les homœopathes de la troisième espèce font comme partie de la seconde ; ils prétendent qu'il y a des circonstances particulières et déterminées où l'emploi des teintures ou des gouttes et des triturations doit être préféré, et que>
XXXVI INTRODUCTION
dans la plupart des cas, les hautes puissances seront d'un meilleur usage pour ceux qui sauront s'en servir.
Au surplus, il est bien convenu qu'entre ces différentes sectes, qui ont encore leurs subdivisions et leurs genres transitoires, il y a des discussions souvent très-inutiles. Voilà pourquoi nous conseillons prudemment aux laïques de ne pas s'y mêler; ils doivent laisser ces docteurs se débattre entre eux : cela ne doit pas les empêcher de choisir leur médecin ; mais qu'ils le fassent toujours d'après leurs opinions propres, d'après leurs convictions particulières.