ÉMOTIONS SUBITES
Elles s'accompagnent souvent de suites fâcheuses , de souffrances qui se manifestent ou immédiatement ou plus tard. Il sera toujours bon d'y remédier. Si la cause produit une agréable surprise, la joie, qui, malgré la satisfaction qu'elle donne, provoque une grande excitation, un tremblement, un état de syncope ou la perte de connaissance, comme cela a lieu fréquemment chez les femmes et les enfants, donnez coff., et, s'il ne suffit pas, répétez-le, mais en dilution.
En cas de frayeur ordinaire , produite par un bruit soudain ou toute autre impression, donnez de suite op. ; mais s'il y a déjà quelques moments de passés , même une heure , depuis cette émotion , acon. convient mieux. S'il reste sans effet , donnez op. une heure après; puis , attendez une demi-heure et même une heure entière; alors donnez alternativement ces deux remèdes.
Si la frayeur s'accompagne d'un sentiment de peur, op. est le moyen qu'il faut préférer ; et quant aux autres remèdes, il en est question plus bas au paragraphe peur. — Si la frayeur est suivie de contrariété, c'est acon. qui convient; si elle produit de la tristesse ou du chagrin, préférez ign.
Mais la frayeur peut avoir des suites beaucoup plus
graves : comme de s'accompagner d'une douleur frontale, de renvois ou vomissements acides, de faiblesse avec sueur froide; d'engourdissement avec chaleur interne, agitation et pesanteur du ventre ; ou froid général avec tremblement ou tiraillement nerveux , resserrement de la poitrine, roideur des membres, état de somnolence avec ronflement et difficulté de respirer , etc. : dans ce cas , donnez op. dilué, une cuiller à café tous les quarts d'heure; si, une heure après, il n'y a pas de soulagement, samb. nig. o. Si , encore une heure après , l'amélioration ne s'est pas prononcée , donnez acon. plusieurs fois , en le répétant toutes les deux ou trois heures.
Si la frayeur est suivie de tiraillement des membres et de convulsions , et que le malade perde connaissance , momentanément la vue, tremble, respire difficilement, ou ait des évacuations involontaires, donnez op. ««* s'il n'y a pas une prompte amélioration après une demi-heure , administrez ign. «€M».
Lorsque chez les enfants, la frayeur provoque des cris , tremblements , un accès de spasme avec quelques convulsions , des tiraillements dans les bras et les jambes , qu'ils ontlatête chaude et rouge, quelques convulsions et la figure couverte de sueur , donnez op. , puis bell. s'il n'y a pas d'amélioration. S'ils pâlissent, donnez ign.; s'ils deviennent froids et qu'ils aient des évacuations involontaires, donnez verat. alb. Dans le cas de simple vomissement et de mal d'estomac , acon. — Dans la diarrhée causée par suite de saisissement, de peine ou de joie, donnez op. ; en cas de rechute , si le petit malade reste surexcité par l'effet de la crainte , acon. ; et s'il ne suffit pas , administrez, une demiheure après , verat. alb. — Dans les évanouissements produits par la frayeur , op. Si le malade devient froid, jetezlui de l'eau froide à la figure , et lavez-lui également les pieds avec de l'eau froide; — s'il s'évanouit de nouveau , faites-lui sentir le camphre à courts intervalles.
DBS EMOTIONS MORALES. 3
Quand, à la suite d'une grande frayeur, le sang congestionne fortement la tête, donnez d'abord op. ; s'il ne suffit Eas , acon. Si cet état se renouvelle à quelques moments de u, le lendemain ou le surlendemain, donnez bell. x mais une seule prise. — Si quelqu'un , après une frayeur, reste dans une longue anxiété , et que les autres moyens n'aient pas réussi , administrez bell. une fois seulement.
Si la frayeur ou tel autre sujet d'affliction produit l'aliénation mentale, donnez bell. — Si bell. reste sans effet , ou se montre insuffisant pour enrayer le mal , et surtout si le patient tombe dans un état d'indifférence ou dans une profonde tristesse, interrompue par des éclats de rire, ou s'il montre de l'orgueil et du mépris pour les autres» s'il témoigne une grande anxiété et la crainte d'une mort prochaine, dans ce cas, chez la femme, donnez stramon., si les règles fluent trop abondamment , donnez plat. ; et si le flux menstruel est peu de chose, donnez puis. — Si , après avoir administré bell., le malade continue à être inquiet , et que la moindre occupation le fasse trembler , lui agite le sang et trouble son sommeil par d'effrayantes visions , s'il souffre plus la nuit que le jour, ne peut supporter la chaleur du lit, veut s'enfuir, devient querelleur, se plaint de sa famille et de ses amis, alors donnez merc. viv.
La peur est assez souvent liée à la frayeur : c'est pourquoi les remèdes. dont il vient d'être parlé conviennent ici. Lorsque les enfants sont naturellement craintifs ou peureux, on leur donne avec succès , acon. le soir , ou bell. le matin. — Dans la diarrhée causée par la peur, donnez verat. alb. Si le ventre est chaud et les membres froids, c'est puis, qui convient. — Lorsque les autres symptômes ont lieu et que, particulièrement , il y a hébétude , difficulté d'avaler (dysphagie), convulsions, rire pendant le sommeil, soubresauts, crainte continuelle et désir de s'enfuir, donnez hyosc.