DENTITION
Elle commence vers les six mois ; elle s'annonce, lorsque les enfants doublent les gencives, lesquelles démangent, deviennent blanchâtres, et particulièrement sur les bords; en même tempsqu'ilsont la bouche chaude, ilssont inquiets, agités, principalement la nuit; ils éprouvent une chaleur fugace, et plus tard ils sont pâles; dans cet état, ils portent tout à la bouche pour y mordre, ils mordent même en tétant, et tettent quelquefois difficilement; les gencives se gonflent, deviennent chaudes et douloureuses.
L'incision est un fort mauvais moyen ; on ne doit y recourir, comme palliatif, que chez les enfants dont les parents sont atteints de scrofules ou de syphilis, et s'ils sont maladifs. Et encore on ne devra la mettre en pratique qu'après avoir essayé les remèdes que nous allons indiquer, parce qu'il vaut toujours mieux que la dentition se fasse d'elle-même. Si l'on en vient à l'incision, qu'elle soit très-légère et faite d'un trait superficiel, et seulement lorsqu'on sent très-distinctement la dent sous le doigt. — Si on le fait avant et trop tôt, l'incision se ferme, et laisse une cicatrice qui rend la sortie de la dent encore plus difficile.
Dans la salivation et la diarrhée que les enfants éprouvent pendant la dentition, il n'y a rien à faire, à moins que cela ne devienne trop fort; et alors, dans ce cas, on don* nera merc. viv. et sulph.; également ipec. à plusieurs rei prises, mais seulement une dose par jour.
! Si les signes précurseurs de la dentition durent trop
| longtemps, et que les gencives ne se gonflent pas comme
! il convient, qu'elles ne deviennent pas d'un blanc opalin,
j ou que ce phénomène ne s'opère pas régulièrement, ou
que le travail ne soit pas assez avancé pour l'éruption des dents, donnez alors pendant trois à quatre semaines, et une fois tous les huit jours, cale. carb. Chez les enfants faibles, il suffira de l'olfaction de ce remède; s'il survient d'autres souffrances, faites flairer le camphre, ou l'esprit de nitre dulcifié.
Lorsque l'enfant est trop agité, qu'il ne dort pas, qu'il est tantôt inquiet, tantôt trop gai, et qu'il n'a pas de fièvre, donnez coff.; si cela ne suffit pas, répétez-le ou donnez ign.; si cela est encore insuffisant, donnez acon.; enfin, si rien de cela ne suffit, chamom.
Lorsque l'enfant a une forte fièvre, s'il a chaud, soif, qu'il crie fréquemment, et s'il porte toujours la main à la bouche, s'il s'éveille en sursaut, donnez successivement coff., acon. et chamom* Si le premier ou le second suffisent, attendez; si l'état s'aggrave, répétez le même remède; et ce n'est que lorsqu'il reste sans effet qu'il faut recourir au troisième ; lorsque cet état est accompagné de constipation et d'une toux sèche, nux vom. convient mieux que chamom.
Chamom. est particulièrement indiqué lorsque les enfants ont en même temps une toux sèche et nerveuse, qu'ils sont agités la nuit, qu'ils se jettent çà et là, qu'ils boivent souvent, qu'ils éprouvent de la chaleur avec ardeur à la peau; s'ils ont les yeux injectés de rouge, s'ils sont anxieux et gémissants, si leur respiration est courte, précipitée et bruyante, avec forte oppression de poitrine; s'ils tremblent dans leurs membres et éprouvent des tressaillements isolés dans les extrémités, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre : si chamom. ne suffit pas, donnez Ml.
Les convulsions ou attaques sont ordinairement précédées des symptômes que nous avons déjà indiqués, et que nous rappelons en partie : il y a diarrhée ou pâleur de la face; ou bien, les yeux sont ternes, l'appétit manque, l'enfant a une certaine faiblesse qui faitquil veut rester sur les bras, et laisse tomber sa tête sur l'épaule de sa nourrice. — On peut pré*
" venir l'attaque par ign. Chamom. la préviendra aussi, si les symptômes qui lui sont propres l'indiquent.
Si, après avoir toussé souvent, et que la fièvre s'ensuive, l'enfant se met à retousser et à bâiller alternativement beaucoup, et que, dans l'intervalle, il crie presque sans discontinuer ; si la matière diarrhéique est verte, et la figureanxieuse; s'il est assoupi et s'il se déclare dans les traits de la face de petits mouvements spasmodiques, donnez fart, émet. 3, ou un grain, tel qu'on se le procure dans une pharmacie ; on le dissoudra dans un grand bol d'eau pour l'administrer par cuillerées à café. Toutes les fois que l'accès revient accompagné de cris violents, et que les mouvements spasmodiques se déclarent de nouveau, répétez la solution émétisée.
Lorsque les convulsions éclatent brusquement, et de manière à ne pouvoir administrer un remède, ou qu'il soit impossible d'en faire le choix d'après les symptômes actuels, laissez d'abord passer le plus haut degré du paroxysme, et donnez alors ign. à flairer. S'il survient un nouvel accès aussi fort que le premier, donnez encore à sentir; mais si l'accès est plus faible, attendez. S'il ne résulte aucune amélioration de l'emploi de ce remède , administrez chamom. une ou deux fois, et ensuite cale, carb., qui ne manque presque jamais son effet.
Bell, réussit quand ign. ou chamom. n'ont pas suffi. Ce remède convient aussi quand un sommeil profond succède à la crise et dure longtemps, même jusqu'à la prochaine attaque. On le donnera immédiatement avant tout autre remède, dans le cas surtout où l'enfant sort de son sommeil brusquement et avec un sentiment de frayeur, qu'il regarde d'un air anxieux et avec une expression étrange; que la pupille est dilatée, que le regard est fixe et qu'il s'effraye de tout ; qu'il devient roide et contracte tout son corps, particulièrement s'il a les mains et le front brûlants, et qu'il laisse fréquemment échapper ses urines au lit» (Comparez avec cin.)
Cm. convient surtout aux enfants qui, avant même d'être malades, pissaient habituellement au lit, ou qui étaient précédemment atteints d'une toux sèche, déjà ancienne et assez semblable à la coqueluche, ayant de fréquentes aggravations, et qui a été remplacée par des spasmes dé poitrine et des mouvements convulsifs des membres. — Cin; convient aux enfants arrivés à. la seconde dentition, accompagnée de crampes, surtout s'ils se frottent le nez avant- et après les accès. — On pourra également consulter ipec, que l'on donnera en plusieurs fois; hyosç.,calc. carb., sulph., cup.f acet. méritent aussi d'être employés lorsque, en l'absence des accidents nerveux, le cerveau paraît être affecté, et si les enfants ont les yeux vitrés et ternes, s'ils dorment beaucoup, trop ou point du tout; s'ils enfoncent la tête sous l'oreiller ou la remuent; s'ils sont, tantôt pâles, tantôt colorés, et qu'ils mordent le verre en buvant.