DE L'ABUS DES REMÈDES
le plus fréquemment la santé, et engendrent des affections souvent incurables. L'heureux malade qui échappe à la mort n'en est pas quitte pour cela; il en ressent les funestes effets pendant de longues années, lesquels sont encore plus difficiles à détruire que ceux qui sont produits par le mercure. Il n'y a qu'une grossière ignorance qui puisse prétendre que les sels purgatifs aient la vertu de débarrasser le corps humain du quinquina. Il passe dans le sang et dans toutes les humeurs, et aucun purgatif au monde ne l'en pourra plus ôter ; le purgatif ne fera que soustraire quelques sucs dès plus nécessaires à la santé. Il faut donc s'armer de beaucoup de patience, car ce n'est que lentement et à l'aide des remèdes suivants qu'on pourra délivrer le malade des suites de cette drogue pernicieuse.
Le moyen principal dans le plus grand nombre de ces cas est ipec, une ou deux fois par jour, jusqu'à un état d'amélioration prononcée. En cas de douleurs comme de rhumatisme, avec pesanteur, atonie, douleur dans tous les membres comme s'ils étaient brisés, contusionnés, tiraillements dans les os, grande sensibilité dans tout le corps et redoublement de douleurs aggravées par le mouvement, la conversation, l'action de se moucher, les bruits perçants, donnez arn.; si le corps est froid et se couvre de sueurs froides, avec obstruction ou dévoiement, employez neratr. alb. ; contre la toux phthisique et l'expectoration, donnez une infusion de lichen d'Islande ; contre la jaunisse, merc. viv., et peut-être, plus tard. belL; contre la chaleur du visage, avec congestion fugace de la tête, céphalalgie intense et mal de dents, donnez bell. ; contre les maux d'oreilles, puis.; l'enflure des pieds, ferr. acet. ; contre les ulcères aux jambes, contre l'hydropisie, avec une toux brève, l'asthme,. ors. alb. En cas d'autres souffrances, voyez plus bas, et choisissez de préférence, outre les remèdes indiqués, sulph.y cale, carb., carb. veg., cin.
Quand la fièvre intermittente, supprimée par le quin-
quina, a été convertie en toute autre maladie, mais bien plus dangereuse que la fièvre elle-même, comme c'est le cas ordinaire, ou qu'elle reste, et devient plus difficile à guérir qu'elle ne Pétait au commencement, servez-vous des moyens suivants :
Si la fièvre est arrêtée et est remplacée par des douleurs dans les membres, les oreilles, les dents ou la tête, donnez puis., et 3i le mal persiste, cale. carb. ; contre les affections de l'estomac, employez ipec. ou puis. ; contre les enflures, arn.y ars. alb. ou ferr. acet. En général, choisissez selon les circonstances dans les remèdes ci-dessus indiqués, ou mêraeencore parmi bell., veratr. alb. y merc.viv.,pul$., arn.9 sulph., ars. alb., ipec, cin., carb. veg.
Si la fièvre intermittente persiste, cas assez fréquent, employez un des moyens indiqués contre cette maladie : ce sera d'abord ipec., qui réussit presque toujours; en second lieu,^et le plus souvent, ars. alb. ou carb. veg. ; rarement cin., veratr. alb., arn.; plus rarement encore, bell., merc. viv. ou sulph., cale. carb.
Si les potions que le malade, deux fois malheureux, a été forcé d'avaler pendant tout le traitement de la fièvre, contenaient l'une des plantes suivantes : ciguë d'eau ou
grande ciguë, digitale, laurier-cerise OU acide hydro-
cyanique, il est presque impossible de le sauver, à moins que la nature ne le sauve elle-même, aidée par une bonne nourriture, un air frais, et beaucoup d'eau employée comme boisson.
C'est encore bien mal fait que de forcer en quelque sorte les gens à prendre en grande quantité de l'assa fœtida ou de la valériane. Les suites de l'assa fœtida peuvent être quelquefois neutralisées par chin. ou merc. viv. L'indigestioff et surtout les renvois cèdent immédiatement à puis. Les souffrances produites par la valériane cèdent en partie à coff.y nux vom.y chamom. ou sulph.
DE l'abus des remèdes. 57
Contre le colchique, employez puis, ou nux vont. La fatale diarrhée produite par les grandes doses de ce prétendu antigoutteux cédera immédiatement à quelques gouttes de la teinture d'op. non délayée, une toutes les deux heures, quatre à'cinq fois. Contre le poiygraia senega, c'est bell., bry. ou ara.; contre la salsepareille, quelquefois merc. viv. ou bell., bien souvent sulph., mais surtout sep.
Si le malade ressent de grandes douleurs immédiatement après l'application vésicante de daphné mezerenm (saint-bois), ou que cette application ait été faite souvent, et que ce ne soit que plus tard qu'on ait commencé à ressentir les suites, faites respirer d'abord le camphre, et donnez ensuite, si le siège du mal est dans la bouche ou dans les os , merc. viv. ; s'il est plutôt dans les articulations, bry. ou rhus toxic.
Dans les souffrances causées par l'emploi des cantharide*, donnez à respirer souvent du camphre ; et si le mal ne cède point, administrez acon. ou puis.
Aux enfants malades par suite de l'usage du lycopode, comme cela arrive quelquefois, donnez d'abord à respirer du camphre, plus tard puis. ; s'ils éprouvent en même temps une trop longue constipation, nux. vom. ; des convulsions, chatnom.; de la fièvre et la chaleur, acon.
Quand les enfants souffrent par suite de l'abus de la rhubarbe, s'ils ont des vents, des dévoiements de matières muqueuses, donnez-leur nux. vom. ; en cas de vomissements acides pendant la nuit, ainsi que de dévoiement saburral, puis. ; pour des selles acides, vertes ou sanguinolentes, merc. viv. ; contre les douleurs de ventre et les déjections vertes, donnez chamom., et si les douleurs ne se calment pas, coloc. ©.
Contre les suites fâcheuses des laxatif* de toute sorte, à l'exception du mercure, et que les remèdes aient été sans effet, donnez sep.
DB IA MÀGHÉSI1.
Si à la suite de l'usage de la mp^it e, et surtout de la magnésie calcinée» il survient un dérangement, donnez à respirer de V esprit de nitre (spiritus nitri dulcis); en cas d'insomnies, donnez coff.; de violentes douleurs de ventre (coliques), employez chamom., et si la douleur devient insupportable avec ou sans évacuations, coloc.> et, s'il n'y a pas eu de selles, même après vingt-quatre heures, nux vom. ; si les douleurs sont violentes et surtout brûlantes, accompagnées de fièvre, ars. alb. Quand, la magnésie, si souvent employée contre telle ou telle maladie^ produit des dévoiements acides et clairs avec des douleurs de ventre, donnez rheum ; et si le malade ne se trouve pas mieux, puis. Les mêmes moyens peuvent être avantageusement employés contre les souffrances de la même nature occasionnées par les sels purgatif», comme, par exemple, le «el de Cttauber ou le ralfate de magnésie.
DU SOUfRE*
Le «oufre est aussi nuisible que le mercure * il est souvent et également difficile de détruire ses fâcheux accidents. Celui qui peu de temps après en avoir fait usage se trouve indisposé doit respirer le camphre; et si Je mal ne cède pas, ou si la douleur est trop violente, surjput dans la tête, en Raccompagnant de chaleur, il faut prendre acm. Plus tard, et pour en neutraliser les suites chroniques, il vaut mieux employer mère. viv. ou puis., et selop les circonstances, très-souvent aussi sep. — Le meilleur moyen contre les maux produits par la vapeur du soufre, l'igmtion des allumettes dont l'effet est de provoquer quelquefois chez les enfants de la toux, une respiration courte, des douleurs au gosier et dans la poitrine, ce moyen est puis.