DE LA MANIÈRE D'AGIB QUAND LE POISON EST CONNU
En général, on se conduira selon ce que nous venons d'établir; seulement, et dès que le vomissement aura cessé, il conviendra de s'en tenir aux moyens qu'il nous reste à faire connaître.
À l'égard de chaque espèce d'empoisonnement, nous avons classé les antidotes d'après le degré de leur importance, de manière que ceux qui ont le plus d'efficacité précéderont toujours ceux qui en ont moins. — Si vous ne les avez pas à votre disposition, donnez ceux que vous pourrez vous procurer le plus promptement. Par exemple, si quelqu'un a avalé de l'acide sulfurique, il serait peu raisonnable d'attendre qu'on eût apporté de la pharmacie de la magnésie ou du savon blanc. S'il n'y en a pas dans la maison, prenez à l'instant même une poignée de cendres, que vous jetez dans l'eau, et faites boire de cette solution, bien qu'elle soit moins bonne que les moyens plus convenables. Agissez ainsi en toutes circonstances.
A. — De l'air méphitique.
Il s'élève des fosse» d'aisances murées, des cloaques
qui n'ont pas été nettoyés depuis longtemps^ des voiries, et des lieux destinés à recevoir toute sorte d'immondices, et où l'air ne se renouvelle pas, il s'élève des gaz méphitiques d'une odeur d'œuf couvi qui noircissent les métaux polis, et surtout l'argent. En respirant cet air, on éprouve
des nausées, de l'anxiété, de la difficulté à respirer, le pouls devient intermittent, les yeux deviennent ternes, les oreilles froides, le ventre se contracte; et si Ton reste longtemps exposé à son influence, il s'ensuit des convulsions et l'asphyxie. Si Ton ne porte un prompt secours, la mort apparente (l'asphyxie) se transforme en mort réelle. — Le meilleur moyen à employer, et qu'on trouve dans toute pharmacie, est le chlorure de chaux ou autres préparations chlorurées. Il est d'une grande prudence de se munir de ces substances, lorsque, par état ou autrement, on se trouve exposé à ces dangers. 11 suffira d'un mélange aqueux de chlorure de chaux et d'acide sulfurique pour neutraliser promptement cet air empoisonné, et rendre par là non dangereux des travaux exécutés dans un milieu infect. — Les émanations qui s'en dégagent se corrigent aussi, mais lentement, par l'action de la chaux récemment calcinée, que l'on y jette par pellées quelques jours avant d'en entreprendre le curage. Celui qui a à sa disposition des cendres de charbon de terre fera bien de les verser dans les fosses d'aisances; car, tout en détruisant les mauvaises odeurs, elles produisent un engrais excellent. Il est un charbon de terre sulfureux qui, jeté dans les latrines à l'état de brisure, fait un engrais remarquable, corrige en même temps la fétidité insalubre des gaz qui s'en dégagent et soustrait ainsi le travailleur à tout danger.
En cas d'asphyxie, portez l'asphyxié à l'air libre et pur ; déshabillez-le, placez- le sur le dos, avec la poitrine relevée; aspergez avec de l'eau froide la figure et la poitrine. Si vous avez de l'eau chlorurée, tenez sous son nez, et par intervalles, une éponge imbibée de cette solution, qui sera pourtant assez faible pour ne pas fatiguer ceux qui entourent le malade, et provoquer chez eux une toux importune. Pour que cette solution soit telle qu'il le faut pour l'usage intérieur, mêlez une cuillerée à bouche de chlorure de sodium liquide à une verrée d'eau, que vous ferez avaler par
demi-cuillerée à café toutes les cinq ou dix minutes, en ayant soin d'éloigner les doses à mesure que l'état du malade s'améliore.
On se procure plus facilement du vinaigre : délayez-le avec une égale quantité d'eau que vous jetterez sur la figure. Dans le même temps, tenez sous le nez et sur la bouche une éponge trempée dans le vinaigre.
Pendant ce temps, on fera des frictions avec une laine chaude. Si la figure a été aspergée avec de l'eau froide ou du vinaigre, essuyez-la après une pause; frictionnez et aspergez de nouveau. Les frictions seront portées principalement sur les bras, les jambes, la poitrine et le ventre. On pourra, au besoin, se servir d'une brosse un peu forte pour la plante des pieds et le dos.
On procédera sans violence et sans précipitation, mais avec douceur et persévérance; car la vie ne revient quelquefois qu'au bout de trois ou quatre heures.
Si l'asphyxié ne respire pas, l'éponge placée sur la bouche n'est d'aucune utilité. Alors on doit s'assurer de temps en temps si la respiration renaît, en tenant sous le nez quelques brins de duvet. Insufflez de moment en moment de l'air dans la bouche. Si par suite de l'insufflation on remarque que la poitrine se soulève, laissez que l'acte d'expiration se fasse de lui-même. Si l'air ne sort pas naturellement des poumons, alors entourez la poitrine d'une nappe, et serrez-la doucement et progressivement, de manière à chasser l'air insufflé. Par ce procédé, qui entretient une sorte de respiration artificielle, et que Ton rendra plus efficace en mélangeant à l'air insufflé quelques émanations de vinaigre, on arrive souvent à rappeler à la vie des individus près de mourir. Aussitôt qu'un acte vital de respiration ou d'expiration s'est fait, cessez de porter l'air dans les poumons. C'est le moment d'agir par la ventilation, en ramenant avec ménagement l'air frais sur le patient; et c'est alors, quand la respiration devient plus libre,
qu'il faut tenir l'éponge vinaigrée ou chlorurée sur la bouche. Il convient toujours de procéder progressivement, et avec la plus grande circonspection, pour ne pas éteindre une vie rallumée à grand'peinc. Quand le malade a repris ses sens, donnez-lui quelques gouttes d'eau chlorurée affaiblie ou du vinaigre. S'il se plaint de froid, de besoin d'aller à la selle, de nausées, et si cet état de choses ne se dissipe pas par le vinaigre ou qu'il lui soit contraire, donnez un peu de café pur. Se plaint-il de chaleur, de prostration, faites-lui prendre un peu de bon vin pur et vieux. L'olfaction du camphre est quelquefois utile. A cet égard, conformez-vous au désir du patient. Ce qui est le plus à son goût, et qui le soulage promptement, devra lui être donné.
Il existe d'autres espèces d'air» méphitiques, tels que ceux qui se dégagent des puits d'une grande profondeur, des caves et des fours à chaux; leur action n'est pas moins dangereuse. Ce n'est pas l'odeur de celui des fosses d'aisances : l'action est plutôt étourdissante; elle provoque la somnolence, l'ivresse, et enfin la défaillance.
On rappelle promptement à la vie les asphyxiés de cette espèce, et cela en les exposant à l'instant même à l'air libre, en les aspergeant avec de l'eau fraîche ou avec du vinaigre, et surtout en leur faisant avaler du café pur. — Il né faut pas donner ses soins avec trop de précipitation ; une lenteur réfléchie est plus convenable. — Si la respiration ne revient pas, il sera nécessaire de recourir à l'insufflation de l'air.
La vapeur du charbon constitue un gaz très-dangereux, surtout pour les personnes endormies. On se gardera donc de coucher dans les appartements où l'air extérieur n'a pas d'accès, et dans lesquels le charbon de terre ou de bois est allumé. — Il est arrivé que de vieilles poutres sont restées en ignition sans flamme et sans fumée, et que les habitants, ens'apercevant de l'odeur du brûlé, ont failli être asphyxiés
avant que la combustion fût découverte. Il est à remarquer que tous ceux qui ont été exposés aux effets de la vapeur de charbon tombent dans une sorte d'inertie qui leur ôte le désir et la possibilité d'aller à l'air libre,, d'ouvrir la croisée ou la porte et d'appeler du secours. — La même chose a lieu pour les individus qui, pendant un froid rigoureux, veulent prendre quelque repos à l'air, et, tout en sachant bien ce qui les attend, ils perdent la volonté de résister à ce penchant.
Les signes qui indiquent l'invasion et la marche graduelle de l'asphyxie par le charbon avant qu'elles s'accomplissent définitivement sont : pesanteur, embarras de la tète, avec nausées, vomituritions et vomissements, quelquefois sanguinolents; il semble qu'un poids énorme comprime la poitrine ; le visage devient rouge et violacé avec gonflement des veines de la face ; puis ont lieu les spasmes convulsifs des muscles involontaires, le délire, la chute du corps avec spasme et convulsions, et, enfin, perte complète de connaissance, asphyxie,.
Dans cet état, il faut porter l'asphyxié à l'air frais, le frotter avec du vinaigre en lui en faisant respirer la vapeur. Si le visage est très-rouge et qu'il y ait de la divagation, du délire, couvrez-lui la tête d'eau froide ; il est bon de réchauffer les pieds au moment où l'on porte les réfrigérants sur la tête. Aussitôt que le patient peut avaler, donnez-lui du café pur ; s'il a repris ses sens, administrez op. ; et si op. ne donne qu'une amélioration passagère, vous devez le répéter. Si, quelques heures après, op. n'a produit aucun effet, donnez bell., et laissez agir un peu plus de temps.— L'asphyxié est-il surexcité, parle-t-it avec vivacité, se plaint-il de douleurs vagues, a-t-il des vertiges étant couché, donnez-lui du café pur, et attendez le moment opportun pour l'emploi de bell. ou de nux vom.
Une action analogue, mais plus lente que la vapeur de charbon, exerce son influence sur les hommes qui habitent
des maisons où végète la méraie (sorte de champignon). Pour remédier à cet inconvénient, le mieux serait, ou de quitter cette habitation, ou delà rebâtir; et là où cela ne peut se faire, on essaiera de détruire ce cryptogame par le charbon de terre. Dans ce but, jetez-en une grande quantité sur les endroits où se fait cette végétation et pardessous, et versez sur place une forte solution de vitriol bleu (sulfate de cuivre). Et puis, afin de détruire les fâcheux effets de la mérule, prenez par gorgée, et de temps en temps, de l'eau acidulée par l'acide sulfurique (quelques gouttes dans environ un litre d'eau).
On agira avec efficacité contre les mauvais effets de la vapeur du cbiore, en fumant du tabac, ou en tenant dans la bouche un morceau de sucre imbibé d'eau-de-vie ou de rhum.
Le meilleur moyen pour combattre les accidents provenant de la vapeur de l'acide prosaïque on des acide» mlaéraux, c'est l'esprit de corne de cerf ou l'ammoniaque liquide. Or, ce n'est pas en faisant respirer fortement ces substances qu'on parviendra à dissiper ces accidents, mais bien en tenant le flacon ouvert à une certaine distance des narines, de manière qne l'odorat ne soit que légèrement affecté; on répétera ce moyen autant qu'il sera nécessaire. Il suffirait même de porter sous le nez un flacon qui ne contiendrait qu'une seule goutte de l'un de ces alcalis. — Si les vapeurs malfaisantes étaient alcalines, il serait inutile d'y avoir recours; il faudrait, dans ce cas, leur préférer le flair du vinaigre. On reconnaîtra la nature acide ou alcaline de ces vapeurs avec la teinture de tournesol. Les acides la rougissent, les alcalis la rendent à son bleu primitif. Dans les cas graves et par suite de l'inspiration des vapeurs acides, on peut aussi donner l'ammoniaque à l'intérieur, en en versant une goutte dans un verre d'eau, dont on fait prendre toutes les dix minutes une cuillerée à café; et contre les effets des vapeurs alcalines, une cuillerée à café de vinaigre administrée de temps en temps.
Air non renouvelé. — Rien n'est plus nuisible que de dormir dans des chambres restées longtemps fermées, et dans lesquelles on n'a pas renouvelé l'air; dans ces lieux, l'air lui-même contracte quelque chose de méphitique qui ressemble à l'eau stagnante des marais. Dans ces chambres, le sommeil est troublé par le cauchemar, par des rêves anxieux, par des visions fantastiques, par des frayeurs épouvantables. Une ventilation bien entendue est le moyen le plus efficace pour les assainir; elle se fera- ttta-seuiement en tenant les croisées et les portes ouvertes, mais aussi en battant l'air avec des serviettes en guise d'éventail, -et en allumant du feu dans la cheminée. Il conviendra ten même temps de placer çà et là quelques larges baquets remplis d'eau. Si l'assainissement a été négligé, et que les accidents prévus aient eu lieu, donnez <won.; dans l'état de grande épouvante, op. ; si l'impression de la peur se prolonge, avec horripilation, verat. alb. Dans les maux de tête provoqués pendant le sommeil par l'émanation des fleurs odorantes ou par le foin frais, il sera avantageux de donner à sentir le camphre ou la noix vomique, en même «temps qu'on respirera l'air libre, et qu'on se lavera le visage et le front avec de l'eau fraîche.
Lorsque des souffrances sont occasionnées par suite d'un sommeil pris dans les chambres récemment blanchies, dans les endroits où le linge est mis à sécher, ou dans ceux où Ton renferme les bardes fraîchement séchées, ou bien des herbes vertes, des fruits et des racines qui servent à l'usage journalier; dans ce cas, donnez iry.; ou quelquefois bell., mais toujours en se conformant aux préceptes indiqués à l'article mal de tète.
Dans les indispositions déterminées par les couleurs à l'huile, dont on se sert pour peindre les chambres et les meubles, et que l'air frais et l'eau froide ne dissipent pas, on emploiera avec suceèsuicon., bry., sulph., et quelquefois op. — Il est également bon de tenir dans les chambres
à coucher des baquets d'eau froide, que l'on enlève le matin, et qu'on remplace chaque soir ; cette précaution est utile pour ahsorber les miasmes répandus dans l'air ambiant. Il est bien entendu que nous ne parlons ici que des habitations de pauvres gens. — En finissant, nous devons recommander de ne faire l'application des peintures que dans un automne sec et frais : dans cette saison, les émanations sont moins pénétrantes ou fatigantes, les couleurs se dessèchent plus facilement, adhèrent plus fermement, et risquent moins d'être dégradées par la poussière et les insectes.
B. — Enapoûonnementi par diver» acides minéraux et antret. — Xteur antidote et traitement.
Dans les cas d'empoisonnement par Y acide sulfurique ou huile de vitriol , acide muriatique ou esprit de sel, acide nitrique ou eau-forte, acide nitro-muriatique ou eau régale, acide oxalique, acide phosphorique, acide acétique acide pyroligneux , vinaigre ordinaire concentré pris en grande quantité, ces divers empoisonnements se reconnaissent au goût aigrelet et ardent, à l'odeur, à la sensation de chaleur mordante et brûlante qu'ils laissent au gosier et dans l'estomac et les entrailles; les boissons ordinaires augmentent ces douleurs; la respiration devient promptement fétide; la matière des vomissements est aigre, écumeuse, et rougit le papier bleu de tournesol. L'intérieur de la bouche est souvent comme brûlé et couvert d'aphthes.
Moyens : 1° Eau de savon tiède en grande quantité, comme il a été dit plus haut ; 2° magnésie, une cuillerée dans une tasse d'eau, répétée après chaque vomissement, tant que dure et augmente la douleur ; 30 craie : elle sera broyée et dissoute dans l'eau ; 40 cendres de bois, une pleine cuillerée dans un verre d'eau chaude ; 50 potasse de soude, une prise sur la pointe d'un couteau, dissoute dans un grand verre d'eau chaude.
On peut alterner à plusieurs reprises l'eau de savon avec
la magnésie; les autres substances seront administrées en attendant qu'on se soit procuré les deux premières. Après des vomissements assez répétés, donnez des boissons fortement mucilagineuses, telles que l'eau d'orge, d'avoine, de gruau ; d'une décoction de graine de lin ou de riz; en un mot, ce qui se trouvera sous la main, et restez quelques jours sans rien faire. Les premiers dangers passés, donnez sur l'acide sulfurique, puis. ; sur l'acide muriatique, bry. ; sur l'acide nitrique, hep. sulph. ; sur l'acide phosphorique, coff. ; sur les autres acides, acon. \
Avant de recourir à ces moyens, on peut recourir à l'olfaction du camphre.
Si les acides concentrés rejaillissent sur les yeux, le meilleur moyen de remédier au mal qui en résulte est l'huile d'amandes douces ou du beurre frais non salé; usez aussi de temps en temps de l'eau blanchie avec un peu de craie broyée; de l'eau pure ne convient pas : ce n'est que plus !
tard que vous pourrez vous en servir pour lotions. — Si l'on vient à se brûler la peau avec l'un de ces acides, employez I
l'eau de chaux ou un Uniment fait avec de l'huile et de l'eau de chaux, ou bien encore quelques gouttes d'une solution de caust. de la sixième dilution, mélangées à un peu d'eau tiède, dont vous useriez en friction.
G. — l>es poisons alcalins. — leun antidotes et leur traitement.
On reconnaît la potasse, les cendres gravelées, la pierre caustique, la lessive, le sel de tartre, la soude, Yammoniaque, Y ammoniaque liquide, là corne de cerf, la chaux calcinée et vive, à leur saveur alcaline, urineuse, brûlante, acre. La matière des vomissements n'est ni acide ni écumeuse ; elle rougit le papier de tournesol et le rend à sa couleur primitive. L'ingestion de ces substances alcalines s'accompagne, du reste, des mêmes accidents que ceux qu'occasionnent les poisons acides.
ËMPOîSOIWÈtaNTS. 409
Moyens : 1° Vinaigre, deux cuillerées à bouche mêlées à un verre d'eau, préférablement chaude; donnez- en une verrée toutes les cinq minutes ; 2° jus de citron ou autres acides étendus, fruits aigrelets mélangés avec du Sucre; 3° lait aigre; 4° boissons mucilagineuses et lavements. Tout vomissement provoqué autrement que par fa titillation est très-nuisible. Servez-vous de la barbe d'une plume.
Dans les empoisonnements par la baryte, espèce de terre poudreuse blanche que l'on emploie comme mort-auxrats , l'usage du vinaigre pur est nuisible. Donnez aussi des boissons mucilagineuses, de l'huile ; provoquez les vomissements en attendant que vous vous soyez procuré du sulfate de soude, qu'il faudra dissoudre dans du vinaigre, et donnez-le étendu dans l'eau. Plus tard vous ferez flairer fréquemment le camphre ; et si cela ne suffit pas, employez en .olfaction spir. nit. dulcifié. Après la potasse, on peut aussi employerco^., et plus tard carb. veg.; après l'ammoniaque, hep. sulph. o.
D. — De quelques autre» substances nuisibles. — De leurs antidotes et leur traitement.
Foie de soufre. — Eau vinaigrée ou acidulée avec le jus de citron, boissons huileuses et mucilagineuses, et lavements. Si on ne peut parvenir à provoquer des vomissements à force de boissons abondantes et le chatouillement du gosier, donnez à cet effet une solution de tartre stibié. Quand ils ont cessé, donnez du vinaigre, s'il proëure du soulagement ; s'il reste sans effet, bell. une fois, et renoncez au vinaigre.
iode. — Cette substance, qu'on emploie malheureusement trop souvent comme remède, produit quelquefois des accidents prompts et dangereux. — 1° Amidon délayé dans l'eau ; 2° mucilage amidonné bouilli; 3° farine de froment. Plus tard, des boissons légèrement mucilagineuses. Contre les souffrances consécutives, hep. sulph., quelquefois belL
flO CAUSES LES PLUS COMMUNES DES MALADIES.
Phosphore. — L'huile ci toutes sortes de graisses sont très-utiles dans ce cas, car elles dissolvent le phosphore et le répandent ainsi plus sûrement dansj'estomac.— Il suffira de solliciter au plus tôt le vomissement, et de faire usage de boissons mucilagineuses. Si le vomissement n'a pas lieu instantanément par remploi des moyens indiques page 89, il faut l'obtenir forcément par le tabac et la moutarde ; plus tard, donnez le café pur. Après un certain temps, on donnera avec avantage une cuillerée de magnésie. Si ce dernier moyen ne réussit pas, non plus que l'olfaction du camphre, administrez alors nux vom.; plus tyrd, la magnésie sera mieux appropriée. Le malade a-t-il envie de vin ou d'eau-de-vie, donnez-lui-en quelques gouttes sur un morceau de sucre.
L;aicooi (esprit-de-vin) et i'éther peuvent produire des accidents fâcheux, lorsqu'ils sont avalés par mégarde. Pour y remédier, il suffit le plus ordinairement {le prendre des boissons mucilagineuses et du lait. Si ces moyens n'agissent pas promptement, donnez alors une goutte d'ammoniaque liquide dans un verre d'eau sucrée, par cuillerées à café. On fera concorder des fomentations froides sur la tête et des compresses mouillées sur l'épigastre. Si cola ne suffit pas, donnez nux vom., et continuez les boissons mucilagineuses autant que l'estomac pourra les supporter; phjstprd, le café pur.. .......
Acide prossiqae. — U se recoanaîtà son odeur d'aawjdô amère. Son action est si rapide, qu'il faut se hâter dfappor-i ter des remèdes efficaces et d'une, action prompte. U repteà peine le tempsde penser à solliciter le vomissement. Faites sentir l'alcali volatil immédiatement et à une certaine dis* tance. Mettez-en aussi quelques gouttes dans un mouchoir et portez-le sous le nez, de manière qu'une faible odeur impressionne le malade ; ou bien encore, mettezen une seule goutte dans un demi* verre d'eau, et qu'on en. donne à boire toutes les trois à quatre minutes une cuillerée
à café. Dès que Vous aurez du café à vôtre disposition, faites-en boire en grande quantité) et même admïnistréz-le en lavement . En cas d'urgence, empressez-vous de faire respirer le vinaigre ou le camphre, eii attendant que vous puissiez employer les vapeurs de l'ammoniaque. Plus tard, donnez cûff.oxi ipèc.;ét s'ils ne suffisent pas, administrez nùxvom.
Alun. — L'eau de savon ou l'eau sucrée, jusqu'à effet vomitif; ipms puis, oiiveraû.
vitriol bleu, bian« ow Tert. — L'eau sucrée chaude, ou l'eau albumineuse froide, jusqu'à ce qu'on ait obtenu des vomissements fréquents. Plus tard, des boissons mucilagineuses.
JVitre et sel ammoniac. — L'eau tiède, l'eau beurrée, qu'on donne jusqu'à produire des vomissements abondants; puis beaucoup de boissons mucilagineuses.
E. — Des substances métallique!. — Leurs antidotes et leur traitement.
Arsenic — 11 entre dans la mort-aux-rats, dans le poison contre les mouches, dans le cobalt, dans les couleurs jaunes dites de roi, dans l'orpiment, dans les gouttes antifébriles, dans l'onguent et l'emplâtre contre le cancer, et dans plusieurs autres remèdes secrets que Ton vend, notamment contre les maladies des chevaux et du bétail. On combattra ses effets par : i ° eau de savon; 2° eau albumineuse; 3° eau sucrée ; 4° lait. Après chaque vomissement, donnez de ces boissons. Le danger n'est pas grand quand le malade rejette par le vomissement la matière toxique. Le vinaigre n'est d'aucune utilité; l'huile est plutôt nuisible.
Le peroxyde de fer, récemment préparé, a produit d'exeellents effets pris par cuillerées à café, mélangé à Peau. Dans les cas urgents, on peut se servir du dépôt martial qui se trouve dans le baquet où les forgerons et les serruriers éteignent leur fer rougi.
On a proposé comme moyen préférable le sang frais.
Des expériences ont été faites avec le sang de veau ; mais cependant, dans un cas urgent, on peut prendre le sang des autres animaux : tel est celui des pigeons, des poulets, etc. On doit compter pour chaque grain d'arsenic deux cuillerées à bouche de sang.— 11 faut le boire lentement et non d'un seul trait; il se coagulerait dans l'estomac en y arrivant en masse. Vous laisserez passer un certain temps après l'ingestion du sang ; vous éviterez par là de le rendre par régurgitation ; cela fait, attendez. |
Vous donnerez plus tard ipec. à plusieurs reprises. Si le !
malade est encore très-irritable, inquiet la nuit, s'il a de la fièvre, c'est chin.; s'il y a aggravation le jour et après le sommeil, s'il y a constipation ou un dévoiement muqueux, nux vom. Si après ipec. il reste des nausées fréquentes ou des vomissements avec chaleur ou froid, accompagnés d'une grande faiblesse, administrez verat.
La substance colorante que l'on emploie pour teindre les chapeaux fins contient de l'arsenic. Lorsqu'on porte cette espèce de chapeaux, il peut se former souvent des boutons sur le front et du mal aux yeux. Dans ce cas, faites-le doubler soigneusement avec de la soie et du cuir ; contre les suites, servez-vous d'kep. sulph. — Jadis on préparait du papier où entrait l'arsenic, et peut-êtracela se fait-il encore !
Sublimé corrosif. — Pour ce poison donnez 1° éau albumineuse ; 2° eau sucrée ; 3° lait; 4° solution d'amidon ; 5° gluten.
Le moyen principal est l'eau albumineuse ; l'eau sucrée sera employée en l'alternant avec la première ; les souffrances consécutives seront traitées comme il a été dit dans les empoisonnements par le mercure.
. Cuivre, vert-de-gris ou antres préparations «le cuiyre.
— Pour ces substances donnez : 1* blanc d'œuf ; 2° sucre.
L'un et l'autre peuvent, s'employer sans être dissous dans
l'eau; 3° lait; 4° toutes autres substances mucilagineuses.
Si l'on a à donner de prompts secours dans l'empoisonne-
ment par le cuivre, on peut se servir du soufre qui se trouve sous la main. Il faudra faire rougir un plateau de fer et y laisser fondre le soufre, de manière à le recevoir à l'état de fusion dans un vase plein d'eau ; on agite cette eau ; et dès que le dépôt s'est fait, donnez à boire par petites tasses, coup sur coup. Ce moyen est également utile dans les empoisonnements par les autres métaux. Si l'on n'est pas en mesure d'employer immédiatement le soufre, se servir de blanc d'œuf.
Plomb. — Dans ce cas : administrez 1° sulfuré de fer, comme il a été dit à l'article cni?re j 2° sulfate de magnésie ou sel d'Epsom ; 3° sulfate de soude, ou sel de Glauber : le premier de ces moyens est le meilleur; le second suppléerait le premier s'il manquait ; faites dissoudre trente grammes de cesel dans une bouteille d'eau chaude, et donnez-en à boire souvent et beaucoup, en raison de la quantité du poison; 4° blanc d'œuf; 5° savon; 6° lait. — Après le sel ou le savon, administrez des boissons et des lavements mucilagineux.
Pierre infernale (azotate d'argent). — Administrez dans ce cas : Sel de cuisine dissous, pris en grande quantité, aidé plus tard par des boissons mucilagineuses.
Antimoine» émétique (tartre stibié). — Ici convient : 1° décoction de noix de galle ; d'écorce de chêne ou de grenade ; 2<> café ptir en grande quantité ; 3° boissons mucilagineuses.
Contre les convulsions, op. cet s contre les nausées et autres souffrances, ipec. ««€*.
Étain. — Dans l'empoisonnement par rétain, donnez : 4° blanc d'œuf; % sucre; 3° lait. Les empoisonnements par ce métal sont très-fréquents, parce qu'il arrive souvent de laisser séjourner dans les plats d'étain des substances acidifiables, dont on fait usage plus tard; et l'on sait que le plomb entre souvent en combinaison avec rétain. Tout ce qui est acide ou aigrelet ne doit donc jamais res-