‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 3)Chapitre 68 sur 232 · JO · texte numérisé non relu

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ter longtemps dans les ustensiles métalliques pour s'y refroidir. Il en est de même des cuillers d'argent, d'étain, et étamées qu'on laisserait séjourner avec les substances alimentaires. On ne doit se permettre 4e laisser les aliments acides que dans les vases de bois, de cristal ou de faïence. Les souffrances chroniques consécutive* aux effets de Tétain sont heureusement modifiées par /m/*.

F. — Dm poisons végétaux. — &eurt antidotes, leur traitement.

Dm champignon» vénéneux. «— Les effets de ces champignons se font sentir quelques heures après l'ingestion. Le ventre se ballonne, et l'on sent des coliques vers la région épigastrique. Presque en môme temps ont lieu, avec la soif, des nausées, le hoquet, l'anxiété, fe&yomissements, et la diarrhée; en outre, froid dans les extrémités, pouls petit, étourdissement, vertiges, rêvasseries et convulsions. — Dans ce cas, provoquez le vomissement principalement avec l'eau froide et en grande quantité ; dans les intervalles, donnez le charbon végétal pulvérisé et mélangé avec de l'huile jusqu'à consistance de cérat; si cela ne soulage pas, donnez avec prudence à sentir l'ammoniaque liquide. — Contre le reste des souffrances, le vin ou le café conviendront le plus souvent.

Du seigle ergoté. — Le seigle ergoté est nuisible aux hommes comme aux animaux. Le meilleur moyen d'agir contre ses mauvais effets consiste à faire respirer la vapeur d'une infusion de morelle noire. On pourra, à l'égard des animaux, l'employer en fomentations. On obtiendra le même résultat avec tinet. solan. nigri étendue dans l'eau.

Les plantes qui contiennent un «ne laiteux, acre, telles que les euphorbes et autres végétaux qui croissent dans les jardins, et dont l'action est corrosive au contact, réclament, en cas d'accident, des lotions avec l'eau de savon, et plus tard avec l'eau-de-vie. Si le sue touche l'œil, em-

BMPOrSOKNEMENTS. US

ployez t'huile d'amandes douces, du beurre non salé ou du lait; s'il en pénètre dans l'estomac, l'eau de savon, le lait, etc., conviennent; mais abstenez- vous de tout acide et de médicaments vomitifs. La même règle s'applique à regard de toutes les plantes acres, corrosives, caustiques, comme les euphorbes, la gomme-gutte et autres.

On emploiera contre les suites fâcheuses des plante» narcotique», dont l'effet est d'enivrer, d'ôter l'usage des 96ns et de produire des accès de folie et de rage, le café pur en grande quantité et en lavement. Le vinaigre sera un moyen efficace contre la plupart d'entre elles, comme l'opium, le laudanum, la tête de pavot, le datura stramonium (pomme épineuse), la jusquiame, l'aconit, etc., etc. ; et si le malade a la figure animée, injectée de sang, les yeux rouges, le regard fixe et hagard, les aspersions d'eau froide trouveront un emploi utile.

Dans le cas où l'empoisonnement proviendrait de substances contenant de l'acide prussiqtie, qui se reconnaît à l'odeur de l'amande amère, et qu'on trouve dans les amandes amères proprement dites, dans lès noyaux dépêche, de cerise, de prune, dans les feuilles de laurier-cerise, ainsi que dans les eaux distillées de ces substances; et dont l'action toxique se révèle par la pesanteur , l'ivresse , l'anxiété, surtout de la poitrine, par une accélération du pouls qui ne tarde pas à se ralentir, par un engourdissement paralytique, ou par une sensation comme si la paralysie allait survenir ; dans ces diverses circonstances, le café noir est le moyen principal, de même que l'ammoniaque, lorsqu'il se présente un danger imminent : d*ns ce cas, on emploiera l'ammoniaque en olfaction avec mena* gement; on pourra même en verser quelques gouttes dans un grand verre d'eau, dont on donnera de temps en temps une cuillerée à café.

Dans les empoisonnements par l'opium, qu'ils aient lieu par l'opium brut ou le laudanum, ou par des graines de

pavot, ou par suite d'une décoction de têtes de pavot administrée imprudemment et sans réflexion aux enfants pour leur procurer un peu de sommeil, le café est encore ici le meilleur moyen. En attendant qu'on Tait préparé, employez le vinaigre. Si le malade est tombé dans un complet engourdissement, on peut recourir à la flagellation sur le dos et sur les fesses jusqu'à ce qu'il revienne : l'émétique est inutile ; et si le café ne provoque pas le vomissement, il faut le déterminer par des boissons d'eau froide ou par la titillation de la luette à l'aide de la barbe d'une plume. Une infusion d'avoine sera quelquefois utile; et on la préparera en versant trois tasses d'eau bouillante $ur une poignée d'avoine préalablement lavée. On en donnera de temps en temps une cuillerée à thé. Il sera bon de donner plus tard quelques prises iïipec. et, s'ilreste quelques souffrances, administrez quelques jours après merc. subi. — Contre les effets de datura stramonium, donnez pareillement le café ou le vinaigre en grande quantité, et, s'il ne survient pas de vomissement, employez le tabac; contre les souffrances consécutives, nux vom.

Dans l'empoisonnement par le sumac Yénéneu* (rhus toxicodendron) , qui détermine une affection semblable à l'érysipèle, il ne conviendrait pas de pratiquer de fortes frictions cutanées, et encore moins d'employer des moyens répercussifs , comme l'eau de Goulard et divers onguents. Mais faites des lotions soigneuses avec l'eau de savon, et, si elles ne suffisent pas, cherchez à apaiser les démangeaisons de la peau et ses brùlements avec de l'amidon ou la poudre à poudrer que vous emploierez en frictions avec un grand ménagement; ne donnez rien d'échauffant et de fort à l'intérieur, et administrez bry ., que vous ne répéterez pas si les symptômes vont en diminuant, mais que vous donnerez de nouveau à chaque aggravation. Si cette affection atteint plutôt la figure, ou si elle s'accompagne de grandes chaleurs contre lesquelles bry. reste sans effet, administrez bçll.

Dans les empoisonnements par la »pi$éii© (pùudre aux vers), que l'on donne contre les vers, faites sentir le camphre, donnez à l'intérieur le café pur , et si, après quelques jours, il reste encore quelques symptômes consécutifs , comme battements de cœur , vertiges, etc. , administrez merc. viv.

Dans les empoisonnements par le camphre, donnez du café pur jusqu'à produire le vomissement. Contre ses suites op. , toutes les heures, jusqu'à ce qu'il y ait amélioration.

Contre les effets du safran, employez les mêmes moyens.

Contre les Suites de l'huile de térébenthine , op., bell. ouôry.

Contre les effets nuisibles de toute autre substance végétale, donnez le camphre à sentir; s'il ne suffit pas, café pur à boire; si ces effets sont étourdissants, employez le vinaigre mitigé ; s'ils produisent de. grandes douleurs, l'eau de savon et le lait.

G. — Dei poisons du règne animal. — Iieurt antidotes et leur traitement.

Les mouches cantharides, et les emplâtres cantharidés, renferment un poison violent, dont l'action devient trèsdangereuse s'il s'en introduit dans l'estomac ou dans les yeux. Il en résulte un brûlement très-intense qui s'augmente par l'application de l'huile et des corps gras. — Le meilleur moyen de le combattre à l'intérieur et à l'extérieur, c'est le blanc d'œuf ou des boissons tièdes mucilagineuses. Pour l'application qui en sera faite aux yeux, on aura soin de ne l'employer que dans un état de consistance très-épaisse, et même, au besoin, on se servira de farine. On évitera de les laver et de les frotter avec force , mais on s'attachera à en extraire avec l'extrémité d'un petit morceau de linge roulé les parcelles de venin, ainsi que les substances qui auraient été employées comme moyen de soulagement.

Pour les suites fâcheuses des cantharides, des empiâtresvésicatoires et d'autres inseetes, le camphre est le moyen principal. Faites-le flairer à tout moment, et frictionnez les

fl« CAUSES LES PtUS GOMMOIfES DES MALADIES.

parties souffrantes avec l'alcool camphré; les tempes, quand il y a céphalalgie ; les lombes, les aine* et la région supérieure et interne des cuisses, quand il se déclare des douleurs violentes des reins <ra de la*vessie.

On emploiera encore le camphre en olfaction et en friction» contre les effets du miel vênéneuxi à l'intérieur, on donnera du thé ou du café pur.

Lé poti des chenille* velue* produit quelquefois de violentes inflammations. Il ne faut pas se frotter lés parties qui ont été touchées ; on ne ferait qu'augmenter le mal ; mais appliquez-y des compresses camphrées ou imbibées d'alcool camphré.

Les coquillage* venimeux se trouvent quelquefois mêlés avec les bons, et produisent des accidents toxiques que Ton combat, soit en provoquant les vomissements s'il y a des nausées, soit en donnant à prendre d'un mélange de charbon de bois pulvérisé, de sucre et d'eau; ensuite en faisant sentir le camphre, et plus tard en donnant à boire du café pur. S'il survient des éruptions et un gonflement du visage, donnez bell.

Si des accidents toxiques surviennent après avoir mangé d'un poi«M>n venimeux, donnez du charbon pilé et mélangé avec l'eau-de-vie ; si cela ne soulage pas, administrez quelques heures après du café pur; si cela reste encore sans effet, donnez du sucre à manger en grande quantité, ou de l'eau sucrée à boire; et si ce demie* moyen reste impuissant, le vinaigre mitigé sera administré à l'intérieur et à l'extérieur.

Le venin OU l'urine des crapauds, des lé«a*«l«, des grenouilles, viènt-il à rejaillir dans les yeux, nettoyez-en le dedans avec la salive d'un homme sain, et donnez toutes les heures acon. , tant qu'il y a aggravation. Si ce venin s'est introduit dans la bouche , prenez d'abord une petite cuillerée à café de charbon pilé, que vous mêlerez avec du lait ou de l'huile; et , s'il produit subitement des acci-

dents dangereux, donnez à sentir l'esprit de nitre. Plus tard administrez ors.

Il se développe un principe toxique dans la graisse rance, daps les fromages,, dans les vieux saucissons, dans les viandes, gâtées, dans les boudins,, dans toute excède charcuterie, comme fromage de cochon , jamlflm , etc.:, et cela lorsque ces diverses substance? n'ont pas été assez bien préparées pour une longue conservation ; alors elles acquièrent un goût huileux , ajgrçlet , désagréable , acre et rance. Ce poison se produit quelquefois très-rapidement, et à ce point qu'il peut arriver que ce qui est bon aujourd'hui soit malfaisant le lendemain. Le signe principal (te cette espèce d'empoisonnement consiste, en outre d'une véritable pyrosis (fer chaud) et de nausées aussitôt après avoir mangé, dans la sécheresse du gosier qui gagne quelquefois la bouche, les fosses nas$lç$, le$ oreilles et même les yeux, puis les. paupières , Je^, pannes i l'extrémité des, doigts se dessèche et se gerce et souvent même s'atrophie complètement. La voix devient rauque, aussitôt, le pouls lent et faible; la faim et la soif se prononcent d'une manière extrême, et à peine si le malade, peut avaler.. Ces symptômes s'accompagnent d'une grande faiblesse avec tendance à la paralysie; les paupières &ppt. comme paralysées, la pupille se dilate et la vue devient faible comme si elle se couvrait d'un voile ; il peut même y avoir diplopie. Le centre est- tendu, il y a douleur et constipation: sur là fin, cet état se complique de la raideur des articulations du geoou et du pied* Et si la mort ne survient pas au bout de quelques jours > il en résulte dans tous les cas une maladie longue et incurable.

Celui qui a mangé de -ces mauvaises viandes ne tarde pas à éprouver quelques-uns des symptômes précédents, qu'il y prenne garde, il n'a pas de temps à perdre : ce&accideuts peuvent marcher rapidement. Si le mal éclate dans les quatre à cinq heures qui suivent le repa& avec envie de vomir , donnez à boire de l'eau tiède et excitez le vomisse-

ment. On regarde souvent les symptômes d'ardeur et de sécheresse du gosier comme dépendant des aigreurs de l'estomac , et Ton s'empresse d'administrer la magnésie; elle n'est ici d'aucune utilité. H arrive même qu'on les considère comme la suite d'un poison caustique , et Ton fait boire de l'huile et du lait ; ils restent aussi sans résultat. Les acides sont le seul moyen qui puisse soulager. Aussitôt que l'estomac est débarrassé par le vomissement, donnez à l'intérieur du vinaigre affaibli ; employez-le aussi en lotions et en gargarismes. On doit donner la préférence au suc de citron ; et si les acides finissaient par fatiguer Festomac, on les remplace par le sucre. On peut pareillement permettre une tasse de café, et encore mieux une forte infusion de thé noir. Néanmoins, si la sécheresse résiste ou revient toujours, si après des lavements mucilagineux il n'y a point de selles , donnez bry. et attendez tranquillement six heures. Si quelques symptômes s'amendent, mais pour peu de temps, répétez bry. Toutes les fois qu'il y a aggravation, n'employez de lavements que ceux qui seront composés d'eau tiède mucilagineuse , acidulée avec le vinaigre ou jus de citron. Ce que bry. n'enlèvera pas cédera à verat. ou hacid. phosph.; s'il reste encore dessymptômes de paralysie ou d'atrophie, alors ors. est quelque fois très-utile.

H. — De« poitoni engendrés par la maladie dans les hommes et le» animaux.

Il se développe chez les homme* et les ladea, quel que soit d'ailleurs le genre d'affection qu'ils aient, une eapèee de miasme analogue à celui que nous avons vu se produire dans les substances animales en décomposition. Ce miasme varie comme les maladies qui l'engendrent. Quelquefois doué d'une influence peu marquée sur les organisations qui s'y trouvent exposées, d'au* très fois il contracte une activité essentiellement délétère quand il pénètre dans l'estomac ou le torrent circulatoire*

Ce n'est donc pas sans raison qu'on doit se tenir éloigné des émanations des malades, et qu'on doit obéir au mouvement tout instinctif de répugnance qui nous avertit de leur nuisible influence. Dès lors il faut avoir la précaution de ne pas se servir des vêtements et du linge des personnes qui ont été longtemps et dangereusement malades. On n'a pas assez de cette prudence, et Ton n'en prend pas assez à l'égard des animaux malades ; on doit redoubler de précautions. On sait combien cette émanation miasmatique est dangereuse dans la morve, maladie qui se transmet à l'homme sous les apparences d'une maladie différente. Les excréments des animaux malades sont encore plus nuisibles ; leur salive et la matière ichoreuse qui découle de leurs abcès sont toujours toxiques. Les cochons couverts de pustules et d'exanthèmes, n'en sont pas moins tués pour servir d'aliments et même avec la certitude que leur chair est nuisible.

La maladie la plus dangereuse dans cet ordre est celle qui affecte la rate des bêtes à contes. Leur sang peut, en tombant sur la main, avoir un effet contagieux. On a vu cet accident se produire en écorchant ces animaux, pratique à laquelle on ne se livre que par avidité et par ignorance. Il en est de même de la préparation et du tannage que Ton fait subir à leur peau. Et leur chair, fût-elle même salée et fumée, n'en reste pas moins un véritable poison; elle amène toujours la mort ou une maladie lente et incurable.

L'affection de la rate est la cause constante de cette maladie charbonneuse; elle se reconnaît chez les animaux à un état de tristesse subite, au chancellement, au tremblement qu'ils éprouvent surtout après l'abreuvage, à une chaleur sèche, à une respiration courte ; c'est pendant la manifestation de ces souffrances que le charbon se forme. Si Ton ne peut sauver les animaux par de fréquentes et fortes aspersions d'eau froide ou par l'arsenic, la mort survient très-promptement. Dans ce cas, on s'attachera à pré-

server les autres animaux par l'usage externe de l'eau froide. L'animal mort doit être profondément enfoui dans la terre, et Ton se gardera biea de le toucher avec les mains. Tout ce qui s'est trouvé en contact môme le plus léger, doit être brûlé, ou enterré, ou purifié par l'eau chlorurée (solution de chlorure de chaijx).

L'individu auquel cette maladie a été communiquée, se sent abattu, faible, frileux; il lui survient çà et là quelques taches avec un point noir dans le milieu, qui se convertit bientôt en un bouton bleu, et puis en un charbon gangréneux. Il faut bien se défendre d'y appliquer des cataplasmes, ni rien de chaud et d'humide; pratiquer une saignée est très-nuisible. Le seul moyen convenable est le repos, la diète absolue, accompagnés de l'usage d'une grande quantité d'eau fraîche en boisson à l'intérieur, et en aspersion à l'extérieur, en ayant soin de sécher tout aussitôt. Par la bouche on donnera ars. que l'on répétera à chaque aggravation.

Les objets qui ont servi à up cheval charbonneux doivent être soumis aux lotions d'eau chlorurée; néanmoins ils peuvent encore nuire beaucoup, Stih ne sont exposés longtemps au soleil. Si une personne 3 touché un cheval atteint de charbon, et qu'elle en ait été ; infectée, alla doit exposer la partie, contaminée à l'action 4'itfle farte chaleur, comme cela est conseillé pour la morsure des serpents. Si les symptômes d'infection se sont déjà déclarés, donnez loch, toutes les six, huit ou dix heures; ; si <?ela ne soulage pas, acid. phosph., et, ce dernier restant g#ns effet, ars. M. Plus tard, si c'est nécessaire, on peut donner sulpk.; et si après quelques semaines encore les suites de l'infection n'ont pas disparu totalement, cale. carb. Ces divers moyens seront administrés tous les cinq ou dix jours, et ne seront pas répétés tant que l'amélioration se continuera. Le» chevaux peuvent souvent être guéris par açtft., rhus et or».

•'•■*" ÈMPOISaNNKrfKNTd. 123

: I, -r Des empoisonnements par lésions externes, piqûres

ou morsure,* des animaux, leurs antidotes

et leur traitement.

Les piqàre» des araignées, des mille -pieds, des scolopendres armés d'un dard à la bouche, des scorpions qui portent leur dard à l'extrémité 'de leur queue, des abeilles, des guêpes, des frelons, de quelques espèces de mouches, dès punaises avec leur suçoir, sont rarement dangereuses; mais elles deviennent souvent fort incommodes, et peuvent avoir des suites fâcheuses, par la multitude des petites plaies qu'elles laissent si elles atteignent les parties délicates du corps, comme cela se voit chez les enfants et les personnes impressionnables et dont la peau est fine.

Le principal moyen dans cette circonstance, c'est Y olfaction du camphre et le lavage à l'eau froide. Si Ton peut se procurer l'insecte qui a fait la piqûre, on l'écrase et on l'applique sur la partie souffrante. Si l'on peut supporter l'ardeur du feu, on approchera du mal, soit un charbon enflammé, soit «ne tige de fer rouge, soit un cigare ou une pipe allumés, aussi près que faire se pourra, et jusqu'à ce que la douleur ait disparu.

Lorsqu'on est poursuivi par les abeille*, il faut bien se garderdeles chasser en se débattant avec les mains, cequiest tout au moins inutile et ne fait que les exaspérer. Si, après qu'on est parvenu à se débarrasser d'une première attaque survenue dans la proximité d'un bouquet de broussailles, on est surpris par un nouvel essaim, et qu'il s'en soit posé grand nombre sur la tête, et qu'il n'y ait pas dans le voisinage de l'eau où l'on puisse se plonger, alors il ne reste plus qu'à se coucher à terre, la figure contre le sol, en se garantissant les tempes avec les mains; on reste dans cette position jusqu'à ce que les insectes s'en soient allés. Les piqûres sont touchées avec la salive, et puis on les grattera avec les ongles de manière à en faire sortir le

dard et le venin. Ensuite on prend après avoir creusé aussi profondément que possible, de la terre noire et fraîche qu'on applique sur les plaies, et Ton renouvelle cette pratique aussi souvent que la douleur l'exige ; ou bien encore on racle de la craie sur la piqûre, ce qui soulage instantanément. On peut encore frotter de miel les parties vulnérées, si Ton n'a pas employé un des moyens précités. Si une abeille a piqué L'œil ou la bouche, il convient mieux de se servir de miel ; on fera son possible pour sortir le dard de la bouche en grattant, et de l'œil, au moyen d'une petite pince. C'est alors qu'on fait respirer le camphre, ou qu'on donne bell. y arn. ou puis.

Ce que nous venons de dire au sujet des piqûres des abeilles s'applique aux piqûres de» guêpe»; seulement, dans les piqûres des guêpes et de tous les autres insectes, le dard ne reste pas dans la plaie. On aura soin de recommander aux enfants de ne point mordre, ou de le faire avec précaution, dans les pommes ou poires piquées, car il s'y trouve souvent des guêpes , et une piqûre ainsi faite dans la bouche ne laisse pas que d'être dangereuse.

Dans le cas où les piqûres ont porté sur les parties délicates , à la suite desquelles il y a rougeur, engorgement et fièvre, faites aspirer le camphre jusqu'à ce qu'il en résulte un soulagement. Si l'inflammation augmente, qu'on donne acon.; si ce moyen est insuffisant, arn. Si la langue est enflée et qu9 acon., après une demi-heure, n'ait produit aucun effet, ni arn. après une ou deux heures , qu'on donne alors chaque demi-heure, ou toutes les heures, bell. diluée, une cuillerée, jusqu'à amélioration décidée. Si ces divers moyens ne suffisent nullement , qu'on donne de la même manière merc. viv. — Si l'œil est très-enflé , un moyen efficace est acon. et arn. alternés. Du reste, il est mieux dans ce cas de n'appliquer que de l'eau fraîche. Contre les douleurs consécutives qui ne disparaîtraient pas après quelques jours, merc. viv. convient le plus souvent.

On parvient à chasser les cousin» qui ont envahi une chambre, en faisant brûler -du sucre brut sur une pelle rougîe; quelques instants après on ouvre les croisées pour laisser sortir la fumée, et l'on se hâte de la refermer. Quant aux piqûres qu'ils font, il suffit, pour en détruire l'effet, de se frotter les parties piquées avec du suc de citron.

On se gardera de faire disparaître trop promptement les piqûres des insectes, si elles sont trop nombreuses; il y aurait là l'inconvénient qui suit la répercussion des éruptions; il convient de donner préalablement acm.f et quelques heures après, arn., et si le lendemain il n'y a pas d'amélioration, hep. sulph.

On ne peut recommander rien de mieux contre les morsures ou piqûres des insectes vénéneux que ce qu'on vient d'indiquer ; on doit y persévérer tant que dureront les souffrances.

Relativement à la piqûre de» «erpents, il importe de s'assurer tout de suite si le reptile est ou non venimeux. Ceux qui le sont portent à la mâchoire supérieure deux glandes à venin , correspondant à deux dents très-grandes et très-longues; et ceux dont les mâchoires sont armées de deux rangées de dents n'ont pas de poison. — A la suite d'une morsure d'un serpent venimeux, on ressent ordinairement une douleur violente , lancinante et quelquefois brûlante.

Si le serpent n'a pas de venin , il suffira de mettre dans la plaie un peu de sel ou de la poudre à canon. — Dans le cas contraire, si la morsure est venimeuse on placera audessus de la plaie une ligature au moyen d'une bande large de deux travers de doigt, ou bien un mouchoir, ou ce qu'on a, môme une courroie ou une corde qu'on serre forteipent et de manière à intercepter la circulation et à empêcher momentanément le sang de se porter au cœur. On laissera en place cet appareil tout le temps qu'il pourra être supporté , ou jusqu'à ce que tout danger soit passé. Mais le

meilleur remède consiste à exposer la partie mordue à une forte chaleur. Ce qu'on peut se procurer an plus tôt est bon, sort un fer rouge ou un charbon ardent , et au besoin un cigare allumé , qu'on approchera autant que possible de la partie blessée, mais point trop près pour ne pas brûler la peau ou provoquer une douleur trop violente. Il faut donc prendre garde de brûler la plaie , parce que les vaisseaux sanguins en seraient détruits. — Dès que l'instrument rougi par la chaleur se refroidit, il faut le remplacer immédiatement par un autre. En conséquence, on aura à cet effet un petit foyer ardent en permanence. Cette chaleur devra porter uniquement sur la plaie , et dans un petit rayon. On ne soufflera pas sur l'instrument qui affronte la' plaie, parce que la peau en subirait un refroidissement. On se servira d'huile ou de graisse pour oindre le pourtour de la plaie dans retendue de deux travers de doigt, et Ton renouvellera ces onctions à mesure qu'elles sécheront. Si l'on n'a ni huile, ni graisse, qu'on emploie le savon ou même la salive. Qu'on ait l'attention d'essuyer avec précaution tout ce qui sort de la plaie. On continuera d'appliquer la chaleur jusqu'à ce que le malade commence à éprouver des frissons et des tiraillements. Si les frissons et les tiraillements arrivaient trop tôt, on n'en persévérera pas moins pendant une heure à appliquer la chaleur , pourvu que le malade puisse la supporter , ou jusqu'à ce que les effets immédiats du venin aient cessé. Si les souffrances se reproduisent, il faut recommencer le procédé ci-dessus indiqué. On emploie en même temps, et sans perdre une minute , des remèdes à l'intérieur , soit un peu d'eau salée ou une pincée de sel, ou de la poudre à canon, ou même un peu d'ail. Si, malgré cela, les soùflrances persistent, il faut administrer du vin ou de l'eau-dë-vie par goutte , ou même par une demi-cuillerée à café à la fois, et l'on fait ainsi toutes les deux ou trois secondes, jusqu'à ce que la douleur ait cédé. On recommence de la sorte toutes les fois que le

malsemble renaître. Si les douleurs lancinantes deviennent plus vives et se portent de la plaie au cœur, et que la plaie devienne bleue, tachetée et enflée ; s'il y a des vomissements, des vertiges et des évanouissements, qu'on donne à l'instant ars. Si, malgré cela, les accès augmentent, on répète la même dose quelques heures après. Si rien n'y fait, qu'on y revienne une dem>heure après. S'il y a amélioration , qu'on attende jusqu'à ce que le mal reparaisse. Si l'on a employée deux ou trois reprises ces divers moyens sans succès, qu'on donne bell. ; seneg. est quelquefois bon en infusion. Contre les douleurs consécutives et persistantes on fait souvent usage, et avec avantage, de phosph. ac, ou quelquefois de merc. viv.

On a recours quelquefois à la succion de la plaie, ce qui, dans tous les cas, ne nuit pas sensiblement à la personne qui s'en charge, si du moins elle est exempte d'égratignures ou d'aphthes sur les lèvres ou la bouche. Cependant il est bon de passer préalablement un peu de sel ou d'ail dans la bouche. Il faut sucer fortement et de continue, et cela, après avoir élargi et aplati la plaie en la tiraillant avec les doigts; et pendant la succion, il convient de frictionner autour de la plaie avec force, et de porter surtout les frictions vers la région du cœur. I m médiatement après on frotte la plaie avec un peu de sel pulvérisé, tant qu'elle peut en recevoir, ou avec de la poudre à canon , de la cendre de tabac , du tabac à chiquer, de la cendre du foyer , ou, en un mot, ce qu'on a à portée ; cependant les premiers moyens sont les plus efficaces. Pendant, l'application qui en est faite, le malade se tiendra calme et tranquille autant que possible, car chaque mouvement, chaque émotion de crainte rendrait sa position pire. .

Les morsures des chiens OU d'autres anlniai** enragés,

ou même de tout animal en colère, seront traitées dès le principe comme celles des serpents.

L'application de la chaleur sera faite et durera jusqu'à ce

qu'il se déclare des frissons, et on la répétera trois ou quatre fois une heure durant Jusqu'à ce que la plaie soit fermée et que la cicatrice soit complète. — L'ustion de la plaie, sa déchiqueture, la provocation à la faire suppurer, et tous autres procédés cruels , sont tout au moins inutiles ; car, plus on tourmente la plaie, plus est prompte la diffusion du venin dans l'organisme. Certains médecins ne font ainsi que pour se donner des airs capables, que pour servir leur manie d'opérer ; d'ailleurs, on sait bien que ces sortes de manœuvres n'ont jamais produit le moindre résultat avantageux.. Après avoir employé les moyens précités, il suffira d'abandonner tout simplement la plaie à elle-même; la nature saura bien en opérer la cicatrisation; mais, par précaution, on ne négligera pas de se conformer à ce qui est plus bas indiqué, ou tels autres moyens qui commandent la confiance, et cela jusqu'à ce que la cicatrice ait pris le ton naturel de la peau. — Si la plaie menace de se rouvrir et que la cicatrice redevienne dure, il ne faut pas hésitera recommencer le traitement. Quelquefois après sept jours, ou même plus tard, et si le malade a de légers accès de fièvre , il se forme audessous de la langue une vésicule qu'il faut enlever avec les ciseaux ou par tout autre instrument, et Ton se rincera la bouche avec de l'eau salée. — Un autre moyen , qu'on a employé avec succès, c'est le bain de vapeur* Si on le peut, on doit y avoir recours plusieurs fois, après avoir été mordu ; on fait en cela une chose fort utile. Qu'on remploie donc et à la moindre apparence de signes suspects, comme s'il se déclarait, par exemple, une soif subite immodérée; des frissons, de la répugnance pour les boissons et de l'horreur pour tout scintillement, avec grande sensibilité à l'air froid, à rencontre du vent, avec tristesse et abattement. Le bain de vapeur peut même être employé lorsque les crampes ont commencé. Cet appareil de bain sera établi de façon à envelopper hermétiquement le malade, et à ce qu'il ne se perde pas de vapeur; la moindre

fuite nuirait aux effets qu'on attend de ce bain. Si les crampes se sont déclarées, on enveloppera le malade dans un drap, de manière qu'il ait les pieds et les mains maintenus ; le cou et la tête doivent être libres. Comme on ne fait usage de ce bain que pour aller au-devant des accidents, il sera de deux heures ; mais si la maladie s'est manifestée , il devra durer tout le temps que les crampes persisteront. Comme moyen préservatif, on peut se servir, matin et soir, fthydroph., qu'on répétera tous les sept jours, et cela jusqu'à ce que la fièvre, la diarrhée, une perte de sang et tels autres symptômes aient lieu ; après quoi on donnera canth. 3, tous les jours-, jusqu'à réaction maladive. S'il se manifeste des éruptions à la peau, il n'y a pas à les combattre par des remèdes externes ; elles disparaîtront d'elles-mêmes. Si , après avoir employé ces divers moyens, il vient à se déclarer une véritable horreur de l'eau, tant mieux; le mal n'en deviendra que plus facile à attaquer. Si les symptômes d'hydrophobie se déclarent tout à fait, on donnera bell. T., au débutdes crampes. Si l'accès augmente d'intensité, donnezen encore une fois, et continuez tant que s'accroîtront les accidents; et s'ils se maintiennent au même degré de souffrance, donnez hyosc. T., délayé dans l'eau. Si cela ne produit rien, canth. t. — Quant à tous les remèdes que l'on préconise contre l'hydrophobie, et à tous ceux qu'on invente toujours et partout, il ne faut en faire aucun cas, car pas un n'a jamais guéri un chien enragé. On ne leur donne un grand crédit que dans l'idée qu'ils peuvent prévenir le mal. Or, règle générale, comme sur vingt personnes mordues, il n'y en ^ qu'une qui devienne enragée, n'importe qu'on ait ou non employé l'un de ces moyens, on ne prouvera jamais qu'ils ont prévenu la maladie sur les autres, car sur beaucoup de gens elle n'est qu'imaginaire, et alors tous les moyens sont bons. Voilà pourquoi il ne faut pas compter sur les vertus tant vantées de ces remèdes. Il devient dès lors absurde d'exposer tout individu mordu aux diverses

tortures, telles que le feu, les. saignées abondantes, etc. Chez la plupart, tout cela n'est point nécessaire, et chez d'autres, où le venin s'est réellement introduit, cela ne peut servir à rien.

Parmi les moyens vulgaires, on doit signaler les vers luisants; mais ceci demande à être examiné.

Si à la suite de la morsure d'un animal furieux, ou même de l'homme , il se déclare de fâcheux accidents ou des abcès, employez hydraph.

Dans le cas où du suc animal en putréfaction viendrait à toucher une plaie , que ce soit du pus ou une matière en détritus provenant de l'homme ou d'un animal, donnez ars. alb.

S'il tombe sur une plaie du sang ou de la salive provenant des animaux malades de la rate, on emploiera les remèdes recommandés à la page 121 , où il est question de la morve des chevaux.

Le principal remède à employer dans ces diverses circonstances, et qu'il faut appliquer tout de suite, est l'eau chlorurée que l'on trouve dans toutes les pharmacies.

Dans toute morsure d'animal furieux, où il est à présumer qu'il y a eu imprégnation de sucs maladifs , putrides et de sang corrompu, lorsqu'il y a eu nécessité de toucher à des animaux ou à un homme atteints d'affection contagieuse ou dangereuse, le meilleur moyen préventif sera de présenter les mains k une chaleur très-élevée, et cela tant qu'on pourra la supporter, de cinq à dix minutes, après quoi on se lavera soigneusement avec de l'eau chaude et du savon.

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