‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 4)Chapitre 18 sur 53 · ABUS DES BOISSONS SPIR1TUEUSES, DU TABAC, ETC · texte numérisé non relu

ABUS DES BOISSONS SPIR1TUEUSES, DU TABAC, ETC

manière, chacun pourrait s'imaginer quelque maladie particulière pour atténuer une faute par une autre. Quand un homme colère donne un libre cours à ses emportements , un voluptueux à ses désirs, un ivrogne h sa soif, leur maladie ira toujours en empirant. Non , ils doivent essayer de résister à leur penchant, L'homme emporté doit se maîtriser, et se laisser contrarier sans mot dire; le voluptueux doit chasser de son esprit toutes les pensées dissolues, il doit éviter même jusqu'aux occasions les plus innocentes; le paresseux doit se forcer au travail, jusqu'à l'épuisement de ses forces; et l'ivrogne doit fuir et ne pas respirer l'odeur de l'eau-de-vie, du vin et de la bière, dût-il se consumer dans la privation. Chacun doit dire en son âme: Dieu a permis qu'une si terrible maladie ait son siège dans mon corps, non pour que je cède au mal, mais pour que je puisse exercer mes forces, pour que j'apprenne à résistera la tentation; car celui qui saura la surmonter, aura certainement deux fois plus de forces pour marcher ensuite vers le bien, la bénédiction du ciel ne peut lui manquer. Il en fut ainsi de Job, qui sut résister.

Celui qui est animé par ces bonnes pensées trouvera dans les moyens suivants une ressource pour s'aider à vaincre ce penchant pernicieux.

Il prendra sidph. s. tous les matins, pendant sept jours. Si le penchant faiblit, mais revient, il prendra, huit ou quatorze jours après la dernière dose de sulph. , nux vom. le soir ; si le désir s'éveille encore, après deux ou trois jours, sulph, ; et après une pause de sept jours, il renouvellera dans le même ordre les mêmes moyens. S'il n'est point guéri , il prendra ars. alb.; et si cela même ne réussit pas et que le mal revienne, nous lui conseillons un jour nux vom., et quatre jours plus tard ars. alb.

Ces moyens suffisent pour l'ordinaire; il y a cependant des

cas où ils ne produisent aucun résultat II faut alors verser une goutte à'acid. sulph. dans un verre d'eau , et après que la solution en est faite, il faut la boire le matin à jeun; on peut y revenir tous les deux ou trois jours, jusqu'à ce que l'on commence à ressentir quelque douleur. Le meilleur antidote alors est de respirer le camphre. Si même alors le malade ne se trouve pas mieux, qu'il s'adresse à un médecin homœopalhe, et il saura lui porter secours.

Si un homme est sujet à l'ivrognerie et qu'il ne veuille se soumettre à aucun traitement, nous conseillons à sa malheureuse femme, à ses enfants ou amis, de se servir h son insu du moyen suivant.

On mettra une anguille vivante dans un seau très étroit, on versera du vin dessus et l'on y laissera mourir l'anguille. On puisera ensuite le vin par bouteilles, et l'on en donnera au malade tant qu'il pourra en boire. On procédera de même avec l'eau -de-vie; on la verse dessus, on laisse reposer, et l'on décante ensufte.

En cas que ce moyen ne produise aucun résultat, essayez acid. sulph.; délayez-le avec de l'eau jusqu'à une agréable acidité, et servez de celte solution à l'ivrogne, dans tout ce qu'il mange et dans tout ce qu'il boit, autant et aussi souvent que possible. Si ce remède affaiblit son estomac, donnez-lui une infusion d'écorec d'orange amère ou'de racines amères, et toujours un peu d'eau acidulée, jusqu'à produire du mal dans la bouche; alors cessez. S'il ne se déclare pas d'accident fâcheux, abstenez-vous de tout antidote; mais si le remède occasionne un long dévoiement, des faiblesses d'estomac, des vomissements, des vertiges, donnez puis.; s'il produit des ulcérations de longue durée dans la bouche, donnez merc. via.

On a encore proposé, pour guérir teY ivrognerie habituelle , le moyen suivant : il consiste à faire prendre 3 gouttes de

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laudanum de Sydenham , ou toute autre teinture d'opium dans une tasse de café. Ce moyen convient surtout aux bu- * veurs d'eau-de-vie.

Des suites des boissons fortes. Souvent , après un état d'ivresse de la veille, on se sent mal disposé; quelquefois même, après quelques verres de vin, dès le matin, la tète est lourde, étourdie, les joues sont pâles et creuses, les yeux: craignent la lumière, la bouche est sèche et âpre ; on ressent des nausées et des douleurs dans la région épigastrique, on est enroué ; les mains sont brûlantes, tous les membres comme brisés, disloqués, alanguis; on se sent endormi, froid, affaibli, irrité, violent; en outre, on souffre quelquefois du nez , on souffre des crampes d'estomac , etc. : dans tous ces cas, employez carb. veg. ou nux vom.

Si le mal de tête est pulsatif , ou pressif au-dessus des yeux, et qu'il diminue au grand air, prenez carb. veg. ; est-il comme produit par un clou enfoncé sur un des côtés, augmente-t-il en marchant et à chaque mouvement, ainbi qu'au grand air et par la contention d'esprit, ou en se courbant, prenez nux vom. ; ne ressent-on que des langueurs, carb. veg.; a-t-on des envies de vomir, nux vom.; les selles sont-elles claires et pâles, carb. veg. ; y a-l-il dévoiement , avec lénesme, de matières muqueuses, nux vom. ; nux vom. encore s'il y a vertige, yeux rouges, humeur ramassée dans leurs angles, grande sensibilité pour la lumière, et lussiculation sèche.

S'il n'y a pas du mieux immédiatement après la prfcc de carb. vegel., faites respirer de temps en temps du camphre ; de même que si le mal de letc ne diminue pas quelques heures -après l'emploi de nux vom. , prenez co/f. Le mal no

66 CAUSES LES l»LUS FRÉQUENTES DES MALADIES.

cède-t-il pas à ces moyens, et l'eslooiac est-il fortement affaibli , prenez antim. cruel.

Nnxvom. produit ordinairement de bons résultats, même contre la ténacité de certains effets de l'ivrognerie, tels que céphalalgie chronique, plénitude et pesanteur dans Ja tête, ou crampes et faiblesse d'estomac, constipation, hémorrhoïdes et souffrances hémorrhoïdales , douleurs de reins, éruptions miliaires, démangeaison universelle. Il faut, dans ce cas, prendre ce remède le soir, et, tant que son action se soutient salutaircment, il faut s'abstenir de café, de vin et de toute boisson spiiïlueuse. Plus tard, selon le besoin, prenez, le malin, carb. veg. ou lach. , le premier quand on se trouve très mal le matin à l'air, le dernier quand il y a une plus forte aggravation après le sommeil , surtout après midi et pendant les chaleurs.

En cas d'un final de lêle chronique, produit par l'abus des liqueurs, et cbiltinuellement empiré par la même cause, aussi bien que par une contention forcée d'esprit, par l'action de la parole, ou en se tenant courbé, surtout si le malade est affaibli par un excès de lecture et d'écriture, — s'il est gras et sanguin , faites-lui respirer cale, carb.; s'il est maigre, silic. ; alors attendez et revenez-y de temps en temps, jusqu'à ce que le mal commence à augmenter. Lach. est également efficace dans ce cas.

Celui qui, après avoir pris du vin, se sent seulement cxciié, nerveux, tremblant, s'il ressent une chaleur sèche et désagréable , et est continuellement d'une humeur difficile, doit prendre caff.

Il n'est pas toujours possible de donner le moindre secours

daiis le délire tremblant, cette triste maladie qui attaque

"soinenl les ivrognes (mania apotu. delirium tremens), qui

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