‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 4)Chapitre 41 sur 53 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Les tranchées ou coliques sont souveul provoquées par un refroidissement, principalement après une suppression de transpiration : voyez à cet égard la lettre /?, première partie (Refroidissement), et consultez nux vom.,chin. , chamom. , merc. viv., puis. ; ou par un dérangement d'estomac : alors voyez ce qui a été dit au chapitre précédent et aussi la lettre Dy première partie. Elles sont aussi produites fréquemment par des substances purgatives ou toxiques, comme par le plomb : nous renvoyons naturellement au chapitre qui leur est consacré. Si elles sont dues aux souffrances menstruelles, voyez également ce qui est relatif à ce sujet.

Chamom. convient principalement aux enfants et aux personnes qui , indépendamment des symptômes propres au refroidissement (voy. pag. 2Zi) , ont les yeux cernés de bleu, la bouche pleine de salive, dont le nombril est le siège d'une douleur déchirante et dont les reins sont comme brisés; si chamom. ne suffit pas , donnez puis. Chamom. est très utile dans les flatuosités qui se répandent dans différentes parties de l'abdomen , comme pour s'échapper ; lorsqu'on éprouve des élancements qui traversent la poitrine; quand sous les côtes et au creux de l'estomac il y a un gonflement ; qu'il y a agitation, inquiétude et sueurs visqueuses; qu'on éprouve en même temps des borborygmes et des grouillements avec envie de s'évacuer, mais pour rendre des selles petites, muqueuses et aqueuses.

Nux vom.% quand les selles cessent tout à coup ou qu'elles sont très dures; qu'il y a la sensation d'un poids énorme dans le ventre avec grouillements, borborygmes et chaleur inac-

coutumée; que les douleurs sont pinçantes, tiraillantes, compressives, comme si les intestins étaient pris et serrés entre deux pierres; lorsqu'il y a pression clans le creux de l'estomac; que le ventre est douloureux au toucher, qu'il est tendu ; la respiration est courte et difficile, avec sensation de plénitude, et le dessous des côtes est comme s'il était bourré. Pendant le plus grand paroxysme des douleurs, les majns et les pieds sont froids; on perd quelquefois connaissance ; les vents et la colique se sont portés h la partie inférieure du ventre; une douleur aiguë comme par des couteaux se fait sentir sur la vessie et le rectum, et l'on dirait queles vents vont sortir en forçant le passage ; le malade se courbe, et à chaque pas il sent augmenter ses souffrances, (Voy. plus bas belL) Le mal diminue par le repos , étant assis et couché. Généra-^ lement il y a céphalalgie et mal de reins. La plupart de ces douleurs sont attribuées vulgairement aux obstructions, et les ignorants croient que c'est alors le cas de donner des purgatifs. Voyez à cet égard ce qui est dit à l'article Constipation.

Merc. viv. convient dans les coliques violentes, venteuses et avec sentiment de torsion ; lorsque la région ombilicale est tondue, qu'il se fait 5 la surface dit ventre un moument spasmodique palpitant, avec gonflement et dureté de l'abdomen ; lorsqu'il y a fourmillement dans la gorge, avec hoquet, voracité et dégoût pour les douceurs ; nausées, vomituritions avec grand afflux d'eau dans la bouche, pre&sant besoin d'aller à la selle; ou quand ces coliques ont lieu avec tension et brùlement à la région ombilicale; quand ily a grande sécrétion de salive, renvois, diarrhée, évacuation deglairespar les selles et faiblesse considérable : ces souffrances s'aggravent sur les minuit ; et si merc. viv. ne soulage pas promptement dans ce dernier cas, et qu'il y ait en même temp# déman-

geaison au nez, donnez cm. ; et si cela ne réussit pas complètement, donnez sulph.

Puis, doit être administré dans les coliques aiguës, avec battement au creux de l'estomac et tension pénible du ventre comme s'il était trop plein •'grouillement et borborygmes, et rétention des vents; chaleur générale; les veines du front et des mains sont gonflées ; le malade est obligé de quitter ses vêtements à raison de celle chaleur et de celle tension; le bas-ventre est douloureux au toucher comme s'il était meurtri ; tous les symptômes empirent par le repos et s'amendent par le mouvement ; en se levant, les reins sont douloureux comme s'ils étaient brisés; pendant la durée des tranchées et des pincements, le malade voit s'aggraver son état par le toucher; déchirement et élancement au-dessus du nombril; inquiétude, pesanteur dans le ventre, avec tension douloureuse, qui empire parle toucher; vomiluritions, affluence de la salive blanche et écumeuse dans la bouche ; diarrhée, évacuations jaunâtres et grises, avec douleurs violentes dans l'estomac ; figure pâle, cercle bleu autour des yeux (comparez avec chamom.) ; tout le corps est contracté (comparez avec nux. vom., belL); mal de tête pressif et lensif. Si ces coliques proviennent d'une surcharge d'estomac, donnez d'abord du café noir, et plus tard, si c'est nécessaire, puis. ; si cela ne suffit pas, donnez bell.

Dans les cas analogues a ceux de puis. , la vessie est quelquefois affectée, le malade éprouve des douleurs violentes, la région vésicale est comme contractée spasmodiquement, avec un besoin continuel d'uriner, sans pouvoir le satisfaire, accompagné d'anxiété et d'inquiétude, et d'une grande sensibilité de l'abdomen : dans celte circonstance, donnez acon. une ou deux fois, et plus tard, si c'est nécessaire, nux. vom.

Coloc. est le remède capilal dans toute colique inteese.

Lorsque les douleurs sont très-violentes, coustanies, ou qu'elles ne cessent momentanément que pour reparaître plus violentes, commencez toujours par ce remède. Il convient surtout, lorsque ce genre de douleur se fait sentir avec intensité sur un point de la région ombilicale, et récidive toutes les cinq ou dix minutes (comparez avec bell.) ; quand il commence par un tiraillement léger sur un côté pour se porter ensuite sur le ventre, augmente incessamment, et finit par des souffrances de serrement, de pression, de griffement, de fouillement et de déchirement si intenses, qu'elles arrachent des cris au malade et qu'elles lui font repousser tous ceux qui l'entourent; il se lord comme un ver, il ruisselle de sueur, presse son bas-ventre avec les mains, ou l'appuie avec rage sur les bords du lit ou sur une table, etc. ; il se couche sur le ventre en y appliquant les carrés, et dans celte position il finit par trouver du calme.

Pour les coliques qui proviennent d'une vive contrariété, donnez coloc. si chamom. ne s'est pas montré efficace.

Si quelqu'un a eu des atteintes de coliques qui ont duré loute la journée ou par intervalles, et qu'il ait eu le malheur de recourir à l'opium, il doit s'attendre à une nouvelle attaque; mais dès qu'il la sentira s'approcher, qu'il prenne tout de suite coloc, surtout si les attaques précédentes ont laissé une certaine faiblesse dans les intestins, avec une sensation de meurtrissure, et comme s'ils étaient suspendus par des fils, et qu'à chaque pas il semble qu'ils vont se rompre. C'est dans des cas pareils que convient essentiellement coloc. ; il fauts'y tenir. Si la première dose ne fait pas effet tout de suite, qu'on n'attende pas plus d'une heure; si les souffrances s'aggravent, donnez, quelques minutes après, un peu de café noir, par cuiller à thé, qu'on répétera tant qu'il produira du soulagement; si l'étal s'aggrave de nouveau, revenez à coloc.

et donnez de nouveau un peu de café, et continuez ainsi. Si le café reste sans effet, donnez encore coloc» jusqu'à ce que le mal cesse. Tant que le mal est supportable, abstenez-vous, et n'agissez que s'il vient à s'aggraver encore. Si, après l'adminislration d'un globule de coloc, il ne se manifeste pas d'aggravation, mais bien plutôt une amélioration progressive, cessez de donner du café et laissez agir, si c'est utile , le remède pendant deux ou trois semaines. Généralement la seconde dose est efficace, quelquefois cependant ce n'eçt que la troisième; je n'ai jamais trouvé nécessaire, dans les cas les plus intenses, de faire davantage. Après la cessation de toute douleur, donnez caust. , deux doses, une le soir, l'autre le matin.

Quand un malade en proie à des coliques a été assez mal inspiré pour prendre du laudanum ou de l'opium (moyen généralement employé dans ce cas par l'allopathie), donnez d'abord du café et ensuite coloc. ; si cela ne réussit pas, essayez chamom., et revenez bientôt après à coloc. Il y a des colique où coloc. ne suffit pas ; il faudra alors s'adresser à l'un des remèdes ci-dessous indiqués, et principalement à belL

Bell, convient lorsque, pendant la douleur, il se forme transversalement sur la surface du ventre une tumeur oblongue; quand la douleur diminue ou s'efface par la pression et par la position demi-fléchic du malade ; quand on éprouve un pincement et un tiraillement vers le bas, comme si les intestins allaient sortir, symptôme qui s'aggrave en restant debout et en marchant, cl particulièrement lorsqu'il y a une selle mince et purulente. Dans ce dernier cas, on donne avec avantage merc. viv. qui dissipe le reste des symptômes. En général bell. convient lorsque le visage est très rouge, que le sang monte à la tête, que les veines se gonflent, et que les

douleurs sont si violentes que le malade en devient comme fou. Ce remède est utilement employé lorsque les douleurs existent dans la région ombilicale, et avec un caractère de griffement. Quelquefois cet état s'accompagne de douleurs de reins qu'il faut pareillement traiter par belL

Cocc. convient dans les cas analogues à ceux de nux. vom. ; principalement lorsqu'on ressent un resserrement dans l'abdomen avec pression qui porte en bas et au dehors, accompagné de quelques nausées; ou lorsqu'on rend des vents sans amélioration, parce qu'il s'en forme toujours de nouveaux qui s'arrêtent ça et là dans le ventre (comparez avec chamom.) et y occasionnent des douleurs; lorsque les vents distendent la région supérieure du ventre et de l'estomac avec bruit et serrement dans l'épigastre, anxiété et pression sous les côtes, symptômes qui cessent dès que les vents ont trouvé une issue.

Chili, répond aux coliques produites par les vents, comme dans le cas de cocc. et de chamom. ; lorsque les intestins se contractent dans la partie inférieure de l'abdomen, et qu'ils sont poussés au dehors avec une douleur tensive et pressive, accompagnée de tension sous les fausses- côtes et d'anxiété, principalement lorsque la crise arrive la nuit, chez les personnes affaiblies, ou après une transpiration excessive, ou chez les femmes qui nourrissent.

Ign. s'emploie dans les coliques qui surprennent pendant . le sommeil, ou lorsque les douleurs lancinantes se font sentir dans la poitrine et dans les côtés ; que les vents sortent difficilement, et que leur sortie diminue les douleurs; il convient chez les femmes sensibles. Si cette souffrance a lieu sur le soir, et que la flatulence cause des vomissements, donnez préférablement puis. — Les coliques qui sont précédées d'un goût amer de la bouche, avec langue sale et jaune, avec

grande soif, et qui, comme on dit, sont produites par Ja bile, d'où il résulte quelquefois des vomissements bilieux on des selles analogues, ces coliques demandent l'emploi de chamom. , une ou deux doses ; dans les cas les plus graves, coloc. , et, si ces remèdes ne suffisent pas, sulph.

FiatuoNités. La présence de vents dans les intestins occasionne souvent des coliques pour lesquelles nous avons déjà indiqué les remèdes. Lorsque ces vents ne donnent pas lieu à de vives douleurs, mais seulement à de la chaleur, à de l'incommodité et a un ballonnement du ventre, si la respiration est gênée, comme cela arrive souvent a la suite de l'usage d'aliments flatulents, de la bière, etc. ; s'ils se manifestent à la suite de l'indigestion d'eau, bue après avoir mangé des corps gras, donnez alors chin. ; plus tard, chez les personnes passionnées, nux vorn.; chez les personnes douces, puis. ; après avoir mangé de la viande de cochon, puis., lorsque chin. n'a pas suffi. Si ces coliques venteuses reviennent souvent, donnez sulph. ; si ces remèdes ne sont suivis d'aucun effet, appelez un médecin homœopathe.

De l'Inflammation des intestins et de l'estomac. Il est

aussi dangereux de traiter cette maladie par les remèdes domestiques que par les procédés de l'allopathie. Il est impossible de donner ici des détails complets pour tous les cas; il vaudra encore mieux se. régler sur ce que nous allons exposer, que de recourir à un traitement violent. S'il est possible de s'adresser à un médecin homœopathe, cela est préférable.

On doit toujours supposer qu'il existe un état inflammatoire, lorsque le malade accuse dans l'une dés parties du ventre une douleur brûlante, quelquefois lancinante : celte parlie est douloureuse à la pression, et la douleur augmente par le mouvement, par la moindre secousse, soit que l'on tousse,

MALADIES DU BAS-VENTRE. 3Zj9

éternue, ou que l'on rie. Le siège de l'inflammation peut être tendu et gonflé; si c'est dans le voisinage de la poitrine, la respiration est difficile, principalement en prenant haleine; cet ensemble de souffrances s'accompagne presque toujours de vomissements ou de renvois, qui ne soulagent pas; en même temps il est rare qu'il n'y ait pas constipation. G'est cette complication qui a donné l'idée des purgatifs» véritable méthode d'empoisonnement, comme les vomissements l'idée du vomitif, qui peut être aussi une autre voie de mort. — Ne fatiguez donc pas le bas- ventre ; contentez-vous de prescrire de l'eàu, et, tout au plus, de temps en temps, quelque boisson mucilagineuse, et rien autre chose : plus la constipation dure, mieux ça vaut. Lorsque le malade se rétablit et commence à manger, les fonctions reprennent leur cours. — J'ai vu des cas plus graves dans lesquels la constipation -a duré quinze jours, et cependant le malade a guéri et repris ses forces.

A ces symptômes ajoutez les suivants : Face pâle, plombée, creuse; fièvre violente, mais avec un pouls petit ; moral abattu et anxieux. Lorsque cet état arrive à son apogée, il se déclare des vomissements d'une grande violence, ainsi que des douleurs excessives, et une faiblesse qui s'accroît incessamment; les bras et les jambes se refroidissent , le hoquet survient, le ventre se ballonne à l'excès.

Si le siège du mal est dans l'estomac , le patient éprouve une douleur épigastrique, douleur qui s'étend sous les côtes, vers le dos et même jusque dans le ventre; les aliments et les boissons provoquent des envies de vomir ; une soif ardente s'accompagne queelquefois d'une aversion prononcée pour l'eau. Si le siège du mal est ailleurs, la douleur s'y fait péniblement sentir ; le ventre devient chaud , et les vomissements ne surviennent que quelque temps après avoir mangé.

Dans ces divers cas, donnez dès les premiers moments acon.; répétez-le toutes les heures; aussitôt qu'il y a une amélioration, on attendra, et l'on n'y reviendra qu'avec l'aggravation ; s'il ne se déclare pas d'amélioration , il faut alors choisir parmi les remèdes suivants :

Si les douleurs se font sentir le plus vivement sur le devant et à gauche sous les côtes, d'où elles se propagent vers le dos et l'abdomen , avec gonflement de la région de l'estomac, grande anxiété et vomissements fréquents, qui rendent l'état plutôt pire que meilleur, on peut calmer les vomissements par ipec.y et s'il y a amélioration, on peut le répéter; mais si la langue est chargée d'un enduit muqueux ou jaune, il convient alors de donner antim. crud. une ou deux fois. Si la cause première a été un dérangement d'estomac, on peut donner puis, ou nux vom. — Lorsque les douleurs et la fièvre sont très intenses et qu'elles ont été provoquées par un refroidissement, particulièrement après avoir bu de l'eau froide étant en transpiration, donnez, immédiatement après acon., ipcc. ou bryon., que l'on répétera aussi souvent que les symptômes s'aggraveront ; mais si ces remèdes restent sans effet, revenez à nux vom. Lorsque le malade paraît hébété , ou qu'il déraisonne, ou qu'il ne s'explique pas sur son état, donnez hyosc.tet répétez-le aussi souvent qu'il le faut; s'il ne réussit pas, donnez bell., et attendez son effet pendant un jour, si c'est possible; si les extrémités deviennent froides, que les forces diminuent, que le visage devienne pâle ou qu'il soit très changé, donnez verat. alb. à doses répétées; si cela ne suffit pas, ars.t qu'on administrera rarement au delà de deux fois. Après ars. on peut répéter de temps à autre acon.. et redonner ars. ;on alterne alors ces deux remèdes. S'il y a aggravation après ars.f donnez nux vom.

Lorsque les douleurs se font sentir principalement dans

le côté gauche, sous les côtes, et s'étendent de là vers le bas, la maladie peut se compliquer d'un vomissement de sang. Si la fièvre est violente, donnez acon.; mais, avant que cet état empire, donnez chin. , et un globule répété à mesure de l'aggravation des souffrances. On réussit ainsi dans la plupart des cas ; cependant dans ceux où il n'y a pas réussite , on donnera arn. , particulièrement s'il y a une douleur pressive et lancinante qui gêne la respiration , ou que les accidents morbides ressemblent à ceux de la fièvre nerveuse ; si le malade est apathique, ou qu'il reste couché et comme dans uu état d'hébétude, s'il ne dit pas sentir son mal et prétend n'avoir besoin de rien. Dans la plupart des cas donnez nux vom. , s'il y a constipation et que la pression de l'estomaa dure un certain temps sans amélioration. Lorsque la constipation s'accompagne d'une douleur aiguë qui augmente à chaque mouvement , donnez ffry. en deux doses ; mais s'il y a diarrhée sanguinolente sans amendement des douleurs, s'il y a brûlement avec diminution des forces, donnez ars. alb.; si le mal empire de deux jours l'un , donnez chin. une fois et le jour libre, et puis ensuite une seconde dose au commencement du jour suivant qui est le mauvais; et si cela ne suffit pas, donnez, après quelques jours , ars.

Lorsque lés douleurs sont plus sous les côtes du côté droit, qu'elles occupent le côté et s'étendent sur le devant, en haut ou en bas, donnez un des remèdes suivants :

Si les douleurs sont obtuses et pressives , si elles n'augmentent pas par la pression extérieure, ni en se tournant, ni par l'inspiration ; si elles s'accompagnent de pression dans l'estomac avec tension dans les côtés , respiration difficile , langue jaune, goût amer, ictère et accès d'angoisses , donnez chamom.; si ces angoisses deviennent plus fréquentes la nuit et s'accompagnent d'une diarrhée muqueuse verdâtre

et de langueur d'eslomac , donnez puis.; mais au contraire, s'il y a constipation, si la peau est moins jaune, mais que la poitrine soit plus affectée, donnez bry. On administrera ces remèdes par deux ou trois globules à la fois ; et si après une demi-heure ou une heure il n'y a pas d'amélioration, donnez un nouveau globule.

Dans la douleur pressive, qui né permet pas au malade de rester couché sur le côté droit , qui s'accompagne de bouche amêre , de plus de soif. que de faim, de frissons continuels, d'un ictère très prononcé de la peau et des yeux, donnez merc. viv. quelquefois alterné avec bell.t et, dans les plus , mauvais cas, lach. — Si les douleurs pressives gagnent l'intérieur de la poitrine et se portent jusque sous les épaules; si le creux de l'estomac est gonflé , avec tension de la région ombilicale, qui prend en travers l'abdomen, avec respiration difficile- et anxiété ; lorsqu'en même temps il y a congestion sanguine vers la tête, éblouissemenls, vertiges jusqu'à la défaillance, souvent avec soif ardente, avec agitation continuelle et insomnie, donnez 6i//., qui sera répété deux ou trois jours après, s'il n'y a pas d'amélioration. Si le lendemain le malade n'est pas mieux , donnez lach. en deux doses , de même que s'il y a aggravation ; lorsque lach. cesse d'agir, donnez de nouveau bell. ou l'un des autres remèdes indiqués. — Dans les douleurs pressives qui s'accompagnent de battements et d'une sorte de palpitation et d'une sensibilité excessive des parties par attouchement; s'il y a en même temps goût aigre ou amer, nausée, ou même vomissements, respiration courte et oppressée, comme si les vêtements étaient trop serrés et qu'en les ôtant il en résulte encore une plus forte aggravation ; si, en outre, il y a soif, mains rouges, céphalalgie pressive, donnez nux vom.; si cela ne suffit pas et que les douleurs lancinantes continuent , donnez sulpli. Pour le cas

où ces remèdes ne seraient pas suivis d'une amélioration prompte dans l'espace de quelques jours, ou s'il y a amélioration sans progrès, donnez encore sulph.; et si elle ne se déclare pas dans six ou douze heures , donnez-en une nouvelle dose. Après cela, attendez-en les effets patiemment quatre à cinq jours ; s'il y a intermittence , donnez chin. , comme il vient d'être dit pour les douleurs fixées dans le côté gauche.

Lorsque la douleur occupe principalement l'abdomen , l'ombilic ou la partie inférieure, qu'elle s'aggrave par le mouvement ou par la pression , et que le point le plus douloureux est gonflé, donnez acon. , répété chaque trois à qualre heures, jusqu'à ce qu'iLy ait amélioration, ou chaque fois que la douleur reparaît; si ce remède reste sans effet et que l'abdomen continue d'être le siège du mal, devenu plus sensible au toucher, donnez lach. , qu'on répétera une heure après ; si lach. ne réussit pas, donnez belL Dans plusieurs cas on peut donner lujosc. , bry. , nux vom. , ars., quelquefois aussi merc. viv.; ce dernier, principalement, après lach. Pour ce cas, voyez ce qui a été dit un peu plus haut au sujet de l'indication de ce remède.

Qu'on se garde bien de faire usage des évacuants dans celte maladie, dont le caractère principal est une constipation opiniâtre; car, plus elle dure, plus est prompte et complète la guérison du malade ; si , au contraire, on adopte des purgatifs ou des vomitifs , il faut s'attendre à une aggravation mortelle ou à une affection chronique qu'il sera difficile de guérir. En sorte qu'il est vrai de dire que la constipation est un bon signe dan£ bette maladie , et que les selles claires, fréquentes et involontaires, constituent un signe défavorable. On peut encore espérer, même dans ce cas, sauver le malade par hyosc, qu'il faudra répéter s'il n'est pas soulagé après

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deux ou trois heures ; et si la maladie ne s'aggrave pas, sachez attendre, et abstenez-vous de tout médicament.

Les jeunes enfants sont sujets à ce genre de souffrance; lorsqu'ils ont l'abdomen douloureux , le creux de l'estomac et le dessous du côté enflés , donnez chamom. une ou deux fois, ou merc. viv. Voyez plus loin le chapitre consacré aux maladies de l'enfance.

Congestion sanguine du bas-ventre. Dans cette maladie

on éprouve une impression fatigante de chaleur et de brûlement , avec dureté , tension , douleur obtuse, incommodités qui semblent dépendre d'une surcharge d'estomac récente ou ancienne, comme c'est le cas chez les hypochondriaques, habitués à une vie sédentaire ou sujets aux hémorrhoïdes : le remède principal ici est sulph. — Mais si l'on ressent en môme temps des douleurs dans les reins, avec sensation de brisure, avec une lassitude qui ôte la force de marcher, donnez nux. vom.; s'il y a une diarrhée muqueuse, petite et claire, donnez caps.; s'il y a grande faiblesse, ars. Quant aux autres remèdes, voyez l'article des hémorrhoïdes. On peut employer avec succès bell., verat., puis,, bry.y chamom., rhas toxic. Des vers. On attribue généralement la plupart des affections à l'existence des vers, qui eux-mêmes reconnaissent différentes causes. Ainsi on dit qu'ils proviennent de ce que les enfants sont gorgés de bouillie, de gâteaux , ou parce que la mère se nourrit, pendant l'allaitement, de beaucoup de viande, de poissons et d'aliments salés ou cuits à la graisse, et Ton suppose alors que c'est là ce qui rend les enfants naturellement malades, ou qui les prédispose à le devenir ; ou bien encore parce qu'on les emmaillotte trop chaudement et qu'on ne les promène pas à l'air extérieur, et encore parce qu'on les drogue pour les vers, en leur administrant soit des lavements, ,soit des purgatifs, ce qui du reste, loin de détruire ces incom-

modes parasites , ne * peut que les engendrer et les faire prospérer.

Du moment qu'on s'aperçoit qu'il peut y avoir des vers , la première chose à faire , c'est de mettre les enfants à un régime convenable, propre à neutraliser les conditions d'existence de ces animaux ; et si après cela il reste des souffrances vermineuses , on pourra plus facilement les faire cesser par l'action des remèdes. On s'alarme beaucoup trop de la présence des vers : ils ne sont pas aussi dangereux que les médicaments qu'on emploie pour les détruire, el qui sont prônés par les journaux et les commères. Les gens crédules croient aisément ce qu'on leur en dit , et n'en paient que plus chèrement : mais s'ils savaient ce qu'ils destinent à leurs enfants, ils préviendraient le regret qui les attend; ils donneraient le double pour ne pas avoir introduit ces drogues dans leur maison.

Il est vrai qu'il arrive quelquefois qu'elles tuent les vers, ainsi que font les poisons , mais elles tuent aussi les enfants ou leur préparent de longues souffrances par les altérations abdominales qui en résultent. Qu'on sache , en premier lieu , que tous les enfants ont plus ou moins de vers , même avant de naître , et que c'est déjà un indice d'une maladie grave que de voir les vers sortir spontanément ; en second lieu , que les vers vivent de substances qui seraient plus nuisibles aux enfants que les vers eux-mêmes. La plupart des symptômes attribués aux vers ne sont que les symptômes d'une maladie générale , qui favorise et augmente l'affection vermineuse, surtout si les enfants ont un mauvais régime. D'après cela, on ne doit pas s'étonner s'ils se multiplient beaucoup et occasionnent différentes souffrances qui, ajoutées à la maladie primitive, peuvent prendre *une très grande gravité. On parvient bien 5 chasser les vers, à faire disparaître les symptômes

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dont ils étaient l'occasion , mais la maladie réelle, la maladie fondamentale s'accroît.

Il arrive aussi qu'il se déclare d'autres souffrances qui sont pires que les premières , bien qu'eïïes se développent lentement, comme cela se voit sur les enfants de dix à douze ans. La chasse aux vers ne remédie a rien d'essentiel. — Les remèdes dont nous allons parler guérissent l'affection vermineuse , et réussissent même à expulser les vers , fussent-ils très nombreux. — Pendant le traitement, on donnera à manger aux enfants dans une juste mesure, mais toujours peu de pain et jamais de gâteaux ou choses semblables. On leur permettra de manger des substances fraîches ou bouillies, ou des fruits secs.

Lorsqu'on n'est pas sûr de l'existence des vers, que l'enfant maigrit et qu'il vomit souvent , donnez ipec. ; mais s'il a la langue chargée, donnez carb. vey. ; si cela ne suffit pas, jjw/s.; si l'enfant était fatigué par une diarrhée intense, ou qu'il ait pris des purgatifs, chin.; s'il y a constipation, nus vom.

Si l'enfant rend des vers de temps en temps, que le ventre soit distendu, que le nez lui démange, donnez cin., qui est le remède capital contre touies les souffrances provenant des vers. Dans les coliques produites par les vers avec envie de vomir et afiluence considérable d'eau dans la bouche, si alors la région ombilicale est dure , et si l'abdomen est généralement dur et gonflé, avec des besoins fréquents et impuissants d'aller à la selle, et qu'il n'y ait que quelques suies de rendues, donnez d'abord acon. ; quelques heures après, cm.; et si cela ne suffit pas, merc. via. Dans toute souffrance vermineuse, acon. , administré dès le principe, est d'une grande utilité : et si, après son emploi et celui de divers autres remèdes, le mal reste le même , dDimez sulph. comme moyen efficace , surtout après merc, viv. Ces remèdes opèrent en

général la guérison dans tous les cas; seulement, lorsque les enfants sont altérés et qu'ils sont peureux et tressaillants, donnez bell. Dans les cas les plus graves, laclu convient, administré deux ou trois fois.

Les individus tourmentés par le ver solitaire en rendent des morceaux de temps en temps , qui se détachent comme d'une articulation, et sont presque carrés, entièrement plats, et larges comme le petit doigt. Si Ton ne rend pas de ces fragments , ce qui arrive ordinairement à la pleine et nouvelle lune, qu'on ne croie pas pour cela qu'on a, le ver solitaire, car personne ne peut le savoir ; mais s'il se trouve qu'on dise la vérité, ce n'est encore qu'un pur hasard, et du reste, celui qui a réellement le ver solitaire ne doit point s'en effrayer et croire qu'il a dans le ventre une bête dont il faut qu'il se débarrasse par toute «pèce de poison. Si l'on parvient à le chasser promplement , le succès est pire pour le malade , car il peut s'attendre , d'un moment à l'autre , h des souffrances nouvelles. — Celui qui est sujet au ténia prendra sulph. deux malins de suite, à la lune décroissante; et à la pleine lune suivante, merc. viv., et, huit jours après, deux fois sulph.; il devra répéter cette méthode pendant quelque temps. — Quelquefois le vert sort après quelques doses de cale, carb.; si cela ne suffit pas, il faut s'adresser à un médecin homœopathe.

Pour les ascarides, petits vers qui se tiennent à l'anus , voyez l'article suivant.

Démangeaisons à Tamis. Si ces démangeaisons sont internes ou externes, pires étant assis ou en mouvement, pires après avoir mangé ou bu des choses échauffantes, avec douleur et hémorrhoïdes dures, sèches, humides ou saignantes; si le malade est constipé, qu'il a^ contracté l'habitude de boissons fortes, de la bière ou du café ; ou si elles ont lieu chez les

personnes qui mènent une vie sédentaire , chez les femmes enceintes; ou qu'elles soient produites par les ascarides, qu'on peut voir remuer à la marge de l'anus , donnez nux vom. le soir en se couchant.

Lorsque le prurit est causé par les ascarides et que nux vom. ne suffit pas : chez les enfants , s'ils sont très inquiets la nuit; s'ils ont peur, donnez, matin et soir, acon. ; et si cela ne suffit pas, ign. le matin. Mar. ver. réussît quelquefois, mais plus souvent encore urt. urens; mais si de temps à autre les enfants sont tourmentés par celte affection, surtout à la pleine et à la nouvelle lune, donnez sulph. à chaque pleine lune, et silic. a chaque renouvellement ; si une prise n'a pas suffi, donnez la prochaine fois en dilution, par cuillerée, sept matins de suite. Si à la pleine lune suivante il n'y a pas encore amélioration, donnez de la même iBanière cale. carb.t que l'on peut répéter sept jours de suite.

Empêchez les enfants de manger de la viande de cochon et des pâtisseries. Si tout cela reste impuissant , donnez ferr. acet. tous les deux jours; si parfois il se déclare de la diarrhée, cessez-le ; et si la diarrhée persiste, donnez chin.

Pendant que les enfants font usage de ces remèdes (sulph. , cale. carb. , silic. et ferr.), on s'abstiendra de tout autre médicament ; tout au plus une prise (Tacon., s'ils ont la fièvre; et si acon. ne suffit pas, donnez le camphre à flairer. Rien n'empêche en outre qu'on ne donne un petit lavement d'huile, et si cela même ne suffit pas encore , de petits lavements à l'eau froide tous les soirs; rien de cela ne contrarie Faction des remèdes. Cette pratique restant sans effet, on peut essayer, surtout chez les enfants qui ont hérité de cette affection, de lavements à l'eau légèrement salés ; et s'ils ne suffisent pas et occasionnent de la diarrhée , qu'on donne alors des lavements acidulés. Dans le cas d'un nouvel insuccès , on a

maladies du bas-ventre. 359

vu des frictions répétées matin et soir, faites sur les parties pruriteuses, avec une" moitié* de citron, apporter du soulagement, (Ce dernier procédé réussit contre les démangeaisons des parties génitales de l'homme ou de la femme.) Lorsque les démangeaisons sont provoquées par les hémorrhoïdes ou par des tumeurs à l'anus rouges et bleuâtres, donnez dans ce cas les remèdes suivants : dans les démangeaisons accompagnées de brûlcments et d'élancements, où l'anus est contracté comme s'il était trop étroit, et qu'on fait des efforts inutiles pour aller à la selle, si elles sont accompagnées d'élancements sourds et de mouvements spasmodiques traclifs dans les reins et autour de l'anus, et qu'à chaque mouvement on sente dans les reins une douleur sécante qui arrache des cris au malade, et qu'il ne peut marcher ni être assis ni courbé, alors donnez nux. vom.% ou un ou deux jours après, ign. en deux doses.

Lorsque, indépendamment des démangeaisons, on éprouve au dedans et autour de l'anus une douleur d'excoriation avec élancements, s'il y a en outre brûlement, que les tumeurs se ramollissent , que le rectum soit comme trop plein et trop lourds , ou qu'il sorte ; quand on éprouve aussi un besoin continuel d'aller à la garde-robe, ou qu'on a des selles minces et sanguinolentes avec des douleurs fortement lancinantes qui vont dans les reins, qu'il y a de la roideur ou de la tension, donnez sulpk. malin et soir, pendant quelques jours , et attendez-en patiemment les effets.. Mais s'il y a quelque aggravation à la suite de sulph. , donnez acon.; si cela n'améliore pas l'état, faites sentir du camphre.

Des hémorrhoïdes. Cette affection consiste dans un écoulement de sang par l'anus, qui a lieu assez fréquemment toutes les quatre à cinq semaines, et qui est précédé de souffrances plus ou moins incommodes, après quoi on se trouve infini*

ment soulagé. Elle préserve souvent d'autres maladies plus graves. C'est précisément ce qui fait que les Allemands l'appellent veine d'or. D'ordinaire les symptômes précurseurs sont assez douloureux. Quelquefois l'écoulement du sang s'arrête ; il n'en sort pas ou peu ; d'autres fois il s'en écoule trop, et cela devient dangereux. Il arrive qu'il se forme des tumeurs sur la marge de l'anus quelquefois très douloureuses, surtout lorsqu'il ne se fait pas de flux sanguin. Cette affection peut se porter aussi sur une partie plus importante de l'organisme: il en résulte alors des accidents très graves. Pour tous ces cas, il y a sans doute à employer divers remèdes ; mais il y a surtout à modifier un genre de vie qui pourrait aggraver la maladie. — Il ne faut pas rester longtemps assis, particulièrement sur un siège mou, à moins que les hémorrhoïdes ne soient sorties; on évitera toute boisson forte, principalement la bière forte, le vin , le café, le thé, etc. Le matin on boira beaucoup d'eau.; on mangera moins de viande, et l'on prendra beaucoup d'exercice.

Les médecins de la vieille école n'entendent rien au traitement des tumeurs hémorrhoïdales ; s'ils ont quelquefois réussi à les faire disparaître, c'est par un pur hasard ; et l'insuccès leur a fait concevoir la folle idée de les exciser, ce que chacun peut faire s'il a une paire de ciseaux adaptés 5 cette opération. Les douleurs de l'opération n'ont rien de très souffrant, mais ce n'est pas moins une opération hasardée et très irrationnelle, qui peut avoir de graves conséquences; on ne parvient souvent à arrêter l'effusion du sang qu'avec un fer brûlant ou de la créosote, et il en résulte des ulcères qu'on ne parvient pas toujours à faire cicatriser. Celte excision n'a d'autre effet que de suspendre momentanément les souffrances, car il ne larde guère à se former d'autres tumeurs qui s'établissent plus haut dans le rectum, ou naturellement elles de-

viennent beaucoup plus incommodes et plus douloureuses : il ne reste plus la ressource de les exciser avec la même facilité , et, si Ton y parvient, le rectum se trouve lésé d'une manière irrémédiable. Supposons que cette nouvelle opéralion réussisse encore; et puis que fera-l-on contre les tumeurs qui se forment plus haut ? Là s'arrête la sagesse de ces habiles opérateurs. Mais alors la maladie étant devenue beaucoup plus grave qu'auparavant, ils l'abandonnent au destin. — Nous autres homœopathes , nous avons des remèdes qui guérissent ces tumeurs sans lés couper; car nous savons que plus on fait subir de ces mutilations au malade, plus il est difficile de les guérir.

Des ablutions et des lavements d'eau fraîche, une ou deux fois par jour, constituent un excellent moyen, quand les hémorrhoïdes ne coulent pas; mais qu'on se garde bien de l'employer quand elles sont flucnles. Tout au plus si l'on doit y recourir quand le flux est trop abondant; mais alors il faut toujours prendre des remèdes adaptés à la circonstance. Ces lavements seront pris avec une grande précaution ; l'eau ne sera pas trop froide ; le bout de la seringue sera en bois de buis ou de tilleul et ne serai pas trop pointu ; il sera obtus et de la grosseur du petit doigt; on aura la précaution de le tremper dans l'huile fraîche, ou de la graisse, ou du beurre : c'est alors qu'on l'introduira avec le plus grand ménagement. Mais si les tumeurs de l'anus sont trop douloureuses, et qu'on ne puisse pas introduire la seringue, on tiendra sur l'anus une éponge trempée dans de l'eau froide. Le malade fera utilement d'humecter les tumeurs avec sa salive, pourvu que cela ne soit pas immédiatement après avoir mangé ou fumé; ceux qui chiquent ou ont des ulcères dans la bouche. s'en abstiendront. Lorsque les hémorrhoïdes ne saignent pas, elles deviennent très douloureuses; et si l'application de l'eau

froide les exaspère, alors qu'on prenne une fumigation sur une chaise percée placée sur un vase d'eau de son très chaude; on se trouvera bien aussi de l'usage de substances mucilagineuses, et particulièrement d'une émulsion de graines de coing.

Mais le principal est dans l'emploi des remèdes. S'il y a une grande démangeaison, consultez l'article Démangeaisons à l'anus; s'il y a des coliques par suite d'hémorrhoïdes, voyez l'article Coliques, et particulièrement sulph., nux vom.y et coloc. : sulpli. pour les1 femmes, nux vom. pour les ivrognes et ceux qui mènent une #îe sédentaire, et coloc. quand les douleurs sont très violentes. Il faudra aussi voir l'article consacré à la congestion sanguine abdominale.

Acon. est suivi d'un bon résultat lorsquffile sang flue, et qu'il y a en même temps une douleur lancinante expressive à l'anus ; lorsque le bas-ventre est comme trop plein, avec tension, pression et coliques; lorsque les reins sont comme brisés. .; -n

Nux vom. lorsque les tumeurs sont le siège de douleurs lancinantes et brûlantes, accompagnées des souffrances indiquées a l'article Démangeaisons à l'anus; lorsque, avant et après la selle, il y a un flux abondant d'un sang clair; ainsi que dans le cas de constipation ou de grossesse. Si ce remède ne suffit pas, donnez ign. ; et plus tard, si le&souffrances reviennent, sulph.

Puis, lorsqu'avec les selles il sort un mélange de sang et de mucosités avec une forte pression sur les tumeurs; lorsqu'on éprouve des douleurs dans le dos, que la face est pâle, et qu'on est près de se trouver mal ; si cela ne suffit pas, donnez merc. viv. ; et après, sulph.

Caps, convient quand 1rs tumeurs sont très enflées, que le sang s'échappe avec des douleurs brûlantes, des seller»

MALADIES DU IÛS-VENTUE. 363

séro-sanguinolentes ; lorsqu'on ressent des tiraillements dans les reins et le dos, et des tranchées dans le ventre.

Ign. convient dans les douleurs pulsalives situées profondément, avec démangeaison et fourmillement, flux abondant de saftg, ou procidence de l'anus pendant les selles; ou lorsqu'après les selles on éprouve une forte douleur d'excoriation et de contraction, particulièrement à la suite d'un besoin impuissant: d'aller, ou qu'il ne soit sorti qu'un mucus sanguinolent.

Chamom. se donne quand le flux de sang est liquide, avec douleurs compressées dans le bas-ventre, et besoins fréquents d'aller a+'la selle; qu'il y a de temps en temps de la diarrhée, particulièrement si elle est accompagnée d'une sensation de brûleÉent et de corrosion, avec maux dans les reins, surtour la^uit.

Antimficrud. convient fréquemment lorsqu'il sort de l'anus une mucosité jaunâtre qui tache le linge ; on peut dans quelques cas l'alterner avec puis. ; lorsque le mucus donne la sensation d'un fort brûlement, préférez alors carb. veg. ; principalement quand on saigne du nez et qu'il se fait un afflux dé sang vers la tête.

Carb. vefl lorsque, par suite d'un flux de sang brûlant, le malade tombe dans une grande faiblesse; s'il ne suffit pas, donnez ars. alb. ; et s'il y a une nouvelle aggravation, alternez ces deux remèdes.

Sulph. est le remède principal contre les hémorrhoïdes fluenles où borgnes ; il convient particulièrement quand il y a une pression, un besoin continuel d'aller à la selle et que ce besoinestsans résultat, ou qu'il y a des selles très minces et sanguinolentes, accompagnées de douleurs d'excoriation et d'élancements violents dans l'anus et autour; quand h| , tumeurs sont brûlantes, qu'elles suintent, sortent beaucoup, et

au point de ne pouvoir les faire rentrer ; si elles sont accompagnées de douleurs violenles et lancinantes dans les reins et le dos, avec roideur des reins comme si tout y était trop court; et aussi quand en urinant on ressent une douleur brûlante. Celui qui a déjà pris beaucoup de soufre ou d'huile de Harlem, et qui en a abusé, devra préalablement faire usage de merc. viv. , et, six jours après, de sulph., le soir et le matin ; mais s'il a abusé également des préparations de mercure et de soufre, qu'il prenne d'abord lach. une ou deux fois ; et s'il se produit une nouvelle aggravation , merc. viv. , et ensuite sulph. , qui s'alterne quelquefois avec sep.

Bell, convient dans le flux de sang accompagné de mauvaises douleurs dans les reins comme s'ils étaient contusionnés, brisés ; s'il ne suffit pas, donnez hep. sulph. ; et si la guérison n'est pas opérée, quatre à cinq jours après, rhus toxic. Dans tous les cas, le malade ne prendra de ces remèdes que deux fois par jour, le malin et le soir, ou le soir et le matin.

Dans le Oux trop abondant de sang, donnez aeon. ; s'il ne suffit pas et que le sang coule comme dans une hémorrhagie, qu'on n'attende pas longtemps et qu'on donne iejn. ; si après dix minutes il n'y a pas de résultat, sulph. ; et de nouveau aeon. ; si cela ne suffit pas encore, donnez bell. à flairer, et ensuite cale. carb. eu olfaction. Si, après l'usage de l'un de ces remèdes, il y a quelque amélioration, ne donnez plus rien ; s'il y a quelque aggravation , recommencez , et ne recourez 5 un autre remède que lorsque le précédent a épuisé son effet. Si le malade reste affaibli , faites-lui flairer chin.

Les remèdes ci-dessus indiqués suffisent pour les cas d'urgence; ils peuvent aussi guérir les cas chroniques; et s'ils

n'y réussissent pas, appelez un médecin homœopalhc, et renseignez-le avec détail sur toutes vos souffrances.

Diarrhée. Cette affection est déterminée très souvent par les causes indiquées clans la première parlie de ce livre : par exemple, une frayeur subite, la peur, la contrariété, un refroidissement, un échauffement, un dérangement d'estomac, la suite de brûlures, etc.

La plupart des gens ont encore le préjugé de croire que la diarrhée est un bénéfice de nature, nécessaire au rétablissement de la santé dérangée. Il est vrai qu'il y a quelques maladies qui se jugent par la diarrhée, mais elle n'en reste pas moins une maladie si elle a de la durée ; et il est très vrai aussi que c'est par elle que commencent d'autres souffrances. — Le faux semblant d'amélioration et de faiblesse qu'on éprouve après une diarrhée quelconque (soit provoquée ou non) est considéré par beaucoup de personnes comme salutaire et agréable, par cela seul que l'état actuel est différent de celui qui précédait ce dérangement. Par comparaison, il en est de même de ceux qui regardent l'usage de la bière forte ou de l'eau-de-vie comme bienfaisant, à cause de cette espèce d'enivrement qui en résulte ; il leur semble d'autant meilleur, qu'il est plus prononcé. Il se trouve des gens qui croient que la santé ne peut rester dans un parfait équilibre s'ils ne se purgent pas de temps en temps; ils n'ont qu'à essayer, s'ils sont constipés, des remèdes contre la constipation, et ils se convaincront qu'ils peuvent guérir la plupart du temps sans purgatifs. Mais si l'on est pris d'une diarrhée naturelle ou artificielle, ce ne sera pas une raison pour qu'il faille l'arrêter artificiellement, comme par du vin, de l'eaude-vie, et tout autre moyen; il vaut mieux lui laisser son cours, et ne prendre que les remèdes qui lui sont appropriés. Supprimer la diarrhée n'est pas toujours dangereux; cepen-

danl cela peut le devenir quelquefois, principalement chez les enfants et les vieillards, ou chez les personnes qui sont atteintes en même temps d'une autre maladie. — Il peut en résulter alors des affections graves, telles que la dyspepsie, des hépatites (maladie du foie), etc., mots bien savants qui éblouissent les esprils simples, qui ne mènent pas plus loin, et qui font oublier le mal principal ; le pire de tout cela, c'est qu'il n'est pas toujours facile de guérir les suites fâcheuses d'une diarrhée supprimée. — Mais croire qu.'il est très imprudent d'arrêter le cours du ventre, parce qu'on empêche la sortie des impuretés du corps, c'est être dans une autre erreur : la suppression de Ja diarrhée n'est dangereuse que parce qu'on change une maladie pour une autre , et qu'on ne connaît pas celle qui doit la remplacer ; elle est généralement plus grave. La plupart de ces impuretés n'existent que dans l'imagination. Voyez à ce sujet l'article Constipa-

tion.

Lorsqu'on est pris d'une légère diarrhée et qu'on se trouve par là soulagé ou guéri d'une autre maladie, il ne faut pas se presser de recourir aux remèdes; il faut y recourir quand elle continue, ou qu'elle donne lieu à d'autres affections. Dans ce cas, choisissez parmi les médicaments appropriés aux symptômes.

Dans la diarrhée de dentition il n'y a rien à faire, à moins qu'elle ne dure trop longtemps et qu'elle n'affaiblisse les enfants. Il suffira dès le principe d'éviter les acides, le café, le thé et toute substance salée; tous fruits, frais ou secs , les œufs ou le poulet et aulres volailles sont toujours nuisibles. Ne donnez que des boissons mucilagineuses et une nourriture féculente, comme la farine d'avoine, de riz, etc. Si l'appétit se conserve, le malade prendra du bouillon, du potage avec ou sans fécule , ainsi que du lait récemment trait, s'il n'y a

pas"' de répugnance ; mais on le donnera sans excès , pour ne pas augmenter la diarrhée.

Ipec. convient dans le cas où le petit malade crie, se roule, est agile, salive beaucoup, qu'il a le bas-venire gonflé, avec des besoins impuissants d'aller, qu'il a des selles fréquentes, petites, jaunâtres, accompagnées de douleurs intestinales, ou que les selles sont muqueuses, minces, comme en état de fermentation, et d'une mauvaise odeur; qu'il éprouve en même temps de la faiblesse, l'envie de rester couché ou qu'il est somnolent ; que le visage est pâle, avec cercle bleuâtre' des yeux , horripilation , irritabilité , mauvaise humeur. Si ipeç. ne suffit pas, donnez rheum; si les selles ont une odeur aigre, rheum sera préféré dès le principe.

Cltamom. s'adapte, principalement aux enfants qui crient, sont agités, et veulent toujours être portés; a ceux d'un âge plus avancé, s'ils s'agitent d'une manière inquiète et maussade, qu'ils crient jusqu'à en perdre connaissance, et qu'ils se tordent en double ; lorsque les plus petits ramassent leurs jambes sous le ventre, que leur ventre est tendu , dur, que les selles sont fréquentes, séreuses ou aqueuses la plupart du temps, ou verdâlres, ou brunâtres, ou indigérées et donnant une odeur d'oeufs pourris ; qu'il y a dés borborygmes, manque d'appétit, soif, langue chargée, renvois fréquents et soulèvements d'estomac comme pour vomir. Ce remède conviendra aux grandes personnes, particulièrement quand les selles sont vertes, aqueuses, chaudes et puantes; qu'elles ont la bouche amère ; qu'il y a renvois amers, vomissements bilieux, plénitude d'estomac, tranchées, céphalalgie.

Puis, convient dans la diarrhée qui a la consistance de bouillie, ou lorsqu'elle est liquide, puante, qu'elle excorie l'anus, qu'elle est brûlante, accompagnée de dégoût, de nausées, de renvois désagréables, de tranchées, plus fié-

quents la nuit que le jour; donnez rhus toxic. si, rendue à l'état de bouillie , elle n'a lieu qu'après minuit , mais précédée de maux de ventre qui cessent après la garde-robe. — Puis, convient dans la diarrhée muqueuse, lorsque chaque selle change de couleur; si elle occasionne une grande faiblesse, donnez coloc; et si ce remède amène des vives tranchées, administrez du café sans lait. Si les selles sont claires, verdâtres, sanguinolentes et accompagnées de ténesmes, donnez merc. viv.

Merc. viv. convient quand on souffre à pousser des cris, qu'on se tord et qu'on a un besoin urgent et impuissant d'aller, avec sueur froide et tremblement ; quand les selles sont vertes , aqueuses et muqueuses, quelquefois bilieuses, avec des stries de sang, suivies d'une grande faiblesse, d'une haleine mauvaise , et comme si elle venait d'un estomac à jeun , de manque d'appétit, d'envie de vomir; s'il y a en même temps diarrhée et vomissement. Il convient aussi quand les selles sont tellement corrosives qu'elles brûlent et excorient.

Sulph. se donne dans la diarrhée où les selles sont tellement acres que tout le pourtour de l'anus en est excorié, ou provoquent des éruptions miliaires; souvent aussi, si elle s'accompagne d'émaciation , ou chez les enfants s'ils ont le ventre dur et distendu ; lorsque le moindre refroidissement ramène celle affection , quoiqu'on ait employé d'autres remèdes qui l'avaient fait cesser.

Antirn. crud. convient dans la diarrhée aqueuse avec dérangement d'eslomac , la langue étant chargée et blanche; mais on préférera ferr. acet. si , en même temps que l'anus est excorié, il y a douleurs spasmodiques dans l'anus et le dos; lorsqu'après chaque repas on éprouve une douleur pressive a l'estomac, que les yeux sont 1res faibles, que la face est pâle

et terne; il convient surtout contre les diarrhées sans douleurs. Si ce genre d'affection dure depuis longtemps , et que les autres remèdes soient restés sans effet, donnez acid. p/wsjj/i. à doses répétées et de plus en plus fortes.

Rheum convient dans la diarrhée aiguë, mince, glaireuse, et comme en fermentation (comparez avec ipec.)y et particulièrement aux enfants qui crient et se plaignent de coliques, ou ramassent leurs jambes vers le ventre, si leur bouche est pleine de salive et leur face pâle. (Si la face est rouge, donnez charnom., et si elle n'est pas suffisante, bell.) Dans le cas où l'enfant sent l'aigre, quoiqu'on le lave souvent, si rheum n'a pas suffi et que les douleurs persistent, donnez cliamom.; et si elle reste sans effet, que les douleurs diminuent et que l'état de faiblesse continue, avec distension du ventre, donnez sulph.

Chin. répond non seulement à toutes les diarrhées chez les individus'fpébilités, mais aussi dans les cas où, lorsque pendant la durée des fortes douleurs, qui sont spasmodiques, resserrantes et compressées, il sort une grande quantité de matières brunâtres et minces, suivies le plus souvent de douleurs brûlantes à l'anus, avec contraction du bas-ventre, borborygmes et coliques venteuses. On pourra aussi le donner lorsque, par suite d'un refroidissement, on est éveillé la nuit par ces souffrances spasmodiques, qui cessent alors presque immédiatement, avant que la diarrhée puisse se déclarer.

Bry. convient assez ordinairement pendant les étés chauds, et en particulier après avoir pris des boissons froides, ou pour tel autre cas de refroidissement; ou que la diarrhée est causée par du fruit ou par un excès de nourriture; ou lorsqu'elle se déclare bientôt après avoir mangé ; à la suite de l'usage de la choucroute ou d'un aliment analogue; d'une vive contrariété, et que chamom. n'ait pas suffi.

Dulc. convient clans la diarrhée qui se manifeste à la suile d'un refroidissement, particulièrement en été et en automne, s'aggravant la nuit; qui s'accompagne d'évacuations fréquentes et plus aqueuses, avec ou sans douleurs ou coliques. Si dulc. ne réussit pas après six heures, donnez bry. et répétez-le loutes les six, les huit ou douze heures. Si la diarrhée est accompagnée de plus de faiblesse que de douleur, si elle éclate après le repas, et que les aliments soient rendus non digérés, chin. convient généralement; quelquefois aussi c'est bry. ou rhewn qu'il faudra consulter. Mais si la faiblesse est considérable et coïncide avec les douleurs abdominales, donnez ar$., et, s'il n'est pas suivi d'un prompt effet, nux. vom. Contre les selles d'aliments non digérés, ferr. acet. conviendra souvent, alterné/ avec chin. ou cale. carb. , et quelquefois avec merc. viv. Contre la grande faiblesse avec diarrhée, ipec. est le meilleur remède, avec verat. et ars. ; pour la' diarrhée sans douleur, ferr. Lorsque la diarrhée alterne avec la constipation, comme cela a lieu quelquefois chez les vieillards, donnez ant. wud. et cale, surtout s'il n'y a aucune espèce de douleurs.

Pour la diarrhée des femmes grosses ou nouvellement accouchées, voyez le Chapitre des maladies cfes femmes: et pour la diarrhée des enfants pendant l'été, voyez le chapitre

des Maladies des enfants.

De la dysseiiterie. S'il arrive que dans celte affection il y ait peu ou point de fèces, outre les remèdes dont il va être parlé, on consultera avec fruit ceux dont il a été question à l'article Diarrhée.

M(rc. viv. est indiqué lorsque le malade éprouve un besoin urgent de s'évacuer, comme si les intestins allaient sortir; lorsque, après de longs efforts, on rend un peu de sang clair ; ou après des selles vertes et comme hachées, mêlées

de sang, cl lorsque, après évacuation, on éprouve un lénesme plus fort qu'auparavant; chez les enfants, quand ils pleurent et crient beaucoup ; et chez les nourrissons, quand ils refusent le sein. T

Acon. lorsqu'on éprouve desjdéchirements dans les membres, la tête, la nuque et les épaules. Si une couple de doses (.Yacon. ne suffit gas, donnez chamom. ;*dans que|ques cas, puis., lorsqu'il sort des glaires mêlées de sangr ou ïhus (uxïc, et pouncela voyez rariicle^DiarrUéc.

Acon. est aussi le meilleur moyen dans la dyssenlerie qui a lieu dans les fortes chaleurs suivies de nuits froides, et qui s'accompagne de frissons, de chaleur violente et de soif; si cela ne suffit pas, voyez ce qui est djtxi- dessus aux articles onj. , nux verni., ou merc. vio. , qui est fréquemment indiqué.

Chùi. convient dans Ja^dyssenlerie épidémique qui se déclare dans les localités ^marécageuses, dans celles où l'on creuse des canaux, et principalement lorsque la maladie gagne et s'aggrave sensiblement tous les jours.- . . ,

Merc. subi, est le remède principal dans la dyssenterie d'automne, particulièrement aprèsîa^rc.., avec ténesme violent et coliques; lorsque ^ésje^principj il;3y a dejs. selles bilieuses, et plus lard du sang et des mucosités*. Si après la première dose il. y. a amélioration, et que plus tard l'aggravation survienne, répétez-le ;'■ s'il reste sans, effet, comparezle avec d'autres remèdes, et particulièrement avec ce qui a * été dit des coliques et de la diarrhée au paragraphe consacré à coloc.

Coioc. est indiqué lorsqu'on ressent une mauvaise douleur dans les intestins, tels que s'ils étaient pressés comme enlre deux pierres : le malade est obligé de se plier, de se tordre ; il est 1res agité ; les évacuations sont muqueuses, quelquefois Ninguinolentes; le ventre est distendu et ballonné comme un

tambour ; on éprouve une pression dans le ventre comme s'il était trop plein; des frissons parcourent tout le corps, et la langue est chargée de mucosités blanchâtres. Comparez ce qui a été dit de coloc. à l'article Coliques.

Sulph. convient dans tous les cas où les autres remèdes n'ont procuré qu'une amélioration passagère.

Ars. convient lorsque les selles deviennent putrides et puantes, lorsqu'elles s'échappent involontairement, et que les urines sentent très mauvais ; que le malade perd ses forces, qu'il devient indifférent et tombe dans la torpeur, avec bouche putride et puante ; lorsqu'il y a ça et là des taches rouges ou bleuâtres répandues sur le corps; lorsqu'il y a jactalion, et que le malade est agité sur son lit sans trouver le moindre repos, et qu'il désire la mort; si en même temps la respiration est presque froide, ou qu'il y ait sensation de broiement ; et si ars. a été administré une ou deux fois, sans résultat, donnez carb. veg. ; si après ars. il y a aggravation, donnez mue. vom. ; si après carb. veg. l'odeur putride persiste, donnez chin.y et plus tard encore carb. veg.

Constipation. La première observation h faire sur cette affection et qu'^m taxera de paradoxale , c'est qu'on doit se féliciter de n'avoir pas de maladie plus grave que celle-là- Qu'on remarque, en effet que tous ceux qui sont ordinairement constipés deviennent très vieux et restent vigoureux ; mais il est bien entendu qu'ils n'auront pas fait abus des purgatifs ; tandis que ceux qui sont disposés à la diarrhée perdent prématurément leurs forces et deviennent rarement vieux. La diarrhée ne peut avoir lieu que par l'effet d'un élément nuisible, qui altère la constitution, tandis que la constipation ne s'établit que par le fait d'une grande transpiration et d'une nourriture animale abondante. On croit généralement que les purgatifs contribuent à la santé , et qu'ils préviennent les

maladies , de même aussi que ce sont les impuretés du corps qui les occasionnent : cette opinion est entièrement erronée et n'a aucun fondement.

Chacun peut faire sur un cheval ou sur lui-même l'expérience suivante , qui lui prouvera que nous sommes parfaitement fondés lorsque nous proscrivons les purgatifs. Qu'en état de bonne santé on en fasse usage pendant huit jours , et l'on verra si l'on ne rend pas des matières abominables. Or, comme cefa arrive à l'animal aussi bien qu'à l'homme , dans les conditions de parfaite sanié, c'est donc aux purgatifs qu'il faut attribuer ces évacuations. On peut même reconnaître dans les matières évacuées les drogues dont on a fait usage. Lorsqu'on prend des sels purgatifs, les sels sentiront toujours les œufs pourris ; si l'on prend des racines drastiques , elles arrivent noires et aqueuses; si l'on prend du mercure, elles sont verdâtres ; si l'on prend de la rhubarbe et de la magnésie, elles sont généralement d'une très mauvaise odeur, etc.

Toute substance médicamenteuse qui est introduite à faible dose dans le corps, à litre de purgatif ou de vomitif, ne doit pas Inoins être considérée comme un poison. Il y a celle différence, que les poisons actifs pris en quantité assez élevée détruisent promptement les forces et désorganisent l'estomac, tandis que les mêmes agents , pris comme purgatifs et à moindre dose, tuent plus lentement.

Celui qui est sujet à la constipation et désire se soulager de temps en temps , ou qui éprouve en outre d'autres souffrances , doit faire usage des remèdes que nous allons indiquer; mais, avant tout, il doit observer un régime convenable : il ne mangera pas trop de viandes ni de choses salées , il mâchera comme il faut, et moins il a de dents, plus longtemps il doit mâcher; qu'il coupe tout à pelils morceaux ; qu'il fasse usage du laitage , des fruits secs ou crus ,

37/i MALADIES LES PLUS ORDINAIRES.

cl des légumes; qu'il mange souvent du potag. ; qu'il se prive de thé, de boissons spirilueuscs, etc. ; il devra surtout prendre lous les jours un verre d'eau fraîche eu se couchant.

Parmi les remèdes domestiques, le seul qu'on puisse recommander, ce sont les lavements, dont il sera fait usage de temps en temps. Les lavements se composeront d'eau tout simplement , et Ton n'en abusera pas : il serait plus fâcheux de s'accoutumer aux purgatifs. — Les lavements ne sont pas un traitement curalif, mais seulement palliatif; ils aident puissamment l'action des remèdes apprqiriés, et contribuent un peu à la guérison. Lorsque de loin en loin on est sujet à la constipation, on peut se guérir par l'emploi des lavements froids; et pour cela on les prendra à petite dose , lous les soirs avant de se coucher ; on tâchera de les garder. Deux semaines de cette pratique ont détruit souvent cette disposition à la constipation ; les selles finissent par se régulariser si Ton a observé un régime convenable. — On s'en abstiendra lorsqu'il existe des hémorrhoïdes ; mais répétons que l'eau fraîche ou le lait bouilli sont pour les enfants les seuls liquides qu'il faille employer. — La promenade a pied, et particulièrement sur un sol montueux, contribue beaucoup à rétablir la régularité des selles; on prendra l'habitude d'adopter une heure fixe pour satisfaire ses besoins, soit lous les malins avant déjeuner.

Nuœ vom. convient aux personnes qui mènent une vie sédentaire et qui sont dans l'usage de boire des boissons spiritueuses, ou lorsque la constipation survient après un repas copieux de mets variés, et après une surcharge d'estomac, ou lorsque la constipation a été précédée de diarrhée ou lorsque la diarrhée a été supprimée; qu'il y a manque d'appétit, goût désagréable , langue chargée de mucosités , langueur d'estomac, nausées, gonflement et pression de l'abdomen,

chaleur et élancements fugaces , sensation d'un poids, coliques et tranchées profondes, chaleur -de la face , céphalalgie, dégoût pour le travail, sommeil inquiet, oppression , irritabilité et plaintes fréquentes. — Lorsque la constipation est accompagnée d'une humeur chagrine, taciturne , qu'on a mangé des pâtisseries , de la graisse rance , etc. , donnez puis.; si en même temps on est irritable et sensible au froid, donnez bry. ' *

Bry, convient principalement1 en été , ou lorsque cet élat du ventre augmente dans èette saison; aux personnes qui souffrent souvent de rhumatisme, on en donnera matin et soir une dose , et l'on attendra deux ou trois . jôtfrsif

Op convient lorsque , avec le besoin d^aller à la selle , 'on éprouve une sensation comme si l'anus était fermé, et qu'on n'a pas de besoin réel ; si l'on vient à ressentir une pesanteur dans l'abdomen , et un battement avec pression dans l'estomac , bouche sèche , soif et manque d'appétit. On peut le prendre plusieurs fois, soit toutes les six heures.

Lycop. est un des remèdes les plus efficaces dans la constipation chronique , spécialement lorsqu'il y a un besoin inefficace défaire, accompagné de borborygmes et de distension des intestins.

Plat., lorsqu'après de grands efforts il ne sort que peu d'excréments, qu'il y a lénesme et fourmillement dans l'anus, qu'on éprouve après les selles un frissonnement de lout le corps et une sensation d<* faiblesse dans le bas- ventre, et, en outre , nue contraction, ttnc pression en bas et une oppression sur l'estomac , accompagnée" d'efforts impuissants a rendre des éructations.

Lack. est indiqué dans la constipation chronique avec la même oppression sur l'estomac, et une égale impuissance de rendre des vents.

Merc. viv., lorsque cette indisposition s'accompagne d'un mauvais goût de la bouche, que les gencives deviennent douloureuses et que l'appétit se conserve. Si merc. viv. ne réussit pas , donnez staph.

Natr. muriat. convient dans tous les cas où les remèdes précédents ont échoué, et qu'il n'y a aucune envie d'aller à la selle; mais s'il y a besoins fréquents avec ténesme , donnez sulph. deux fois.

Souffrances des voies urinaires . OU émission douloureuse et embarrassée des urines. Ces souffrances sont souvent occasionnées par d'autres maladies, dépendantes des reins ou delà vessie, qu'elles soient vénériennes ou d'origine chronique. Dans ces deux derniers cas, il faut appeler un médecin homœopathe; toutefois on doit , dès le principe, recourir aux moyens propres a combattre l'état aigu. Ils peuvent empêcher une maladie plus grave qui résulte , la plupart du temps, de remèdes allopathiques pris à forte dose. Si ces souffrances ne dépendent pas des causes que nous venons de présumer, il reste peu de difficultés à surmonter pour les guérir. &

La sécrétion des urines est une fonction très importante ; il y a plus de danger à garder ses urines vingt-quatre heures que de s'abstenir une semaine de la garde-robe. Plusieurs maladies peuvent naître de la rétention volontaire des urines. Aucune considération au monde ne doit nous empêcher de satisfaire ce besoin, et l'on prendra dans toute circonstance ses mesures pour ne pas avoir à souffrir d'une rétention forcée. On ne conçoit pas , en vérité , qu'un homme de sens puisse s'exposer, par un motif quelconque , aux suites fâcheuses d'une pareille contrainte, qui a été le principe de tant de morts cruelles.

On peut sans inconvénient retenir les matières fécales pen-

dant viogl-quatre heures; niais quant aux urines (on ne saurait trop le répéter), il y a du danger à les retenir seulement une heure.

En second lieu, on aura soin de ne point rendre ses urines dans un courant d'air; c'est ce dont se garantiront surtout les personnes qui souffrent déjà des voies urinaires.

Troisièmement, qu'on prenne le temps nécessaire pour uriner, qu'on ne s'efforce pas pour cela faire , et qu'on ne s'arrête pas avant que la vessie soit complètement vide.

Enfin on boira une grande quantité d'eau, particulièrement lorsqu'on s'aperçoit que les urines sont plus rares. — On fera attention aux tout petits enfants à cet égard, qu'on laisse souvent souffrir de la soif, dans l'idée qu'ils ne peuvent supporter l'eau froide. Les boissons chaudes et sucrées qu'on leur donne ne font qu'exciter davantage leur soif.

Si l'on voit la quantité d'urine diminuer graduellement , on doit voir là un signe d'une maladie prochaine qui peut devenir dangereuse. Dans celte circonstance, il est bon de prendre un bain de pieds tiède, de boire régulièrement beaucoup d'eau , et de temps en temps quelques prises de petitlait ; mais qu'on se garde bien , dans ce cas , d'avoir recours aux boissons dites diurétiques. Si Ton éprouve un besoin impuissant d'uriner ou des douleurs en urinant, il faut se garder également des diurétiques , parce que souvent on a affaire à un obstacle qui s'oppose au cours des urines contre lequel ces remèdes ne peuvent rien ; et, dans ce cas, plus on veut le forcer, plus le mal doit s'aggraver : qu'on fasse alors usage des remèdes ci-dessous indiqués , qui souvent suffiront pour vaincre cet obstacle. On ne négligera pas non plus de faire des fomentations d'eau chaude. Si en urinant on ressent quelque douleur ou une sensation de brûlement , etc. , faites usage de substances mucilagineuses, telles

que le gruau , et ne mangez rien de salé ou de fumé.

Dans les cas les plus ordinaires , employez acon. , lorsque surtout on éprouve un besoin douloureux d'uriner, qu'il sort peu d'urine, soit par gouttes accompagnées de grande douleur, soit môme qu'il n'en sorte pas du tout; ou que le peu que l'on rond est tout à fait rouge, foncé et trouble. Ce remède convient particulièrement aux femmes et aux enfants; à louie aggravation on en donnera un globule.

Apres acon. , le remède le plus important est puis. , surtout lorsque dans la région de la vessie, immédiatement audessus des os, et dans la profondeur de l'abdomen, on éprouve des douleurs intenses avec pression et tranchées, ou que la partie devient chaude et rouge.

Il arrive fréquemment que cet accident est dû , principalement chez les enfants, à un coup, à une chute, à une correction manuelle reçue sur le dos ou sur la vessie : dans ce cas, donnez toujours arn., qu'on alterne quelquefois avec acon.

Puis, est indiquée lorsqu'on en rencontre les symptômes .suivants: désir fréquent d'uriner, mais en petite quantité, accompagné de douleurs, stries rouges et foncées ; en même temps douleur lancinante et pression dans le dos f dans les côtés , généralement dans un seul , cl sur lequel le malade ne peut rester couché; quelquefois douleur de la vessie, fièvre et soif; d'autres fois le testicule du côté malade est retiré, ou la cuisse du même côté est comme engourdie.

Lorsque les souffrances de la vessie dépendent des vésicatoires récemment appliqués, ou que par l'effet d'une intention non avouable on a avalé quelques gouttes de cantharide, faites flairer du camphre , ou buvez quelques cuillerées d'eau camphrée. Ce moyen est également bon lorsque ces symptômes sont dus 5 d'autres substances toxiques. Dans les autres cas, donnez d'abord ncov., et ensuite iwx vom., sur-

toul si l'affection esl occasionnée par des hémorrhoïdes rentrées ou supprimées , ou encore lorsqu'on éprouve une forie tension, avec brûlement et pression au dos, entre les côtes et àJa hanche. Puis, convient dans les cas analogues, principalement quand ils reconnaissent pour cause la suppression des menstrues, ou qu'elles sont tardives ou courtes. Bell. convient mieux quand les douleurs sont plus lancinantes et qu'elles viennent du dos vers la vessie, qu'elles s'aggravent de temps en temps , suivies de beaucoup d'agitation , d'inquiétude , de coliques; et si l'on n'obtient qu'un soulagement passager, donnez hep. sulph.

Lorsque le besoin d'uriner est 1res grand, que' le filet d'urine est mince , que le malade entre facilement en transpiration , donnez merc. viv. , particulièrement lorsque l'urine est d'un rouge foncé, qu'elle se trouble promplement et devient puante; si clic est acre, corrosive, ou si elle est suivie d'un peu de sang, on l'alternera m ce hep. salph. Lorsque les urines deviennent visqueuses et gélatineuses, et que les douleurs sont intolérables, on peut donner coloc.

Si , pendant que le besoin d'uriner se fait sentir, qu'il est urgent et ne cesse pas, et qu'en* même temps la vessie est douloureuse , il arrive que la région vésicale se gonlle et soit sensible au loucher, que les douleurs empirent pendant la miction , que les urines sont couleur de sang, ou qu'il sort de petits grumeaux sanguinolents, donnez plusieurs doses iïucoiu Mais ce n'est que dans le cas d'un effet toxique que l'on devra songer au camphre. Après acon. donnez nux vom., ou puis., ainsi qu'il a été dit plus haut, ou quelquefois aussi lu/ ose.

Si les urines cl les selles se suppriment chez les enfants à la nourrice, par suite d'une frayeur ou d'une peur qu'aura éprouvée la mère , et si leur ventre se distend > qu'on se garde bien de donner des purgatifs: ils n'y feraient rien; wou.

convient alors parfaitement. Si la peau de l'enfant devient chaude et sèche, lorsqu'elle est ordinairement fraîche et souple, donnez op. On agira de même dans les cas les plus graves, et l'on continuera ce remède tous les quarts d'heure, jusqu'à ce qu'il y ait amélioration.

Dans la rétention complète, ou bien lorsque l'urine ne sort que par un jet très mince et très lent, avec sensation de brûlement dans le canal et chaleur brûlante dans le ventre, il faudra avoir recours au camphre , qui soulage ordinairement; mais on en usera à petite dose, soit en olfaction, soit en solution dans un peu d'eau chaude dont on prendra une cuillerée à thé de temps en temps.

Lorsqu'il arrive que les souffrances urinaires ont lieu à la suite d'hémorrhoïdes mal soignées , comme c'est l'ordinaire, par exemple, lorsqu'on en a fait l'ablation, etc., on a affaire a un cas difficile à traiter; alors les douleurs et le brûlement sont intenses , notamment lorsque les urines ne coulent que goutte h goutte; quelquefois elles deviennent sanguinolentes, d'où il suit souvent un léger soulagement. Dans celle circonstance, on usera utilement de lavements d'eau tiède; acon. et merc. viv. allègent les souffrances, et surtout sulph.; plus tard , si les douleurs s'aggravent, acon.; de même , nux vom. soulage également ces douleurs, principalement si elles sont dues à l'usage des boissons spiritueuses, ou qu'elles se soient augmentées immédiatement après en avoir pris ; si l'aggravation est provoquée par un refroidissement, donnez dulc. , qui calme temporairement. Lorsque de temps en temps il sort avec les urines des grumeaux de sang ou de matière , donnez cale. carb. en deux doses, mais après l'emploi de sulph. Si le brûlement revient et s'est aggravé , essayez carb. veg. et an. alb. Une guérison complète ne peut s'obtenir que par les soins longtemps continués d'un médecin homœopalhc.

Le pissement de sang OU hématurie, affection dépen-

dant fréquemment d'autres maladies, doit être Irailé par les remèdes sus- mentionnés. S'il est la suite d'une violence extérieure, donnez ara.; des boissons spiritueuses, nuxvom.; de débauches, chin. Si pendant le sommeil il y a écoulement de sang et de sperme, merc. viv.; si cet accident se présente souvent, hep. sulph. Si l'on éprouve une sensation brûlante à l'extrémité de la verge, le scrotum et le pénis étant contractés spasmodiquement , et que des douleurs spasmodiques se fassent sentir dans les cuisses, les genoux et les aines, accompagnées de contractions et de tranchées dans les reins, jusque dans la région ombilicale , donnez pals.

Écoulement de l'urètre. Cette affection varie beaucoup ; quelquefois elle est légère, et revêt d'autres fois un caractère très grave : elle est souvent spontanée, comme aussi elle peut reconnaître pour cause les fleurs blanches, maladie commune aux femmes. Nous allons indiquer ici les moyens de soulager les cas les plus intenses et de guérir les plus légers; nous obtiendrons peut-être ainsi que les malades ne s'adressent pas aux médecins de la vieille ,école et aux charlatans. J'ai vu souvent de ces affections bénignes se transformer en maladie grave par suite d'un traitement contraire, en laissant après lui des souffrances longues et opiniâtres, et quelquefois incurables ; et personne n'ignore les conséquences terribles qui suivent la suppression brusque de toute blennorrhagic contagieuse.

On se soumettra ici au régime indiqué plus haut, à l'article Rétention d'urine. On réussira à calmer les douleurs avec des lavements d'eau tiède; on s'abstiendra des injections dont on abuse tant et qui sont toujours nuisibles; on trempera la verge dans l'huile tiède, ou bien on l'enveloppera avec des compresses huilées. Les remèdes employés ordinairement dans des cas pareils, le baume de copahu et de cubèbe, nuisent fréquemment cl ne guérissent pas, uniquement

parce qu'on les prend à trop forte dose. Après avoir reçu l'infection, le malade fera bien d'étendre sur la plante des pieds gros comme un pois de baume de copahu , et chaussera sgh bas par-dessus; ou s'il en éprouve un besoin fréquent d'uriner, il placera quelques feuilles de persil à la plante des pieds ; dans les cas chroniques, ce sera une cuillerée à thé de cubèbe en poudre. C'est une véritable folie que d'avaler ces drogues : ce n'est jamais la quantité qui opère la guérison ; car, si Ton ne réussit pas a arrêter l'écoulement, il en résultera par le baume de copahu des souffrances de poumons, comme par le poivre de cubèbe des souffrances de l'estomac; il y a plus : c'est que l'effet résultant de l'absorption par les pieds est beaucoup plus rapide que celui qu'on se promet par l'estomac.

Le véritable traitement consiste dans l'emploi d'acon., dont on donnera quelques globules pour calmer les douleurs les plus violentes; plus lard on adminisirera more. viv. trois jours de suite, s'il le faut; quand les douleurs aiguës ont disparu, on peut enlever en une semaine le reste avec sidph.

Dans la douleur brûlante, intense , avec écoulement de matière verdâtre et jauuâire, donnez mère, viv. ; si l'écoulement est blanc comme de la crème de lait, donnez caps., particulièrement lorsqu'on éprouve en urinant , outre le brûlement, des douleurs sécantes; si la douleur est plutôt tiraillante et pressive , avec spasme, et qu'il y ail en même temps souffrance en urinant, donnez puis. ; dans les cas chroniques, nux vonh enlève tout le reste des symptômes; et s'il reste un suintement laiieux, donnez ferr. acet. ; dans les cas chroniques, donnez sep. et natr. muriat. alternativement une fois par semaine. — Si l'écoulement provient uniquement de la leucorrhée, et nullement d'une infection vénérienne, yvintznart. mariai. Le mari et la femme devront en prendre matin

et soir une close, et en attendre les effets quinze ou vingt jours.

Maladie du pénis. Si la maladie consiste dans le gonflement, la rougeur et la douleur du prépuce, ayant pour origine une cause physique, comme le frottement, la pression , etc., donnez acon. d'abord, et quelques heures après am. ; et si, après amélioration, le mal empire, administrez alternativement l'un et l'autre. Mais si arn. ne convient pas, donnez rhus toxic. deux fois. — Si le mal provient de la malpropreté, donnez acon., et, quelques heures après, merc. viv. Les petits enfants sont sujets à ce genre d'affection; employez chez eux les mêmes remèdes. Si la cause résulte de l'effet de plantes vénéneuses, qu'on aura touchées avec les mains, donnez bry. ou bell. ; quelquefois il est mieux d'alterner avec acon. S'il se fait un écoulement de matière purulente par la verge, merc. viv. est le remède principal, et si la sensation de brûlement qui en résulte ne cesse pas, donnez caps. Si quelques jours après il reste des traces d'écoulement, donnez hep. sulph.; s'il reste dans la peau du prépuce des parties indurées, donnez lach. deux fois ; quand les symptômes sont très mauvais, et qu'il y a çà et là des taches bleuâtres, donnez ars. ulb. une ou deux fois. Chez les petits eufants, cale, carb. une ou deux fois, si acon. et merc. viv. ne réussissent pas.

Dans le cas OÙ les testicules sont douloureux et engorges, à la suite d'un coup, d'une chute, etc., donnez acon. et am., alternativement; après une gonorrhée supprimée, puis. , quelquefois aussi merc. viv. ; après une squinancie, voyez l'article qui s'y rapporte. Lorsque la douleur est intense et pressive en tous sens, et qu'elle s'accompagne d'élancements violents dans le ventre, donnez spong. ; lorsque la douleur est plus compressée et les élancements plus bru-

38/l MALADIES LES PLUS ORDINAUIES.

lants, donnez staph. ; si la cause est dans l'abus du mercure, consultez l'article Kmpoisoniicmcius. Si cet état dure depuis longtemps , prenez salph. , et adressez-vous immédiatement à un médecin homœopathe.

Hernie. Cette maladie peut se guérir, dans la plupart des cas , par des remèdes internes , si on ne l'a pas négligée trop longtemps; on ne la guérira certainement pas par les procédés de l'ancienne école : c'est pour cela que les médecins allopatbes soutiennent obstinément qu'il n'y a pas de traitement interne efficace. On a perfectionné partout les bandages, mais il y a en cela plus de spéculateurs que de gens éclairés. De môme qu'un bon bandage est d'une grande importance, de même un mauvais est très nuisible. S'il ne s'adapte pas bien, soit qu'il comprime trop fortement ou qu'il soit trop lâche, alors il peut rendre la hernie incurable. Un bon bandage ne doit pas fatiguer; toutefois ou ne peut empêcher qu'il ne gêne un peu au commencement : le malade saura supporter celle gêne. On ne l'appliquera jamais qu'après avoir fait rentrer tout à fait la hernie, et ce n'est qu'alors qu'il la maintiendra complètement. Dès qu'on s'aperçoit qu'il sort un peu de hernie, il faut se hâter d'ôter le bandage, de faire coucher le malade pour le réappliquer avec plus de soin. Si la hernie sort trop souvent , comptez que le bandage n'est pas bon. — Celui qui ne veut pas supporter de bandage, ou qu'il le porte mauvais , ou bien encore s'il se fatigue trop, ou s'il fait des imprudences , celui-là s'expose aux hernies étranglées, qui passent facilement à l'état d'inflammation. C'est dans cette dernière circonstance qu'il est essentiel de savoir réduire une hernie.

Celui qui est pris pour la première fois d'une hernie doit commencer par se coucher sur le dos, et placer sous ses fesses deux coussins ou toute autre chose , de telle sorte que

la région du corps où existe la hernie soit plus haulo que le reste de l'abdomen ; il se penchera un peu plus dit côté malade, et de cette façon le ventre n'aura aucune tension.

Il conviendra toujours mieux que ce soit tout autre que soi qui fasse rentrer la hernie; mais, à défaut, on peut le faire soi-même. On procède en appliquant la main sur la hernie; on la saisit comme si Ton voulait la contenir, et puis, avec les doigls de l'autre main , on la refoule dans l'abdomen. De temps en temps on fait avec les doigls et puis avec les mains de légères et douces frictions, qui doivent être progressivement plus fortes. On tiendra le malade ou soi-même dans cette position tout le temps qu'il sera nécessaire à la réduction de la hernie. — Les hernies étranglées les plus graves peuvent rentrer par ce simple procédé, mais en ayant soin de donner acon. ou nux vom. Si la hernie ne peut supporter la moindre pression, il faut enlever la sensibilité, l'irritation même. Dans certains cas, il est utile d'appliquer sur le sac herniaire des compresses tièdes. Quelques médecins ont, dans celte circonstance, fait usage d'eau froide et même de glace, à l'aide d'une vessie. Celle application ne doit pas se continuer longtemps, et même ne se fera pas si la tumeur herniaire est chaude et rouge.

Dans le cas de hernie où la douleur du ventre est violente cl brûlante , comme s'il y avait des charbons ardents, que le moindre attouchement exalte les souffrances, qu'il y a nausées, vomissements acres cl bilieux, anxiété et sueurs froides, donnez acon., qu'on peut répéter toutes les fois qu'il y a de l'aggravation dans les symplômes. Si la réduction ne se fait pas, et que les vomissements deviennent aigres, donnez tout de suite sulph.; laissez alors le malade tranquille, et, s'il s'endort , qu'on le laisse dormir.

Lorsque la douleur est moins violente pour l'attouchement

des parlics , et que le vomissement est moindre , mais que la respiration s'accompagne d'une grande gêne; si la cause consiste dans un refroidissement , dans un échauiïcment, dans un écart de régime, donnez nux vom. Si après deux heures il n'y a pas amélioration , répétez -le. Si la face devient rouge, le ventre ballonné, si les renvois ou le vomissement ont une mauvaise odeur et un mauvais goût, donnez op. tous les quarts d'heure Jusqu'à ce qu'il survienne un changement; si le vomissement est accompagné de sueur froide, ou que les extrémités se refroidissent, donnez verat. alb. ; et si ce remède en deux doses n'opère pas, donnez bell. Dès que l'abdomen devient sensible et douloureux au toucher , donnez acon. et sulph. comme ci-dessus. Si le sac herniaire a pris une mauvaise couleur, que les symptômes s'aggravent, donnez loch. en l'absence du médecin; et si, après une amélioration, l'état empire, répétez lach. Si, dans deux heures, il n'y a pas d'amélioration, donnez ars., quelques globules, dissous dans sept à huit cuillerées d'eau , pour en faire prendre toutes les quatre heures.

En tous cas de hernie étranglée, il faut immédiatement envoyer chercher un chirurgien; mais en attendant, on ne négligera pas les moyens dont il vient d'être question : s'ils se sont montrés efficaces , tant mieux, sinon il verra ce qu'il convient défaire. Au surplus, il trouvera tout plus facile, comme mille expériences l'ont déjà prouvé. S'il prétend que les remèdes mis eu usage ont compromis l'état du malade, c'est ou un ignorant ou un charlatan , et il faudra le traiter comme tel.

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