CHAPITRE IX
flanque d'appétit. Les moyens ordinaires que l'on emploie pour rappeler l'appétit sont précisément ceux qui doi-
vent l'éloigner davantage. Toute chose de haut goût, qu'elle soit salée, poivrée ou acide, lesépices, les plantes et racines ou écorces amères que l'on fait infuser ou macérer dans l'eaude-vie pour la convenir en boisson stomachique, sont aulgnt d'excitants qui ne peuvent certainement pas nourrir. Tous ces ingrédients sont, par eux-mêmes, il est vrai, d'excellents remèdes, mais il faut les employer en temps utile et dans une .mesure convenable ; et chacun a pu juger, par sa propre expérience ou celle des autres, s'ils sont réellement salutaires dans certains cas. Or, comme tous les médicaments en général sont nuisibles pris en excès, trop souvent et hors de propos , on s'expose à se faire grand mal en en usant sans discernement. Et ici, le pire de tout, c'est l'habitude : car, plus on use d'une chose, plus les inconvénients augmentent. A quoi sert de provoquer l'appétit pour un jour, pour le perdre plus complètement après ? De même qu'il reste dans le corps une partie des aliments que l'on prend , de même aussi il reste une partie de ces excitants de l'appétit, qui se fixe sur un point de l'organisme. Mais comme ces ingrédients n'ont pas de caractère nutritif propre, ils ne peuvent réparer les forces du corps humain; ils ne. s'en établissent pas moins peu à peu dans les organes , et deviennent l'origine , le point de départ de maladies incurables. On se met alors à supposer qu'ils se ramassent dans les intestins et qu'on peut les expulser, ou dans le sang et qu'on peut les faire sortir à l'aide de la saignée : c'est là un véritable et fatal préjugé. Tout médecin qui sait un peu d'analomie n'ignore pas qu'il est impossible que cela se passe ainsi , que rien ne se fixe ni dans les intestins, ni dans le sang; celui-ci se renouvelle incessamment tous les jours; mais les solides seuls du corps humain subissent un changement, une sorte de transformation, et s'approprient le? substances qui ont été soumises au travail de la nutrition.
Celui donc qui fait un usage modéré de ces diverses substances ne se fera jamais grand mal. Une fois ou autre, un morceau de substance salée. ou acide peut, principalement en été, avoir un excellent effet, surtout lorsque l'estomac semble l'avoir désiré, et lorsque, après cette satisfaction, celte envie ne s'est pas renouvelée ; mais si ce désir revient bientôt après, c'est une preuve que l'usage qu'on pourrait en faire finirait par être nuisible. La meilleure de toutes les habitudes est l'habitude de boire de l'eau froide. Q'on en prenne régulièrement un verre tous les matins à jeun , ainsi que quelques heures avant et après le repas , et le soir en se couchant ; niais pendant le repas qu'on en boive modérément; après un dîner copieux, on en^prendra souvent et à petits coups.
Faiblesse et embarras gastrique. Les choses les pi US
essentielles à dire à ce sujet ont été traitées au chapitre IV, ea tant que celte faiblesse d'estomac provient de la .nourriture ou des boissons récemment prises. Quant aux autres causes, il en a été question aux chapitres I, II, III; mais il est certaines souffrances qui sont produites par des causes diverses qui agissent à la fois, et d'autres où la cause est inconnue; quelques unes n'ont qji'une durée passagère, quel-; ques aulres sont longues et opiniâtres : alors on dit qu'il y a dyspepsie ; d'autres encore sont le commencement de maladies violentes et dangereuses. — Nous allons faire connaître ici les affections de l'estomac, que chacun peut traiter chez soi. Mais il en est qui ne peuvent être traitées que par le médecin, et ce sont celles que nous désignons sous le nom de dyspepsie. — C'est un mot savant et voilà tout, car il ne dit rien. Quand un médecin prononce ce mot, il n'apprend rien aulre chose que ce qu'il sait du malade, à savoir, que son estomac ne digère pas bien. Ce n'est, après tout, qu'un expédient dont se sert le médecin pour faire comprendre et
croire qu'il est initié dans ses souffrances; et, par cela seul qu'il fait usage de ce ternie, il donne la preuve de son * ignorance : car il y a un très grand nombre de maladies de l'estomac et de tout l'appareil digestif qui sont sous la dépendance d'une digestion difficile ; et celui qui ne sait pas assez bien les discerner pour les traiter isolément par des moyens appropriés leur donne néanmoins et indifféremment ce nom de dyspepsie (digestion difficile), et il les traite, sans plus de façon , par les mêmes remèdes qui , loin d'apporter le moindre soulagement, ne font qu'aggraver la situation du malade, et, pour un qu'il a pu sauver, il en a tué des milliers.
Au début du mal, on peut toujours guérir; mais si la maladie est déjà avancée, on ne peut, dans la plupart des cas, espérer de guérison qu'en prescrivant un régime rigoureux et en employant les moyens indiqués, ou, si cela ne suffit pas, en appelant un médecin homœopalhe.
Le régime strict consiste à éviter les aliments qui sont passés, les salaisons et les viandes fumées, ou les choses* à moitié gâtées ou desséchées, par exemple le beurre rance; à prendre un modeste déjeûner le matin, c'est-à-dire en faisant usage d'une nourriture légère ; rien de lourd, peu ou point de viande, tout au plus un œuf; rien de frit à la graisse ou au beurre ; point de pain trop tendre ou chaud , seulement du pain rassis, et jamais grillé, qui, à cet état, est à moitié altéré et devient indigeste ; à dîner, on prendra quelques légumes avec de la viande bouillie ou rôtie ; à souper, un morceau de pain rassis avec du beurre ou toute autre chose légère; cela suffit ordinairement : on s'abstiendra surtout de pâtisserie mal faite, dont la pâte n'est pas bien levée ; on se privera de thé et de café, on boira de l'eau froide.
On se tromperait de croire que l'on peut, avec du sucre ,
rendre douces les choses acides; le goût se laisse tromper, mais l'estomac jamais. Il en est de même pour ce qui est amer et fort.
La première de toutes les conditions est donc d'adopter un régime bien entendu, c'est-à-dire une nourriture saine, abondante , réparatrice et variée ; car l'estomac est comme un champ sur lequel on peut jeter toujours la même semence. Il faut savoir se tenir à ce régime d'une manière invariable , toujours et partout.
Les cas dans lesquels l'appélit vient à manquer subitement, où il y a nausées , douleurs, et surtout tranchées, sommeil agité et faiblesse, réclament les remèdes indiqués ci-après; dans les cas chroniques , choisissez parmi ceux dont il est parlé plus loin.
Arn. convient non seulement lorsque celte souffrance (le manque d'appétit) est causée par un coup reçu sur l'estomac, par un effort qui sur le moment donne lieu à une vive douleur, ou par un tour de reins, mais aussi par suite de défaut de sommeil , fatigue d'esprit , grande excitabilité et irritabilité (comme quand on dit que le malade est dans un état nerveux); si la langue est sèche , couverte d'un enduit jaunâtre, avec goût putride ou amer et aigre, bouche mauvaise, répugnance pour le tabac , appétence pour les choses aigres , renvois quelquefois avec odeur d'œuf pourri ; lorsque, après avoir mangé, on éprouve de la plénitude au creux de l'estomac, nausées avec efforts pour vomir; vents et flatulence ; ventre ballonné; en même temps pesanteur dans tous les membres, vertiges, douleurs de luxation, maux de tête pressifs au-dessus des orbites, étourdissements et chaleur dans la tête ; quand on éprouve une chaleur désagréable , que le sommeil est agité , les réveils fréquents et en sursaut , accompagnés de songea pénibles. Si arn. ne suffit pas ,
donnez raix vom. , et, à défaut de celui-ci, chamom.
Nux vom. , si la maladie est la suite de débauches , de l'abus du café, du vin principalement; si le malade a été pris d'un refroidissement , si la bouche est sèche et sans altération, s'il y a une accumulation d'eau ou de phlegmes aigres, si la langue est chargée d'un enduit blanchâtre , si le goût est nul et insipide pour toute sorte d'aliments ; salive aqueuse et abondante, vomissement, pression de l'estomac, ventre tendu, selles petites et dures ou rares ; vacillement, vertige ou engourdissement de la tête ; pesanteur de la nuque, tintement des oreilles , tiraillement dans les dents molaires, tantôt supérieures, tantôt inférieures; tiraillement dans les membres , manque d'énergie et paresse d'esprit ; le malade est inquiet, querelleur, irritable; parfois sa face est chaude, ou marquée de plaques rouges. Si nux vom. ne suffit pas, donnez chamom.
/Chamom. convient lorsque, après avoir mangé ou bu , le mal a lieu immédiatement à la suite d'une vive contrariété , que la bouche en reste amère, que les renvois bilieux sont suivis d'un vomissement de matières verdâtres ou de bile pure ; qu'il y a de l'agitation pendant le sommeil, et qu'il est interrompu; en outre, il y a douleur et plénitude de la tête, face chaude et rouge , yeux rouges et brûlants; l'esprit est très impressionnable. Si chamom. ne suffit pas, donnez puis. , et si puis, ne suffit pas, nux vom.
Puis, convient lorsqu'on a mangé de différents mets et pris des boissons de plusieurs espèces qui se contrarient, principalement si les aliments sont flatulents ; après avoir mangé beaucoup de choses grasses, telles que porc, mouton et saucisson , ou toute autre chose cuite au beurre, surtout au beurre rance : si le goût en est amer, salé, et laisse une sensation de viande gâtée ou putride, ou de suif; lorsque chaque
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bouchée de pain, ou loule autre nourriture, laisse de Famertume dans la bouche ; quand le tabac est insipide; quand on a la bouche pleine de glaires , que la gorge gratte , qu'il y a des renvois bilieux , ou des aigreurs ou âpretés d'estomac , une aversion particulière pour les aliuienls chauds; que le ventre est ballouné et tendu , surtout sous les côtes ; qu'il y a borboryguies, grouillements, selles lentes, petites, pénibles, ou diarrhée ; tiraillement dans les membres, comme dans la. fièvre intermittente, frissons, débilité ; si le malade est faible, ennuyé, taciturne, irritable par la moindre chose, et peu dis-, posé à parler.
Chin. convient lorsque l'air ambiant est chargé de vapeurs nuisibles, ou au printemps et en automne, lorsque les jours humides sont suivis de sécheresse; dans les pays où l'on a récemment creusé des canaux, où les terres ont été desséchées, et où régnent les brouillards ; dans le cas où, par suite de la profession , on est obligé de respirer des émanations nuisibles, et qu'on est privé d'un air insuffisamment pur ; lorsqu'il guérit les prodromes de la fièvre intermittente et prévient tout à la fois la fièvre elle-même. Il convient aussi lorsqu'on éprouve de la satiété, de l'indifférence pour le boire et le manger; lorsque les aliments restent longtemps sur l'estomac , qu'il y a beaucoup de renvois et qu'on vomit les aliments non encore digérés; qu'on a du goût pour les choses excitantes, fortes et acides; qu'on éprouve une faiblesse générale et un besoin de rester couché, mais cependant sans avoir la force et la patience de garder la môme place.; le malade peut éleudre et fléchir ses membres, mais le matin ils sont complètement roides; il ressent souvent de la chaleur, et le moindre courant d'air lui donne des frissons; ses urines sont brûlantes cl déposent beaucoup; il ne peut pas s'endormir, et , s'il s'endort, son sommeil C3J
interrompu; il est mélancolique et de mauvaise humeur.
Antim. crud. , lorsqu'on éprouve un certain malaise à l'estomac avec envie de vomir; si la langue est chargée ou couverte de petites vésicules; renvois fréquents, qui rappellent le goût des aliments qu'on vient de manger ; bouc|ie sèche ou salive abondante avec grande soif, surtout la nuit; phlegmes dans la gorge, ou vomissements de phlegmes ou de bile; estomac douloureux comme s'il était irop plein, ou sensibilité douloureuse à l'épigastre par le toucher ; en outre, flatulences et tranchées , avec constipation et diarrhée. Si antim. crud. larde à produire un bon effet, donnez bry.
Bry., si l'estomac est dérangé et s'il y a en même temps des frissons et du froid, constipation, langue chargée et couverte d'un enduit jaunâtre, ou de vésicules comme dans antim. crud. ; c'est la même soif, mais le jour et la nuit il y a un peu plus de sécheresse dans la gorge et l'estomac ; c'est surtout en été, ou lorsque le temps est chaud et humide. Dans celte circonstance, débutez d'abord par bry., que vous répéterez et six ou douze heures après s'il le faut. Ce n'est que plus tard que vous donnerez antim. crud., si bnj. n'a pas suffi.
Ipec. , lorsqu'on a l'estomac surchargé de glaires ou affaibli par toute autre cause; lorsque la langue n'est pas sale, quoique le malade ait des nausées ou des vomissements; il convient particulièrement dans les cas caractérisés par un dégoût prononcé contre tout aliment, même contre le tabac, et lorsque les vomissements sont faciles et violents et accompagnés surtout de diarrhée; et notamment lorsque ces accidents se répètent tous les jours ou chaque deux jours, à la même heure.
Hep. sulph. convient lorsque l'estomac se dérange facilement, même en menant une vie régulière , soit même en
prenant toute sorte de précaution; lorsqu'on éprouve de l'appétence pour les choses acides , fortes, acerbes , ou poulie vin ; qu'on a des nausées , des maux de cœur et des renvois , principalement le matin ; qu'on vomit des matières acides, bilieuses et glaireuses; que la bouche est inondée de glaires, le ventre douloureux, et que les selles sont dures et sèches, après surtout qu'on a fait usage de pilules bleues (mercure).
Lach. est mis en usage lorsque hep. sulph. ne suffit pas ; quand les souffrances ont lieu après avoir mangé, ou le matin de bonne heure , ou que les selles s'arrêtent pendant plusieurs jours. Les cas chroniques les plus opiniâtres de dyspepsie peuvent être guéris par hep. sulph. ou sulph., pourvu qu'on ne le répèle pas trop souvent, qu'on. sache attendre une aggravation notable ; et si l'un de ces remèdes est sans effet, qu'on emploie l'autre. Si tous les deux restent sans efficacité, donnez bell. , ou quelquefois merc. viv. , et après sulph.
Embarras muqiieux de l'estomac. Il existe lorsque Cet
organe est surchargé de mucosités, qu'on en a la bouche pleine et qu'on en rejette , ou encore lorsque , à certains égards , les symptômes rappellent ceux dont il a été question à la lettre/ (première partie); seulement le goût est plus fade et douceâtre ; lorsque , avant le dîner, les malades se sentent très-faibles et languissants, et après, trop pleins et iuquiets. Donnez d'abord ipec. deux ou trois fois , et puis choisissez parmi les autres remèdes celui qui convient le mieux. S'il existe en même temps une petite diarrhée brunâtre, muqueuse, et d'une odeur aigre et moisic, donnez rheum. S'il y a vomissement de bile et selle bilieuse , que les souffrances soient très violentes, verat. alb. une ou deux fois; si le mal est accompagné d'un brûlement dans la gorge, dans l'estomac, ou pendant les évacuations, donnez caps.
Les individus sujets à cet embarras muqneux doivent s'ha-. bituer il boire de l'eau et à se gargariser avec de l'eau froide; ils en boiront de six à douze vGrres par jour, et se gargariseront aussi souvent. !
Vjrosin ou aigreurs d'estomac. Celte affection consiste
dans des renvois brûlants, aigres et acres, qui se dirigent de l'estomac dans la bouche, et se lient généralement avec d'autres souffrances de l'estomac qu'on peu(, combattre avec des remèdes indiqués dans ces cas. Nux vom. est ici fréquemment employé ; mais quand les aigreurs viennent après avoir mangé, chin. Si nux vom., chamom. ou puis, ne soulagent pas, donnez caps.; si chin. manque son effet, carb. veg. ; si cette affection se fait sentir après avoir fumé, staph.; s'il y a une grande soif, bsll. Chez la femme enceinte, si hall. ou tels autres remèdes ne suffisent pas, qu'on essaie d'une tranche de citron sucrée, qu'elle tiendra dans la bouche. Il suffit souvent de boire un verre d'eau sucrée tous les matins ; on peut même essayer d'en boire beaucoup, quoique, au commencement, on puisse en être dérangé. On se gardera bien, comme cela se voit quelquefois, défaire usage de la magnésie , de la chaux carbonatée et des substances analogues qui finissent par produire des maladies incurables, et laissent dans l'estomac la sensation d'un corps étranger et dur, dont on croit pouvoir se débarrasser facilement en faisant usage des purgatifs surtout.
Nausées et vomissements. Dans ce genre de souffrances, il ne faut négliger aucune cause, car il importe de leur appliquer des remèdes appropriés. Très-souvent les symptômes cessent d'eux-mêmes après le vomissement : c'est pourquoi il faut le provoquer par d'abondantes et fréquentes libations d'eau tiède, par la titillation de la luette avec la barbe d'une plume, ou par du café noir. N'employez jamais, dans ce cas,
l'éniélique, qui peut porter une atteinte grave à l'estomac, et qui sera toujours remplacé utilement et sans danger par ant. crud. quand la langue est chargée d'un enduit épais , blanc ei jaune , ou par ipec. lorsque la langue est nette. Les nausées et les vomissements peuvent être causés par suite d'une frayeur, voyez page 21; d'un chagrin, page 23; d'une contrariété, page 25; d'un refroidissement, page 29; d'un échauffement, page M ; de longues veilles , page 45 ; de plénitude d'estomac, page 50; d'excès de boissons, page 60; de tabac, page 69; de camomille, page 72; de rhubarbe, page 76, ou par suite de l'emploi abusif d'autres remèdes. Si c'est par suite d'empoisonnement, voyez à ce sujet deux articles au chapitre VII , page 83.
Quand Jes nausées ou les vomissements sont déterminés par une chute sur la tête , donnez arn., et voyez ce qui est dit au chapitre IX, Blesswes sur la tête. Si la cause tient à quelque chose qui soit resté engagé dans la gorge , voyez le chapitre X, article Gosier.
Lorsque ces souffrances sont accompagnées de vertiges, voyez page 19&; avec mal de tête, voyez page 197.'Si les remèdes qui sont indiqués dans ces divers passages ne suffisent pas, donnez lach. une ou deux fois, et ensuite bell. Si le vomissement a lieu par l'effet de la toux , voyez chapitre II, à l'article Refroidissement (page 31), puis ipec., merc. viu.9 caps., puis., bry., chin., dros., phosp/t. acid., sulph., cale. carb. et lach., voyez plus loin, au chapitre des maladies de poitrine; s'il a lieu par l'effet de la coqueluche, voyez à cet article.
Le vomissement par suite de langueurs d'estomac qui suivent un repas demande puis, ou nuxvoin., alternativement avec bry. Lorsque l'estomac est dans un tel état de faiblesse qu'il ne puisse supporter qu'un peu de nourriture , et
qu'une légère augmentation provoque immédiatement des vomissements, accompagnés de crampes et de tranchées dans le ventre, ou de vertiges et de vomissements de matières blanches , gluantes et muqueuses , de diarrhée et faiblesse des membres qui va jusqu'à la défaillance, donnez puis, ou cocc; si , malgré cela, cet état se prolonge, donnez nux. vom. , et ensuite bryr, si cela ne suffit pas, examinez tous les autres symptômes existants, et choisissez entre chin. et ferr.; qu'on peut alterner au besoin, ou sulph. et ensuite ars. alb. Dans quelques cas violents, hyosc. convient parfaitement; et dans les cas chroniques, cale, carb, , principalement après avoir usé de sulph.
Quant aux vomissements des enfants causés par la présence des vers, voyez l'articlcqui y est relatif, au chapitre ÏX, p. 35û.
Crampes et douleurs d'estomac. Il est bien reconnu
aujourd'hui que l'ancienne médecine ne peut rien contre ces cruelles souffrances ; mais la nouvelle y peut beaucoup, au contraire : dans les cas les plus enracinés comme les plus mauvais, même chez les personnes très âgées, on voit l'homœopathie être d'une utilité incontestable, et guérir promptement et radicalement avec de la patience et des soins. La plupart des remèdes qu'emploie l'allopathie sont très nuisibles : l'opium et les pilules de morphine ne sont nulle part aussi dangereuses que dans cette maladie. Les moyens ordinaires qu'on peut essayer sans inconvénient, et qui donnent même quelquefois du soulagement, sont un peu de lait, des frictions sur l'épigastre avec de l'huile d'olive chaude, ou une prise intérieure d'huile de lin; on a également conseillé l'eau de poulet ou des soupes légères, et même une feuille de papier buvard appliquée sur l'estomac, préalablement humectée de rhum ; mais il vaut mieux encore prendre nux. vont, dont l'effet est plus prompt et plus durable ; il fauts'iso-
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1er avec soin des odeurs fortes et se priver des boissons échauffantes, du café principalement. On peut prendre aussi quelques poignées d'avoine qu'on fera griller comme du café, mais un peu moins ; on la mettra ainsi torréfiée dans un petit sac qu'on appliquera tout chaud sur l'estomac. Ce moyen sera mis utilement en usage clans le cas où le malade s'est servi d'opium ou de laudanum , qui , comme à l'ordinaire , n'ont fait qu'aggraver sa situation.
Nnx vom. convient aux buveiirs d'eau-de-vie et de café, ainsi qu'à ceux qui en ont cessé entièrement l'usage, lorsque la douleur de l'estomac est constrictive , pinçante et resserrante comme par une griffe, si les vêtements gênent, ou comme si des vents s'étaient retirés et accumulés au-dessous des côtes à gauche ; s'il y a aggravation après les repas, le matin en se levant ou pendant le sommeil. Celte douleur est quelquefois accompagnée d'oppression de poitrine ou d'une sensation comme si l'on avait la poitrine serrée par un lien qui embrasse les épaules , le dos et même les reins ; on éprouve fréquemment des envies de vomir, ou bien il s'accumule comme de l'eau dans la bouche; ou bien encore, l'eau qui vient de grossir est amère, aigre et brûlante; vomissements d'aliments, goût aigre et putride de la bouche ; gonflement du ventre par des vents ; constipation. Quelquefois la douleur est accompagnée de mal de tête unilatéral ou d'une douleur pressive au front, ou de palpitation du cœur avec anxiété. Donnez un globule le soir ; s'il n'y a pas d'amélioration , donnez-en un autre le lendemain, et attendez son effet huit jours. Si avant l'expiration de ce terme il y a aggravation, donnez puis., chamom. ou ign.; si l'aggravation ne vient qu'après ce terme, répétez nux vom.; et si ce remède ne suffit pas, donnez carb. veg.; si nux vom. n'a pas réussi du premier coup, choisissez entre chamom. et cocc.
Si l'aggravation arrive après l'usage du café , donnez nux vom.; s'il améliore un peu, donnez chamom.
Chamoin. convient dans le cas où la douleur fait l'effet d'une pierre sur l'épigaslre; lorsque le creux de l'estomac et les parties placées immédiatement sous les côtes à gauche sont gonflées de manière à faire croire que le cœur va éclater; on éprouve des souffrances asthmatiques, la nuit principalement; le malade s'agite sur son lit et transpire; quelquefois il ressent une douleur lancinante et battante au sommet de la tête, qui luifait quitter le lit. La douleur de l'estomac diminue quelque peu lorsqu'il se lient en double sur son lit et qu'il reste tranquille dans cette position. Lorsque les douleurs sont trop violentes , donnez caps. ; et plus lard , si cela ne suffit pas, donnez de nouveau chamom, , et, si elle reste sans effet, bell.
Les crampes d'estomac pendant les règles sont guéries ordinairement par nux vom. , ou quelques heures plus lard par chamom. ; mais si les menstrues sont faibles, donnez alors puis, ou cocc.
Cocc. sera donné après qu'on aura obtenu du soulagement par nux vom. , et que la douleur récidive bientôt après ; lorsqu'elle est accompagnée de selles dures ou retardées; si la souffrance de l'épigaslre coïncide avec une douleur pressive et constrictive de l'abdomen , qui s'améliore par le dégagement des vents ; si, pendant les souffrances de l'estomac, on éprouve des nausées, et que des eaux s'accumulent dans la bouche sans aigreur; si le malade n'est pas irritable, colère, ni violent (ce qui est le cas de nux vom.)t mais qu'il est plutôt chagrin, morose et taciturne.
Bell, convient quatid cfiamom. n'a rien fait ou qu'il n'en est resté qu'un faible soulagement, et principalement chez les femmes délicates et sensibles ; s'il y a pression déchirante et
tension spasmodique qui oblige le malade à rester couché sur le dos ou à retenir la respiration , ce qui le soulage; aussi lorsque la douleur se renouvelle après le dîner; lorsqu'elle est si violente que le malade en perd connaissance ou tombe en défaillance ; qu'il éprouve en même temps une vive soif, et que la douleur augmente quand il a bu; les selles sont tardives et petites, et le sommeil est impossible.
Bry. est employé quand il y a une pression analogue à celle de chamom., principalement lorsque celte souffrance a lieu pendant le repas, ou immédiatement après, et qu'il semble que le creux de l'estomac et la région épigastrique sont enflés : cette pression dégénère quelquefois en spasmes, pincements et tranchées, elle diminue par la compression do l'estomac et par les renvois qui se dégagent ; les souffrances s'aggravent pondant et par le mouvement (c'est le contraire avec chjn.); en même temps , il y a constipation, douleur pressive sur les tempes, au front et à l'occiput, comme siles os de la tête allaient se disjoindre ; la compression exercée sur la tête avec un mouchoir donne du soulagement.
Puis. , lorsque les douleurs sont lancinantes, s'aggravant par la marche, et particulièrement lorsqu'on fait un faux pas; elles s'accompagnent toujours de nausées et de vomissements ; les selles sont plus petites et plus claires ; il n'y a pas de soif, sauf pendant la plus grande intensité des souffrances; il y a une forte tension et une sensation de serrement, ou pulsation avec anxiété; on éprouve un griffemcntqui diminue en mangeant; ou s'il s'aggrave pendant les repas, on éprouve alors une douleur pressive et pinçante. Ce remède est approprié aux personnes douces cl sensibles, ou quand le mal est causé par un excès de gâteaux ou de choses grasses.
Ign., lorsque puis, ne suffit pas et que la maladie n'a pas cessé au bout do quelques jours; lorsque les douleurs res-
semblent à celles de nux. vom.t mais les selles ne sont pas dures et les vomissements sont moins fréquents ; lorsque , après chaque repas, on ressent une pression à la partie supérieure de l'estomac ou à la partie inférieure de la gorge ; il convient aux personnes qui sont restées longtemps sans manger, ou qui n'ont pas mangé suffisamment pendant quelque temps.
Chin. est approprié aux personnes affaiblies qui ont abusé des vomitifs et des purgatifs , ainsi que des saignées et des ventouses , ou qui ont éprouvé des pertes hémorrhoïdales ; qui ont beaucoup salivé et craché, et beaucoup transpiré. On donnera ce remède surtout aux femmes qui viennent de sevrer, principalement lorsque la sécrétion du lait a été abondante ( on donnera plus lard bell. ), ou lorsqu'elles ont prolongé l'allaitement trop longtemps , c'est-à-dire au delà de neuf mois; en général, lorsque le malade a une mauvaise digestion et que l'estomac est chargé de mucosités , d'aigreurs et d'une acrimonie bilieuse ; si l'estomac est douloureux comme par l'effet d'une plaie ; lorsque les aliments et les boissons causent une pression et un gonflement à l'estomac; qu'il .y a aggravation par le repos cl soulagement par le mouvement.
Carb. veg. convient principalement après nux vom., lorsque ce médicament, ayant réussi, ne soutient pas son effet; lorsqu'il y a douleur brûlante, pression douloureuse, constante et anxieuse , qui s'aggrave par le toucher; que Je malade éprouve une sensation de contraction et de spasme qui l'oblige à se plier en deux, lui arrête la respiration , et qui augmente en se couchant; qu'il y a fréquemment coïncidence d'aigreurs et de nausées ; que la seule idée de manger donne du dégoût ; constipation.
Cale. carb. convient dans les douleurs chroniques, ou lors-
que bell. n'a eu qu'un effet temporaire; s'il y a douleurs pressives, sécantes, compressées, spasmodiques, pinçantes et resserrantes avec sensation anxieuse; le malade souffre davantage après avoir mangé ; il vomit quelquefois ses aliments ; ou s'il y a aggravation la nuit, lorsque la douleur augmente par une pression extérieure, particulièrement chez les femmes dont les menstrues sont ou étaient abondantes , ou chez les individus qui ont été sujets aux épisiaxis. Une goutte de p/wsph. sur du sucre est utile dans les fortes pressions d'estomac qui sont provoquées par le jeûne ou qui augmentent par le manger.
Sep. sera ulile après puis., si les douleurs sont dues à une suppression ou à la difficulté des règles : il est indiqué dans les souffrances qui ont lieu après le repas , accompagnées d'une grande pression de l'estomac, et d'une douleur brûlante dans l'épigastre.
Stapk. est bon dans quelques cas et particulièrement lorsque vers le creux de l'estomac il y a une pression aiguë et tensive qui quelquefois gêne la respiration, mais dont on est soulagé en ployant le corps en avant. Lorsque la douleur se caractérise par une véritable tension et s'étend jusque dans la région ombilicale , et que par la pression la plus légère il se développeaine extrême sensibilité de l'estomac, avec respiration courte, anxiété et nausées, stann. sera ici parfaitement approprié.
Plat, conviendra dans les spasmes d'estomac des femmes, particulièrement aux époques menstruelles, et surtout si les règles sont à la fois abondantes et de longue durée.
Inflammation de l'estomac. — Voyez pi US bas Inflammation du bas-Y entre.