PREMIÈRE PARTIE THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE
§ I. — Objet de la médecine domestique.
Deux opinions opposées, également exclusives, ont été professées au sujet de la médecine domestique .Les, uns ont voulu en faire un guide pou?' traiter soi-même les maladies (1) ; les autres y ont vu une erreur et un danger. Pour les premiers la médecine domestique est tout; elle n'est rien pour les seconds.
La vérité se trouve entre ces extrêmes. Si l'on veut entendre, en effet, par médecine domestique un ensemble de recettes à l'aide desquelles il serait possible de se passer de médecin, on poursuit une chimère et on court le risque de nuire en inspirant une sécurité illusoire, l'art de guérir exigeant chez celui qui l'applique des notions spéciales, fruits d'études constantes et assidues. Mais si l'on réserve ce titre à un ensemble de préceptes capables de faire des
(1) Prost-Lacuzon , Formulaire pathogénétique usuel -, ou guide homœopathir/ue pour traiter soi-même lus ??ialadies. 3° édition. Paris 18GC.
2 THERAPEUTIQUE GENERALE.
malades et de ceux qui les entourent des aides intelligents, des auxiliaires éclairés, on poursuit un but utile et facile à atteindre, on répond à une tendance instinctive de notre nature, l'homme cherchant toujours un conseil et un soulagement quand il est en présence d'un danger ou d'une douleur. Le but de {^médecine domestique ainsi défini, on comprend comment celle-ci devient une nécessité pour la pratique, le médecin ne pouvant toujours être à portée de son malade et à même de parer aux mille éventualités qui se présentent dans le cours d'un traitement, de sorte que le malade lui-même ou ceux qui l'entourent doivent parfois agir en attendant son intervention, et cela quel que soit le système auquel on sacrifie.
Faut-il alors laisser errer à l'aventure la bonne volonté de chacun? Personne ne le soutiendra assurément; mais la nécessité de certaines notions sera plus étroite encore pour l'homœopathie que pour la médecine traditionnelle.
Hahnemann (1) ayant, en effet, posé des principes thérapeutiques différents de ceux qu'on avait suivis avant sa découverte, le traitement homœopathique ne pouvant s'allier, en aucune circonstance, avec les moyens ordinairement employés, on comprend de quelle utilité il peut être pour le malade et pour le médecin que des agents convenables soient donnés dès le début du traitement. Autrement mille difûcullés surgissent et l'on perd un temps précieux.
Qu'un enfant, par exemple, habituellement traité par l'homœopathie, soit pris tout à coup, au milieu de la nuit, d'une de ces toux rauques, sèches, métalliques qui font penser au croup; si les parents effrayés ne savent quel
(1) Hahnemann, Exposition de la doctrine homœopathique ou Organon de l'art de guérir, trad. de l'allemand par A. J. L Jourdan, avec des commentaires, par le Dr Léon Simon père, 4e édition. Paris, 185G.