SECOURS RELIGIEUX
« enlèvera avec les duvets d'une plume ouïes doigts les mu- « cosités qui obstruent la bouche, on fera prendre quel- « ques cuillerées d'eau fraîche ou de vin sucré, on éloi- « gnera de lui les cris déchirants qui pourraient le tirer « de son assoupissement et lui faire entrevoir sa posi- « tion. »
C'est à ce moment surtout que l'intervention du prêtre devra être sollicitée par le médecin lui-même, s'il n'a été, avant, l'objet des soins de la famille ; car alors que lascience est vaincue, la religion bénit encore celui qui souffre et soutient ceux qui pleurent. Lorsque nous ne pouvons préserver le corps de la corruption du tombeau, nous devons tout faire au moins pour sauver une âme.
Mais à quels signes reconnaîtra-t-on que le danger est aussi éminent? M. de Saint-Vincent a pris soin de les indiquer. Il dit lui-même : «. Bien qu'en général le médecin « seul soit apte à juger de la gravilé d'une maladie, il est « pourtant nécessaire que les personnes intimes soient « averties des dangers qui menacent le malade et de sa fin « prochaine. À part les intérêts de famille, il y a des conte sidérations de l'ordre moral et religieux qu'il ne faut « point négliger.
a Le pronostic, ou prédiction de l'issue de la maladie, « dépend de la maladie elle-même, de l'âge et de la force « du sujet. » Quant aux signes qui annoncent l'agonie ils sont fournis par , « : 1° l'habitude extérieure du corps ; 2° la face ; 3° la poitrine (circulation, respiration); 4° l'abdomen ; 5° l'innervation ou fonction du système nerveux ; 6° les sueurs. »
Une agitation qui porte les malades à changer de place à chaque instant, à se lever, à jeter les jambes de tous côtés, l'impossibilité de rester autrement que sur le dos, de sorte qu'ils retombent toujours dans cette position quand on les place sur le côté ; l'action de se
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laisser glisser au pied du lit, la contraction des doigts et des mâchoires, un mouvement continuel des mains par lequel le malade pelotonne ses draps et semble vouloir saisir des objets flottants autour de lui, sont des signes extrêmement graves.
En même temps la face est pâle et terne, les yeux se creusent, le nés se pince et devient froid, le pouls acquiert une fréquence extrême, est très-petit et bientôt insensible; une sueur froide, quelquefois cbaude, toujours gluante, inonde le corps, l'air expiré est froid, les mucosités obstruent le larynx, le râle se fait entendre.
Lorsque tous ces signes apparaissent, que le malade ait perdu connaissance ou qu'il conserve encore l'usage de son intelligence, il faut craindre, car la mort est proche et la médecine est désormais sans puissance.
§ 5. — Renseignements à fournir au médecin.
11 y a encore dans le cours d'une maladie une difficulté à vaincre : c'est de savoir renseigner le médecin. Lorsque ce dernier peut observer lui-même ce qui se passe, il dirige par ses questions les assistants et le malade lui-même ; mais lorsqu'il est au loin, les choses ne sont pas aussi simples. Or, c'est seulement pour les personnes éloignées de leur médecin que ce livre est écrit; des renseignements détaillés sont donc ici nécessaires.
S'agit-il d'une maladie aiguë ? il faut noter d'abord le récit du malade, indiquer avec soin l'ordre de succession des symptômes qui se sont produits, et les causes auxquelles on croit pouvoir rapporter les souffrances actuelles ; puis faire un tableau détaillé de tous les symptômes existants avec les conditions sous lesquelles ils augmentent ou diminuent. On commence toujours parles symptômes généraux : fièvre, courbature, puis on passe en revue tous les organes depuis la tête jusqu'aux extrémités.