SECOURS RELIGIEUX
hors de ces conditions, on doit le tenir aussi propre que possible; ne négliger, chez une femme, aucun des soins ordinaires de propreté, et, chez tous, veiller a ce que la peau ne reste souillée ni par les urines ni parles selles, la malpropreté engendrant des écorchures qu'il importe d'éviter.
Quand le malade peut se lever, on l'assied chaque jour en l'enveloppant avec soin ; autrement on le place sur un lit provisoire pendant qu'on arrange son lit habituel.
«oin» moraux. — Il faut toujours respecter le sommeil d'un malade, reculer même l'administration des médicaments, quand ce sommeil est calme et réparateur.
On sera moins scrupuleux si le sommeil est agile, parce qu'il s'agira d'un symptôme important à combattre.
Un malade ne doit jamais avoir beaucoup de monde autour de lui; il faut autant que possible l'entourer de personnes qui lui soient sympathiques; le calme moral lui étant tout aussi nécessaire que le repos physique.
Il faudra donc l'entourer de soins et de prévenances; mais lui éviter les émotions, qui aggravent si souvent une maladie, la causent même parfois. Un malade doit vivre en quelque sorte loin du monde, de ses agitations et de ses soucis. S'il ne faut pas céder a tous ses caprices ; il convient également d'éviter une perpétuelle contradiction ; précaution indispensable à garder vis-à-vis des enfants et des sujets en délire.
Secours religieux. — EnOn à côté des soins matériels et de l'influence morale, il y a encore les soins religieux, véritable consolation de celui qui souffre, seul moyen de soutenir son courage et sa résignation. « On ne peut nier, < dit le docteur de Saint-Vincent, le puissant effet des con- «solations religieuses; on ne peut nier l'influence du v moral sur le physique. A la campagne, ces consolations « sont souvent mieux entendues qu'à la ville, car aujour- * d'hui presque tous les villages sont pourvus de curés
« qui sont toujours prévenus, directement ou indirecte- « ment, des maladies de leurs paroissiens....
« Dès qu'un individu est indisposé, son curé va le voir, « cause avec lui de son mal, et de ses travaux, l'engage « à appeler le médecin, sert d'intermédiaire entre l'un et « l'autre, surveille l'administration des médicaments, re- « donne la confiance au malade, le courage et la pa- « tience à la famille et procure des soulagements ma- « tériels à la misère, soulagements que son minis- « tère lui permet de demander à celui qui possède «pour donner à celui qui ne possède pas. C'est le curé, a c'est l'instituteur, qui peut faire la. contre-visite du ma- « lade, et c'est à eux que le médecin donnera souvent des « ordonnances pour ce qui pourrait survenir en son « absence» (4).
Dans les villes, fait observer le même auteur, l'action du prêtre est moins directe, son intervention plus difficile, «chez certaines personnes, ajoute-t-il, la présence ce d'un prêtre semble produire de l'effet (2) » Toutes ces remarques sont justes ; mais après vingt ans de pratique médicale, j'ajouterai à mon tour que cette émotion s'efface bientôt et que les consolations du pasteur sont toujours d'un secours puissant qu'il convient de joindre aux prescriptions du médecin .
« Si, pour me servir des expressions du même auteur, cela maladie au lieu d'aller vers la guérison, prend une «marche fatale, si l'on voit apparaître ce triste cortège de «symptômes qui annonce qu'il n'y a plus d'espoir de sau- « ver le malade et qu'on appelle Y agonie, il y a encore des « soins à donner à celui qui va quitter la vie pour entrer « dans l'éternité. On entretiendra un courant d'air près « de lui, on rechauffera ses pieds, on déserrera le cou, on
(1) S'- Vincent, Loc. cit., p. 3S9.
(2) S*- Vincent, Loc . cit., p. 3S8.