TRONC ET MEMBRES
85° Avez -vous, de temps en temps, des douleurs dans le dos, aux reins,
dans les articulations, dans les os ou dans la chair des membres? 86° Quels sont les endroits précis que ces douleurs occupent, les
circonstances qui les provoquent, les sensations qu'elles vous
font éprouver?
87° Avez-vous des glandes engorgées au cou, sous les aisselles, dans " les aines, aux seins, et quelles sont les souffrances que vous
y éprouvez ?
88° Avez-vous des descentes, d'anciennes fractures ou luxations, ou
autres infirmités semblables ?
89° Dans quel état se trouvent vos articulations, aux genoux, aux
coudes, aux mains, aux pieds, et quelles sont les souffrances
que vous y ressentez ?
90° Avez-vous des varices aux jambes, des verrues aux mains, des
cors aux pieds, des infirmités aux ongles des mains ou des pieds ? 91° Transpirez-vous des mains, des pieds, sous les aisselles ou à
d'autres endroits du corps ?
9> Quelle est la température ordinaire de vos pieds, de vos mains ?
§ 6. — Soins à donner pendant la convalescence.
Le convalescent est celui qui cesse d'être malade, dont les forces sont affaiblies, et chez lequel les fonctions, autrefois perturbées, tendent à revenir peu à peu à un état régulier.
Dans cette situation, le convalescent est plus facilement impressionnée par tous les modificateurs externes, d'où une multitude de précautions qu'il faut lui imposer. Les plus importantes se rapportent à V alimentation, et là se trouve un véritable écueil dû à la disproportion qui existe entre les facultés digestives et le besoin de réparation. Alors, en effet, l'estomac est encore affaibli, les digestions sont souvent pénibles, on ne peut donner qu'une petite quantité d'aliments à la fois; malgré cela l'appétit se fait souvent sentir, la vie réclamant tous les éléments nécessaires à la reconstitution des tissus. De là ces mille désirs,
cet appétit impérieux d'un convalescent; de là aussi la sévérité qu'il faut imposer à son régime.
M. de Saint- Vincent a posé sous ce rapport quatre règles essentiellement pratiques :
1° Proportionner la nourriture non à la faim du convalescent, mais à la facilité avec laquelle il digère ;
2° Le faire manger peu et souvent :
3° Mâcher longtemps les aliments avant de les avaler ;
4° Choisir les aliments de la plus facile digestion, et pour cela consulter les habitudes du malade (1).
En général le premier degré d'alimentation est le bouillon de bœuf, rarement le laitage, si ce n'est chez les jeunes enfants; puis les potages au tapioka, à la semoule, au vermicelle, au sagou, au pain qui est souvent préféré et dont la digestion est, en général, facile pourvu'qu'on le fasse bouillir de manière à en faire une sorte de panade.
Puis arrive le poisson léger, les œufs à la coque cuits au goût du malade, mais jamais durs, ensuite la volaille.
La viande noire ne doit être tolérée qu'après avoir fait usage pendant plusieurs jours des aliments précédents. Il faut alors choisir les parties les plus tendres : ûlets pour le bœuf, côtelettes pour le mouton.
Il faut être très-prudent pour le choix des légumes, toujours plus ou moins difficiles à digérer. La purée de pommes de terre, la laitue cuite, les épinards sont à peu près les seuls que l'on puisse permettre.
Les fruits doivent toujours être cuits.
Au reste, le choix des aliments est subordonné à la nature de la maladie elle-même. On sera plus scrupuleux pour la convalescence d'une affection dont l'estomac et les intestins auront été le siège, la fièvre typhoïde par exemple, que pour une inflammation des bronches ou du poumon. On sera plus sévère pour les sujets dont l'estomac
(1) Loc. cit., p. 376.