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CHAPITRE II

REFROIDISSEIIëiWS.

Effets des refroidissements. — Les refroidissements engendrent des souffrances nombreuses et variées : le coryza, la toux, les coliques et la diarrhée, souventla fièvre, ou encore des douleurs dans les dents, les oreilles et les membres. Leurs effets varient suivant la disposition du sujet, suivant aussi la nature du refroidissement : ils ne sont

pas les mêmes quand on a été saisi par un froid sec ou par un froid humide, par un courant d'air ou par la pluie, et encore suivant qu'ils arrivent à la suite d'un temps chaud ou après qu'on a été en sueur, etc.

Comment on les combat. — Le premier soin de celui qui s'est refroidi doit être de se hien sécher, surtout les pieds, en évitant de faire usage de boissons alcooliques toujours nuisibles, et en se bornant à faire un repas léger sans viande et sans légumes de lourde digestion.

Si alors aucune souffrance déterminée n'a paru, il faut boire , en se mettant au lit, un ver^e d'eau froide, et essayer de transpirer, que l'on soit en été ou en hiver, peu importe. Le plus souvent alors on trouvera le lendemain matin que toute trace de l'accident a disparu.

S'agit-il d'enfants auxquels on ne peut faire boire de l'eau froide ou d'un sujet chez lequel on sait que l'usage de cette boisson n'amène pas une réaction suffisante pour aller jusqu'à la transpiration, on remplace l'eau par du lait coupé bien chaud et sucré ou par du thé.

Chez les femmes en couches, Chamomillu suffit à ramener la sueur; si c'est à la suite d'un coup d'air qu'il leur survient des douleurs de tête, surtout du côté droit, ou bien quand elles souffrent à la nuque pour avoir pris froid en se levant ou en se découvrant, il faut leur donner Belladona; si la douleur occupe l'épaule et qu'elle soit venue après avoir porté l'enfant, Rhus est préférable; mais si la douleur ressemble à un battement ou à un élancement, Bryonia ou Spigdia sont mieux indiquées, surtout si la douleur occupe le côté gauche du corps; Bryonia quand elle s'étend à la mâchoire inférieure, au bras et à la poitrine, Spigelia si elle occupe la tempe, l'œil, la mâchoire supérieure ou la région du cœur. [Tous ces médicaments doivent être donnés à intervalles rapprochés, une cuillerée de trois en trois heures jusqu'à soulagement.]

Les hommes robustes et les femmes vigoureuses qui

après s'être mis en sueur pardes exercices violents se sont refroidis, peuvent seuls boire le soir, en se couchant, de l'eau sucrée chaude avec addition d'uu peu d'eau-de-vie. Si un médicament leur devient nécessaire à cause de violentes douleurs dans la tête, il faut leur. donner Glonoin. [Aconit me paraîtrait préférable.]

Refroidissement avec -sentiment «le roideur #éné-

raïe. — Ilarrive parfoisen hiver qu'après^avoir été longtemps soumis à l'humidité, ou éprouve un sentiment de roideurgénérale. Onrpeut,dans ce cas, seborner.àtboire en se couchant une tasse de café noir, et si pendant la nuit la douleur ne cessepaset quelle sommeil soit impossible ,. on prend Nux vomica.

Refroidissement arec douleur de tête. — Quand, pendant l'hiver, des enfants, après s'être mis en sueur par leursjeux, viennent à se refroidir ou à se mouiller les pieds, et qu'il en résulte de la douleur de tête-avec chaleur brûlante au front, rougeur des yeux, pouls très-fréquent, gonflement des veines du cou , on peut donner Glonoin [ou mieux Aconit]. Glonoin convient même quand le petit malade se plaintd'avoir la tête trop grosse, demande qu'on la lui soutienne en comprimant le front, ou quand il divague. Bdladona et Sryonia doivent souvent. succéder à Glonoin ou<à V Aconit.

Refroidissement aTecflouleur -Ae tête. — Quand, àla

suite d'un refroidissement, la sueur s'est brusquement supprimée et qu'il en est résulté des douleurs dans la tête, .les oreilles, les dents ou le bas ventre, Chamomilla les fait promptement cesser; Rhus lui serait, préféré si ces douleurs occupaient les oreilles.

Refroidissement par la pluie. — Lorsqu'on a été surpris par la pluie pendant qu'on était en sueur, etqu'onaété refroidi, il fau t prendre /?/W, elBryonia siBhus ne suffitpas.

Refroidissement par changeaient de température.

— Belladona convient. lorsqu'à la-fin d.e l'été ou pendant

un hiver doux, la température passe subitement au froid et que tout Je monde souffre de ce brusque changement, tandis que Nux moschata convient mieux, surtout aux enfants, aux femmes délicates et aux hommes peu robustes, si le froid a été longet humide.

Rhume de cerveau. — ! Quand, aprèsavpir eu les pieds mouillés, on contracte unrhume de cerveau, il faut prendre Cepa [ou mieux1 Pulsatilla], Rhus quand il s'agit de toux et de douleurs dans les membres. Pour les autres souffrances qui pourraient survenir en pareil cas, on aurait recours à Clnim.omilla, Puhatilla, Mereurius solubilis.

Suppression de la sueur «les pieds. — Cvprum et Sllicea seront très-utiles quand une sueur habituelle des pieds aura été supprimée. Si ces médicaments ne suffisent pas, on essayera d'un bain de pieds sec que Ton préparera de la manière suivante : on prendra du son ou de l'avoine que l'on fera chauffer dans un four, puis on en étendra une couche assez épaisse au fond d'un baquet. Le malade posera ses pieds sur cette couche même et on lui versera tout le reste du son ou de l'avoine jusqu'à ce qu'il en ait jusqu'au-dessus de la cheville. Il faudra que la température soit aussi élevée qu'on pourra la supporter. On laissera les pieds dans ce baquet pendant une demi-heure environ.

On pourrait encore, dans les mêmes circonstances, si l'on n'avait pas de son ou d'avoine, se borner à faire chauffer deux briques que l'on saupoudrerait de sel et sur lesquelles le malade placerait ses pieds. [On comprend que ces moyens ne peuvent être utiles que pour une sueur supprimée depuis peu. Quand l'accident est ancien, les effets sont plus profonds et il faut un traitement interne et prolongé.]

Conduisions. — Enfin, il arrive parfois que des enfants se refroidissent seulement parce qu'on leur a coupé les cheveux, et qu'alors éclatent tout à coup chez eux des

syncopes, des spasmes, même des convulsions; il faut alors donner Glonoin, même quand il y a afflux du sang vers la têle, chaleur au front, rougeur du visage, frayeur ou anxiété; Belladona quand au sentiment de frayeur se joignent des pleurs incessants ; Chamornilla, si l'enfant est tourmenté par la dentition; Belladona, Bryonia, Glonoin ou Puisât Ma, s'il se plaint de fortes douleurs de tête. [Il est rare que des accidents aussi graves se produisent sous l'influence dJune cause aussi légère. Le plus souvent il ne s'agit que d'une coïncidence. Un enfant est pris de méningite et, comme il a eu les cheveux coupés depuis peu, on rapporte à ce l'ait le développement de la maladie; c'est une erreur. Il ne faudra donc pas alors s'en laisser imposer par la cause apparente pour choisir son médicament, mais recourir au chapitre où il est question de la maladie elle-même.]

Lorsqu'une maladie éruptive a été entravée par un refroidissement et que l'éruption a brusquement disparu, il faut la rappeler en donnant Ipéca, une cuillerée toutes les deux heures. Si ce médicament ne réussit pas, on choisira entre Bryonia, Pulsatilla, Nux moschata, Sulphur, en tenant compte de l'espèce d'éruption qui est rentrée.

Nous n'avons étudié, jusqu'ici que les formes morbides générales auxquelles un refroidissement peut donner lieu; mais souvent l'effet des changements de température est mieux précisé. On observe alors :

1° i^e Coryza. [Rhume de cerveau]. — On le combat avec Pulsatilla quand il y a perte du goût et de l'odorat ; avec Belladona quand le malade accuse de la chaleur à la tête et aux yeux, et des douleurs dans le nez ; avec Nux vomica ou Ipecacuanha lorsque les narines sont complètement bouchées. Enfin un coryza contracté au bord de la mer, sous l'influence d'un vent violent, et qui occuperait surtout le côté gauche, s'aggraverait le soir et dans la chambre, tandis qu'il serait soulagé au grand air, mais

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causerait du mal de tête, du larmoiement et un sentiment de chaleur générale, devrait céder à Cepa.

Lorsque l'écoulement du nez s'arrête, que le malade se sent abattu, disposé à pleurer, surtout s'il est plus souffrant dans l'après-midi, il faut lui donner Pusatilla. S'il est au contraire plus mal la uuit ou le matin, et qu'au lieu d'être abattu, il se trouve excité, impressionnable, impatient, il faut lui faire prendre China. Belladona convient quand, à la suite de la brusque suppression du coryza, survient de la douleur surtout au-dessus des yeux, principalement du côté droit, avec rougeur du visage ; tandis que, si le visage est pâle et la douleur localisée sur le côté gauche, c^est Spigelia qu'il faut choisir.

2° Toux. — Elle existe seule ou accompagne le coryza. On la combat avec Nux vomica, quand elle est sèche, Ipéca si elle donne lieu à des elîorls de vomissement; Carbo vegetabilis quand elle est creuse et produit le vomissement ; Chamomilla, surtout chez les enfants et en hiver, lorsque l'expectoration est glaireuse ; Dulcamara et Pulsatilla, si la toux est grasse. La toux reparaît-elle sous l'influence de l'air froid, il faut donner Acidum phosphoricum, et si elle reparaît creuse et fatigante dès que le malade met une main ou un pied hors du lit, Bepar sulphuris; si, au contraire, elle augmente dès qu'on est couché et par la chaleur du lit, il faut préférer Nux moschata.

Lorsque la toux est provoquée par l'impression de l'air froid, et qu'elle est alors spasmodique, accompagnée de vomissements ou d'une expectoration sanguinolente, il faut donner Bryonia, laquelle convient encore quand le malade se plaint d'élancements dans les côtés, de douleurs sous les côtes, à la tête, la toux étant déterminée parunesensationde chatouillement dans la gorge et suivie d'une forte douleur d'écorchure dans la poitrine, le pouls étant dur et fréquent; et si le pouls est plus mou, la douleur de plaie dans la poitrine étant permanente, s'il y a une

douleur brûlante et non des élancements, et si le malade se plaint d'oppression et de 'battements de cœur, c'est Carbo vegetabilis.

3° Oppression. — Lorsqu'à la suite d'un refroidissement, un malade est pris d'étouffements allant jusqu'à la suffocation, il faut lui donner Ipéca, le -répétant toutes les beures, toutes les demi-heures, s'il est nécessaire ; et Arsenic si 1'/peca ne soulage pas au bout de 2 à 3 beures. Il faut recourir souvent aux médicaments qui seront indiqués plus loin, à l'article oppression, surtout à Nux vomica et à Cuprum ; à Sambucus quand l'oppression semble venir de la -gorge comme dans une esquinancie, et à Koùli carbonicum quand l'accès de suffocation est porté à son paroxysme. [Ces-médicaments doivent être donnés à des intervalles très-rapprocbés, tous les quarts d'heure en commençant; on éloigne les doses à mesure que l'amélioration se manifeste.]

4° Nausées. — Les nausées et les vomissements qui viennent à la suite d'un refroidissement contracté dans le cours d'une fièvre éruptive cèdent h Y Ipéca répété, s'il est nécessaire, toutes les deux ou trois heures. Lorsque ce médicament ne sufOt pas et que les matières vomies :sont acides, amères, et rendues après de nombreux e'fforts sans résultat, il faut donner Belladona ou Dulcamara, celle-ci quand les vomissements sont glaireux et filants. Cocculus convient lorsqu'il y a de fortes nausées, augmentant par le mouvement, après avoir parlé ou mangé, pendant la promenade ou aussitôtaprès le réveil; Arsenic quand lemouvementaggraveles souffrances et que cependant le malade ne peut rester en place, se sent faible, est tourmenté par la soif sans pouvoir néanmoins garder aucune boisson. Si des crampes se joignent aux nausées, il faut faire prendre Cuprum.

S'il arrive que les fonctions digeStives aient été troublés par un refroidissement contracté après avoir mangé des aliments trop gras, de la viande de porc, de la pâtisse-

rie, etc., il fautrecourir à Pulsatilla^ surtout si les accidents sont plus graves l'après-midi, le soir et la nuit, qu'il y ait des borborygmes continuels, ou que le ventre soit sensible au toucher. Ce médicament convient aussi aux femmes enceintes, quand elles se plaignent de coliques semblables aux douleurs de l'enfantement.

5°B,a diarrhée. — Lorsqu'elle arrive aussitôtaprês que le refroidissement a été contracté, il faut donner O/num : quand ce médicament ne suffit pas et que la diarrhée se manifeste seulement quelque temps après l'action du froid, même au bout de vingt-quatre heures, Dulcamaraest préférable, surtout quand il y a'beaucoup de coliques ou d'autres douleurs. Ferrum convient si la diarrhée est sans douleur, les selles arrivant le matin pour cesser dans l'après-midi, ou bien durant toute la journée pour diminuer et même cesser pendant la nuit. Au contraire, quand l'aggravation survient après minuit et vers le matin, Phosphores doit être prescrit de préférence.

La diarrhée peut être produite;par l'usage de la glace et de l'eau glacée; j'en indiquerai le traitement au chapitre iv. (Yoy. influence des boissons).

La diarrhée survient encore à la suite d'un refroidissement contracté par un temps chaud, le corps étant en sueur, ou pour avoir bu de l'eau froide dans cet état. Dans ce cas, Bryonia convient s'il y a chaleur à la tête, coliques avant les selles ou seulement douleur excitée par la pression au ventre et au creux de l'estomac, selles contenant des aliments non digérés. Si les selles ne s'accompagnaient pas de douleurs et qu'elles fussent composées d'une eau infecte et d'aliments non digérés, il faudrait donner China. Nux vomica convient quand il y a expulsion d?une grande quantité de vents, tranchées autour du nombril et tônesme pendant les selles- qui sont composées de glaires et de sang, grande faiblesse, et quand le malade a absorbé beaucoup de boissons chaudes. Lorsque les selles sont acres, exclusivement

composées de glaires et de sang, il faut faire prendre les médicamenls indiqués pour la dysenterie ; si elles sont moins irritantes, mais que la maladie ait une marche plus lente, il faut choisir Sulpkur.

China convient encore à la diarrhée acre, claire, brunâtre et causant de la brûlure à l'anus, les coliques étant violentes, spasmodîques et pressives, et se faisant sentir surtout avant la selle. Lorsque les douleurs crampoïdes paraissent s'étendre des fausses côtes droites aux fausses côtes gauches et sont assez fortes pour anéantir le sujet qui devient très-frileux, la langue étant couverte d'un enduit blanc, l'haleine exhalant une mauvaise odeur, et une céphalalgie violente venant sejoindre à tous ces symptômes aussitôt après le déjeuner, et rendant le malade somnolent pendant toutle jour, il faut prendre Nux vomica.

Si les coliques sont très-violentes, déchirantes, tortillantes, comme si les intestins remuaient, et assez fortes pour porter le malade à s'agiter en tous sens; quand le malade croit sentir une grosse boule remuant dans le côté, ou bien quand le ventre semble être tout à fait creux, avec nausées et vomissements, diarrhée aqueuse, muqueuse, verdâtre, ayant l'odeur d'œufs pourris, il faut administrer Chamomilla.

Quand le refroidissement a été produit par l'air frais du soir, les selles étant vertes, aqueuses et précédées de douleurs pressives avec tendance à la syncope, les douleurs ayant le caractère de tranchées dans le bas ventre et de pression à l'épigastre, avec un besoin constant d'évacuations, borborygmes, pincements au creux de l'estomac, déchirements dans le bas ventre, sensation générale de froid, nausées, tremblements, frissonnements, il faut faire prendre Mercurius solubilis.

6° .Douleurs. — Le froid engendre des douleurs nombreuses, variables quanta leur siège et quant à leur nature. Quels que soient leurs caractères, il faut leur opposer

Coffea du moment où elles portent aux pleurs, causent l'irritabilité et l'insomnie.

Si elles sont plus vives encore et qu'elles mettent le malade hors de lui, il faut recourir à Chamomilla. S'aggravent-elles à l'air libre et froid pour diminuer à la chaleur de la chambre, et le malade présente-t-il un caractère changeant, Nux ?noscha(a doit être préférée.

En tenaut compte du siège de la souffrance, on trouvera :

a. Mouleurs de tête. — Quand elles sont violentes, avec afflux du sang vers le cerveau, qu'elles augmentent en marchant, en montant, presque à chaque pas et par la moindre secousse, Belladona sera indiquée. Elle conviendra encore lorsque, sous l'influence d'un courant d'air, le malade se plaindra de battements dans la tête,. qui lui semblera être sur le point d'éclater. Dulcamara est indiquée par une douleur pressive occupant une place circonscrite et accompagnée de bourdonnements d'oreilles avec dureté de l'ouïe; Nux mosekata, si le malade prétend que le cerveau remue et frappe à chaque mouvement contre les parois du crâne; surtout si la douleur augmente après le déjeuner ou même à la suite de chaque repas, s'accompagnant de vertiges et de somnolence.

Si la douleur de tête, née sous l'influence d'un courant d'air, semble être extérieure, il faut donner Nux vomica, et Belladona quand elle paraît être interne. Si elle a paru après un bain et que Belladona n'ait rien fait, il faut recourir à Antimonium crudum ou à Bryonia, s'il y a, en même temps, des nausées et des vertiges, du malaise du côté de l'estomac, malaise augmenté par la fumée de tabac.

b. ©oulfurs des yeux. — Elles cèdent en général aux médicaments qui seront indiqués plus loin. (Y oy .Maladies des yeux); toutefois, lorsqu'un refroidissement en est la cause, Dulcamara suffit le plus souvent.

Si la douleur est violente et accompaguée de chaleur,

d'inflammation, avec écoulement de larmes brûlantes et acres et crainte de la lumière, il faut donner Belladona. Si ce médicament ne suffît pas, Mercurius sol u (ni h devra lui succéder; Hepar sulphurls, viendra en troisième lieu, lorsque Je mercure n'aura pas produit une guérison complète.

Si la douleur est moins vive, qu'elle se traduise par un sentiment de gène en fixant les objets et en lisant, qu'il y ait comme des éclairs devant les yeux, et aussi lorsque le malade est pris de douleur au moindre refroidissement, il faut donner d'abord Dulcamara et ensuite Sulphur ; et lorsque ce dernier médicament ne suffit pas, ou que le malade en a déjà fui t usage, il faut donner Calcarea. [Les symptômes ayant ici moins d'a.cuïté , il faut administrer ces médicaments, comme il a été indiqué pour les maladies chroniques p. 34.]

c. Douleurs d'oreilles. — Dulcarnara convient encore ici quand les douleurs sont accompagnées de bruissement et de surdité. Si elles reviennent peu de temps après et que ce médicament ne suffise pas,, il faut passer à Sulphur. Enfin Bryoaia serait indiquée, même s'il s'agissait d'une surdité survenue après un refroidissement et durant depuis plusieurs années.

Les violentes douleurs d'oreilles qui paraissent chez les enfants après un refroidissement cèdent Je plus souvent à jRhus.Si la douleur extérieure est déchirante tandis que celle ressentie à l'intérieur est lancinante, l'oreille étant sèche et le malade très-irrité, il faut préférer Ckamomilla, QnNux vomica quand la sensation est à la fois lancinante, déchirante et pressive. Si le malade a un caractère tranquille et pleureur, que l'oreille soit humide ou même le siège d'un véritable écoulement, ou encore rouge et brûlante, la douleur déchirante et pulsative se faisant sentir jusqu'au visage, il faut donner Pulsatillay ei Mercurius solubilis, si, en outre delà douleur déchirante et des élan-

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céments, le malade se plaint de violents bourdonnements, l'oreille externe n'étan.t ni rouge ni chaude, mais excoriée par le pus qui s'écoule et qui est mêlé de sang, les glandes du cou et celles qui sont en avant de l'oreille étant engorgées. Enfin, quand le Mercure ne sufût pas complètement et qu'il laisse subsister de la rougeur, de la chaleur et des démangeaisons, plus des élancements qui surviennent quand on se mouche, avec une sensation de brufssement et de battements, il faut donner Hepar. S'il restait ensuite un peu d'écoulement de pus avec bruissement et chaleur dans l'oreille, il faudrait prescrire Sulphur.

d. Mal fie «le uts. — Il cède en général à Chamomilla, Rhus ou Nux moschata. S'il revient au moindre refroidissement, il faut lui opposer China, Mvrcurius et, en dernier lieu, Sulphur. (Voy. Maux de dents.)

e. Mal de gorge. — Il disparaît le plus souvent sous l'influence de Belladona^ Dulcamara, Sulphur et Mercurius solubilis. Belladona, quand il vient après avoir bu de l'eau froide, Dulcamara, quand il est le résultat de refroidissements successifs.

Sila gorge parait être ultérieurement sèche et brûlante, que le malade ne puisse avaler que très-difficilement, ce qui le force à saliver sans cesse, que le gonflement des amygdales cause une vive douleur en parlant et en avalant, que la difficulté-de la déglutition le porte à cracher sans cesse, et cause de l'oppression au point qu'il craigne d'étrangler, que par suite de l'étroitesse du gosier, les boissons lui reviennent par le nez, et qu'il soit très-irritable, il faut donner Belladona [à intervalles rapprochés, toutes les deux heures], et si elle ne soulage pas rapidement, passer à Sulphur [que l'on ferait prendre delà même manière]. Si la douleur est extrême, la langue paraissant être paralysée, et qu'il survienne une sueur infecte qui ne soulage pas, il faut prescrire Dulcamara, sur-

tout si le sujet s'emporte facilement. Si ces médicaments ne suffisaient pas, il faudrait recourir au Mercure ou à quelqu'une des autres substances indiquées plus loin. (Voy. Maladies delà gorge.)

f. Mouleurs dans les membres. — Lorsqu'elles surviennent à la suite d'un refroidissement et que les parties malades sont le siège d'une agitation qui porte le patient à les remuer sans cesse, lorsqu'en même temps il lui semble qu'elles reposent sur un lit trop dur, ou encore quand le membre semble être engourdi ou luxé, les douleurs augmentant pendant la marche et à la première secousse, jusqu'au point d'arracher des cris, lorsque la sensibilité est telle que le malade ne peut supporter qu'on marche autour de lui dans la chambre, qu'on lui parle haut, qu'on s'approche trop près ou qu'on le touche de la main, il faut donner Arnica, ou Aconit s'il y a beaucoup de fièvre. Ce dernier médicament ne doit pas être continué pendantplus dedeux heures après lesquelles on en viendra à Y Arnica. On se trouvera même bien quelquefois d'alterftercesdeux substances, seulement il faudra toujoursavoir le soin de commencer par V Aconit. Si ces deux médicaments ne suffisent pas, on les remplacera par quelqu'un de ceux qui seront indiqués à l'article Rhumatisme.

Lorsque la douleur augmente pendant le repos, la nuit, amenant du froid et une sensation de paralysie des membres, s'il y a gonflementpâle ou douleur brûlante au pied, ou gonflement avec rougeur du gros orteil avec roideur de la nuque, sécheresse de la peau, sueur de mauvaise odeur et qui ne soulage pas, il faut prescrire Dulcamara, et Mercurius, quand la Douce-Amère reste sans effet.

Quand la douleur reparaît au moindre refroidissement, avec grande appréhension, pour le malade, de l'approche de ceux qui l'entourent, ou aggravation par le fait seul de la déglutition, si la douleur augmente dans la chambre et diminue par le mouvement au grand air, le gros orteil

étant gonflé et faisant éprouver des douleurs déchirantes, brûlantes et pulsatives, il faut choisir Acidum plwsphoricumSi c'est le genou qui est gonflé ou qu'il existe de véritables nodosités aux doigts et à la main, on donne Sulphur et ensuite Calcareacarbonica.

g. Fièvre. — Quand elle est accompagnée d'irritabilité et d'impatience avec dégoût pour les aliments et les boissons, malaise général, disposition au froid ou alternative de frissons et de chaleur, il faut que le malade se mette de .suite au lit et prenne Nux vomica, deux ou trois doses à trois heures d'intervalle. Chez les enfants, et lorsque le sentiment de chaleur agace le malade et l'agite, il faut donner Aconit. Quant à la boisson, on peut faire prendre ou de l'eau froide ou du lait chaud ; on voit alors, en général, la sueur s'établir, et en vingt-quatre heures tout est remis en ordre.

Lorsque ces médicaments ne sufflsent pas, il faut choisir entre Bellad., Chaînant., Dulcam., Ignalia, Pulsatilla, en se laissant guider par les indications que l'on trouvera à l'article Fièvre intermittente.

Les affections qui naissent sous l'influence d'un refroidissement peuvent présenter encore quelques caractères généraux, importants à^consulterpourle choix des médicaments.Si la maladie est de nature inflammatoire, très-douloureuse, il faut choisir entre Co/fea, Aconit, Ckamomilla, Rhus, Nux Vomica, Pulsatilla, Belladona ou Colocynthis ; quand elle est moins douloureuse, il faut songer à Dulcamaraetklpeca. Lorsqu'elle affecte une marche lente, se rapprochantde celle des maladies, chroniques, qu'elle revient souvent, et surtout lorsque le malade a fait auparavant abus de mercure : Carbo veget. ou Sulpkur sont indiqués, et après eux Silicea ou Hepar, que les premiers aient ou non réussi. —Quand les souffrances ont paru à la suite d'un bain, il faut songer à Nux moschata, Antimonium crud., Bryonia ou sulphur, et si l'on n'est consulté que

IlÉuiNG, — Méd. hom. g

quelques semaines après l'accident, à Carbo vegetabilis et à Calcarea.

Si le malade ne peut parvenir à suer, il faut conseiller Chamomilla, ou China,, Arsenic Q\i>Siliceoy même Hepar Snlplmris, quand les symptômes l'indiquent.

Lorsqu'au contraire les sueurs sont trop abondantes, Mercurius est le premier médicament auquel il faille songer; on donne ensuite, suivant les symptômes, Phosphori acidum ou Carbo vegetab., Sulphar, Repar sulphuris ou S épia.

Quelques sujets sont très-impressionnables au froid. On diminuera cette fâcheuse disposition en. leur faisant boire froid plutôt que chaud, en évitant les liqueurs excitantes et le calé; et comme médicament, en leur donnant, suivant les circonstances, Coffca, Belladona, Nux moschata, Nux vomica, China et Dulcamara, puis, mais en espaçant beaucoup les doses, Silicea, Carbo vegetub., Calcarea carb. On peut, en même temps, faire chaque jour des lotions d'eau froide, sortir chaque jour et par tous les- temps, afin de s'accoutumer à l'action de l'air.

Lorsqu'on a grand peur du froid, et que cependant on se sent plus mal. dans une chambre chaude, on doit prendre Apis; et quand on a un grand désir d'aller à Fair, mais qu'on ne peut le faire sans gagner un rhume de cerveau, il convient de donner Cepa.

Ceux qui ne> peuvent, malgré ces précautions, s'accoutumer au froid, et auxquels le plus petit courant d'air frais donne un frisson, doivent prendre Nux vomi ca ou Chamomilla; Arsenic, si l'air froid aggrave toutes les douleurs; enfin, lorsque le refroidissement est local, n'occupant que les mains ou le nez, et qu'on n'a pas en sa possession d'autres ressources, il sera encore possible de se mettre à l'abri, en frottant les parties aussi susceptibles avec de la teinture de camphre. Quand les engelures sont déjà formées, il faut recourir aux médicaments que j'indiquerai

plus loin (Y .Engelures). Si le moindre courant d'air rend malade, et que les médicaments précédents ne suffisent pas, on peut encore guérir avec Bryonia, od Rhus, Nux moschata, Veratrum ou Mercurius, ou, quand ils ne suffisent pas, Carbo vegetabilis ou Calcareacarb. Si le moindre vent ne peut être supporté, Carbo vegetab., et si ce sont les courants d'air qui paraissent nuisibles, Bellad., Sulphur, Silicea ou Calcarea doivent être prescrits successivement, en les séparant chacun par des intervalles de cinq à six semaines. Si c'est le froid humide ouïes tempêtes qui fontsouffrir, tandisque la chaleur extérieure soulage ; c'est TV ux moschata, et Mercurius quand la chaleur aggrave les souffrances.

Certaines personnes ne peuvent supporter l'air du soir; il faut leur donner, suivant les symptômes, un des médicaments précédemment indiqués ou Sulphur, ou encore Carbo vegetab. Quand l'humidité rend malade, il faut donner Dulcamara, Nux moschata, Rhus ou Veratrum, et plus tard, Carb. vegetab. ou 'Calcarea; enfin, si la poitrine est l'organe qui souffre sous, ces influences , Dulcamara ou Car b. vegetab.

Les personnes qui souffrent par Porage doivent prendre Bryonia suivie de Silicea , ou Sulphur donné à chaque tempête. — Ceux qui redoutent les changements de temps prendront Mercurius, Rheum ou Rhus, et si ces médicaments ne suffisent pas, Sulphur et ensuite Silicea. S'il y a passage du chaitd au froid, c'est Dulcamara et parfois Rhus; si -c'est, au contraire, Je passage du froid au chaud que l'on redoute, c'est Carbo vegetab. ou Lachesis; et contre l'effet dutemps humide, Nux 'moschata.

Lorsque le refroidissement a été pris au printemps, Veratrum, Rhus;Carb:vegetab., conviennent le plus souvent; pendant Nié, c'est Bellad., Brijonia, AyUijrwn. crud., ou Carbo vegetabilis ;à l'automne, 'Veratrum, Mercur., Rhus; l'hiver, par le froid sec, Aconit, Bellad., Bryonia, Nux vomica, Chamom. , Sulphur /parfois aussi Ipéca; parle

froid humide, Nux moschata, Dulcamara, Veratrum, Carbo vegetabilis. On doit toujours choisir entre ces médicaments en s'appuytfnt sur les symptômes accusés parles malades, ce qui est le seul moyen de fixer ses préférences dans les cas douteux.

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