CHAPITRE PREMIER
Effets des impressions morales. — Les impressions
morales troublent souvent la santé. Les unes ont une action passagère et superficielle; les autres agissent plus profondément et d'une manière plus durable. Ces impressions ont parfois une action purement secondaire, en ce sens qu'elles ont seulement pour effet de réveiller des souffrances qui existaient antérieurement, mais qui s'étaient assez assoupies pour faire croire à une guérison.
Dans le premier cas, c'est-à-dire lorsque les souffrances éprouvées par le malade sont dues à l'impression morale seule, les médicaments homœopathiques en triompbent aisément; dans le second, ces médicaments soulagent, mais il faut, pour guérir, employer d'autres substances qui soient en rapport avec la maladie elle-même.
Les médicaments curatifs varient en raison du caractère de l'impression morale elle-même.
La frayeur. — Elle a des conséquences funestes immédiates ou tardives. S'agit-il d'une impression agréable, d'une surprise qui n'a rien de pénible , mais cependant saisit, fait trembler, cause même la syncope, ce qui arrive parfois aux femmes et aux enfants, il faut donner Co/fea, que le malade pleure ou seulement pousse des cris.
Hérino. — Méd. bom. 7
Frayeur ordinaire — A la suite d'une frayeur ordinaire causée par un bruit violent et inattendu ou par toute autre impression analogue, on donnera Opium aussitôt après, ou Aconit quand il se sera écoulé plus d'une heure depuis l'accident.
Frayeur avec effroi. — Si à la frayeur se joint un sentiment de véritable effroi, il faut recourir à Opium, si la. tête est chaude et s'il y a un frémissement des lèvres; Aconit sera préférable si la colère se joint à la frayeur; Ignalia, s'il s'agit d'une affliction ou d'un véritable chagrin.
Les effets causés par la frayeur peuvent être beaucoup plus importants encore ; il1 existe alors ou de la douleur au front, des renvois et des vomissements acides, delà faiblesse accompagnée d'e sueur froide ; oubiende l'embarras à la tête avec une sensation de' chaleur intérieure,, de l'anxiété et un sentiment de pesanteur dans le ventre, ou un sentiment de froid général avec; secousses dans les membres, ou tremblement, oppression suffocation avec anxiété, roideur des bras et des jambes, sommeil profond et ronflement bruyant. Dans toutes ces circonstances, il faut donner Opium, une cuillerée à thé tous les quarts d'heure. Si la guérison n'est pas complète au bout d'une heure, surtout s'il arrive qu'à la suite de vomissements ou de petits accès de toux, le malade paraisse' sur le point d'étouffer, le visage devenant bleu, mais sans ronflement, et qu'il s'agisse d'un enfant-, pleurant beaucoup et griffant tout ce qui l'entoure, ou drun adulte ayant du tremblement, de l'anxiété et une respiration sifflante,, il faut préférer Sambucus. Aconit convient, au contraire, s'il y. a suffocation causée par une violente douleur à l'estomac et à la région du coeur.
Frayeur avec crampes. — Quand, à la Suite d'une
frayeur, le malade est pris de crampes, de soubresauts dans les membres, s'il perd connaissance, ne pouvant
plus distinguer aucun objet, tremblant, respirant avec peine , laissant aller ses selles sans s'en apercevoir, Opium, est très-efficace. Si ce médicament ne procure pas une amélioration rapide, il faut passer à lgnatia ou à Glonoin. Ensuite si le visage est abattu et d'une pâleur mortelle, ou alternativement pâle et rouge, qu'il existe de fréquents mouvements convulsifs de la bouche, des soubresauts dans les membres, les doigts étant violemment étendus et écartés les uns des autres, c'est encore Glonoin, et Iynatm s'il y a roideur du tronc.
Frayeur avec convulsions. — Lorsqu'à la suite d'une frayeur les enfants sont pris de convulsions avec cris, tremblement et secousses des bras et des jambes, chaleur à la tê(e, sueur abondante, rougeur du visage, il faut donner Opium, puis Bellidona; mais s'ils deviennent trèspâles, on devra recourir ai lgnatia, et à- Veratrum si le malade a froid et s'il laisse aller ses selles sans en avoir conscience. Aconit sera préférable s'il y a des vomissements et des douleurs d'estomac.
Frayeur avec anxiété. — Opium s'adresse encore à la diarrhée qui survient à la suite d'une frayeur accompagnée d'anxiété ou même de plaisir. Si cette impression se répèle et que le malade soit très-effrayé, il vaut mieux donner Aconit ou Pulsatilla, et Veratrum si ces deux dernières substancesn'ont pasvôritablementsoulagéau boutd'uneheure.
Frayeur avec syncope. -^. Opium s'adresse encore aux syncopes causées par la frayeur. Lorsque, dans ce cas, le malade devient froid, il faut lui jeter de l'eau fraîche au visage, en même temps qu on lui plonge les pieds dans de l'eau ebaude, puis, si l'évanouissement se répète, on fait respirer deux ou trois fois de la teinture de< Camphre.
Frayeur avec congestion à la tête. — Si, à la suite
d'une frayeur, le sang se porte violemment à la tête, il faut d'abord donner Opium; le faire suivre d1 Aconit s'il n'a pas notablement soulagé, et en venir à Belladone si
les accidents se reproduisent au bout de 7 à 8 heures.
Frayeur ayec agitation. — Lorsqu'à la Suite d'une
frayeur le malade reste en proie aune anxiété que rien ne peut détruire, Belladona soulage toujours et guérit souvent.
Frayeur aree» tristesse. — Ce médicament convient encore lorsque, dans les mêmes circonstances, le sujet reste triste et n'a pas la netteté de son intelligence, surtout si le sang se porte à la tête avec violence, et s'il y a des douleurs à la tête et à la nuque, la pupille étant très-large, le visage rouge et brûlant, ou pâle et humide, le nez sec, la gorge étant le siège d'une sensation de constriction pénible, de sorte que le malade ne peut rien supporter autour du cou, s'emporte et tempête sans cesse, s'effraye de choses qu'il croit apercevoir devant lui. Si la gorge reste sensible, que le malade passe son temps à déclamer sur toute chose, parlant beaucoup et racontant sans cesse, Lachesis doit succéder à Belladone. Lorsque ces médicaments ne suffisent pas, que le malade tombe dans l'indifférence et une grande tristesse, qui augmente le soir, alternant parfois avec des accès de rire, ou lorsqu'il professe pour les autres un grand dédain et de la fierté, ou encore lorsqu'il est tourmenté par une anxiété indicible avec crainte de la mort, il faut donner Platina. Ce médicament réussit surtout cbez les femmes, lorsque les règles aggravent les souffrances. S'il arrive que celles-ci diminuent ou s'arrêtent, et que Platina ne suffise pas, il faut faire prendre Pulsatilla. Enfin, lorsque Belladone a été donnée sans succès, le malade restant très-anxieux, s'il devient tremblant et si le sang se porte à la tête au moindre travail, s'il y a de l'insomnie causée par des images effrayantes, les symptômes étant toujours plus marqués la nuit, la chaleur du lit étant insupportable parce qu'elle cause des douleurs de décbirement dans les membres, ce qui force le malade à se lever, à marcher, même à essayer de courir, qu'il
soit très-querelleur, se plaignant sans cesse de tous ceux qui l'entourent, surtout de sa famille, il faut préférer Mercure. peiir# — Elle s'accompagne souvent d'un sentin ont de frayeur subite et d'anxiété; alors les médicaments précédemment indiqués suffisent.
Cependant, s'il s'agit d'un enfant d'un caractère peureux, on pourra lui donner, pour lui faire perdre celte disposition, Aconi t\e soir et Belladone le matin ; Arsenic quand il craint de rester seul, et Pulsatîlla, s'il redoute la présence des gens qu'il ne connaît pas.
Peur avec diarrhée. — Verairum arrête la diarrhée causée parla peur, surtout si le malade a froid et tremble; Pulsatilla convient mieux quand il éprouve une chaleur intérieure en môme temps qu'un froid extérieur, ou encore quand le ventre est brûlant, tandis que les extrémités restent froides; quand la tête seule est brûlante, il faut donner Opium. Si le sentiment de la peur était persistant, et que le malade crût voir partout dans sa maison des morts et des voleurs, Arsenic serait indiqué ; si enfin il existait encore d'autres symptômes, surtout un sentiment de stupeur, l'impossibilité d'avaler, des mouvements convulsifs avec rires mêlés de cris pendant le sommeil, frayeur, sursauts, tendance continuelle à s'enfuir, il faudrait préférer Hyoscyamus.
Chagrin. — Il a des suites bien plus redoutables que les autres impressions morales. Les unes éclatent tout à coup et peuvent être facilement effacées ; les autres ont une durée plus longue, proportionnée le plus souvent à celles des chagrins elle-même. Le point important ici est de trouver Je moyen d'agir directement sur l'état moral ; sans cela les médicaments restent sans utilité et Ton ne peut compter sur leur action.
Chagrin profond. — Ignatia est le médicament réellement spécifique pour les souffrances qui naissent à la suite d'un chagrin profond , mais calme, d'un dépit con-
centré ou de peines plus profondes, que le sujet ne peut surmonter; aussi à la suite d'une affliction calme et résignée causée par des chagrins d'amour ou des pertes d'argent. Ce médicament peut être répété plusieurs jours de suite.
Ignatia convient encore quand il survient des vomissements, des douleurs d'estomac, des maux de tête et des vertiges; s'il ne suffit pas, Phosph. acid. devra lui succéder.
Chagrin a tw insomnie. — Lorsque, à la suite de chagrins profonds et déprimants, le malade éprouve de l'insomnie, surtout s'il arrive que toutes les deux nuits il reste absolument sans sommeil, il faut donner Sulpkur.
Chagrin avec accès épileptiques. — S'il arrive enfin
que le chagrin amène des accès épileptiformes, il faut administrer, en premier lieu, Ignatia. Si ce médicament ne suffit pas à guérir, on donne Opium pendant l'accès., et Acid. phosphoricum le jour suivant.
Chag'i-iniPainaTir.— Lorsque, à la suite de chagrins d'amour, il survient une tristesse profonde, mais calme, il faut la combattre avec Ignatia. On pourra faire prendre Acid. phos. quelques jours après, s'il est nécessaire , surtout si le malade est calme, concentré en lui-même, en proie à une fièvre lente amenant la rougeur du visage. S'il croit être profondément mortifié pour des causes qu'il n'avait pas méritées, s'il en est três-ômuet indigné, Staphysagria est plus efficace.
Phosph: acid. est très-utile à ceux qui souffrent pour avoir participé outre mesure aux souffrances et auxchagrins de leurs amis.
Chagrin p** jalousie. — Quand le chagrin tient à la jalousie, et que le malade parle de choses erronées, et se montre violent, il faut donner Hyoscyamus. >Lachesis convient mieux quand la jalousie rend 'bourru ou malicieux, ou quand on parle de ses craintes à tout venant,.
surtout si les souffrances sont plus fortes au réveil ou après le repas. Enfin, lorsque la jalousie porte à quereller ceux qu'on aime, il faut ire courir à Hyoscyamus.
Chagrin avec trouille de l'intelligence. — Si, à la
suite d'une impression morale, il survient quelque trouble de l'intelligence, il fa ut choisir d'abord entre Bel ladona et Hyoscyamus. Mercurius zi.Platina .pourront être utiles ensuite suivant les circonstances que j'ai indiquées en parlant des suites de la frayeur. Quant aux symptômes, si les objets paraissent plus grands que nature, il faut donner Hyoscyam.; s'ils semblent plus petits, Platlna; si tout paraît trouble., noir, ou si on voit les objets (doubles, Bellad. ou Mercur., et plus tard Sulphvr.
Mal du paye. — 'Quand il s'agit du mal du pays, et que le malade ne peut dormir,, son visage étant chaud et rouge, il faut donner Hyoscyam; siile mieux ne s'est pas produit au bout de quelques jours, surtout si le malade se plaint oVune forte chaleur à la partie postérieure de la gorge, derrière les fosses nasales, Capsicum estindiqué. Drosera serait utile plus tard, dans le cas ou dlsurviendrait tous les matins une petite toux gui dure une demi- heure,. Si le malade maigrit, qu'il ne veuille4 plus .parler, que sa poitrine lui paraisse faible, qu'il soit •somnolent et abattu, concentré en lui-même, ne pensant qu'à sa .douleur et bourru, s'il se plaint de chaleur le soir et de sueurs abondantes le matin, s'il refuse de mangera cause de pesanteur à l'estomac, et qu'il conserve longtemps le goût des boissons, c'est Acid. pkosp. qu'il faut prescrire. S'il est, au contraire, excité, tremblant, agité, anxieux, la nuit surtout, qu'il ifrissonne souvent le jour et transpire toute la nuit, itiercurius est préférable.
Chez les femmes, lorsque la colère ou la frayeur, l'anxiété ou la crainte liées à la colère, ont ramené les règles trop tôt, celles-ci étant revenues trop fort et avec beaucoup de souffrances,, et aussi lorsque les mômes impressions
Ue DES CAUSES LES PLUS COMMUNES DES MALADIES.
ont suspendu les menstrues, il faut prescrire Platina.
Suites chroniques de la tristesse. — Quant aux Suites
chroniques de la tristesse et du chagrin, lorsque le malade reste désolé, agacé, agité, craintif, triste, désespérant de l'avenir, qu'il s'inquiète et se chagrine sans cesse, porte toujours les choses au pire, parle has, surtout quand il a de la somnolence le jour et peu de sommeil la nuit, qu'il transpire nuit et jour, que ses cheveux tombent, il faut donner Slaphysagria. Si son dépit fait qu'il refuse de parler, qu'il maigrisse et ressente à chaque instant un peu de fièvre, Acid. phosph. Si, au contraire, il devient querelleur, irritable, sensible, et qu'il ait à chaque instant des accès de désespoir, Mercurii/s est préférable.
Dépit. — Lorsqu'à la suite d'un dépit, le malade ressent un goût amer dans la bouche, fait des efforts pour vomir, sans y arriver, ou s'il a des vomissements bilieux avec mal à la tète, nausées, pression à l'estomac et à la région du cœur, coliques, diarrhée, fièvre avec soif vive, rougeur du visage et des yeux, anxiété et agitation ; s'il éprouve quelque symptôme de fièvre bilieuse ou de jaunisse, il faut donner Chamomilla, répétant la dose toutes les six, huit ou douze heures, suivant l'intensité des accidents. — Si, au contraire, le malade a froid, s'il frissonne, s'il a des renvois acides, ou s'il rejette des eaux également aigres, s'il a de la constipation ou de la diarrhée le malin et avant midi, enfin quand il éprouve un soulagement véritable en étant couché, il faut donner Bryonia, et, quand ce médicament ne suffit pas, Veratrwn. Aconit est préférable quand le sujet est brûlant et qu'il éprouve à l'estomac une douleur pressive comme celle que causerait la présence d'une pierre.
Dépit ayec g ou < amer dans la bouche. — Lorsqu'on a
bu ou mangé peu de temps après avoir éprouvé l'impression morale, et qu'il en est résulté un goût amer dans la bouche, des renvois amers, des vomissements bilieux, des
douleurs de ventre avec chaleur à la tête, agitation, mauvais sommeil, excès de sensibilité, etc., Chamomilla est encore convenable ; on en donne une ou deux doses, après quoi, si l'amélioration n'est pas complète, il faut passer à Colocynthis.
Si le malade a déjà fait usage de Camomille en infusion, il faut lui donner Coffea, puis Nux vomica quand le premier médicament n'a pas suffi; enfin Colocynthis s'il reste encore quelque souffrance après Nux. — S'il s'agit d'un sujet ayant une grande douceur habituelle de caractère, et que Colocynthis n'ait pas réussi, il faut choisir Pulsatilla.
Dépit profond. — Chamomilla convient le plus souvent lorsque le dépit a été profond, mêlé de colère, d'emportement et de violence. Mais si l'impression est tout intérieure, causant un dégoût calme et une véritable honte mêlée de tristesse, il faut préférer lgnatia. Bryonia sera mieux indiquée si le malade se plaint de froid et qu'il reste très-irrité; s'il a même un caractère emporté et que Bryonia ne suffise pas, il faut faire prendre Nux vomica. Lorsque le dépit se trouve lié à une violente et forte irritation, mêlée d'une véritable horreur pour ce qui est arrivé, que le 'malade repousse et jette même au loin tout ce qui lui tombe sous la main, Staphysagria est préférable. S'il arrive enfin qu'il ait une grande tendance à faire des mouvements violents, et qu'il ressente des coliques, surtout si l'impression est arrivée peu après le repas, Colocynthis est efficace.
Dépit avec agitation. — Aconit doit être donné quand il existe une grande agitation, avec insomnie causée par une chaleur générale, afflux du sang vers la tête, respiration courte et battements de cœur; Arsenic, quand l'agitation est accompagnée d'anxiété qui ne permet pas de s'endormir, avec sensation de froid, répugnance pour la solitude, crainte de mourir causée par l'oppression ; Chamomilla, s'il y a toux, battements de cœur, respiration
courte et spasmes 'de la ipoitrine avec menace de suffocation. Arsenic sera toujours (préféré dans le eas d'aggravation des souffrances la nuit; >et Veratrum si elle arrive le matin et qu'alors le malade semble pris de délire léger.
Colère. — Les souffrances qui* succèdent à ^un violent accès de colère cèdent ordinairement à, Nux vomica, et Chamomil/a quand le visage est rouge, brûlant et couvert d'une sueur chaude. Nwx vomica serait préférée dans le cas de^froid alternant avec chaleur et accompagné de soif et de vomissements bilieux, surtout si les souffrances s'aggravent le matin. Si le froidestplus intérieur qu'extérieur, sans soif, avec obnubilation, aggravation l'après-midi et le soir, c'est Pu 'Isa ti lia.
Colèise avec inàignation. — Si* à la colère se joint une répugnance marquée ipour les gens qui en ont été d'objet, et que le malade, pensant sans cesse à ce qui lui est arrivé, voie ses souffrances augmenter graduellement, surtout s'il ■y a de la somnolence le ijour et de l'insomnie 'la nuit, il faut donner Staphysagria; 'mais si la colère est suivie d'une sorte de délire roulant sur ses causes mêmes, surtout si le malade éprouve de Vanxiété, crainte- de la mort y et si on le voit alternativement rire et<pleurer,\\ faut donner Plalina.
Colère atec suffocation et convulsions. — Chamomilla
convient aux petits enfants chez lesquels des accès de colère amènent la suffocation ou* des 'convulsions. Si,' au< milieu de leur rage, leur respiration devient râlante par suite d'une accumulation >de mucosités 'dans les voies aériennes y c'est Tar taras' emeticus. S'ils pleurent et crient beaucoup, et qu>il en résulte une toux pénible, ou'bien 'lorsque la colère et les cris leur causent des battements 'de £omr •et Une toux sècbe, -ou encore lorsqu'à la suite' de leurs emportements, ils se plaignent 'de courbature , surtout dans le dos, que leilr'hâreine' devienne fétide, qu'ils restent abattus comme à la suite d'une apoplexie, la partie supé-
Tïeure du corps étant chaude «et les parties inférieures froides, qu'ils soient très-irrités ou indifférents, laissant aller leurs selles et leurs urines, il faut donner Arnica ; s'ils pleurent longtemps et ne veulent pas se laisser consoler, ou quand, le sang se portant avec violence vers la tête,ik ont ■du- d'élire ou restent sans 'Connaissance, il faut leur faire prendre Belladona, et ensuite Hepar, si Belladona n'a pas suffi.
'JSup-lmpi'essionna'bïlité nu système nerveux. — Elle
peut devenir -chez beaucoup de sujets cause de maladie, surtout si elle est accompagnée d'une irritabilité telle que le moindre trouble moral,- de quelque nature qu'il soit, vienne à être vivement ressenti.
Dans ce cas, Coffea est indiqué si à cette grande excitation se joint une irritabilité intérieure avec insomnie, sensibilité extrême des parties malades portant à se plaindre et même à pleurer. Ge médicament doit être répété toutes les deux 'ou trois heures au moins. Il est entendu que le malade devra s'abstenir de^eafé pendant ce temps.
Excitation génératie. — Dans lecas où' le système nerveux tout entier est excité, s'il y a surexcitation de tous les sens, grande propension à s'effrayer, anxiété, désir de rester couché, répugnance pour le grand air, tendance à devenir violent et, emporté, et chez les femmes, lorsque les règles viennent en avance, s'arrêtent pour reparaître ensuite et durer, en définitive, plus longtemps que de coutume, il faut prescrire Nux vomica. Si le malade est d'un caractère doux et porté .aux pleurs, et, chez les femmes, quand les règles sont en retard et peu abondantes ou quand elles manquent complètement, Pulsutilla.
Lorsque, dans ce cas, ce médicament ne réussit pasyoti le remplace par Ignatia, si la femme est triste, et par»Cfà«momilla, quand elle est portée à la colère.
Sile malade, quel que soit son sexe, est excité, faisant beaucoup de projets qui l'animent pendant de longues
heures, surtout le soir, il faut donner China. Quand l'irritabilité est causée par une douleur violente, c'est Coffea. Si ce médicament ne produit pas d'effet, que la lièvre arrive caractérisée par la dureté, la plénitude et la fréquence du pouls, il faut le remplacer par Aconit auquel Chamomilla succéderait si l'effet n'était pas complètement satisfaisant.
Irritabilité causée par un refroidissement. — On
donnera aussi China à ceux que la moindre douleur met hors d'eux-mêmes, surtout si cette douleur est l'effet d'un refroidissement, qu'elle reparaisse à chaque changement de temps et augmente par le toucher. Dans le cas où une amélioration notable ne se serait pas manifestée au bout de six heures, Mercurivs solubilis remplacerait China. Si la douleur porte au désespoir, c'est Veratrum. Enfin, dans le cas où des ébranlements violents et variés ou des efforts soutenus d'intelligence causeraient des accès de maux de tête répétés, des syncopes, un afflux du sang vers le cœur, Glonoin pourrait réussir pourvu qu'on le fit prendre à des intervalles répétés [toutes les trois ou quatre heures]; si malgré cela le malade reste impressionné, abattu et agité, il faut recourir à Cuprum.