REMEDES SECRETS
préparations sont. l'objet prouvent qu'elles sont faites bien plus dans l'intérêt des marcbands que dans l'intérêt des malades. La raison en est simple : un médicament ne peut être utile que s'il est donné à propos ; il ne suffit donc pas de dire qu'il convient dans telle maladie, il faut pouvoir indiquer à 'quel moment et dans quelles circonstances spéciales il sera indiqué. Aussi arrive-t il le plus souvent que la maladie s'aggrave sous l'influence de ces agents, et que le médecin se trouve impuissant à la guérir, alors qu'il en eût facilement triomphé au début.
La vogue dont jouissent la plupart de ces panacées prouve à la fois l'audace du marchand et la sottise des malades.
Prendre un remède secret, c'est jouer sa santé à la loterie, avec cette différence que, si l'on perd, ce n'est pas seulement sa fortune que l'on compromet, mais sa vie. Or, en pareille circonstance, il y a toujours beaucoup plus de perdants que de gagnants, seulement ceux-ci font grand bruit de leurs succès et les autres ne parlent pas de leurs revers.
Ces remèdes, sans doute, ne renferment le plus souvent que des substances auxquelles les médecins ont habituellement recours. Seulement lorsqu'elles sont administrées par un homme de l'art, celui-ci sait ce qu'il a prescrit, et si la dose est trop forte, s'il y a aggravation, il ordonne de suite les antidotes, ce qui ne peut se faire pour des préparations dont la composition est inconnue.
Or, les remèdes secrets contiennent presque tous des poisons végétaux ou minéraux : les goûtes antifébriles renferment de l'arsenic; les pilules impériales, du mercure ; il est donc très-important de les éviter.
Ajoutons que ces panacées sont vendues à un prix décuple de leur valeur, et l'on jugera qu'on a tout intérêt à s'en abstenir.
Héiuno. — Méd. hom. 12
§ 3. — Viciation de l'air.
Empoisonnement par Pair. — L'atmosphère contient souvent de véritables poisons qu'on y puise par le fait même de la respiration.
Ainsi les citernes, les puits, surtout les fosses d'aisances laissent échapper des effluves éminemment dangereuses; il ne faut jamais s'en approcher sans prendre les plusgrandes précautions, et sans avoir purifié l'air qui se trouve à leur surface en faisant brûler de lapailleou de la poudreà canon.
Il est également dangereux de dormir dans une chambre fermée où on aurait fait brûler du charbon, même du bois qui aurait répandu sa fumée; car l'asphyxie pourrait se produire.
On courrait aussi de grands risques en demeurant dans une chambre dont les murs et les lambris seraient moisis, précaution que Moise lui-même recommandait. Au moins faut-il avant tout assainir une pareille chambre en nettoyant les murs, et en chauffant pour chasser l'humidité. Les vêtements qui auraient été moisis ne pourraient pas servir non plus sans inconvénient, à moins d'avoir été passés à la lessive.
Il faut éviter également de demeurer dans un appartement qui aurait été récemment peint' ou même passé à la chaux. Le danger serait extrême si la couleur était rouge ou verte, parce que ces teintes sont obtenues avec des substances très-vénéneuses. La peinture à l'huile, surtout le vernis, ont toujours des inconvénients dus soit à leur odeur seulement, soit à la viciation qu'elles impriment à l'air ambiant.
On ne doit pas non plus coucher dans une chambre où l'on aurait fait sécher du linge, ou dans laquelle se trouveraient des fleurs, des choses fermentées, des émanations médicamenteuses, du foin humide, ou quelqu'un de ces agents qu'on emploie d'ordinaire pour détruire les animaux nuisibles, le mercure par exemple. En un mot, il