DE LA CONDUITE A TENIR
faut éviter de conserver dans sa chambre des substances à odeur forte ou dont l'action sur l'organisme pourrait être nuisible, parce qu'on est toujours plus vivement impressionné par elles durant le sommeil ; de sorte que des influences qui seraient sans effet durant le jour, peuvent devenir funestes, même mortelles pendant la nuit. Ceci s'applique surtout à la chambre des enfants et des femmes en couches. C'est également pour ce motif qu'il est dangereux de s'endormir sur le sol humide, dans un courant d'air, ou en étant exposé au soleil, ou auprès d'un poêle rouge, toutes ces influences étant plus funestes pendant le sommeil que pendant la veille ; or toutes ces influences portent au sommeil, et il faut lutter pour y résister.
§ 4 — De de la conduite à tenir dans un cas d'empoisonnement.
Le point important est, avant tout, de faire que le poison soit rejeté, qu'il ne puisse pénétrer dans l'organisme, et ensuite de neutraliser ce qu'on n'a pu expulser. Le succès dépend de la promptitude avec laquelle on agit. Il ne faut pas cependant se laisser entraîner par la peur et se déterminer sans réflexion.
Le premier précepte est que celui qui dirige le traitement conserve son sang-froid, afin de pouvoir guider tous les assistants dans les soins qu'ils auront à rendre.
Si le poison a été ingéré dans l'estomac, il faut provoquer le vomissement ou l'exciter, si déjà il s'est produit. Le mieux est alors de faire boire de l'eau chaude ou de titiller le l'°* "'*' fond de la gorge avec une barbe de plume (0g. 54). Les plumes de paon, par leur longueur et leur souplesse, sont très-commodes pour cette petite opération, parce
qu'on peut les faire pénétrer très-loin dans l'œsophage. La plume, quelle qu'elle soit, peut être enduite d'huile ou de graisse ; mais, dans un cas pressant, on peut négliger cette précaution, et se contenter de l'essuyer.
Pour introduire la plume, on fait ouvrir la houche du malade et on pousse la plume jusqu'au fond de la gorge. Arrivé là, si l'on se sent arrêté par la paroi postérieure de l'arrière-gorge, on lève la main afin d'augmenter l'inclinaison de la plume et de la faire glisser jusque dans l'œsophage. On lui imprime alors des mouvements de rotation de manière à augmenter l'action du corps étranger. Si l'on ne réussit pas à provoquer le vomissement du premier coup, on répète l'opération.
Le second moyen qu'il faille employer est Veau; l'eau chaude si on en a à sa disposition, ou, dans le cas contraire, l'eau froide que l'on fait boire en attendant qu'on ait eu le temps d'en faire chauffer.
On peut ajouter à cette eau des blancs d'œufs, qu'on y hat pour faire l'eau albumineuse ; du savon avec lequel on obtient de l'eau savonneuse ; du sucre, du vinaigre, de l'huile, du lait ou du beurre. L'infusion de café noir, les décoctions mucilagineuses de graines de lin, les décoctions de gruau et d'avoine peuvent aussi être utiles ; il faut les faire préparer.
Les vomissements ayant eu lieu, on profite du moment de répit qui en résulte pour tâcher de savoir à quel genre d'empoisonnement on a affaire, et d'abord s'il y a réellement ingestion d'une substance vénéneuse; rien ne ressemble en effet à un empoisonnement comme une maladie à invasion brusque, et l'on peut s'y tromper. Si les renseignements que l'on obtient ne paraissent pas assez précis, il faut, dans le doute, s'abstenir de moyens qui pourraient être nuisibles, et se contenter de ceux dont j'ai parlé, lesquels peuvent être utiles, sans offrir jamais de danger.
On est en droit de soupçonner un empoisonnement lors-
que les symptômes ont éclaté tout à coup, peu de temps après qu'on a bu ou mangé, surtout si les substances ingérées offraient quelque chose d'étrange et d'inaccoutumé.
On s'enquerra aussi auprès du malade ou des assistants de ce qui s'est passé avant l'accident, des personnes avec lesquelles le patient a pu se trouver. On recueillera avec soin les matières vomies, et les restes des aliments et des boissons que l'on pourra retrouver. Il faudra conserver ceux-ci alors même qu'ils auraient subi un certain degré de putréfaction parce que, s'ils renfermaient des poisons minéraux, on pourrait toujours les retrouver par l'analyse chimique. On peut sans inconvénient réunir tous ces produits dans un même vase et y ajouter de l'alcool pour les conserver, afin de les soumettre plus tard à l'examen d'un chimiste ou d'un médecin.
Si l'on a quelque peine à recueillir ses renseignements, on laisse d'autres personnes s'en occuper et l'on continue à porter secours au malade. C'est alors qu'il faut se rappeler qu'on peut rendre un empoisonnement mortel quand on le combat avec des moyens mal appropriés ou donnés sans ordre et sans méthode ; il faut donc agir toujours avec prudence et circonspection, d'autant plus même qu'on est moins bien renseigné.
Cependant, lorsque le danger est extrême, il ne faut pas rester inactif; on doit user de suite de tous les moyens généraux qu'on a sous la main, en commençant par ceux dont l'action est plus exempte de danger pour arriver ensuite aux plus énergiques.
Le poison est-il connu, on marche avec une certitude complète, et l'on donne les antidotes appropriés.
- § 4 — Moyens généraux à employer dans un cas d'empoisonnement.
Ainsi que je l'ai dit plus haut, le vomissement est tou-
2 l 0 EMPOISONNEMENTS.
jours la première action qu'il faille provoquer, surtout si le malade y est disposé et si les symptômes toxiques se sont produits peu de temps après le repas. Et cependant il y a bien des vomitifs dont l'administration serait alors nuisible ou dangereuse. Le mieux est donc d'employer les moyens mécaniques; d'abord, l'eau tiède que l'on fait boire en quantité aussi considérable que possible, par exemple, par demi-verres répétés toutes les minutes, et même plus quand on le peut.
Quand on a affaire à un enfant, il faut parfois employer les prières, les supplications ou la menace, même la violence. Dans ce cas, ou l'on introduit le doigt jusqu'au niveau de l'articulation maxillaire, sur laquelle on presse avec force pour ouvrir la bouche du petit patient; ou bien on lui pince le nez et l'on profite du moment où la suffocation l'obligea respirer pour le faire boire.
On peut aussi titiller l'arriôre-gorge avec le doigt ou avec les barbes d'une plume, ainsi que je l'ai recommandé déjà.
Lorsque le vomissement se produit, on soutient avec une main la tête du petit malade, tandis que l'on presse avec l'autre sur l'épigastre ; dès que le vomissement a eu lieu, on fait gargariser la bouche avec un peu d'eau, après quoi on laisse reposer l'enfant pendant quelques minutes pour recommencer aussitôt que de nouvelles souffrances se manifestent.
Il y' a des malades qui vomissent très-difficilement, et chez lesquels l'eau chaude est insuffisante; d'autres vomissent en moindre quantité qu'ils ne boivent, d'autres enfin sont dans l'impossibilité d'avaler. On a proposé divers moyens qui peuvent être utiles en pareils cas. D'abord de prendre de la mie de pain que l'on mouille et que l'on pétrit avec du tabac à priser, formant ainsi une petite boulette que l'on introduit dans la bou'che, en faisant eu sorte que le malade ne la crache pas.
Ce moyen n'ayant pas de valeur pour les gens habitués
au tabac, on a proposé pour ceux-ci de mêler une cuillerée de graine ou de farine de moutarde avec une cuillerée de sel marin dans un verre d'eau et de tâcher de leur faire avaler le tout en une seule fois, puis de leur donner de l'eau tiède. Enfin, pour les sujets chez lesquels ces moyens ne seraient pas applicables, on a conseillé encore des lavements de fumée de tabac.
Eau aibumineuse. — Le second moyen auquel on doive songer est Veau aibumineuse. On la prépare en battant plusieurs blancs d'œufs avec de l'eau froide. On l'emploie avec succès dans les empoisonnements par des composés métalliques, surtout quand le poison cause de vives douleurs à l'estomac et dans le bas ventre suivies d'effet purgatif avec ténesme, ce qui arrive surtout avec les poisons mercuriels, surtout le sublimé,. le vert-de-gris, les préparations de zinc ou de plomb, l'alun et l'huile de vitriol (acide sulfurique.) Or, on soupçonnera la présence de ces poisons lorsque les matières vomies auront une coloration rouge ou verdàtre, que le malade conservera après le vomissement un goût métallique ou salé, et que les chiens auxquels on présentera les liquides rejetés refuseront d'y toucher. En général, quand on pourra penser que l'empoisonnement a été causé par une des préparations que j'ai nommées, il faut employer l'eau aibumineuse en grande quantité, et si le malade se plaint de diarrhée accompagnée de fortes douleurs à l'anus, on joint à l'eau aibumineuse donnée par l'estomac, des lavements ayant la môme composition. On a ensuite recours aux antidotes les plus directs pour effacer les effets ultérieurs du poison.
Eau de savon. — Elle convient souvent lorsque l'eau aibumineuse est restée sans effet. Il faut la préparer avec du savon bien blanc et non avec des savons veinés qui renferment souvent des substances toxiques. Pour l'obtenir, on dissout une partie de savon dans 4 fois son poids d'eau
bouillante, et on administre cette solution encore chaude et à raison d'une cuillerée toutes les quatre ou cinq minutes.
Le savon est nuisible seulement lorsque l'empoisonnement a eu lieu par un sel alcalin : l'eau de lessive, la pierre caustique, la potasse, la soude, la crème de tartre, l'ammoniaque liquide ou caustique, les sels anglais, le sel de corne de cerf, la chaux vive ou éteinte, la baryte, que Ton vend souvent comme poudre aux rats sous ce prétexte qu'elle ne saurait être nuisible puisqu'elle ne contient pas d'arsenic; le sel tartrique et le sel de tartre tartarisé. En un mot, quand les matières vomies n'ont pas un goût acide, mais styptique, qu'elles n'excorient pas les tissus, qu'elles bleuissent le papier de tournesol rougi par un acide, qu'elles font effervescence quand y ajoute de l'acide nitrique, ou de l'acide sulfurique, il ne faut pas employer un alcali comme l'eau de savon, mais bien un acide comme le vinaigre.
Au contraire, l'eau de savon est fort utile dans l'empoisonnement par l'arsenic, le plomb, l'acide sulfurique, l'acide nitrique et tous les acides énergiques, aussi dans le cas où celui-ci tient quelque métal en solution. On reconnaît la présence de ces acides à ce que les matières vomies excorient l'intérieur de la bouche et rougissent le papier bleu de tournesol. Enfin, elle convient encore dans l'empoisonnement par les végétaux acres, qui renferment un suc blanc et corrosif, aussi dans les accidents causés par l'huile de ricin.
Magnésie. — La magnésie calcinée est souvent préférable à l'eau de savon. On la donne mêlée avec de l'eau, en répétant la dose après chaque vomissement; il faut toujours la dissoudre à nouveau. Elle convient dans l'empoisonnement par les acides et les composés métalliques, lorsque l'eau albumineuse reste sans effet ou que les accidents sont dus à un composé de mercure, d'antimoine, de zinc, de bismuth ou d'étain.
vinaigre. — C'est un excellent moyen quand le poison est de nature alcaline. Lorsqu'on est sûr qu'il en est ainsi, on fait boire du vinaigre au. malade et on lui en administre en lavements ; en même temps on fait prendre des boissons mucilagineuses et on excite les vomissements.
En revanche, le vinaigre est nuisible quand l'empoisonnement est dû à un végétal acre, à des sels métalliques, à l'arsenic, surtout si l'estomac est sensible au toucher. Il est, au contraire, très-utile comme antidote du stramoine (Datura stramonium), de l'aconit, de l'opium, des champignons vénéneux, des poisons narcotiques, de la fumée de charbon (oxyde de carbone), et aussi du foie de soufre.
En pareil cas, il faut donner d'abord des boissons mucilagineuses, qui excitent le vomissement, puis, lorsque celui-ci a eu lieu, du vinaigre qui calme alors les spasmes de l'estomac. Il est encore utile quand l'intoxication a été produite par des moules ou par certains poissons, aussi par les graisses, et quand il a été fait usage de viande de porc et de charcuterie gâtées; mais, dans ce cas, il ne faut pas négliger les moyens dont il a été parlé plus haut.
L'huile. — C'est un moyen auquel on accorde en général plus de confiance qu'il n'en mérite ; il en est de môme de la graisse et du beurre, dont on se sert parfois. Lorsqu'on se décide à l'employer, il faut savoir avant tout quelle espèce d'huile on a à sa disposition. L'buile rance, l'huile de poisson et l'huile dite purifiée ne valent rien; quand on n'en trouve pas d'autres, il vaut mieux leur substituer quelque boisson mucilagineuse, qui enveloppe en quelque sorte le poison, du sucre qui calme les douleurs d'estomac, ou quelque autre moyen.
Si l'on est sûr que l'empoisonnement est dû à un alcali et que le vinaigre ait amené quelque soulagement, on peut donner, entre les doses de cet acide, ou un peu d'huile ou
de la crème de lait, surtout si le malade se plaint de brûlure à la bouche, dans la gorge et dans l'estomac. On l'emploie aussi avec grand avantage lorsque la bouche, la gorge, l'estomac ou même la membrane muqueuse de l'œil ont été corrodés par un acide concentré, l'acide sulfurique ou l'acide nitrique par exemple. L'huile est encore utile dans l'empoisonnement par les champignons. Mais elle est très-nuisible si le poison est de l'arsenic ; elle reste sans effet dans la plupart des empoisonnements par les sels métalliques.
Il faut s'en garder aussi lorsque de la poudre de cantharides est entrée dans l'œil ou lorsqu'on en a avalé, car c'est alors, pour ainsi dire, la jeter sur le feu. Il en est de même pour les autres insectes venimeux, soit qu'ils aient étî avalés morts, soit qu'étant encore vivants, ils aient lancé leur venin jusque sur les membranes de l'œil. Elle est très-utile, au contraire, lorsque quelque insecte vivant a pénétré dans le conduit auditif.
lie lait est moins utile que les boissons mucilagineuses. Mais, comme on le trouve souvent sous la main au moment du danger, il vaut encore mieux en faire boire que de rester dans l'inaction. Le lait crémeux réussit dans les cas où l'huile est utile, il échoue dans les mêmes circonstances que cette dernière. Le lait aigre agit comme le vinaigre. Si donc l'on n'a pas de bonne huile à sa disposition, il faut se servir de la crème, surtout si le malade ne peut supporter l'huile ; dans ce cas le lait, même aigri, devrait être employé. Ce dernier est encore préférable au mauvais vinaigre ; on peut le prescrire alors même que le vinaigre a été déjà employé.
En général, le lait est utile lorsque le premier effet de l'empoisonnement est passé, et qu'il ne reste plus que les souffrances consécutives; il soulage alors assez vite. Si l'on ignore quel a été le poison ingéré, qu'ainsi on ne puisse choisir l'antidote et que le malade ait déjà pris du
lait avec avantage, il faut continuer cette boisson. Il est utile seulement qu'il ait assez vomi pour que l'on puisse supposer que la substance toxique a été rejetée.
lie sucre et l'eau sucrée sont d'excellents moyens dans le plus grand nombre des cas; c'est seulement lorsqu'on est certain d'avoir à combattre les effets d'un acide minéral ou d'un alcali énergique que l'on doit lui préférer quelque moyen plus direct. En tout cas, le sucre ne peut jamais être nuisible alors même qu'il ne serait pas suffisant. Aussi, si le malade en désire, peut-on lui en donner autant qu'il en demande. S'agit-il d'un empoisonnement causé par des substances métalliques, des couleurs vénéneuses contenant de l'arsenic, du cuivre, du plomb, du zinc, par Facide sulfurique ou l'alun, l'eau sucrée est encore très-utile. Tantôt on la donne seule, tantôt on l'alterne avec de l'eau albumineuse ou de l'eau de savon, lorsque celle-ci est indiquée. Le sucre convient encore très-bien dans l'empoisonnement par l'arsenic, par les plantes acres, lorsqu'elles causent un sentiment de brûlure et amènent le gonflement des parties internes de la bouche et de la gorge. On l'alterne alors avec les antidotes ; on peut le donner en morceaux ou en solution dans l'eau.
Café. — C'est un agent des plus utiles. On doit se servir de café pas trop brûlé et en faire d'abord une infusion concentrée et ensuite plus faible. Au début, il ne faut pas négliger de faire vomir s'il est nécessaire ; mais ensuite on donne le café seul.
Si la nature des poisons est inconnue, on donnera du café quand existeront les symptômes suivants: engourdissement général, somnolence, perte de connaissance, cbancellement quand on est debout comme par l'ivresse, visage rouge et bouffi ou froid et pâle, toujours abattu ; ou bien quand le malade est excité , crie, frappe de tous côtés et se bat lui-même, qu'il veut courir et se livrer à mille excentricités. Dans ces circonstances, on fait boire du café
noir, on en donne en lavements, on fait vomir, jusqu'à ce qu'un mieux notable se manifeste. Puis, lorsque tout ce qui était dans l'estomac a été rejeté, on revient au café noir et sucré .Quelle que soit la substance toxique qui ait été avalée, on ne doit jamais refuser le café au malade lorsqu'il exprime le désir d'en boire.
Lorsque l'empoisonnement a eu lieu par une substance contenant de l'acide prussique, ce que Ton reconnaît à l'odeur d'amandes amères qu'elle répand, il faut encore donner du café noir , mais seulement après avoir excité le vomissement par un des moyens indiqués plus haut. On agira de même avec les substances narcotiques: l'opium, la pomme épineuse, certains champignons, le sumac vénéneux, aussi contre les accidents causés par les médicaments qui contiennent de la strychnine, de la belladone, de la coloquinte, de la valériane, de la ciguë tachetée ou de la ciguë vireuse, et aussi contre ceux que peut causer l'infusion de camomille. Le café est encore utile dans l'empoisonnement par la camomille , le vin d'antimoine, le phosphore et l'acide phosphorique.
Camphre, c'est un médicamment essentiel à opposer aux poisons végétaux, surtout s'ils causent un sentiment de brûlure, de la rougeur, en un mot, de l'inflammation; aussi, lorsque la substance absorbée fait vomir et purge tout à la fois, amène une pâleur livide et un froid de glace, et fait perdre connaissance. Lorsque ces symptômes existeront,, que le poison soit connu ou qu'il ne le soit pas, il faudra toujours donner le camphre. Tantôt il suffira de le faire respirer, tantôt il faudra s'en servir en frictions. Souvent aussi on l'emploie dissous dans l'huile ou dans l'alcool chaud.
Le camphre est encore l'antidote assuré des cantharicîes, soit que le sujet ait avalé de ce poison, soit qu'il y ail eu simple application sur la conjonctive, soit encore . qu'il s'agisse des effets causés par l'application d'un vési-
catoire. Le camphre est encore utile contre tout insecte venimeux qu'on aurait avalé, contre le gonflement et les symptômes toxiques causés par l'araignée velue, le miel vénéneux, les aliments. qui contiennent des vers, quelle que soit l'espèce de ces derniers.
Quand on rencontre un sujet se plaignant de difficultés pour uriner, de douleurs pendant cette opération, d'urines inutiles et infructueuses, même de pissement de sang, on peut conclure qu'il est sous l'influence des cantbarides, et il faut lui donner du camphre.
Le camphre est encore l'antidote d'un grand nombre de substances données habituellement à titre de médicaments, par exemple, des vermifuges que l'on distribue si généralement aux enfants. Il arrête les mauvais effets du tabac, des amandes amères, et des corps qui en ont l'odeur, commeles noyaux decerises, dépêches, etc., etaussi les noix. On le donne pour effacer les effets consécutifs et éloignés des substances métalliques, des acides, surtout des aliments trop salés. Dans ce cas, on le fait respirer de temps à autre , aussitôt que le vomissement a eu lieu, ce que l'on peut prescrire encore avec succès dans l'empoisonnement par les champignons ou la fumée de charbon. Je citerai encore parmi les substances dont il est possible de faire usage à titre de contre-poison, la poudre de charbon, la lessive, le sel de cuisine, l'amidon, le thé vert et le tabac, tous moyens qu'il est facile de rencontrer dans les familles, et aussi la magnésie calcinée, l'esprit de nitre et l'ammoniaque liquide, lesquels, s'ils n'agissent pas toujours comme antidotes, peuvent être utiles dans un certain nombre de maladies.
Résumé des moyens généraux à employer dans un empoisonnement.
On peut résumer ainsi les règles qui précèdent : 1° Faire vomir ;
liÉuiNG. — Méd. hora. J3
2° Atténuer l'action du poison sur l'organisme.
On. alterne d'abord ces deux procédés, et on ne s'occupe plus ensuite que du dernier.
Il faut se rappeler, pour le choix du vomitif, qu'il est dangereux d'employer des substances qui sont elles-mêmes des poisons.
On se bornera donc à employer:
1° L'eau tiède, en aussi grande quantité que possible ;
2° La titillation du fond de la gorge ;
3° Le tabac à priser mis dans la bouche ;
4° La farine de moutarde et l'eau salée ;
5° Les lavements de fumée de tabac.
Les moyens de modérer l'action des poisons, et auxquels il convient de recourir lorsque la substance toxique est inconnue, sont :
1° Pour calmer les douleurs, l'eau albumineuse ;
2° Pour diminuer les symptômes d'engourdissement, le café.
Lorsque le poison est connu , on agit différemment selon qu'il s'agit d'un métal, d'un acide ou d'un alcali :
1° Contre les sels métalliques on emploie l'eau albumineuse et l'eau de savon ;
2° Contre les acides, la magnésie et l'eau de savon ;
3° Contre les alcalis, le vinaigre, le jus de citron mêlé à de l'eau, et le suc des fruits acides.
Conduite à tenir lorsque le poison est connu.
Elle ne diffère pas de ce qui vient d'être dit, seulement on doit toujours choisir des moyens dont l'action antidotique soit aussi directe que possible, pourvu qu'on les ait sous la main.
S'agit-il, par exemple, d'un empoisonnement par l'acide sulfurique ? Il faudrait, en bonne logique, donner d'abord de la magnésie ; mais on en trouve rarement dans