CONDUITE A TENIR LORSQUE LE TOISON EST CONNU
vient à se produire, il faut établir un léger courant d'air autour du patieDt, en l'éventant, puis, lorsque la respiration s'établit plus franchement, on approche de sa bouche une éponge trempée dans de l'eau chlorurée ou vinaigrée; mais il faut toujours agir avec une grande prudence afin de ne pas éteindre une vie qui commence à peine à se ranimer. Enfin, lorsque le malade revient à lui, on lui fait boire quelques gouttes d'eau chlorurée. Se plaint-il de froid, de besoin d'aller à la selle, de nausées, que l'odeur -du vinaigre augmente et pour lequel le sujet a de la répugnance, il faut employer le café. Si le patient a trop chaud et se sent très- faible, il fautlui faire boire un peu de vin vieux et ensuite donner China. Le Camphre, en olfaction, est aussi très-utile dans ce cas.
L'air peut être vicié par d'autres gaz que l'hydrogène sulfuré ; c'est ce qui arrive pour celui des puits, des cours et des fours à chaux. Le gaz qui se produit alors cause le vertige, la somnolence, un état d'ivresse et enfin la syncope.
La première chose à faire est de porter le malade au grand air, de l'asperger d'eau froide, seule ou vinaigrée, et de lui donner du café noir. Il est rare que ces moyens ne le rappellent pas promptement à la vie.
Vapeurs de charbon. —Elles sontaussitrès-redoutables surtout pendant le sommeil ; il ne faut donc jamais coucher dans une chambre où il y aurait un brasier allumé et où l'air ne se renouvellerait pas facilement. Le charbon de terre est ici tout autant à craindre que le cbarbon de bois. Il est arrivé que de vieilles poutres s'étant enflammées dans une maison, etles habitants n'ayant pas tenu compte d'une légère odeur de fumée, ceux-ci se sont trouvés asphyxiés avant qu'on ait pu découvrir d'où venait le feu. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que tous ceux qui se trouvent soumis à l'action de la fumée tombent dans une faiblesse telle, qu'ils n'ont même pas la force d'aller ouvrir une porte ou une fenêtre, pour avoir de l'air et demander du secours. Ils
éprouvent de véritables douleurs, ont conscience du danger qui les menace, mais ne peuvent ni fuir ni parler. Ils sont en un mot dans un état physique analogue à celui des gens qui, au milieu d'un froid rigoureux, s'assoient en plein air et se trouvent tellement engourdis, qu'ils n'ont pas la force de reprendre leur marche.
Les signes de Y asphyxie par le charbon, lorsque la mort apparente n'est pas encore arrivée, sont : le mal de tête avec des nausées, des vomituritions ou des vomissements, souvent môme des vomissements de sang, un sentiment de poids et de pression sur la poitrine, la rougeur du visage, qui devient à la fin d'une couleur violette et comme bouffie par le sang, des pleurs spasmodiques et involontaires, des hallucinations; puis le malade tombe tout à coup à terre, pris de convulsions et de spasmes, il perd connaissance comme dans l'apoplexie.
Pour remédier à ces graves accidents, on porte le malade en plein air, on lui frotte le corps avec du vinaigre qu'on lui fait en même temps respirer. Si le visage est rouge et les hallucinations nombreuses, on inonde la tête d'eau glacée, ou du moins, aussi froide que possible ; en général il est bon de tenir la tête froide et les extrémités chaudes. Enfin, dès que le malade peut avaler, on lui fait faire du café noir. De plus, dès qu'il commence à reprendre connaissance, on donne Opium, à doses répétées, mais sans y insister longtemps. Si ce médicament n'a pas produit un changement notable en quelques heures, on lui substitue. Belladona, qu'on laisse agir plus longtemps. Si le malade est très-excité, qu'il parle vite et avec volubilité, se plaignant de douleurs qui passent d'un point sur un autre, de vertiges quand il est couché, on lui donne pendant quelque temps du café noir, puis la Belladone ou la Noix vomique. Un médecin anglais a même conseillé Y Aconit, dont il avait, à plusieurs reprises, constaté l'efficacité.
[Tous ces médicaments doivent être donnés à une basse