‹ Médecine homoeopathique domestiqueChapitre 53 sur 110 · EMPOISONNEMENT PAU LES ACIDES · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENT PAU LES ACIDES

une chambre nouvellement blanchie, ou dans laquelle on aurait fait sécher du linge ou des plantes vertes, dans laquelle aussi on aurait conservé des fruits ou des raisins, cèdent à Bryonia ou souvent à Belladona. (Comparer avec l'article Céphalalgie.)

L'habitation des appartements récemment peints à l'huile entraîne des souffrances multipliées. On y remédie d'abord en respirant l'air extérieur et en faisant des lotions froides sur le visage, puis on prend Bryonia, Opium ou Sulphur, suivant les symptômes. Quand le malade se plaint de coliques et de nausées, les unes et les autres augmentant par le mouvement, il faut- donner Mercurius solubilis. [ Tous ces médicaments doivent être pris à la sixième ou à la douzième dilution, à la dose de 6 à 8 globules pour 8 cuillerées, d'eau, et à raison de 4 à 6 cuillerées par M heures].

Il est bien, en même temps, de tenir dans la pièce de grands baquets d'eau froide, surtout la nuit, cette eau semblant attirer à elle le poison. Je donnerai un dernier conseil; c'est de choisir l'automne comme étant la saison la plus favorable pour faire peindre les appartements; car la température est alors assez froide pour que les peintures sèchent aisément, et encore assez chaude pour que l'on puisse aérer autant qu'il est nécessaire.

Il peut encore exister dans les maisons une foule de mauvaises odeurs dues à leurs habitants, et qu'on essaye de pallier ordinairement avec des parfums qui se mêlent avec elles sans détruire les miasmes dont elles dépendent. Le meilleur moyen de les combattre est, selon moi, la vapeur qui s'échappe du café quand on le torréfie, car cette odeur ne nuit pas à l'organisme et ne gêne que fort peu l'action des médicaments homœopathiques.

Empoisonnement par les acides. — Ceux que l'on a le

plus souvent à combattre sont : l'acide sulfurique, l'acide muriatique, l'acide nitrique, l'eau régale, l'acide phos-

phorique, l'acide oxalique, acétique, et le vinaigre de bois ou de vin pris en grande quantité.

On reconnaît qu'il en a été fait usage au goût acide et brûlant éprouvé par le malade au moment où il. a bu, et à la chaleur intense qu'il a ressentie à ce moment dans la bouche et à la gorge, et qui a été suivie de tranebées violentes dans l'estomac et les intestins ; douleurs que les boissons augmentent; Ja respiration est rapide, l'baleine a une mauvaise odeur, les matières vomies moussent, ont un goût acide et rougissent le papier de tournesol. Souvent aussi l'intérieur de la bouche est comme brûlé et couvert d'ampoules.

Les moyens qu'il faut employer sont: 1° l'eau tiède, l'eau de source, données l'une et l'autre en grande quantité ; 2° la magnésie, à la dose d'une cuillerée dans une tasse d'eau, quantité que l'on répète après chaque vomissement ou quand les douleurs redoublent ; moins la magnésie est calcinée, meilleure elle est; 3° la craie pulvérisée et mêlée à de l'eau; 4° la cendre de bois, à la dose d'une cuillerée pour un verre d'eau; 5° la potasse ou la soude, à la dose d'un gramme environ pour un grand verre d'eau ebaude.

On peut alterner l'eau de savon et la magnésie ; pour les autres contre-poisons, il faut les donner séparément et les continuer jusqu'à ce qu'ils aient agi. Dès que l'on juge que le malade a suffisamment vomi, on lui donne des boissons mucilagineuses épaisses, de l'eau de gruau, de riz ou même de graine de lin, et on le laisse quelques jours à la diète absolue. S'il éprouve de la constipation avec envies inutiles d'aller à Ja selle, on peut lui faire prendre des lavements d'eau de savon. Enfin, le premier danger passé, on combat les effets de l'acide sulfurique par Pulsatilla, ceux de l'acide muriatique avec Bryonia, ceux de l'acide nitrique par Bepar sulfuris, ceux de l'acide pbospborique avec Coffea ; enfin les symptômes engendrés par les acides vé-

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