EMPOISONNEMENT PAR QUELQUES AUTRES SUBSTANCES
8 cuillerées d'eau , une cuillerée de 4 en 4 heures.
Iode etiodure de potassium. — Ces substances données à titre de médicaments causent parfois des accidents graves : on les combat en faisant boire au malade de l'eau d'amidon, que l'on donne aussi en lavements, de l'eau sucrée ou quelque décoction mucilagineuse. Hepar sulfuris et Belladona servent à effacer les symptômes consécutifs.
phosphore. — L'huile et les graisses sont dangereuses dans l'empoisonnement par le phosphore, parce qu'elles dissolvent cette substance et augmentent l'étendue de son action sur l'estomac. Le grand point est de provoquer des vomissements rapides et abondants et seulement avec des mucilages, ou un peu de café noir, s'ils se font attendre. Puis, lorsque le vomissement a eu lieu, on a recours à la magnésie mêlée à l'eau afin de diminuer les douleurs. Un mélange de magnésie ajoutée à 8 fois son poids d'eau chlorurée est souvent efficace. On se trouve bien aussi de faire respirer du camphre. Comme médicament, on se trouvera bien dç prescrire Nux vomica, à doses rapprochées. Enfin, si le malade le demande, on peut lui laisser prendre quelques gouttes d'eau-de-vie sur du sucre, ou un peu de vin.
Alcool. — L'alcool concentré et l'éther peuvent causer des accidents, quand on les prend sans précautions. D'ordinaire on atténue leurs effets en faisant boire au malade un peu de lait, d'eau de riz, de gruau ou de graine de lin. Si ces moyens ne soulagent pas rapidement, on mêle une goutte d'ammoniaque caustique à un verre d'eau sucrée, et on donne une cuillerée de ce mélange toutes les 3 heures. En même temps, on place sur le front et sur l'estomac des compresses trempées dans l'eau froide, et on fait prendre un lavement d'eau salée. Si ces moyens ne suffisent pas, on administre Nux vomica, aussi une cuillerée de 3 en 3 heures. Les boissons mucilagineuses sont
continuées tant que le malade les supporte; plus tard on les remplace par une infusion de café noir.
Alun. — Il faut d'abord faire boire de l'eau de savon ou de l'eau sucrée jusqu'à ce que le vomissement arrive ; puis on donne Pulsatilla et ensuite Veratrum. [Mode d'administration des maladies aiguës.]
Sels de cuiYre, connus sous le nom de vitriol blanc, de vitriol vert et de vitriol bleu, — Ils sont combattus par l'eau sucrée chaude ou l'eau albumineuse froide données jusqu'aux vomissements, après lesquels on vient à l'eau de gruau ou de riz.
Mitre et sel ammoniac. — Ils réclament l'eau tiède et l'eau contenant un corps gras continuées jusqu'après le vomissement, ensuite les mucilages.
Chromate de pota§se. — On s'en sert pour obtenir les belles couleurs rouges ; c'est un poison violent. On le combat avec une solution d'acétate de chaux ou de foie de soufre, à doses modérées.
Poisons métalliques.
Arsenic (acide arsénieux). — Il fait partie de la mort aux rats, des préparations destinées à tuer les mouches, du cobalt arsenical, des couleurs jaunes, du jaune de roi, de l'orpiment, aussi des goûtes antifébriles, des onguents et des emplâtres employés contre le cancer, et aussi d'un grand nombre de remèdes secrets préconisés contre les maladies des chevaux et du bétail.
Les moyens qu'il convient d'opposer à cet agent toxique sont: 1° l'eau albumineuse, 2°. l'eau sucrée, 3° l'eau savonneuse, 4° le lait, tous moyens dont il faut répéter l'administration après chaque vomissement. En général, le danger n'est pas grand quand les matières vomies sont très-abondantes. Le vinaigre ne vaut rien en pareil cas, l'huile est nuisible.
POISONS METALLIQUES. 231
Mais le moyen essentiel est l'oxyde de fer, que l'on trouve chez les pharmaciens, et que Ton donne à la dose d'une cuillerée à thé mêlée à de l'eau. Si Ton n'a pas cet oxyde sous la main, on peut se servir de magnésie.
On a proposé encore le sang des animaux, celui du veau, des poulets, sang quJon se procurait par une saignée; on en donnait une cuillerée à. bouche par gramme d'acide arsénieux ; c'est un' moyen inusité .
Enfin, on prescrit comme médicaments homœopathiques d'abord Jpeca, à doses répétées, puis China quand le malade est fiévreux, irrité et agité la nuit; s'il est, au contraire, plus souffrant le jour, après son réveil, qu'il ait de la constipation ou une diarrhée glaireuse, il faut prescrire Nvx vomica. Enfin, si après l'emploi à' Ipéca, il reste encore des nausées, des vomissements accompagnés de chaleur générale, ou de froid, une grande faiblesse, on fait prendre Veratrum. [Tous ces médicaments peuvent être administrés à la 3e ou à la 6e dilution, à la dose de 2 ou 3 gouttes pour 8 cuillerées d'eau et par cuillerées répétées toutes les 4 ou toutes les 6 heures, suivant l'intensité des symptômes. On insiste sur chaque substance aussi longtemps que l'amélioration continue.]
On sait que les chapeaux de soie fins dont se servent les hommes sont lustrés avec de l'acide arsénieux, d'où il résulte souvent des éruptions sur le front et au cuir chevelu, une calvitie prématurée et des maux d'yeux. On combat ces fâcheux effets avec Hepar suif. 12e, une goutte pour 8 cuillerées d'eau, 2 ou 3 cuillerées en 24- heures. On peut insister sur le médicament pendant un ou deux septénaires, au plus.
Émétique. — Il ne paraît pas dangereux, parce qu'il est rapidement vomi; mais il ne faut pas s'y fier. Quand il cause des accidents, il faut donner des boissons tiôdes, titiller la gorge, faire des frictions sèches sur le creux de l'estomac, et administrer de temps à autre une cuillerée
d'huile d'olives. L'eau albumineuse peut aussi être trèsutile ; quand elle ne suffît pas, il faut la remplacer par la magnésie. On donne encore par cuillerées et mêlées avec de l'eau, la teinture de quinquina, son écorce ou sa racine pulvérisée. Pour la teinture, on compte une goutte par cuillerée d'eau, et on donne une cuillerée de 5 en 5 minutes en commençant, pour éloignera mesure que l'amélioration se manifeste. Mais si l'état du malade ne s'améliore pas, on arrive au café noir ou à une infusion de thé de Chine, que l'on arrête dès que l'amélioration est suffisante. Quand. les vomissements persistent, on peut mettre le malade dans un bain chaud, lui appliquer des linges chauds sur l'estomac et sur le ventre, et lui donner Opium et Ipéca en les alternant à 5 ou 10 minutes d'intervalle. Lachesis leur succède s'ils ne suffisent pas ; et quand il y a des crampes, Opium d'abord, puis Chamomilla sont indiqués. On combat enfin les souffrances consécutives avec Ipéca donné à raison de 2 cuillerées par jour, une le matin et l'autre le soir ; et ensuite avec Nvx vomica administrée de même. [Chacun de ces derniers médicaments doit être continué pendant 3 à 4 jours ; les premiers pendant 24 ou 36 heures seulement, mais il faut donner alors une cuillerée toutes les 4 ou 6 heures.]
Sublimé corrosif. — 1° L'eau albumineuse est le moyen le plus important; 2° l'eau sucrée; 3° l'eau lactée ; 4° l'eau de son; 5° la magnésie.
On alterne, si le malade le désire, l'eau sucrée et l'eau albumineuse. Quant aux médicaments, je les ai indiqués en parlant de l'empoisonnement par les mercuriaux.
CuiTre. — Contre le vert-de-gris et les autres poisons cuivreux il faut employer : 1° le blanc d'œuf; 2° le sucre, l'un et l'autre en nature ou dissous dans l'eau ; 3° le lait ; 4° une boisson mucilagineuse. Le vinaigre est dangereux.
Il y a encore un moyen très-important, c'est le soufre : on prend une pelle en fer que Ton fait rougir et sur la-