‹ Médecine homoeopathique domestiqueChapitre 56 sur 110 · POISONS MÉTALLIQUES · texte numérisé non relu

POISONS MÉTALLIQUES

quelle on jetle le soufre; à mesure que celui-ci entre en fusion on le fait tomber dans un vase rempli d'eau, que l'on agite jusqu'à ce que le soufre se soit refroidi. C'est cette eau que l'on fait boire par tasses ou par cuillerées. [Il vaudrait mieux encore employer du soufre à la première trituration.] Mais si l'on n'a pas de soufre sous la main, il faut toujours administrer le blanc d'oeuf.

Plomb. — Les meilleurs moyens à employer tout d'abord sont : 1° le soufre, préparé comme il vient d'être dit, 2° le sulfate de magnésie ou le sulfate de soude, le premier de préférence. On en fait dissoudre un gramme dans un verre d'eau chaud e, et on le donne à doses aussi fortes que l'estomac peut le supporter; 3° le blanc d'œuf ; 4° le savon ; 5° le lait. Les sels de soude et de magnésie, ainsi que le savon, peuvent être donnés en lavements. Si le poison cause de vives douleurs, on donne quelques petites doses d'opium. Ce médicament ayant été continué pendant deux ou trois jours, on le remplace par Belladona, à laquelle doit succéder Nux vomica. [Toujours à basse dilution, 2 ou 3 gouttes pour 8 cuillerées d'eau, de 4 à 6 cuillerées en 24 heures.] Glonoin peut être également utile.

Pour l'empoisonnement chronique, qui se manifeste chez ceux qui travaillent le plomb, et aussi chez les personnes qui habitent auprès des fabriques de céruse, c'est encore à Opium et à Belladona qu'il faut recourir ; Platina peut aussi être utile. On a recommandé également l'alun donné par petites quantités.

On a constaté souvent des empoisonnements par le plomb pour avoir fait usage d'aliments acides qu'on avait laissés refroidir dans des vases de zinc, ceux-ci étant formés d'un alliage de ces deux métaux. Il faut donc avoir soin d'éviter l'emploi de ces vases pour les préparations culinaires où il entre des acides ; je dirai même que l'usage de l'argenterie fausse, dans la composition de laquelle entrent tous ces métaux, n'est pas sans danger. Les acides ne

doivent être conservés que dans des vases de verre ou de bois.

Zinc. — Il faut opposer d'abord aux préparations de zinc le blanc d'œuf et la magnésie. S'agit-il de ces empoisonnements chroniques dus à l'absorption continue de parcelles métalliques mêlées aux aliments, on les soulage avec Puïsatilla. [Une cuillerée matin et soir.]

Si Ton a affaire à un empoisonnement par le chlorure de zinc, le lait, le sucre, le blanc d'œuf doivent être employés, après quoi on donne Hepar et Pulsatilla.

Le sulfate de zinc est aussi dangereux : il faut d'abord en provoquer l'expulsion par les vomissements à l'aide de l'eau tiède. Puis on agit comme pour l'antimoine ; on peut enfin administrer Hepar sulfuris.

Bismuth. — Les effets du magister de bismuth sont arrêtés par le blanc d'œuf, le lait et les mucilages. Quand les vomissements qu'il amène ne cessent pas, on donne China et Arsenic alternés.

Nitrate d'argent. (Pierre infernale.) — Dès qu'on arrive auprès de celui qui en a avalé, on prépare une solution de sel de cuisine que l'on donne par cuillerées ou par tasses, selon la gravité des accidents; après, on fait prendre du lait. Arsenic, Kali hydriodicum, Natrum muriaticum servent plus tard à combattre les symptômes consécutifs.

Or. — Les poisons qui renferment des sels d'or doivent être combattus avec le blanc d'œuf et la magnésie.

ri est bien rare qu'on rencontre de semblables empoisonnements.

Poisons végétaux.

Champignons vénéneux. — [Ils appartiennent à différents genres : i° l'amanite (fig. 55) ; 2° l'agaric (fig. 57) ; 3° le bolet (fig. 63). Les Amanites vénéneuses de la France sont : 1° la bulbeuse (fig. 55) ; 2° la fausse oronge (fig. 56).

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Fig. 59. — Agaric meurtrier. Fig. 60. — Agaric caustique.

Les'piineipaux Agarics vénéneux (Je la France sont au tonihre <îe sept. 1° L'annulaire; T Yamer {fig. 57); 3° Je

Hj4. i>l. — Agaric «Je l'olivier.

foulant (fig. 58) ; iA le meurtrier (fig. 59); 5° le caustique fig. <>0) ; (? V agaric de F olivier (fig. 01); le styptiqve fig. (>2).

Les Rolets de France vénéneux sont : 1° le pernicieux

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Fig. ^3. — Bolet pernicieux.

fi-, r»3 . 2" le aiivr/ ; 3° Y indigotier; 4° le chicotin. ]

IU «h'vi loppenî d'ordinaire leurs effets au bout de

quelques heures : alors le ventre se gonfle el il arrive

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de violentes douleurs d'estomac, puis la soif, des nausées, des hoquets, une grande anxiété, enfin des vomissements et de la diarrhée. Les membres sont froids, le pouls petit, le malade se plaint de vertiges, il peut même avoir du délire et des convulsions.

Il faut d'abord favoriser les vomissements, puis faire boire de l'eau très-froide en quantité aussi considérable que possible, et dans l'intervalle on fait avaler de petites boulettes composées d'huile d'olives et de charbon pulvérisé. On peut aussi faire respirer du sel ammoniac, mais avec précaution. Le vin et le café servent à effacer les symptômes consécutifs.

Seigle ergoté (fi g. 64, 65, 66). — L'ergot qui se développe sur les céréales est dangereux pour l'homme et les animaux. On combat ses effets en respirant les vapeurs d'une infusion bouillante de morelle noire, ou mieux en prenant ce médicament (Solarium nigrum) à la 3e dilution, 6 gouttes pour 8 cuillerées d'eau, une cuillerée toutes les 2 ou 3 heures.

Plantes vénéneuses. — Celles qui ont un suc laiteux et acre, comme les apocynées, peuvent causer des irritalions à la peau ; on les calme avec des lotions d'eau de savon et ensuite â'eau-de-vie ; si l'œil a été atteint, il faut le bassiner avec de l'huile d'olives, du beurre frais ou du lait; si ce suc a été avalé, il est nécessaire de faire boire de l'eau savonneuse ou du lait, mais se garder d'employer les acides ou les vomitifs. La gomme- gutte et le suc des euphorbes, en un mot celui de toutes les plantes acres, produisent des effets analogues et réclament les mêmes moyens.

Les plantes narcotiques, comme le pavot blanc (fig. 67), dont les capsules fournissent Y Opium, produisent de l'engourdissement, une sorte d'ivresse, enfin la perte de la connaissance. Le café, donné à haute dose, même en lavements, est le meilleur moyen à leur opposer. Il y en a

TOISONS VEGETAUX.

quelques-unes dont les effets sont avantageusement combattus par le vinaigre, l'opium et le laudanum, les têtes de pavots, la pomme épineuse, la jusquiame et l'aconit sont de ce nombre. Enfin, si le malade a le visage congestionné, les yeux rouges, le regard fixe, on se trouvera bien de faire des lotions d'eau froide sur le corps.

Il y a des végétaux dont certaines parties ont une odeur d'amandes amères, toutes sont dangereuses parce qu'elles contiennent de l'acide prussique. Je citerai d'abord les amandes amères ellesmêmes, les noyaux de pêches, de cerises et de prunes, et beaucoup d'autres, l'infusion du lauriercerise, et les liqueurs que l'on prépare avec ces

noyaux, le kirsch par exemple. On reconnaît que l'empoisonnement est dû à ces causes, à l'odeur que j'ai signalée et au goût amer de ces fruits et de ces liqueurs, puis aux symptômes accusés par le malade : la pesanteur de têtea le vertige, le serrement de la poitrine, l'état du pouls qui s'accélère d'abord et se ralentit ensuite, enfin les symptômes de paralysie du mouvement et du sentiment. Le café noir est toujours ici le remède souverain, même dans les cas les plus graves ; en même temps on fait respirer de temps à autre du sel ammoniac, on verse dans un verre d'eau quelques gouttes d'ammoniaque, formant ainsi une solu-

Pavot blanc.

tion dont le malade prend une cuillerée tous les quarts d'heure. Les lotions d'eau froide longtemps continuées sont aussi très-utiles.

Opium. — Il est dangereux, soit qu'on l'administre en nature, soit que le maiade ait fait usage de laudanum ou d'une décoction de graines ou de têtes de pavots, médicaments que l'on prescrit souvent aux enfants pour les faire dormir. Le café est toujours le moyen le plus énergique à employer; on peut aussi faire boire un peu d'eau vinaigrée; et si le malade est sans connaissance, on lui donne de petits coups de verges sur le dos et la partie postérieure du corps, en continuant jusqu'à ce qu'il revienne à lui. Les vomitifs sont inutiles en pareil cas, et lorsque les vomissements ne viennent pas par l'effet du café, il faut donner à boire de l'eau tiède et faire des titillations dans la gorge. On a recommandé aussi une décoction d'avoine que l'on prépare en faisant bouillir une poigaée de cette graine dans la valeur de trois tasses d'eau. On en donne une cuillerée à thé à la fois. Enfin, on peut employer quelques médicaments : YJpeca d'abord, puis Chamomilla, si les douleurs sont vives, et Mercurius pour les souffrances consécutives [Même mode d'administration que précédemment.]

Pomme épineuse. (Datura stramonium, fig . 68). — On lui oppose le café ou le vinaigre à haute dose ; si le vomissement n'arrive pas, on prescrit une décoction de tabac; Nux vomica et Opium servent à effacer les symptômes secondaires.

Sumac. (RhusJoxicodendron, fig. 69.) — S'il détermine une éruption érésypélateuse, il faut se garder de faire aucune friction, ou d'employer des moyens externes comme l'eau de Goulard ou des onguents. On se sert de lotions d'eau savonneuse ; et lorsque celle-ci ne calme pas les douleurs de brûlure et la démangeaison, on saupoudre les parties malades avec de la farine de riz ou de l'amidon

pulvérisé ; en même temps, on défend tout aliment exci-

Fig. 68. — Pomme épineuse.

Fig. 69. — Sumac.

Héiung. — Méd. hom.

tant, et on donne Bryonia à doses répétées (une cuillerée toutes les 4 ou 6 heures). Si l'éruption occupe le visage, causant une forte sensation de chaleur et que Bryonia soit restée sans effet, on donne Belladona. Des lotions pratiquées avec une solution faible de sulfate de fer sont aussi très-utiles.

Spigélie (fig. 70). — On emploie souvent ce médicament comme vermifuge, et si on en donne une dose trop forte, il peut survenir des accidents. Le café noir, à l'intérieur, et le camphre, en olfaction, sont les deux premiers moyens [qu'il faille employer; puis s'il reste des vertiges et des battements de cœur, on donne Mercurius solubilis, 4 cuillerées par jour.

Camphre. — Les effets toxiques du camphre s'effacent avec du café noir donné jusqu'au vomissement. Les symptômes consécutifs sont effacés par Opium. Il faut en faire prendre une cuillerée toutes les heures jusqu'à notable soulagement.

Safran. — On oppose les mêmes moyens aux effets du safran.

Huile de Térébenthine. — Les antidotes sont Opium, Belladona et Bryonia.

Quant aux autres poisons végétaux, on en efface les effets d'abord par le camphre en olfaction, et par le café en boisson ; s'il y a engourdissement du système nerveux, le vinaigre étendu d'eau est utile; si le malade accuse de vives douleurs, on emploie le lait ou l'eau savonneuse.

Fig. 70. — Spigélie.

Poisons tirés du règne animal.

Cantharides (fig. 71). — Où sait que ce sont les tissus de l'abdomen qui renferment le principe actif vésicant des cantharides. Ces insectes, dont on se sert pour confectionner les vésicatoires, ont sur l'organisme une action dangereuse, soit que leur poudre tombe sur quelque membrane muqueuse*, celle de l'œil en particulier, soit qu'elle ai été avalée. Elle cause en effet alors une douleur de brûlure que l'huile et le lait augmentent. Le meilleur moyen à employer est le blanc d'œuf et les décoctions mucilagineuses à l'intérieur et à l'extérieur. Lorsque l'œil est affecté, on commence par le saupoudrer de farine, puis, avec un petit linge de toile, on enlève à la fois la poudre de cantharide et la farine qui s'y trouve mêlée.

Pour les symptômes causés par l'absorption des cantharides, le camphre est le médicament essentiel ; on le fait respirer, ou bien on en met quelques petits morceaux dans un vase d'eau afin d'imprégner l'air de son odeur ; on peut même, dans les cas graves, faire des frictions avec la teinture de camphre. Celles-ci seront pratiquées sur les tempes dans les cas de maux de tête, et sur la région des lombes et dans les aines lorsque les reins et la vessie seront affectés. Si le camphre ne soulage pas rapidement, on le remplace par Apis donné à l'intérieur.

Fig. 71. — Cantharide. — a, plusieurs œufs agglomérés, grossis. — b, un œuf isolé, considérablement grossi.

iiliel Ténéneux. — Ses effets sont effacés par le camphre en olfaction et en friction ; en même temps, on donne à l'intérieur du thé ou du café chauds, sans lait.

Chenilles. — Le frottement des poils dont elles sont couvertes amène parfois de violentes inflammations ; il est impossible alors de frictionner les parties malades, parce que la douleur deviendrait trop vive ; mais on peut appliquer du camphre sous forme d'une pommade camphrée ou d'une teinture de camphre.

Coquillages vénéneux. — Ils se trouvent parfois mêlés aux coquillages comestibles et causent de vives souffrances. On arrête les vomissements, quand ils ont tendance à se produire, avec du charbon pulvérisé mêlé à de l'eau sucrée ou à du sirop ; en même temps le malade respire de la teinture de camphre et boit du café noir. S'il survient quelque éruption, surtout au visage, on prescrit Belladona, une goutte de la 42e dilution pour 6 cuillerées d'eau, une cuillerée toutes les 6 heures jusqu'à soulagemeut notable.

Poissons Ténéneux. — Les effets qu'ils produisent sont parfois inquiétants ; on les arrête en faisant prendre au malade un mélange de poudre de charbon et d'eau-devie, et plus tard, quand Je soulagement s'est produit, du café noir. Si ce dernier n'améliore pas notablement l'état, on fait manger une grande quantité de sucre et boire de l'eau sucrée; enfin, lorsque ces moyens ne suffisent pas, on les remplace par de l'eau faiblement vinaigrée employée à l'intérieur et à l'extérieur.

Lézards, crapauds et grenouilles. — Leur venin est

dangereux. S'il a atteint l'œil, il faut laver celui-ci avec de la salive et donner Aconit, une cuillerée toutes les heures, jusqu'à soulagement; si c'est la bouche, on prend du charbon finement pulvérisé, mêlé avec de l'huile ou avec du lait; enfin, si des symptômes graves éclatent tout à coup, on fait respirer le Ni tri spiritus dulcis, et ensuite

on donne Arsenicum, une cuillerée toutes les 3 heures, jusqu'à guérison.

Poison «les corps gras. — H se développe dans la graisse rance, le fromage, la viande gâtée, le sang, le foie des animaux, les préparations de viande de porc : saucisses, boudin, saucissons, etc., la graisse d'oie, lorsque ces aliments deviennent rances. On reconnaît sa présence à la mauvaise odeur que prennent ces produits culinaires et au goût acide, âpre, rance qu'on leur découvre. Il s'y développe très-rapidement, quelquefois du jour au lendemain. Les symptômes de cet empoisonnement sont : une douleur de brûlure à l'estomac, bientôt suivie de nausées, une sensation de sécheresse à la gorge s'étendant plus tard à la bouche, aux fosses nasales, aux oreilles, même aux yeux, d'où il résulte que les paupières, les ailes du nez, l'extrémité des doigts se dessèchent et s'écaillent en quelques jours. La voix devient enrouée, le pouls lent et faible; l'appétit et la soif sont intenses, mais le malade peut à peine avaler. En même temps, il tombe dans une faiblesse telle que les paupières sont comme paralysées, les pupilles dilatées, de sorte que le malade voit les objets comme à travers un nuage et parfois doubles. Le ventre est tendu, il y a de la constipation et de vives douleurs intestinales. Enfin les genoux et les chevilles deviennent raides. Si la mort' ne survient pas en quelques jours, il reste une série de souffrances le plus souvent incurables.

Lorsqu'on a mangé quelque substance ainsi empoisonnée, et qu'au bout de quelques heures ces symptômes apparaissent, augmentant peu à peu, il faut agir. Si le malade a mangé depuis quatre ou cinq heures seulement, et qu'il ait des envies de vomir, on les favorise en lui faisant boire de l'eau chaude et en titillant le fond de la gorge. Une sensation de brûlure et la sécheresse de la gorge doivent faire penser qu'un acide a été introduit dans l'estomac et l'on songe à la magnésie, laquelle cependant ne réussit

pas mieux que l'huile ou le lait, tandis que les acides et l'huile de térébentine oDt une très-heureuse influence. Aussi, dès que l'estomac s'est débarrassé par le vomissement, faut-il donner de l'eau vinaigrée, ou mieux du jus de citron étendu ; s'il y a des renvois acides, on fait manger un peu de sucre que l'on peut imbiber d'huile de térébenthine. On peut en même temps donner du cnfé noir ou du thé noir. Si la sécheresse persiste et qu'il n'y ait pas de garde-robes, même avec des lavements, on donne Bryonia, une cuillerée toutes les heures, en continuant pendant 6 heures au moins, et on laisse autant de repos. S'il y a du mieux, mais que celui-ci ne soit pas durable, on revient à Bryone, en recommençant chaque fois que le mal tend à reparaître. Quant aux lavements, il faut les composer d'un mucilage auquel on ajoute du vinaigre ou du jus de citron.

Les symptômes que Bryon laisse subsister doivent être combattus par Veratrum ou Acid. phosphoricum , et s'il restait encore des symptômes de paralysie avec dessèchement des muqueuses, il faudrait en venir à V Arsenic. On a proposé d'alterner ce médicament avec le Phosphore, de les donner l'un et l'autre en teinture et à doses répétées, mais il n'est pas nécessaire d'employer des doses aussi, fortes. Le mieux est d'employer des dilutions élevées [la 24e ou la 30e], et de les donner en solution dans l'eau, une cuillerée le matin et une le soir.

Miasmes animaux. — Il s'exhale du corps de l'homme et des animaux malades des miasmes analogues au poison dont je viens de parler. Variables en raison même de la maladie pendant laquelle Us ont pris naissance, les uns ont une faible action sur l'organisme, tandis que les autres peuvent engendrer de terribles effets. Pour cela il faut qu'ils pénètrent dans l'organisme, soit par les voies respiratoires, soit par l'estomac, soit encore à la suite du contact avec quelque partie du corps. Aussi est-ce tou-

jours avec raison qu'on obéit à cette répulsion instinctive qui vous éloigne de l'atmosphère dans laquelle vit un malade. Il faut également éviter de se servir du linge et des vêtements portés par un homme qui a succombé à une maladie grave, précaution à laquelle on manque souvent. C'est surtout des animaux qu'il convient de se garer. Lorsque la maladie les atteint, leur haleine est dangereuse, et il est beaucoup d'affections, la morve par exemple, dans lesquelles il faut redouter le contact de tous les produits de sécrétion : de la salive, du pus qui s'écoule des ulcères, etc., car ces liquides ont le pouvoir de transmettre la maladie tantôt avec ses formes spéciales, tantôt sous d'autres apparences. Il est très-dangereux aussi de livrer au commerce la chair des cochons ladres, ce qu'on fait pourtant tous les jours (1 ) .

Pustule maligne des bêtes à cornes. — La maladie la plus redoutable sous ce rapport est la pustule maligne des bêtes à cot^nes. Le sang des animaux qui en sont atteints est dangereux alors même qu'il n'est en contact qu'avec la peau. Il est donc dangereux d'écorcher de pareils animaux lorsqu'ils sont morts, de travailler leur peau, même de la tanner; à plus forte raison de manger leur chair, car celle-ci cause une mort rapide ou une maladie lente et incurable.

On reconnaît qu'une bête va être atteinte de la pustule maligne aux symptômes suivants : elle devient triste, chancelle, tremble surtout après avoir bu, puis sa peau devient chaude et sèche, sa respiration courte ; en même temps la pustule se forme. On peut arrêter la marche de la

(1) La découverte des trichines et les études qu'on a faites sur la maladie qu'elles engendrent (Trichinose) ont rendu compte de ce danger, plus grand encore qu'on ne le croyait. Y. le rapport du docteur Delpech à l'Académie de médecine {Bulletin de V Académie de médecine, 186G, tome XXXI, p. 659, et Annales d'hygiène, 18G6, î» série, tome XXXVI, p. 21.)

maladie en couvrant l'animal d'eau froide tandis qu'on lui donne Y Arsenic à l'intérieur; autrement la mort vient promptement.

Lorsqu'une pareille maladie fait invasion dans un troupeau, il faut de suite séparer les bêtes saines de celle qui est malade, puis soumettre les premières à des lotions d'eau froide. Si la malade succombe, on doit l'enterrer profondément, et faire en sorte de ne pas la toucher avec les mains. Tous les objets qui l'ont touchée seront brûlés, ou au moins raclés avec soin et lavés au chlorure de chaux.

Lorsque l'homme se trouve infecté par cette maladie^ il devient triste, frileux, abattu, puis il voit se former sur sa peau des taches rouges au centre desquelles se trouve un point noir. Sur cette tache se forme rapidement une nodosité et bientôt un abcès gangreneux. Il ne faut jamais mettre de cataplasmes chauds sur ces tumeurs, mais au contraire des compresses d'eau froide : en même temps on tient le malade au repos et à la diète la plus sévère, ne lui permettant de boire que de l'eau froide, et à l'intérieur, on lui fait prendre Arsenicum, 6e dilution, 3 gouttes pour 8 cuillerées d'eau, une cuillerée toutes les 2 heures ou toutes les 3 heures, suivant la gravité du mal.

Les objets qui ont été contaminés par un cheval morveux doivent être lavés au chlorure de chaux, puis exposés à l'air et au .soleil. Si une personne a été atteinte par les sécrétions de cet animal, il faut d'abord exposer à une forte chaleur la partie sur laquelle le liquide est tombé, comme on le fait à la suite de la morsure des serpents, puis on prend Arsenic, comme il vient d'être dit tout à l'heure. Si ce médicament ne suffît pas à arrêter la douleur et la marche de la maladie, on le remplace par Lachesis, une cuillerée toutes les 4, 6 ou 8 heures ;. après quoi, on donne Acidum pkospkoricum. [Chacun de ces médicaments doit être continué pendant 24 à 48 heures.]

Sulphur vient après l'acide phosphorique, alors que le malade est en voie d'amélioration ; [on en donne de 4 à 6 cuillerées en 24 heures, en continuant pendant 2 jours au moins ; ] on laisse ensuite reposer le malade pendant une semaine environ, et on complète la guérison avec Calcarea 30, dont on donne une cuillerée le matin et une le soir. On peut ensuite répéter ces médicaments, en les séparant par un intervalle de 10 jours. Quant aux chevaux, on peut les guérir avec Rhus et Arsenic (1).

Plaies venimeuses.

La piqûre des araignées, des mille-pieds, des scolopendres, des scorpions, celle des abeilles, des guêpes, des frelons, de certaines espèces de mouches, celles des punaises peuvent amener des accidents, soit à cause de l'introduction du virus dont ces animaux sont porteurs, soit par la multiplicité des piqûres, surtout lorsque ces dernières ont eu lieu sur des parties sensibles, comme il arrive chez les enfants et chez certains sujets très-impressionnables.

Le remède essentiel consiste en lavages à l'eau froide [dans laquelle on versera quelques gouttes de teinture d'arnica] ; puis, si la douleur est vive, on exposera la partie à l'action de la chaleur, en l'approchant du feu, d'un charhon rougi, voire même d'un cigare enflammé. Il faut prolonger cet effet autant que possible et s'approcher du foyer le plus qu'on le pourra, restant dans cette position jusque ce que la douleur soit passée.

Piqûres d'abeilles (fig. 72) — Il faut avant tout se garantir de la piqûre des abeilles en ne Rapprochant pas trop près des ruches, en ne troublant pas le travail de ces insectes ; précautions qu'il faut surtout imposer aux enfants.

(I) Voy. Gunther, Médecine vétérinaire homœopathique. Paris,

Si l'on est attaqué, il ne faut pas trop s'agiter et vouloir poursuivre les abeilles, parce que ça les exaspère; il faut

Fig, 72. — Abeille commune.— a. mâle ou faux bourdon.— b. femelle ou reîne. — c. ouvrière ou neutre.

fermer la bouche, pour qu'elles n'y pénètrent pas, se garantir Jes yeux, s'envelopper la tête et le visage avec ses vêtements. Lorsqu'on est près d'une rivière, il ne faut pas hésiter à s'y plonger, sinon il faut chercher un refuge dans quelque buisson ou dans des champs où les herbes soient assez hautes pour vous protéger.

A-t-on été piqué, il faut d'abord chercher à enlever le dard avec un instrument aigu, puis on lave largement la partie malade avec de Veau salée. Lorsque l'intérieur de la bouche a été piqué, la déglutition devient difficile en raison du gonflement de la muqueuse ; on se borne alors à des gargarismes répétés. En attendant qu'on ait de l'eau salée, on couvre les parties malades de terre humide ; l'huile d'olives est aussi parfois utile lorsque les dards implantés dans la peau sont très-nombreux. Les applications de miel et de plantes odorantes sont aussi très-favorables. Lorsque le gonflement est considérable, que la sensation de brûlure est vive et la faiblesse extrême, il faut donner à l'intérieur Apium virus^ une goutte de la 6e dilution pour 8 cuillerées

d'eau, une cuillerée d'heure en heure. Enfin, quand les accidents sont très-graves, que le malade a perdu connaissance, on lui fait respirer de l'esprit de nitre, de l'éther ou du chloroforme. Si l'oppression est forte, il faut faire marcher le malade très-vite en le faisant soutenir par deux personnes, et si la gène de la respiration tient au gonflement de la bouche et de la gorge, on ouvre la bouche de force, on tire la langue aussi en avant que possible et on en abaisse la base avec l'extrémité du doigt. On cesse dès que le malade fait des efforts pour vomir.

Enfin, on donne à l'intérieur Belladona à doses répétées, et, dès qu'elle a soulagé, Lachesis, de la même manière.

Les piqûres des guêpes se traitent comme celles des abeilles.

Piqûres des cousins (fig. 73). — On chasse ces insectes des pièces dans lesquels ils ont pénétré, en faisant brûler

Fig. 73. — Cousin. — a, cousin.— 6, sa larve.

du sucre sur une pelle rougie et en ouvrant ensuite les fenêtres pour chasser la fumée; les cousins partent en même temps. On referme ensuite immédiatement après. Le meilleur moyen de guérir les effets de leurs piqûres est de frotter les parties malades avec du jus de citron. Si elles sont très-nombreuses , elles donnent lieu à une éruption

qu'il faut bien se garder de faire rentrer. On évitera donc alors les applications externes, mais on donnera Aconit, une cuillerée toutes les heures pendant 6 heures, Arnica ensuite et pendant le même temps, et enfin, Natrum muriaticum, 4 cuillerées par jour pendant 3 ou 4 jours.

Morsure des serpents. — Les plus dangereuses sont celles des vipères (fi g. 74 et 75), Il faut savoir en premier lieu si le serpent était ou non venimeux. Ces derniers ont en arrière de leurs mâchoires supérieures deux dents plus longues etplus larges que lesautres; c'est là leur caractère essentiel. Les espèces qui ont deux rangées de dents ne sont pas malfaisantes. Les morsures, quand elles

Fig. 74.— Vipère commune.

Fig. 75. — Tète de vipère péliade. — a, Glande à venin, vue à travers une ouverture faite dans le muscle ptérygoïdien externe. — b, son canal. — c, terminaison de ce canal dans la base antérieure du crochet. — d, crochet. — e, son orifice terminal. — /", crochets de remplacement — g, muscle ptéry. goïdien externe. — A, muscle ptérygoïdien interne. — i, Glande lacrymale. — j, muscle temporal antérieur, —k, muscle élévateur de la mâchoire inférieure. — /, muscle abaisseur de la mâchoire inférieure. — m, muscle rétracteur de la mâchoire. — n, langue. — o, son ouverture laryngée. — p, sa bifurcation.

sont venimeuses, causent tout d'abord une violente douleur composée d'élancements et d'une sensation debrûlure.

Si Tanimal n'est pas porteur de venin, il suffit de mettre sur la plaie de l'eau salée ou de la poudre à canon.

Lorsque celle-ci est de mauvaise nature, il faut établir une compression au-dessus de la morsure, afin d'éviter que le sang n'arrive facilement au cœur. On comprime avec le doigt d'abord, puis avec une bande ou un lien quelconque, qu'on laisse aussi longtemps que le mala-de peut le supporter.

Le meilleur moyen à employer ensuite est l'action de la chaleur à distance. Pour cela on approche la partie blessée d'un foyer, d'un brasier, d'un charbon ardent, même d'un cigare, quand on n'a rien de mieux sous la main ; on l'approche aussi près que possible, de manière cependant que la sensation puisse être supportée sans que la peau soit brûlée. Il faut éviter cette cautérisation pour que les petits vaisseaux ne soient pas détruits.

Un point très-important est de renouveler le foyer de chaleur à mesure que son action s'affaiblit. Si l'on se sert, par exemple, de charbons rougis, il faut en avoir une certaine quantité dans un brasier, et lorsque celui qu'on a pris commence à s'éteindre, il faut le remplacer par un autre. De même, si l'on se sert de tiges de fer rougies à blanc. Il ne faut pas souffler sur le charbon qu'on approche de la plaie, parce qu'on serait exposé alors à refroidir la peau.

L'action de la chaleur doit être limitée à l'endroit où la morsure a été faite ; pour cela, on couvre d'huile les parties environnantes, en recommençant les onctions dès que la peause sèche. Si l'on n'a pas d'huile sous la main, on peut se servir de beurre, de graisse, de savon ou de salive. On essuie avec soin tout le liquide qui sort par la plaie.

Il faut persévérer dans l'application de la chaleur jusqu'à ce que le malade éprouve du frisson et un sentiment de détente générale, au moins tant qu'il peut la supporter, et toujours pendant plus d'une heure. Si les accidents re-

ÏIéhing. — Mért. Hom. 15

paraissent ensuite, on recommence comme il vient d'être dit.

Il est nécessaire de donner en même temps quelque médicament à l'intérieur ; on commence par de l'eau salée ou même une pincée de sel ou de poudre à canon qu'on introduit dans la bouche. Si les accidents sont graves, on a recours au vin et à Peau-de-vie ; le premier est préférable pour les enfants, le second pour les adultes. On donne le vin par petits verres répétés toutes les 3 ou 5 minutes, l'eau-de-vie par cuillerées à café ou à thé, et aux mêmes intervalles. .On cesse quand le mieux arrive pour recommencer à la moindre aggravation.

Lorsque les douleurs sonttrês-aiguës, qu'elles s'étendent de la plaie vers le cœur, le malade ayant des vomissements, des vertiges, même des syncopes, et les tissus, autour de la morsure, étant gonflés, violets et mous, il faut donner Arsenic. 4 gouttes pour 8 cuillerées d'eau, une cuillerée tous les quarts d'heure d'abord, en éloignant à mesure que l'amélioration arrive, et en rapprochant même toutes les 5 minutes si l'aggravation se produit. Si l'amélioration n'est pas sensible au bout de 2 à 3 heures, il faut donner Belladona, comme Arsenic. Enfin, les symptômes consécutifs seraient combattus par Acid. phosph. ou Mercurius solubilis. On peut encore sucer la plaie, ce qui demande un véritable courage de la part.de celui qui accomplit cet acte. Celui-ci est cependant sans danger s'il n'y a aucune gerçure, aucune plaie dans la bouche ou sur les lèvres. Il y a du reste une bonne précaution à prendre, c'est de se mettre, avant, dans la bouche un peu de sel ou un petit morceau d'ail. Avant de commencer la succion, on essaye de faire saillir la plaie en tiraillant les tissus en sens inverses, et, pendant qu'on l'accomplit, on frotte avec force les parties voisines, surtout quand la morsure existe non loin du cœur. Aussitôt que la succion cesse, on saupoudre la plaie avec du sel ou de la poudre à canon, qu'on essaye d'y faire pé-

DES TLATES VENIMEUSES.

nétrer aussi profondément que possible, la cendre de tabac et de bois, le tabac à priser lui-même, peuvent être employés, mais le sel est préférable.

On peut remplacer la succion par l'application d'une ventouse. Il suffit alors de jeter dans un verre un peu de coton imbibé d'esprit de vin ou un morceau de papier enflammé, et, au bout d'un moment, de renverser brusquement le verre sur la peau en l'y appliquant avec force. Alors la flamme s'éteint, le vide se fait dans le verre par l'effet du refroidissement, les tissus se gonflent et la plaie laisse transsuder le sang et la sérosité.

[ — On peut appliquer aussi la ventouse avec un instrument particulier, dans lequel on fait aussi le vide.

Le verre à ventouse (fig. 76), est un petit instrument très-portatif. Il se compose d'une boule de caoutchouc munie de deux soupapes, l'une aspirante, l'autre foulante ; cette boule est adaptée à un verre à ventouse muni d'un robinet. On saisit la boule à pleine main, et on la presse en plongeant les doigts de manière à mettre les deux faces internes en contact. Le verre est alors appliqué sur les téguments.

L'élasticité du caoutchouc permet à la boule de reprendre son volume primitif, par conséquent le vide se fait sous la cloche.

La disposition des soupapes est telle qu'il n'est pas besoin de retirer la cloche pour faire le vide de nouveau.

Fig. 76. — Ventouse à succion continue.

En effet, la soupape inférieure ferme la cloche, tandis que la soupape supérieure permet à l'air conteuu dans la bulle élastique de s'échapper au dehors ; de cette manière on peut presser la houle à plusieurs reprises, et faire un vide aussi complet que possible.]

Morsure de chien enrag-é, Rage (Hydrophobiè) . —

Je recommanderai ici l'action de la chaleur à distance, comme pour la morsure des serpents, et cela de préférence à la cautérisation directe de la plaie au fer rouge, laquelle me paraît plus propre à refouler le virus dans le sang qu'à l'en faire sortir. Il faut seulement employer le premier moyen avec persévérance, le répétant trois ou quatre fois par heure, et continuant l'action du feu jusqu'à ce que le malade éprouve les symptômes de frisson fébrile dont j'ai parlé. Lorsque la chaleur rayonnante a été ainsi employée pendant un temps suffisant, on laisse la plaie guérir d'ellemême sans autre application locale, mais on donne, à l'intérieur, les médicaments que j'indiquerai bientôt. Il faut faire usage de ces derniers jusqu'à ce que la peau ait repris sa teinte normale; mais si la cicatrice devenait de nouveau brunâtre ou rouge par le fait de l'inflammation, il faudrait revenir à l'application du feu (i).

Il arrive parfois que, vers le septième jour après l'accident, le malade est pris de fièvre, et voit survenir sous sa langue une petite vésicule à base indurée. Il faut enlever celle-ci avec des ciseaux et faire ensuite un gargarisme d'eau salée.

Un autre bon moyen à employer est le bain de vapeur. On peut le prescrire de suite, s'il est possible, ou au moins s'en servir lorsqu'arrivent les symptômes suivants : soif extrême qui éclate tout à coup, frisson, répugnance pour les boissons, répulsion pour les objets brillants et pour

(!) Quoi qu'en dise ici le docteur Héring, la cautérisation de la plaie au fer rouge est un moyen qu'il ne faut pas négliger.

l'action du vent, grande tristesse et abattement. Les spasmes eux-mêmes ne seraient pas une contre-indication. Le mieux alors est de placer le malade dans une chambre assez vaste pour qu'il puisse respirer, et assez petite pour qu'on soit à même de la remplir de vapeur. Ou se procure celle-ci avec un des appareils dont il a été parlé plus haut, p. 65, ou simplement en apportant autour du malade des briques chauffées au rouge et sur lesquelles on fait tomber de l'eau. Il est bien entendu que ces briques doivent être renouvelées dès qu'elles se sont refroidies au point de ne plus produire l'évaporation de l'eau.

Si le malade est calme, on peut le laisser libre dans cette chambre, du reste hermétiquement fermée ; mais s'il est déjà en proie à des accès de convulsions et de rage, il faut l'attacher sur un lif, tout en lui laissant le cou et la tête libres ; de plus, il faut rester là pour le surveiller.

Le bain doit durer deux heures environ, quand on le donne avant que les convulsions aient paru, autrement, ondoit le prolonger aussi longtemps que durent les spasmes. Gomme moyens préventifs, il fautdonner Hydrophobin, une dose matin et soir (5 globules de la 3e dilution, ou 2 gouttes de teinture chaque fois), et continuer pendant sept jours, ou au moins jusqu'à ce que la fièvre, la diarrhée, même des hémorrhagies surviennent. On peut aussi donner Cantharides, 3e dilution, de la même manière et jusqu'à explosion de symptômes analogues. Dans le cas où il surviendrait quelque éruption à la peau, il ne faudrait faire aucune application locale, cette éruption s'effaçant toujours d'elle-même. Enfin, lorsque l'horreur de l'eau semanifeste,ilnefautpas se décourager, carie malade peut encore guérir. On donne d'abord Belladona, 6e dilution, répétant la dose après chaque accès de spasme; si l'on remarque de l'aggravation, on fait prendre encore une dose, puis on laisse réagir. Hyoscyamus succède à Belladone et Cantharides peut, à son tour, remplacer la Jusquiame.

La difficulté est ici d'administrer le médicament; tant que dure l'horreur des liquides, il est, en effet, impossible de les donner en solution clans l'eau, c'est alors que les globules sont très-utiles. Il suffira d'en mettre 3 ou 4 sur la langue du malade pour chaque dose; on pourra aussi y faire tomber 2 ou 3 gouttes de teinture alcoolique à l'aide d'un tuyau de plume, par exemple. Dès que le spasme cesse, on fait une solution composée de 4 gouttes de la 6e dilution du médicament pour 4 cuillerées à bouche d'eau, et on donne une cuillerée à café toutes les demiheures d'abord, en éloignant à mesure que l'amélioration se produit.

On a recommandé une foule d'autres moyens contre la rage; mais leur action préservative et curative est trop douteuse pour que j'en fasse mention, d'autant mieux que c'est surtout pour se préserver du mal qu'on les a employés. Or, sur trente personnes mordues par un chien enragé, il y en a une à peine chez laquelle la maladie éclate, alors même qu'il n'a été pris aucune précaution ; il n'est donc pas possible d'admettre que chez ceux qui ont fait usage des préservatifs auxquels je fais allusion, l'immunité doive être rapportée à ces moyens mêmes.

Quand il survient des accidents ou des ulcères à la suite d'une morsure faite par un animal furieux, mais non enragé, il faut donner Hydrophobin.

Lorsqu'une plaie a été souillée par les détritus de tissus animaux en putréfaction, ou par le pus d'un ulcère d'un homme ou d'un animal, il faut prescrire Arsenic.

C'est encore Arsenic, qu'il faut donner ^lorsqu'une plaie a été atteinte par le sang, la salive ou le pus d'un animal porteur de pustule maligne.

Enfin, chaque fois qu'il surviendra des accidents graves à la suite d'une des circonstances que je viens de rappeler, il faudra , pendant 5 ou 10 minutes, exposer la partie h la chaleur, puis, la laver avec de l'eau de Sureau chaude,

et, en même temps, prendre Arsenic à doses rapprochées.

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