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Fig. 103. — Bandage de la tête et des oreilles.

fois môme il suffit de recouvrir la partie malade avec du taffetas d'Angleterre.

Si elle est plus profonde et que les bords aient de la tendance à s'écarter, il faut se servir de l'emplâtre agglutinatif connu sous le nom de sparadrap et qu'on trouve dans toutes les pharmacies. Ce n'est autre chose que de l'emplâtre diachylon étendu sur de la toile.

On coupe le sparadrap en languettes larges environ d'un centimètre, et on ramollit l'emplâtre soit à la chaleur de la main, soit en l'approchant pour un instant d'un corps chaud.

Avec la main gauche on retient les bords de la plaie en présence, puis on applique une bandelette sur la peau

saine à environ deux travers de doigt de la plaie et perpendiculairement à cette dernière, puis on l'amène, toujours en la collant sur la peau, au niveau de la plaie et au delà, à deux ou trois travers de doigt. La première bandelette doit être placée au centre de la blessure , les autres sont ensuite posées au-dessus et au-dessous. En général, on met ces bandelettes les unes à côté des autres, parallèlement entre elles, et de façon à laisser entre deux un très-petit intervalle, par lequel le sang et le pus, s'il se forme, puissent s'écouler.

Il faut pendant le pansement placer le membre dans une position telle que la blessure ne puisse s'ouvrir.

Il arrive souvent que ces moyens contentifs ne suffisent pas, les bords de la plaie ayant une tendance extrême à s'écarter ; ou bien l'application est difficile parce qu'il y a eu déchirure, ce qui rend les bords de la plaie irréguliers et difficiles à appliquer l'un contre l'autre. C'est dans ces circonstances qu'il faut employer la suture, opération qui a pour but de coudre les tissus de manière à les fixer d'une manière irréparable.

Mais cette opération nécessite l'emploi d'instruments spéciaux et une grande habitude ; elle doit donc être laissée au chirurgien. En attendant sa venue, on agira comme je viens de le dire.

Si la plaie est étroite et très-profonde, comme il arrive pour les coups d'épée, il ne faut pas se bâter de la réunir, parce qu'elle pourrait se cicatriser extérieurement et suppurer au fond, ce qui serait dangereux. C'est dans de pareilles circonstances qu'il faut, au contraire, séparer les bords de la blessure, ce qu'on fait en y introduisant un plumasseau ou une boulette de charpie.

Pour les écorchures, parfois très-douloureuses, il n'y a rien à rapprocher, la peau n'étant pas fendue dans toute son épaisseur. Le mieux est d'y appliquer tout d'abord une petite compresse trempée dans la teinture d'Arnica

étendue d'eau, et plus tard, un petit linge fenestré enduit de cérat, ou même simplement un morceau de taffetas d'Angleterre à l'Arnica.

Cette première partie du pansement accomplie, on place sur la bandelette un plumasseau de charpie, et sur la charpie une compresse, puis on fixe le tout avec une bande. La conduite que je viens de tracer est celle qu'il faut ordinairement tenir; mais les plaies peuvent amener des accidents graves, dont je dois actuellement parler.

némorrkagies. — Généralement les blessures fermées et pansées d'après les procédés que nous venons d'indiquer cessent de saigner. Quelquefois cependant il est nécessaire de placer une compresse de linge sur la plaie et de la maintenir avec une bande. On arrêtera souvent l'hémorrhagie en arrosant d'eau froide l'appareil, mais il y a des cas où cela ne suffit pas.

Lorsque le sang sort de la plaie par flots et que celle-ci est à la gorge, à la partie supérieure ou inférieure de la jambe ou du bras, il faut comprimer les vaisseaux au-dessus de lablessure et appelerimmédiatement un chirurgien . L'hémorrhagie est encore plus dangereuse lorsqu'un sang vermeil s'échappe de la plaie, à jet intermittent, les intermittences correspondant aux battements du pouls, parce qu'alors l'artère est atteinte. Dans ces circonstances hâtezvous de recourir à l'assistance d'un chirurgien expérimenté ; mais , comme tout délai serait dangereux, il faut, en attendant, exercer une forte compression au niveau de la plaie et entre cette plaie et le cœur. Il y ^!Vani;c7ar:îeTdoigT a deux méthodes de compression : la première se fait en appliquant plusieurs morceaux d'amadou superposés, et par-dessus une

compresse et une bande; la seconde se pratique avec les doigts appliqués sur le trajet de l'artère que l'on reconnaît aux pulsations qui existent là où elle passe. Au moment où l'on comprime l'artère, le sang coule quelquefois plus abondamment qu'auparavant, mais il ne tarde pas à s'arrêter ensuite. Il ne faut pas manquer d'appliquer en même temps autour de la plaie de Feau froide ou de la glace [et surtout de l'absterger avec de la teinture d'Arnica étendue].

On est souvent tenté de recourir, pour arrêter l'hémorrhagie, à des moyens très-impropres et nuisibles. Dans la frayeur du premier moment, certaines personnes lient étoffe sur étoffe autour de la blessure, jusqu'à ce qu'elles aient épuisé tout leur fonds de chiffons, de moucboirs, etc. ; mais cela ne peut arrêter l'bémorrbagie, et ne fait que la dissimuler. Si le premier bandage solide ne l'arrête pas, tout le reste est inutile et pernicieux, parce que cela empêcbe l'eau froide de pénétrer et cacbe le danger.

Certaines personnes posent, sur les blessures d'où le sang s'échappe à profusion, une foule de substances les plus hétérogènes, comme vinaigre, baumes, eau-de-vie, eau de saturne, blanc d'œuf et huile d'olive, charbon, glu, alun, suie, jus de limon, poix, gomme arabique, goudron, urine, feuilles de chêne, onguents et autres choses inutiles, dans l'espoir d'arrêter le sang; mais toutes ces substances rendent la cicatrisation difficile, parce qu'elles salissent les surfaces et que tout corps étranger introduit dans une blessure doit en être expulsé par suppuration. Si un bandage approprié, l'application d'eau froide ou de glace, une position convenable et le repos ne peuvent arrêter l'hémorrhagie, on peut,en attendant le chirurgien, user de quelques autres précautions. Il faut élever la partie blessée, veiller à ce que la surface du corps soit aussi peu comprimée que possible. Si le malade s'évanouit, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, surtout il ne faut pas le

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fatiguer en lui faisant flairer des essences. La syncope peut être avantageuse, car, en cet état, le sang coule moins rapidement et peut se coaguler plus facilement, surtout si l'on favorise la coagulation par des applications d'eau froide. Si toutefois le blessé devient pâle, commence à bleuir, et a des soubresauts dans les membres, il y a du danger et il faut immédiatement donner China [2 gouttes de la 6e dilution pour 8 cuillerées d'eau, une cuillerée toutes les demi-heures], un peu de bon vin, puis- répéter China, si cela est nécessaire.

Il faut donner les mêmes remèdes après une hémorrbagie abondante, quand elle a complètement cessé, seulement le malade peut boire de l'eau froide par petites quantités et aussi souvent qu'il en demande.

Si le premier bandage et les compresses mouillées n'arrêtent pas l'hémorrhagie, il faut donner Arnica, et si ce médicament ne réussit pas davantage, Jpecacuanha. La matière résineuse qui suinte en gouttes noires dans les cheminées où l'on brûle du bois pourra remplacer ces médicaments si Ton ne peut se procurer rien de mieux. Prenezen une boule grosse comme un pois, dissolvez-la dans une cuillerée à bouche d'eau-de-vie et attendez que celle-ci devienne brune ; étendez ce liquide dans un verre d'eau et versez-le sur la plaie. Si l'on peut avoir de la Créosote, •cette substance devra être préférée : il suffira d'en mettre une goutte dans une cuillerée à bouche d'eau. Un autre styptique puissant est le Matico) qu'on trouve dans les pharmacies.

Les piqûres de sangsues font quelquefois couler trop de sang; des enfants ont ainsi été saignés jusqu'à la mort en une nuit, faute d'être surveillés attentivement. Ce danger n'est pas à craindre avec l'homœopathie qui repousse l'emploi de ces annélides et leur préfère des médicaments mieux appropriés à la maladie. On ferme les piqûres de sangsues par deux points de suture ; cela ne cause aucune

douleur. Cependant, chez les enfants qui redoutent ce procédé, on peut arrêter le sang en comprimant longtemps l'ouverture avec le doigt et en y appliquant de la cire. Pendant la nuit il faut constamment veiller la blessure, afin de s'assurer que le sang ne coule pas. Les mêmes précautions sont nécessaires après une saignée. Il faut que le malade reste dans un repos absolu, mais que quelqu'un soit toujours auprès deklui pour voir si la veine ne saigne pas de nouveau.

Nettoyage des plaies. — Une blessure, même bien pansée, ne se cicatrisera pas si elle n'a été préalablement nettoyée et lavée avec soin. Il faut, avant de la panser, en extraire tous les corps étrangers qu'elle pourrait con* tenir. Si la blessure est pleine de sable, s'il y est entré des éclats de bois, de petits morceaux de verre, des arêtes de poisson, une balle, des morceaux de linge, ou si le fer qui l'a causée était rouillé, elle guérira difficilement. Il faut enlever autant que possible tous les corps étrangers par des injections et en lavant à grande eau, saisir les plus volumineux avec des pinces. S'il est impossible de nettoyer complètement la blessure, on fait un pansement provisoire, uniquement pour empêcher l'air d'y pénétrer, en ayant soin de ne comprimer les parties que légèrement; puis on appelle le chirurgien qui doit toujours intervenir dans les blessures de ce genre, car il est souvent obligé, pour réussir, de faire des incisions dans toutes les directions; quelquefois même ses efforts sont vains. Il faut alors panser la plaie avec des compresses trempées dans de l'eau additionnée de teinture mère d'Arnica, et répéter les tentatives à mesure que le gonflement diminue. Si la blessure existe à la plante du pied, on place dessus une compresse de linge que l'on attache sous la plante du pied même; on renouvelle le pansement deux fois par jour d'abord puis tous les jours jusqu'à ce que la plaie soit cicatrisée intérieurement. C'est dans ce cas surtout qu'il ne faut pas se

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hâter de faire cicatriser la plaie extérieure. Le blessé doit marcher de temps en temps, quoique cela lui cause de la douleur, parce que le mouvement contribuera souvent à déplacer le corps étranger et à débarrasser la blessure. S'il se déclare une vive inflammation, appliquez de l'eau froide à l'extérieur et donnez à l'intérieur les remèdes indiqués ci-dessous.

Si après la cicatrisation d'une blessure à la plante du pied, on ressent une vive douleur en marchant, on peut en conclure qu'il est resté dans les chairs une partie du corps étranger. Il faut alors attacher à la plante du pied une semelle de liège, une feuille de carton épais ou une mince planchette percée d'un trou juste à l'endroit où elle touche la partie sensible, et faire marcher souvent le malade. En même temps l'on donne «S ilicea, 30e dilution, 6 globules pour 8 cuillerées d'eau, 2 cuillerées par jour pendant4 jours ; huit jours après, si ce médicament reste sans effet, on donne Hepai\ comme Silicea et, après avoir attendu sept autres jours, on revient à Silicea. Généralement le corps étranger sera expulsé spontanément, au bout de ce temps, repoussé par les tissus au milieu du travail de cicatrisation. S'il s'est glissé plus loin et qu'on le sente sous la peau, on peut faire une incision pour l'extraire; mais, ceci encore doit être laissé au chirurgien.

Régime et traitement. — Il ne suffit pas d'arrêter Thémorrhagie, de nettoyer at de panser une blessure; le traitement consécutif et le régime du malade ont aussi une grande importance. Si la blessure est large, il faut laisser le malade aussi tranquille que possible; qu'il exerce peu son corps et son esprit; qu'il boive beaucoup d'eau froide et s'abstienne de tout stimulant, comme de sel, d'épices, de viandes fumées, etc.

S'il a été nécessaire de serrer beaucoup le bandage à cause de l'hémorrbagie, lâchez-le un peu le lendemain si le malade se plaint d'en souffrir; mais s'il n'est pas trop

serré, et si la plaie ne suppure pas, ne le dérangez pas avant deux ou trois jours, puis relàchez-le graduellement.

Quand on enlève un emplâtre agglutinatif, il faut toujours commencer par décoller les deux extrémités en les ramenant vers le centre; puis on détache la partie qui est appliquée sur la plaie en suivant la direction de cette dernière et non pas celle de la bandelette elle-même. Il faut enlever ces bandelettes en commençant par une des extrémités de la plaie et non par le centre, et remplacer immédiatement les anciennes par de nouvelles à mesure qu'on les enlève, cela, afin que la blessure ne s'ouvre pas de nouveau. Si cela est possible, on laisse l'appareil sans y toucher jusqu'à ce que la blessure se cicatrise; mais il est rare qu'on puisse agir ainsi. Par exemple, lorsque la blessure suppure, il faut changer souvent les pièces de l'appareil. Les fils des sutures doivent rester jusqu'à ce qu'ils se délachent d'eux-mêmes. C'est au chirurgien seul qu'il appartient de fixer le moment où il faut les retirer.

L'eau froide ne sert pas seulement à arrêter le sang et à nettoyer les blessures, elle contribue plus tard à les faire cicatriser. Pour cela on couvre celles-ci de compresses de linges trempées souvent dans l'eau froide ; ceci est utile surtout lorsque la plaie est enflée, rouge et douloureuse. Il est toujours bon d'ajouter à cette eau quelques gouttes de teinture d'Arnica.

On peut encore prendre de la charpie, la tremper dans l'eau et l'appliquer sur la blessure, en la recouvrant de taffetas ciré ou de gutta-percba; dans les pays où Ton ne peut s'en procurer, on se sert de papier enduit de cire fondue ou de papier huilé, et l'on entoure l'étoffe d'un mouchoir afin de préserver de l'humidité les parties saines. A mesure que l'inflammation diminue et que la plaie se cicatrise, on renouvelle ces compresses moins souvent, et lorsqu'il n'y a plus d'inflammation, on en cesse l'usage.

Toutes les blessures qui suppurent longuement et abondamment doivent être traitées comme les ulcères, dont nous parlerons plus loin; elles peuvent être traitées par des compresses imbibées d'eau froide, mais elles réclament parfois des applications d'eau cbaude et des cataplasmes.

Les plaies avec déchirure, dont on ne peut rapprocher les bords, doivent être au moins pansées "à plat et traitées par l'eau froide, à moins qu'elles ne suppurent.

Sur les blessures des parties osseuses : devla tête, du sternum, du talon, des phalanges, du genou, du tibia, de la cheville, il ne faut appliquer autre chose que de l'eau froide sans aucun bandage, à moins toutefois qu'au début, pour arrêter l'hémorrhagie, on ait eu recours à la compression ; en ce cas il faut simplement attacher un linge autour de la blessure pour la préserver du contact de l'air et de la poussière. Tout autre topique ou pansement serait nuisible parce qu'il pourrait occasionner des ulcères qui entameraient la surface de l'os. On peut appliquer à l'extérieur les remèdes que nous avons indiqués au sujet des fractures.

médicaments. — L'administration de médicaments pris à l'intérieur aidera toujours puissamment à la guérison. Aussitôt que le malade est reposé, il faut lui donner l'un de ceux qui sont prescrits pour les blessures, S'il n'empêche pas la fièvre de s'allumer et que celle-ci soit accompagnée de sécheresse de la peau et d'agitation, il faut donner Aconit; s'il y a agitation et surexcitation, Coffea; si le malade a perdu beaucoup de sang, China. Si, dans l'espace de 6, 8 ou 12 heures, on n'obtient pas d'amélioration, il faut donner l'un des médicaments suivants :

Arnica, s'il y a plutôt contusion que plaie, que la partie blessée soit ecchymosée, prenant une teinte jaune, même noire, si elle- a pu être facilement fermée et si la peau seule a été lésée (on se rappellera qu'en certains endroits la peau est très-épaisse)*

Calendula, si la plaie est déchirée, s'il y a une entaille profonde, dont les bords ne peuvent être réunis qu'imparfaitement, que les ' mouvements causent de la douleur, môme après le pansement; et s'il y a des lambeaux de peau détachés, ce qui rend la plaie irrégulière. Ce médicament calme les douleurs les plus intolérables.

Staphysagria, si la blessure est nette, profonde, produite par un instrument tranchant : un couteau, un morceau de verre, ou bien si elle est le résultat d'une opération chirurgicale.

Hypericum convient surtout aux plaies étroites et profondes comme celles que fait un instrument pointu et étroit, aussi à celles qui résultent d'une coupure et aux plaies avec contusion ou déchirement, surtout si la douleur est vive et prolongée, et qu'elle s'étende au loin dans la direction de la partie malade. Il doit être également administré aux enfants, lorsque, chez eux, la blessure amène des convulsions.

Apis s'adresse aux plaies par instruments piquants, quand il survient autour une vive rougeur et une grande sensibilité, surtout au toucher, si la douleur est vive, brûlante et lancinante ou si la rougeur s'étend au loin comme dans un érésipèle.

Rhus convient quand la rougeur se présente sous forme de raies qui suivent la direction du membre blessé, qu'il s'agisse du bras ou de la jambe, ce qui indique une inflammation des vaisseaux lymphatiques; après lui il faut donner Arsenic.

Si les os ont été atteints, il faut prendre les médicaments que j'ai indiqués plus haut.

Chez les personnes qui ont la peau flasque et chez lesquelles la plus petite blessure ne peut se cicatriser, il faut employer d'abord Chamomilla, puis Hepar, enfin Silicea du moment où la plaie tend à s'ulcérer.

1*1 ode d'administration des médicaments. — Arnica,

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Calendula, Staphysagria doivent être administrés à l'extérieur de la manière suivante : prenez quelques gouttes (10 à 12) de la teinture du médicament, diluez-les dans un grand verre d'eau, etimbibez-en les piècesde linge que vous placez sur la blessure. A Y intérieur, on donne une solution de 2 gouttes de la 6e dilution pour 8 cuillerées d'eau.

Au début, on fait prendre 1 cuillerée de cette solution toutes les 3 heures, et on éloigne toutes les 4 et les 6 heures à mesure que l'amélioration survient. Les médicaments destinés à combattre les suites éloignées de l'accident doivent être prescrits à la 30° dilution, 3 cuillerées par jour.

Accidents les plus communs survenant à la suite

des plaies. Tétanos. — Lorsque des symptômes convulsifs se déclarent à la suite d'une lésion traumatique, et qu'il y a lieu de craindre le tétanos, il faut appeler immédiatement un médecin. Dans le cas où l'on ne pourrait en avoir un assez promptement, il faut y suppléer de son mieux. On reconnaîtra d'abord l'imminence du danger à ce que, sans cause connue, le malade se plaindra de douleurs- d'entrailles et de serrement des mâchoires. Dans ce cas, Staphysagria etColocynthis, données alternativement, pourront prévenir de plus graves accidents. Si le malade se plaint de douleur dans le cou, de roideur du cou et du dos, surtout si auparavant il s'est souvent étiré les membres, qu'il se plaigne de crampes dans les articulations de la mâchoire ou dans la tête, près des oreilles; s'il a constamment envie de bailler, sans pouvoir ouvrir suffisamment la bouche; s'il est de mauvaise humeur, irritable, difficile à contenter, il faut donner Ignatia, 1 cuillerée de 3 heures en 3 heures, jusqu'à ce qu'on arrive à un soulagement notable. Mais, si, après plusieurs doses, l'état du malade s'aggrave, que le tétanos se déclare, le dos étant roide, on administre Mercurius, 1 cuillerée d'heure en heure, et, si ce médicament ne réussit pas, Belladona, donnée de même. La Belladone est surtout indiquée quand

il y a rougeur de la face ; Aconit, s'il y a alternativement rougeur et pâleur. Lorsque le malade devient froid, Bryonia ou Veratrum peuvent être efficaces ; si la chaleur aggrave son état, il faut donner Secale. Je dois dire qu'il est difficile, quand on n'est pas médecin, de choisir le remède convenable parmi tous ceux que je viens d'indiquer; je dirai encore cependant qiïlgnatia est le principal médicament si, au moindre contact, le malade éprouve une crise; quand l'attouchement cause d'abord une vive douleur et aggrave ensuite l'état du malade, il faut donner China; et Buta (surtout Belladona) quand une rougeur érésipélateuse apparaît autour de la blessure. Quand le malade a pris auparavant beaucoup de mercure, Bhus, Byoscyamus ou Stramonium, Campkora, peuvent être les remèdes les plus convenables. En général, on peut dire que le choix du médicament, dans des cas semblables, dépend de circonstances souvent minutieuses.

Le mode d'administration est celui des maladies aiguës.

Ilemorrliagie des gencives. — Il arrive souvent, après

l'extraction d'une dent, que les gencives saignent beaucoup; on emploie quelquefois alors des lotions vinaigrées, mais elles sont toujours nuisibles; le mieux est d'étancher le sang avec de l'eau froide étendue de teinture d'Arnica, puis d'exercer une compression avec un tampon de coton ou un morceau d'amadou appliqué sur l'alvéole, et sur lequel on presse avec le doigt ; il faut que cette pression soit maintenue jusqu'à ce que le sang s'arrête. Dans les cas très-graves où ces moyens avaient échoué, on a proposé d'ajouter à la compression de l'alvéole celle des artères pratiquée à l'aide d'un tourniquet ordinaire, appliqué de manière que le coussin porte sur la partie de la joue voisine de la gencive saignante; mais ce procédé ne peut être employé que par un chirurgien : quelques tours de vis seront suffisants et ne causeront aucune douleur. Il peut se faire qu'à la suite d'une pareille hémorrhagie,

29 6 LESIONS MECANIQUES.

il survienne un gonflement notable de la gencive et de la joue, Arnica, donné à l'intérieur, y remédiera. Si la fièvre survient, on remplacera ce médicament par Y aconit ; tous deux pourront être quelquefois alternés. S'ils restent sans effet et que le malade ait pris froid, on donne Rhus et Bryonia. Lorsque la douleur est violente, paraissant siéger dans les os où le malade éprouve des battements insupportables, et qu'il y ait de la fièvre, Hyoscyamus est préférable. Enfin, quand l'os de la mâchoire se gonfle et qu'il s'établit une suppuration continue, il faut recourir à Silicea. Les premiers médicaments sont donnés comme dans les maladies aiguës, et Silicea selon le mode d'administration réservé aux maladies chroniques.

Blessures graves de la tête. — On les observe souvent chez les enfants à la suite d'un coup ou d'une chute. Dans ce cas, le petit malade crie peu, mais il est engourdi et somnolent. Il faut débuter alors par Arnica appliqué à l'extérieur, comme il a été dit maintes fois, et donné à l'intérieur. Lorsque, dans la réaction qui suit l'accident, le petit malade se plaint d'être incommodé par la chaleur, ou s'il a du frisson, il ne faut lui laisser boire ou manger rien qui soit irritant ; il n'est pas bon non plus de le laisser trop longtemps dormir; puis, dès que la fièvre ou des spasmes surviennent, on donne Belladona (une cuillerée de 3 en 3 heures), et on évite que le sujet se refroidisse. Si Belladone ne suffit pas, on la remplace, au- bout de 24 heures, par Hyoscyamus, donné de même, et par Cina lorsque l'enfant s'entre profondément les doigts dans le nez. - S'il enfonce la tête dans son oreiller, qu'il ait les pupilles très-dilatées, non-seulement dans l'obscurité, ce qui serait naturel, mais quand on l'expose au grand jour, on prescrit Belladona, aussi une cuillerée de 3 en 3 heures, et, 24 ou 48 heures après, Hepar, une cuillerée de 6 en 6 heures seulement, puis on laisse réagir pendant quelques jours, S'il arrive alors que le volume de la tête

augmente, que les fontanelles s'écartent et qu'à leur niveau on perçoive avec les doigts un battement comme celui du pouls, il faut ordonner Calcarea carb., 30e dilution, 6 globules pour 8 cuillerées d'eau, 2 cuillerées par jour. C'est surtout dans ces cas graves que l'intervention d'un médecin homœopatbe est indispensable.

Les plaies de la tête, quand elles sont accompagnées de fracture des os, les plaies profondes de la gorge, de la poitrine, du bas ventre, en un mot, toutes celles où il y a écrasement ou luxation doivent être traitées par un chirurgien ; il ne faut donc agir qu'en l'attendant.

Dans ce cas, quand il s'agit d'une région partiellement écrasée, on commence par des applications d'eau froide arniquée, et on donne à l'intérieur Arnica, quelquefois alterné avec AcomV, si l'accident est nouveau. Plus tard, on peut encore sauver le membre, même après un commencement de gangrène, en donnant d'abord China, puis Lachesis, lorsque la peau devient noire. Cependant le chirurgien peut seul juger ce qui est opportun, et nous ne proposons ce traitement que lorsque le malade se refuse à l'amputation, lorsqu'il n'y a pas de chirurgien assez expérimenté pour pratiquer cette opération, ou lorsqu'il est trop lard pour la tenter.

Larges plaies de l'abdomen. — Les plaies du Ventre

ne sont pas toujours aussi graves qu'elles le paraissent, même lorsque les intestins sortent par une large ouverture ; jamais alors, cependant, il ne faut laisser le malade sans secours. Quelquefois des blessures réputées mortelles guérissent contre toute attente. Pour cela, il faut faire rentrer le plus tôt possible les intestins dans la cavité abdominale, après avoir eu le soin de les nettoyer pour en ôter la poussière et toutes les matières étrangères qui se seraient amassées à leur surface. Il faut faire ce lavage à l'eau tiède, sans frotter, et avoir soin de ne pas laisser l'eau s'introduire dans le bas ventre. Dans cette réduction, il

ne faut pas saisir les entrailles avec les mains nues, mais à travers un linge propre et doux au toucher. Il ne faut rieu donner de fort à flairer ni à ingérer.

Si le malade est tout à fait abattu, étourdi, indifférent, on lui donne Opium; s'il est très-excité, Coffea ; s'il a des convulsions, Ignatia; s'il devient pâle, avec le nez effilé et les extrémités froides, China ; mais, dès que la première émotion est passée, il faut toujours donner Arnica. Si l'on ne peut avoir un chirurgien, il faut coudre la blessure avec un fil ciré, en laissant une petite ouverture à sa partie la plus inférieure; puis il faut panser la blessure comme nous l'avons dit plus haut, en ayant soiu d'empêcher l'air d'y pénétrer. Il ne faut rien faire de plus. S'il s'ensuit de la diarrhée, qui se déclare aussi quelquefois après les opérations chirurgicales, on donne Colocynthis, et plus tard, Stapliysagria, si l'étal s'aggrave. On peut les prendre alternativement jusqu'à ce que les symptômes changent. Dans les cas les plus graves, il faut essayer de Lachesis et de Phospkorus.

Ces médicaments doivent être administrés comme il a été dit pour les maladies aiguës (i).

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