ÉVANOUISSEMENTS
compagne de fièvre; autrement, on se conduira comme il a été dit pour les maladies chroniques.]
§ 7. — Maladies du système nerveux.
Indépendamment des névralgies et des altérations localisées du système nerveux, il y a des troubles généraux qui réagissent tellement sur l'organisme entier qu'ils doivent trouver place dans cette troisième partie.
Evanouissements, Syncope. — Quand on est en présence d'une personne évanouie à la suite d'une impression morale, il faut se mettre en mesure de lui porter secours, mais sans se troubler cependant. On commence par la desserrer, par enlever tous les vêtements qui compriment le cou, la poitrine ou le ventre, puis on la couche dans un lieu retiré et calme, on lui jette de l'eau au visage et on applique sur la nuque, l'occiput et la région du cœur, des compresses froides. Si ces moyens échouent et que la malade ait le corps froid, on lui fait respirer de la teinture de camphre.
Il faut avoir bien soin, au moment où elle revient à elle, qu'elle ne soit pas impressionnée par quelque cause pénible, surtout ayant rapport à l'impression qui a amené la syncope.
Lorsque la cause de cet accident peut être précisée, elle doit tout dominer pour le choix du médicament. Ainsi, on donne: Coffea, Opium ou Aconit., quand l'évanouissement est venu après une frayeur; China, s'il est la suite d'une hémorrhagie ou de quelque autre cause d'affaiblissement; dans ce cas, on peut aussi faire boire un peu de vin, mais par petites cuillerées; après une impression morale, il faut administrer Ignatia ou Chamomilla, Hepar quand la moindre douleur fait perdre connaissance, et Aconit si la syncope est l'effet d'une souffrance très-aiguë. Dans cette dernière condition, Coffea et Chamomilla sont souvent indi-
qués; enfin, si la douleur paraît rendre fou, Veratrum sera très-utile. Puis, quand l'évanouissement et la faiblesse reviendront au moindre mouvement, Veratrum sera encore très-important pour les prévenir. Nux moschata se trouvera indiquée pour ceux qui se seront fatigués et refroidis par un temps humide, surtout s'ils avaient l'habitude de se plaindre d'une grande fatigue après un exercice modéré; aussi quand, chez eux, la syncope s'accompagne de battements de cœur et laisse le sujet très- frileux. Nux vomica s'adresse surtout aux personnes qui se sont surexcitées par des travaux intellectuels et des boissons spiritueuses ; Carbo vegetab. à celles qui ont fait abus de mercure. Nux vomica réussit encore lorsque l'évanouissement vient après t le repas ; et si la noix vomique ne suffit pas, il faut donner ensuite Acidum phospkoricum. Chamomilla et Hepar réussissent aux sujets qui ont souvent des vertiges, et Ipéca quand la crise est précédée d'envies de vomir; enfin Glonoin et Lachesis conviennent chez les femmes enceintes.
Tous ces médicaments doivent être employés en olfaction tant que le malade n'a pas conscience de lui-même; on doit faire respirer la teinture tous les 5 ou 10 minutes. Si le soulagement arrive vite, on continue le médicament jusqu'à ce qu'il survienne quelque aggravation. Lorsque le malade vomit en reprenant connaissance, il ne faut pas chercher à arrêter cet effort naturel ; quand il s'endort à la suite de la crise, il faut avoir bien soin de l'entourer d'un calme parfait et d'éloigner de lui tout ce qui pourrait troubler son som-meil.
Crampes. — Elles se font sentir dans les mollets, à la plante des pieds, parfois même sur d'autres parties musculeuses ; souvent elles se font sentir la nuit, troublent le sommeil et disparaissent le jour. Le meilleur moyen pour les faire cesser et en éviter le retour est Veratrum, on en prend une dose le soir, une la nuit, et on le répète