FAIBLESSE ET AUTRES IMPERFECTIONS DE LA "VUE
ture, non à plat, et, lorsque les verres sont rayés, il faut immédiatement les remplacer. Un opticien habile doit être capable de choisir les verres convenables lorsqu'on lui indique pour chaque œil à quelle distance la personne peut lire de gros caractères imprimés, chose qu'on doit toujours faire. Si ces verres se cassent, les fragments suffisent pour qu'on en choisisse d'autres de la même puissance.
Un bon moyen de fortifier la vue consiste à faire chaque jour sur le visage et la partie postérieure des oreilles des lotions d'eau froide. On s'est bien trouvé parfois de bassiner les yeux avec de l'eau froide, à laquelle on ajoutait un peu d'eau-de-vie (une cuillerée à café pour un bol d'eau). Les collyres, surtout ceux qui renferment des sels de plomb ou de zinc, sont toujours nuisibles.
§ 5. — Faiblesse et autres imperfections de la vue.
Ceux qui ont affaibli leur vue pour avoir trop lu, trop travaillé, examiné les objets de trop près, ou pour tout autre motif analogue, doivent user de leurs yeux avec beaucoup de circonspection. Ils doivent d'abord éviter le travail à la lumière du gaz ou d'une bougie, les lumières vacillantes; ne jamais lire dans leur lit ni au soleil ; ne jamais lire non plus avec une clarté trop faible comme celle du crépuscule ou de la lune. Il faut éviter aussi de dormir avec une lumière dans sa chambre. Celui qui est en bonne santé et qui doit travailler dans de semblables conditions, devra le faire pendant un quart d'heure ou vingt minutes au plus, puis se donner un moment de repos, pour recommencer ensuite. En lisant ou en écrivant, il faut toujours avoir la lumière du gaz derrière soi et au-dessus de sa tête.
Ceux qui sont astreints à un travail fatigant pour les yeux, les graveurs par exemple, feront bien d'avoir des lunettes spéciales, et aussi de se garantir avec des écrans.
Ceux-ci sont également utiles aux personnes qui voient doubles (diplopie) et aux louches. Comme médicaments, Ruta est utile contre la faiblesse des yeux provenant d'excès de lecture ou de travail à l'aiguille ; il faut prendre ce médicament lorsque tous les objets paraissent couverts de poussière et de brouillard, lorsqu'on ne peut plus rien distinguer au delà d'une certaine distance, et lorsqu'on éprouve de temps en temps des contractions spasmodiques des paupières.
Apis. Lorsqu'après un exercice quelconque, les yeux sont sensibles, et lorsqu'on ressent la nuit des élancements saccadés dans le globe oculaire.
Vue courte (Myopie). — La vue courte, lorsqu'elle n'est pas de longue durée, surtout lorsqu'elle est occasionnée par l'inflammation des yeux, peut être guérie par Pulsatilla; si elle résulte d'un usage prolongé du Calomel, elle sera guérie par Carbo vegetabiiis; si elle apparaît à la suite d'une autre cause débilitante, par Acid. phosphoricum; si elle est consécutive à une fièvre nerveuse accompagnée de diarrhée, par China.
Vue longue (Pi^esbytie). — Nux vomica réussit quand ce symptôme provient de l'abus des liqueurs spiritueuses ; si la vue s'obscurcit en lisant, si les lettres se confondent et que les yeux soient éblouis par la lumière, il faut donner Drosera. Si ces deux médicaments ne suffisent pas, il faut songer à Sulphur suivi, si cela est nécessaire, de Silicea pour les personnes maigres, ou de Calcarea pour les personnes corpulentes. Mais, dans tous les cas semblables, il vaut mieux consulter un médecin.
Attaques de cécité. — Aconit fait du bien dans les cas de cécité soudaine et momentanée; Mercurius est trèsefficace lorsque les attaques reviennent fréquemment; mais si le malade a pris beaucoup de Calomel, il faut donner Silicea.
Belladona est efficace contre la cécité nocturne, lorsque