‹ Médecine homoeopathique domestiqueChapitre 91 sur 110 · MAUVAISE HALEINE · texte numérisé non relu

MAUVAISE HALEINE

il faut chercher Je médicament dans les chapitres qui concernent chacune d'elles. C'est seulement quand elle constitue un symptôme prédominant qu'on ne peut rattachera aucune cause apparente, qu'il faut recourir à des médicaments particuliers. Si l'haleine est fétide seulement le matin, il faut prendre Nux vom. ; le matin et la nuit, Pulsatilla; après àiner,Chamomilta; et dans d'autres circonstances, Bryonia, Arnica, Arsenic, Hyoscyamus; quand elle a une odeur d'oignon, Cepa; une odeur douceâtre, comme si l'on avait pris beaucoup de mercure, Mercurius; putride, Carbo vegetabilis ; si, en même temps que l'haleine est fétide, la langue est couverte d'un enduit blanc, si le malade est d'un caractère changeant et sujet à prendre froid, Nux moschata.

§ 4. — Scorbut.

Dans celte affection, les gencives deviennent chaudes, rouges, très-sensibles ; elles gonflent, sont spongieuses, se détachent des dents ; de petits ulcères apparaissent à leur surface, à la face interne des lèvres, sur les joues, le palais et même la langue ; une odeur putride s'exhale de la bouche, et un écoulement de salive glaireuse et sanguinolente s'établit; les dents sont branlantes, et, par suite, la mastication et la déglutition sont difficiles ; quelquefois les glandes du cou s'engorgent et deviennent douloureuses; le malade devient très-faible et tombe dans une fièvre lente.

Dans presque tous les cas de scorbut, Mercurius est le médicament le plus efficace, et l'on peut toujours le donner au commencement de la maladie à moins qu'elle ne soit le résultat de l'abus de ce médicament. Dans ce cas, il faut donner Carbo vegetabilis comme antidote, suivi, si cela est nécessaire, tfHepar ou de Dulcornara. Chez les personnes grasses, paresseuses, la maladie provenant de malpropreté ou de ce qu'elles ne prennent pas assez d'exer-

cice au grand air, Capsicum doit être donné en premier lieu.

Nux vomica s'adresse aux sujets maigres et d'un caractère actif, mais qui ont des occupations trop sédentaires ; Carbo vegetabilis et Arsenicum quand le scorbut sera le résultat d'abus d'aliments trop salés, et si le changement n'est pas favorable, on administrera avec succès V esprit ■de Nitre dulcifié (une goutte une ou deux fois par jour).

En dehors de ces substances Mercurius solubilis doit être prescrit du moment où la maladie est très-aiguë, et qu'elle a atteint les fosses nasales, surtout si le pus ichoreux qui se sécrète et dont une partie est toujours avalée, a causé des maux d'estomac et de la diarrhée.

Arsenicum est indiqué tout d'abord lorsque l'ulcération est très-étendue, accompagnée de vives douleurs de brûlure. Il faut l'alterner avec China lorsque Mercurius est resté sans effet, et que le malade est très- abattu; puis, si les gencives restent noires et se couvrent d'ulcérations bleuâtres surleurs bords, Lachesis doit succéder àl'Arsenic.

Dulcamara doit être prescrit le premier, quand la maladie est l'effet d'un refroidissement et que les glandes du cou sont engorgées.

Carbo vegetabilis, outre qu'il doit être préféré à tous les médicaments dans les cas où la maladie résulte de l'abus du Mercure et des aliments salés, est encore très-efficace lorsque les gencives saignent beaucoup et ont une odeurrepoussante. Lachesis ou Capsicum sont souvent utiles ensuite.

Natrum muriaiicuin est indiqué lorsque les ulcères se propagent lentement, que les gencives sont enflées et deviennent très-sensibles à l'action du froid et du chaud, des aliments et des boissons ; lorsqu'il se forme sur la langue des vésicules et de petits ulcères qui provoquent une sensation de morsure et de brûlure et empêchent de parler.

Parmi les remèdes domestiques en vogue contre cette maladie, le plus recommandable est le Citron. On se frotte les gencives avec des tranches de ce fruit, on se rince la

bouche avec son jus. Ce procédé est très-salutaire, au commencement de la maladie, surtout en été et sur mer. La Sauge est encore très-utile contre beaucoup de formes de cette maladie. On peut aussi se rincer la bouche avec de Teau-de-vie. On se trouvera bien de composer son régime <3e fruits et de viandes fraîches.

§5. — Maladies de la langue.

Inflammation de la langue. — Le premier médicament à donner est Aconitum quand l'inflammation est accompagnée de fièvre ; on le continue pendant 12 heures et on donne ensuite Mercurius.Dès que celui-ci est insuffisant et que l'inflammation s'étend à d'autres parties de la bouche, dès quil apparaît un grand nombre de petits ulcères, Belladona doit remplacer le Mercure, et Apis serait donné ensuite dans le cas oùla langue serait comme brûlée, couverte sur ses bords de vésicules causant une douleur de brûlure ou de cuisson brûlante, d'un rouge de feu et sèche; Arnica et Aconit, pris alternativement toutes les 5 ou 6 heures, sont très-efficaces contre les inflammations causées par des morsures.

Enfin, Arsenicum etLachesis viendraient en dernier lieu dans les cas graves, si l'on ne pouvait appeler un médecin.

induration de la langue. — Il faut la combattre avec Mercurius suivi de Belladona ; et quand elle est venue parce qu'on s'est souvent mordu la langue en dormant, on donne Acidum phosphoricum .

Paralysie de la langue. — Il faut la traiter avec Belladona, Hyoscyamus et Nux moschata, que l'on donne dans Tordre où ils sont énumérés, chacun pendant 36 à 48 heures, si la maladie est récente, ou pendant 8 jours, et à raison de 2 cuillerées par jour, quand elle est ancienne. (Gomp. avec apoplexie).

Chez les enfants qui ne peuvent apprendre à parler, il

faut donner Natrum muriat., 30e. Goullon propose défaire prendre tous les 8 jours 3 à 6 globules de ce médicament.

§ 6. — Maladies de la gorge.

Mal «le gorge aigu ou Esquinancie. — On désigne

sous le nom général de mal de gorge les diverses affections qui causent delà douleur dans celte région .

Pour examiner la gorge d'un malade, il faut exposer le patient au grand jour, en face d'une fenêtre haute, si cela est possible, lui faire ouvrir la bouche toute grande et y introduire le manche d'une cuiller à l'aide duquel on abaisse la base de la langue, en ayant soin toutefois de le faire doucement. Par ce moyen la gorge peut être examinée dans toute sa profondeur. Les personnes auxquelles ce procédé d'exploration n'est pas familier mettent naturellement plus de temps que d'autres à examiner la gorge ; il faut alors qu'elles le fassent à deux reprises différentes : elles laisseront le malade ouvrir la bouche, renverser spontanément la tête et tirer la langue, et elles examineront la partie supérieure de la gorge ; puis elles laisseront le malade se reposer un instant, lui feront de nouveau ouvrir la bouche, y introduiront le manche d'une cuiller et presseront légèrement sur la base de la langue, afin de mettre à découvert le pbarynx, les amygdales et le fond de la gorge. On peut éviter l'usage de la cuiller pour presser sur la langue en engageant le malade, tandis qu'il a la bouche toute grande ouverte, à retenir sa respiration, alors la langue s'abaisse graduellement et le voile du palais se relève. Pour les enfants qui résistent, il faut placer un bouchon ou bien un spéculum buccal (fïg. 132), entre les deux mâchoires et abaisser la langue avec précaution, de peur de les blesser.

Cela fait, il faut comparer le récit du malade avec ses propres remarques et avec les symptômes des mé-

dicaments que nous recommandons plus loin. Dans les cas

Fig. 132. — Spéculum buccal de Hier.

où il y a de l'enrouement, il faut chercher au paragraphe « Enrouement. »

Un remède domestique excellent contre le mal dégorge, et facile à préparer au moment même, consiste en une compresse imbibée d'eau froide qu'on enroule autour du cou et qu'on couvre d'un morceau de flanelle ou d'une autre étoffe de laine. Les hommes qui ont la gorge sensible devront s'habituer à laisser le cou libre en portant une cravate large, afin de se rendre moins susceptibles.

L'ancien et pernicieux usage des gargarismes irritants a été abandonné, même par les meilleurs praticiens de l'ancienne médecine. Si la gorge est sèche, enflée, douloureuse, le malade pourra inhaler de la vapeur d'eau chaude ; pour cela il suffit de se placer au-dessus d'un vase à moitié rempli de ce liquide.

[On pourra se servir d'un pulvérisateur qui permettra de diriger la vapeur sur la partie malade.]

Le lait chaud, en boisson ou en fumigation, est utile

quand la gorge est sèche et gonflée ainsi que la muqueuse de la bouche ; il est d'un bon effet dans toutes les maladies aiguës de la gorge ; dans les maladies chroniques l'eau amidonnée, employée avec le pulvérisateur, sera trèsfavorable.

Comme médicament Aconit convient dès que la déglutition et la parole sont douloureuses, que la gorge est plus rouge qu'à l'ordinaire et le siège d'une sensation de brûlure, de picotement, de contraction, avec fièvre, agacement, malaise et agitation.

Coirea répond au mal de gorge accompagné de coryza et d'une toux d'irritation qui vient surtout au grand air, ou s'il y a, en même temps : insomnie, chaleur généraler caractère sensible et porté aux pleurs, surtout quand la douleur n'occupe qu'un côté de la gorge, disparaît par moments, augmente beaucoup quand on cause, la luette étant gonflée et trop longue, le malade croyant toujours avoir au fond de la gorge un paquet de glaires qu'il ne peut détacher. La chaleur et la sécheresse de la gorge indiquent aussi Coffea.

Beliadona convient dans les mêmes conditions que Coffea et combat les symptômes suivants : gonflement extérieur du cou, spasme de la gorge chassant les liquides dans le nez chaque fois qu'on boit ; disposition continuelle à avaler; picotements en avalant ou en touchant la gorge, déglutition difficile, causant des spasmes ou tout à fait impossible ; sensation dans le gosier comme s'il était trop étroit ou qu'une cheville y ait été introduite ; sensation rie sécheresse, de brûlure dans la gorge et disposition au renâclement; dans l'intervalle des repas, tiraillements s'élendant jusqu'à la mâchoire inférieure ou bien jusqu'au sommet de la tête ; apparition subite sur la gorge d'ulcères qui s'étendent très-rapidement, les amygdales et la luette étant gonflées, d'un rouge vif ou jaunâtre, quelquefois rouges sans engorgement; vive douleur en avalant ou en re-

nâclant, quelquefois même en parlant; pression et élancements dans les amygdales, comme si elles allaient éclater; glandes engorgées extérieurement, fièvre ardente, soif ; salivation abondante, douleur au front, langue chargée. Belladona convient souvent quand la fièvre scarlatine ou quelque autre fièvre éruptive règne dans une contrée. Il faut parfois alors l'alterner avec Mercurius.

Qu'on ait pris l'un ou l'autre de ces médicaments, il faut toujours s'entourer de précautions pour éviter un refroidissement.

ilercnrius convient quand le malade dit éprouver une sensation analogue àcelle que causeraitunevapeur chaude, la langue étant gonflée, ramollie, de sorte que les dents laissent leur empreinte sur ses bords, le mal de gorge étant causé par des aphthesqui laissent des taches rouges, ne sont pas très-douloureux et se développent lentement. Dans ce cas, Belladona reste sans effet, mais Mercurius est spécifique, il faut quelquefois l'alterner avec Hepar.

lie par est préférable aux précédents, dès le début dela maladie, si les douleurs en avalant sont lancinantes et tellement vives qu'elles s'étendent aux oreilles, aux glandes du cou et à la mâchoire inférieure, le malade comparant cette sensation à celle que causerait une écharde ou une arrête, et aussi lorsqu'une vive sensation de chaleur ou des élancements dans les amygdales rendent la déglutition impossible. Le gonflement des gencives et delà langue, la salivation, le frisson venant chaque soir, mais bientôt suivi de chaleur et de sueur, sans amélioration consécutive, Fagitation la nuit avec augmentation de toutes les douleurs, lesquelles s'aggravent aussi sous l'influence de l'air froid, un violent mal de tête s'étendant jusqu'à la nuque, indiquent aussi l'emploi de Hepar. [Ce médicament s'adresse surtout à l'angine causée par le développement d'un abcès, et qu'on nomme pour cette raison phlegmoneuse.]

Hepar convient encore après Mercurius, quand on s'est refroidi en prenant ce médicament ; s'il n'arrive pas alors une amélioration rapide, il faut [au bout de 2 i heures] revenir à Mercure.

liachesis convient dans les cas où Belladona, Mercurius ou Hepar semblent indiqués, mais ne sont pas suffisants, lorsque la luette et le voile du palais sont gonflés ; le malade ayant un besoin continuel d'avaler ; salivation abondante, accumulation de glaires dans la gorge, ulcères douloureux, spasmes qui empêchent de boire ; si le gosier est très-sensible au moindre attouchement, même à celui des draps de lit, avec aggravation de tous les symptômes après midi, souvent aussi le matin et toujours après le sommeil. Ce médicament convient surtout aux personnes qui ont pris beaucoup de Mercure.

Chamomiiia s'adresse principalement aux enfants et lorsque le mal provient de ce qu'on a été exposé à un courant d'air étant en pleine transpiration. Outre les symptômes mentionnés à propos iï Aconit, W répond aussi à : sécheresse de la gorge, soif, sensation d'obstruction du gosier lorsqu'on avale ou lorsqu'on penche le cou ; il semble au malade que quelque chose soit arrêté dans sa gorge et il fait de vains efforts pour l'en chasser ; battements dans les glandes de la mâchoire inférieure qui sont engorgées ; fièvre se déclarant surtout le soir, accompagnée soit de chaleur, soit de frisson, quelquefois de coryza et de chatouillement au gosier qui fait tousser, de picotements dans le larynx et d'enrouement. Il n'est pas rare qu'on transpire après avoir pris ce médicament, il ne faut pas chercher à combattre cette transpiration par d'autres substances.

ignatia doit être donnée dans les mêmes circonstances que Chamomilla, lorsqu'il s'y ajoute une sensation analogue à celle que produirait la présence d'un bouchon dans la gorge, des points douloureux dans la gorge en avalant, une douleur aiguë, lancinante qu'on éprouve quelquefois même

sans avaler, les liquides étant plus difficiles à avaler que les solides. Ce médicament répond aussi à l'inflammation avec ulcération et induration des amygdales. Cependant, avant de se décider, il faut le comparer avec Belladona, Mo.rcurius,Heparzt Sulphur. Si les amygdales sont ulcérées superficiellement, il faut donner Lycopodium après Ignatia.

Mux Tomica est utile dans les mêmes circonstances que Chamomilla et Ignatia, surtout lorsque la sensation de cheville ou de bouchon dans le gosier est plus prononcée en avalant, la douleur plutôt pressive que lancinante, s'aggravant en avalant la salive, et suivie d'une sensation de rudesse, de râclement, d'excoriation du gosier, de douleurs dans la gorge quand on aspire de l'air froid, d'enflure et de rougeur du voile du palais.

Puisataia combat les mêmes sensations en avalant que Nux vomica;e\\e est également utile lorsque le gosier paraît étroit, obstrué par le gonflement de ses parois ; lorsqu'il y a de la rougeur, une sensation de râclement, de la sécheresse dans la gorge sans soif, des élancements dans le pharynx plus intenses en avalant, une sensation de tension dans le gosier, une sensibilité exagérée des glandes du cou au moindre attouchement, une coloration rouge bleuâtre de l'intérieur de la gorge, de la fièvre sans soif, des frissons le soir suivis de chaleur.

Bryonia lorsque la gorge est douloureuse au toucher ou aux mouvements de la tête ; lorsque la déglutition est difficile, douloureuse, comme s'il y avait quelque chose de dur dans la gorge ; lorsqu'on éprouve des élancements avec sécheresse de la gorge, ou une sensation de sécheresse qui rend l'élocution difficile. Ces symptômes se déclarent communément lorsqu'on s'est échauffé, après avoir pris des glaces ou bu de l'eau glacée, ils sont généralement accompagnés de fièvre, avec ou sans soif, mais avec une grande irritabilité.

Rhu8 combat à peu près les mêmes symptômes que

Hérino. — Méd. Hom. 32

5GG MALADIES LOCALISEES.

Bryonia, mais il faut que la douleur s'étende plus bas dans l'œsophage, que le malade soit enclin aux larmes, que Bryonia n'ait pas effectué une guérison complète, qu'il y ait sur les amygdales des vésicules blanches et des ulcères.

Capsicum combat des symptômes analogues à ceux que nous avons indiqués précédemment, on peut le donner lorsque les autres médicaments ont été insuffisants, lorsque la fièvre est continuelle, avec soif et frissons suivis de chaleur, contre les douleurs surtout pressives, les contractions spasmodiques de la gorge, les excoriations et ulcères de la gorge et de la bouche avec sensation de brûlure, la toux causant des douleurs vives dans la gorge. Ce médicament est surtout indiqué lorsque le malade veut rester couché, dormir et redoute l'air et le froid.

Apis s'adresse aux malades frileux, qui redoutent le grand air et ne peuvent pourtant supporter l'atmosphère d'une chambre fermée, et surtout chauffée; à ceux qui ont très-chaud, mais ne sont pas altérés ; à ceux qui ont de l'urticaire, une sensation de brûlure sur la langue et dans la gorge comme s'ils avaient bu un liquide bouillant, des phlyctènes sur le bord gauche de la langue, sécheresse et rougeur de la bouche et de la gorge, salive épaisse, rougeur et engorgement des amygdales avec picotements, brûlure, démangeaison.

Veratruni est indiqué lorsque la gorge est sèche, brûlante, âpre, douloureuse, avec sensation de pression comme si elle était enflée, lorsqu'on a des douleurs et des spasmes en avalant, surtout si la douleur occupe d'abord le côté gauche et passe ensuite au côté droit.

Coccolus, lorsque la salive est épaisse et vient faire des bulles entre les lèvres, la douleur étant située plus profondément dans la gorge, aggravée par le passage des aliments ; lorsque la sécheresse s'étend très-bas dans l'œsophage, et lorsque, en buvant, il se produit un bruit de glouglou.

China combat la sécheresse, les picotements, les douleurs de la gorge en avalant; il convient encore de le donner lorsque la maladie s'aggrave chaque fois qu'on est exposé à l'air frais, lorsqu'il y a des alternatives dans les douleurs, lesquelles troublent le sommeil et reviennent chaque fois que le malade prend froid.

Sulphur arrête les maux de gorge qui récidivent fréquemment ou qui durent longtemps, surtout si l'intérieur de la gorge, les amygdales et la luette sont enflés, si la déglutition est à peu près impossible et si, outre les douleurs accoutumées, on éprouve des picotements, la sensation d'un bouchon dans la gorge, ou une sensation de rétrécissement du gosier avec sécheresse et sensibilité de cette région.

Phosphorus remplacerait Sulphur, si le gonflement et la rougeur de la gorge étaient bien marqués et que la luette tombât très- bas. Lachesis est aussi très-utile pour remédier à ces chutes de la luette.

Lorsqu'un mal de gorge dure plus de trois jours, il faut craindre la formation d'un abcès ; on la reconnaît aux symptômes suivants : L'ouverture du pharynx continue à se rétrécir, le malade se plaint de douleurs lancinantes et pulsatives, il a une salivation continuelle et ne peut avaler sans que les liquides lui reviennent par le nez ; s'il se couche sur le côté malade ou sur le dos, ses souffrances augmentent. L'examen direct delà gorge montre qu'une amygdale est très-gonflée et pointue sur un de ses points, celui où le pus se forme. Le premier médicament à donner est Hepar. On fait une solution de 6 à 8 globules d'une 12e dilution pour 8 cuillerées d'eau, et le malade prend une cuillerée de 3 en 3 heures. On continue pendant 24 et 36 heures. Silicea, 30e dilution, vient ensuite, surtout si l'abcès est ouvert. Enfin Mercurius et Lachesis peuvent être quelquefois utiles.

On se trouvera bien d'appliquer extérieurement des ca-

taplasmes, de faire des gargaiismes d'eau de gruau, de lait ou d'eau de guimauve. . '

[Résumé. — Les médicaments essentiels parmi ceux que le Dr Héring recommande contre lés maux de gorge sont :

Belladone, puis Bryonia pour les maux de gorge avec rougeur, gonflement et fièvre;

Mercurius solubilis, quand il y a*des aphthes;

Hepar et Siliceo, pour le mal de gorge avec abcès.

Mode d'administration. — Il sera celui des maladies aiguës quand il y aura angine avec fièvre; mais si l'angine est chronique, il suffira de donner 2 doses de médicament par jour.

La diète est de rigueur dans les premiers jours d'une angine aiguë, puis on alimente graduellement le malade.

Angine couennense. — Elle doit être traitée par un médecin. Il peut se faire cependant que j'es accidents éclatent avec assez de violence et d'instantanéité pour qu'il soit utile d'intervenir sans retard.

Dans ce cas, on trouve, en examinant la gorge, que la muqueuse est rouge et couverte d'un enduit blanc adhérent, lequel existe le plus ordinairement par plaques entre lesquelles le tissu est rouge. La douleur n'est pas toujours très-violente ; il y a de la fièvre.

Le premier médicament à donner en pareil cas est Belladone, J'2e dilution, une goutte pour 6 cuillerées d'eau, une cuillerée d'heure en heure. En continuant ainsi pendant 6 à 1-2 heures, surtout s'il y a amélioration notable. Bryonia convient souvent après Bdladona quand la muqueuse est d'un rouge sombre ; autrement Mercurius bohbilis, 12e dilution, est préférable. On l'administre comme Belladone.

Si alors les couennes deviennent molles et paraissent se détacher, l'état général s'améliorant , Baryta carbon., 18e dilution, une goutte pour 8 cuillerées d'eau, une cuillerée de 3 heures en 3 heures, sera très-utile.

Si, au contraire, la maladie s'aggrave; le traitement. devient difficile et la présence du médecin est indispensable. Quant aux médicaments, il faudrait choisir parmi ceux qui sont indiqués à l'article Croup (L. S. F.).

§ 7. — Maladies de l'estomac.

Manque d'appétit. — Les moyens employés communément pour exciler l'appétit sont tout à fait propres à le perdre : ainsi les aliments très-salés, acides ou amers , 'les épices, les racines, les herbes ou les écorces aromatiques que l'on fait digérer dans quelque boisson spiritueuse^t que l'on recommande comme stomachiques, sont tous des moyens artificiels et non des aliments. Ce sont aussi îles médicaments fort utiles quand on sait les donner à propos et en quantités convenables, et en suivant les principes consacrés par l'expérience. Mais tout médicament est nuisible quand il est donné à contre-temps ; piis en ïtrop grande quantité ou trop longtemps continué, et c'est ce qui arrive le plus souvent pour les substances réputées stomachiques. Le plus dangereux surtout, c'est l'habitude que l'on prend d'user de ces moyens artificiels, parce qu'ils deviennent d'autant plus funestes qu'on y a eu plus longtemps recours. Ils peuvent sans- doute réveiller l'appétit pour une couple de jours, mais ensuite celui-ci se perdrplius complètement qu'avant. Il y a plus, de toutes les substances qui sont introduites dans l'organisme à titre d'aliments, une partie est rejetée et l'autre assimilée ; il en est de même de tous les condiments que l'on avale chaque joiuret qui ne sont, eji définitive, que des substances médicamenteuses, dont une partie reste dans l'organisme et s'y accumule graduellement. Ces substances n'étant point des aliments agissent comme des corps étrangers et causent peu à peu des maladies incurables. Or, ce n'est ni dans l'intestin, où elles pourraient déterminer des effets pur-

gatifs, ni dans le sang que ces substances s'accumulent, mais dans l'épaisseur môme des tissus, d'où elles ne sont pas facilement expulsées.

On peut sans doute user sans inconvénient de quelques condiments pris en petite quantité, par exemple d'un peu de poisson salé ou de quelques acides, surtout pendant l'été. On les accordera donc aux personnes bien portantes du reste, tant qu'elles en auront le désir ; mais du moment où celui-ci cesse, il faudra s'arrêter, parce que ce sera le signe que l'organisme en est saturé.

Les meilleurs moyens de s'ouvrir l'appétit dans l'état de santé sont l'exercice, le mouvement en plein air, l'habitude de boire régulièrement de l'eau froide le matin à jeun, une ou deux heures avant et après chaque repas, et le soir avant de se mettre au lit, de boire modérément à dîner, surtout si le repas a été copieux ; on fera bien alors de ne boire cette eau que par petites gorgées.

2° Faiblesse d'estomac (Dyspepsie, Indigestion). — Nous avons donné les renseignements les plus essentiels sur cette maladie, lorsqu'elle se déclare aussitôt après avoir mangé, dans le chapitre iv de la Impartie; si elle provient d'une autre cause, voyez les chapitres i, n et v de la Ir# partie. Il se présente toutefois bien des cas où plusieurs causes très-différentes concourent simultanément à troubler la digestion; il s'en présente aussi dont la cause est inconnue. Quelques-unes de ces causes sont passagères, tandis que d'autres persistent, on dit alors qu'il y a Dyspepsie. Bien souvent cette affection est le début d'une maladie grave. Je ne parlerai ici que des formes légères, les autres devant être traitées seulement par un médecin. Le mot Dyspepsie signifie tout simplement digestion pénible, il n'a pas par lui-même de valeur précise. Lors donc qu'un médecin nomme cette affection, il ne fait qu'exprimer ce que le malade ressent très-bien lui-même, à savoir que son estomac digère mal.

Or, comme il y a un grand nombre de maladies de l'estomac et des intestins auxquelles la dyspepsie vient se lier, il faut toujours, avant de choisir son médicament, déterminer quelle est celle à laquelle on a affaire. Au début, chacun peut être son médecin à soi-même, car la condition la plus importante est le régime ; plus tard, il faut des médicaments parfois difficiles à choisir.

Ce régime consiste à s'abstenir de salaisons, d'aliments marines, faisandés, de beurre rance, etc. Le matin, il faut prendre un déjeuner léger, composé d'un peu de viande, d'oeufs, en évitant la graisse, le beurre fondu, le pain frais ou pas assez cuit; au diner, on prend plus de viande, du poisson et des légumes frais, mais pas de pâtisserie; des fruits mûrs ou cuits. L'usage du café et du thé le soir est toujours nuisible.

Il ne faut pas croire non plus. qu'on puisse calmer des aigreurs d'estomac avec du sucre ; le goût peut être satisfait, mais non l'estomac.

Dans le cas de dyspepsie aiguë caractérisée par le manque d'appétit, des nausées, des douleurs et surtout des tranchées dans le ventre, sommeil agité et faiblesse, il faut choisir parmi les médicaments qui suivent :

Arnica lorsque la maladie est la suite d'un coup reçu sur l'estomac, d'un effort pour soulever un fardeau, accompagnée delasensatioD defracturede lacolonne vertébrale; lorsque cette douleur est causée parle défaut de sommeil, la fatigue d'esprit, une grande excitabilité ou irritabilité, comme quand on dit que le malade est dans un état nerveux, avec sécheresse et enduit jaunâtre sur la langue, goût putride ou amer, ou aigre avec mauvaise haleine, répugnance pour le tabac, même chez les femmes; goût pour les substances aigres ; parfois renvois ayant lasaveurd'œufspourris; sensation de plénitude au creux de l'estomac, efforts pour vomir, vents après le repas, tension du ventre, lourdeur des membres, faiblesse des jambes, étourdissements, sen-

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sation de plénitude dans la tête, surtout au-dessus des orbite?, chaleur désagréable, soumeil souvent troublé par •les soubresauts, rêves pénibles. Si Arnica ne suffit pas dans ces cas- là, il faut donner Nux vomica ou Chamomilla.

Nux vomica, si la maladie est la suite de débauches, d'abus du vin et du café, d'un refroidissement; si la bouche est sèche, sans soif, la langue couverte d'un enduit blanc; s'il y a accumulation de flegmes dans la bouche, serrement de cœur, absence de goût, tous les aliments paraissent insipides, salive aqueuse et abondante, vomissements, sensation de poids sur l'estomac, tension de TabdomeD,. constipation ou selles rares et dures, étourdissements, pesanteur de la tête, surtout de la nuque, tintements dans les oreilles, douleur tiraillante tantôt dans les dents inférieures tantôt dans les dents supérieures; tiraillements dans les membres ; manque d'énergie, paresse d'esprit;, si le malade est inquiet, querelleur, sombre, ayant quelquefois la face chaude et bourgeonnée.

Chamomilla si le malade a bu ou mangé peu de temps après un violent accès de colère, s'il a la bouche amère, des renvois bilieux, et des vomissements de flegmes vertesou de bile; s'il a des soubresauts en dormant, se réveille souvent en sursaut, s "il a la léte pesante et endolorie, la face rouge et chaude, les yeux rouges et brûlants, l'esprit très-irritable.

Pulsatilla lorsqu'on a pris l'un après l'autre des aliments ou des boissons qui se contrarient, surtout si ce sont des mets flatulents; lorsqu'on a mangé, beaucoup dégraisse, surtout de la graisse de porc ou de mouton, du saucisson, des aliments frits dans du beurre rance, des pâtés composés de pâte mêlée de graisse ; lorsqu'on a le goût amer, salé ou rappelant celui de la viande pourrie; lorsque le pain et en général tous les aliments laissent de l'amertume dans la bouche ; lorsqu'on a du dégoût pour le tabac: lorsqu'il y a accumulation de flegmes dans la bouche ; écorchure de-

la gorge, renvois bilieux ou aigreurs d'estomac, aversion pour les aliments chauds, ballonnement et tension de l'abr domen, surtout sous les côte?, borborygmes, diarrhée ou selles lentes, pénibles, peu abondantes, frissons, faiblesse., mauvaise humeur, le malade restant silencieux et s'irritant à la moindre ebose.

China est souvent le médicament le plus efficace lorsque l'air est infecté de vapeurs nuisibles, au printemps e't ^en automne, lorsque les jours bumides sont suivis de sécheresse; dans les contrées traversées par de nombreux canaux, surtout s'ils ont été récemment creusés; dans les localités brumeuses ou dont la terre a été drainée ; chez;les individus obligés de vivre dans une atmosphère malsaine ou dans des maisons mal aérées. Ce médicament guéTit souvent les prodromes de la ûôvre intermittente et prér serve de cette fièvre par la môme occasion. Voici îles symptômes qu'il guérit plus spécialement : sensation constante comme si l'on avait mangé jusqu'à satiété, indifférence pour le boire et le manger; après les repas, les aliments restent longtemps dans l'estomac ; éructations continuelles, vomissements d'aliments non digérés; enwie maladive de substances aigres et acides ; faiblesse générale; détir de rester couché, quoiqu'on n'ait pas la patience de rester tranquille; le malade est obligé de plier et d'étendre alternativement ses membres qui sont tout à fait roides le matin ; bouffées de chaleur à la face ; frisson au moindre courant d'air ; urine foncée et déposant beaucoup ; aussitôt couché, le malade ne peut plus s'endormir, s'il y parvient, son sommeil est constamment troublé; il est mélancolique et morose.

Antimoi-.ium endum lorsque le malade éprouve du malaise à l'estomac avec envie de vomir, lorsque la langue<ost chargée ou couverte d'aphtbes; lorsqu'on a des renvois fréquents apnt le goût des aliments qu'on vient démanger, ou lorsqu'on vomit, sans malaise, des aliments non

digérés ; lorsque la bouche est sèche ou qu'au contraire une salive abondante en découle ; lorsqu'on est très-altéré, surtout la nuit, qu'on a un amas de flegmes dans la gorge et des vomissements glaireux et bilieux, une sensation do plénitude de l'estomac ou une grande sensibilité de celuici au moindre attouchement, des flatulences et des tranchées, de la constipation et de la diarrhée. Si Antimonium crudum ne produit pas un changement favorable, il faut donner Bryonia.

Bryonia, lorsqu'il y a délabrement d'estomac, que le malade se sent froid et frissonne, qu'il y a constipation, enduit blanc ou jaunâtre ou aphthes sur la langue; soif nuit et jour, sécheresse de la gorge et de l'estomac. Ce médicament est surtout efficace en été, par les temps humides et chauds.

Cepà, pas d'appétit, mais soif ardente, fortes nausée?, renvois qui soulagent un peu, faiblesse de l'estomac, <comme s'il était vide, augmentant lorsqu'on se penche en avant, pesanteur de la tête, bâillements, coliques venteuses, langue toujours chargée à la base et surtout le matin.

Ipecacuanha, lorsque l'estomac est surchargé de glaires ou très-aflaibli par toute autre cause, lorsque la langue n'est pas chargée, quoique le malade ait des nausées et des vomissements. Ce médicament est surtout indiqué contre : répugnance pour les aliments ou pour le tabac, vomissements faciles ou violents, surtout lorsqu'ils sont accompagnés de diarrhée, si les symptômes reparaissent tous les jours ou tous les deux jours, à la même heure.

Hepar, lorsque l'estomac se dérange facilement, quoiqu'on suive un régime très-régulier et en dépit des soins les plus minutieux ; Jorsqu'en même temps on a envie de substances acides, fortes, acres, ou devin; lorsque les crises sont accompagnées de nausées, de fadeur d'estomac, de renvois, surtout le matin, parfois de vomissements aigres, bilieux ou glaireux, d'amas de glaires dans le

gosier, de coliques, de selles dures et sèches. Ce médicament est surtout utile contre la faiblesse d'estomac résultant de l'usage des pilules bleues ou de toute préparation mercurielle.

Lachesis, lorsque Hepar a été insuffisant, que le mal augmente après chaque repas ou le matin de bonne heure, lorsqu'on reste plusieurs jours sans aller à la garde-robe.

Oq peut guérir certains cas de dyspepsie chronique en prenant quelques doses de Sulphur à de très-longs intervalles. Tant qu'il sent de l'amélioration, le malade doit attendre, et ne répéter le médicament que lorsque son étal reste stationnaire ou a notablement empiré de nouveau. Si Sulphur, au bout d'un temps considérable, reste sans effet, on fera bien de prendre quelques doses de Belladona ou de Mercurius, pour revenir ensuite à Sulphu?\

3° Embarrag gastrique. — Cette maladie est caractérisée par un état de faiblesse, de l'estomac avec amas de mucosités dans la gorge et dans la bouche ou vomissements de ces mucosités. A certains égards, elle, offre les symptômes que nous avons signalés précédemment au chap. iv de la Ire partie; seulement le goût est plus fade et douceâtre. Avant le dîner, le malade est faible et languissant, après diner, il se sent trop plein et mal à l'aise.

Dans le traitement de cette maladie, il faut commencer par donner 2 ou 3 doses d'Ipecacuanha, et recourir ensuite à l'un des remèdes suivants :

Rheum, lorsque les symptômes sont violents et accompagnés de diarrhée claire, glaireuse, d'une odeur acide ou nauséabonde; Veratrum, quand les souffrances sont très-aiguës et accompagnées de vomissements bilieux; Capsicum, si les symptômes ordinaires de la maladie sont accompagnés de douleur de brûlure à l'estomac et à la gorge, ou à l'anus pendant les selles.

[Puhatilla sera également très-utile et indiquée par un enduit blanc de la langue, la rougeur de ses bords, une

boucbe pâteuse et une soif vive ; Nux vomica sera consultée, quand aux symptômes précédents se joindra la constipation.]

Les personnes sujettes à cette affection feront bien de boire de préférence de l'eau froide, surtout peu de vin et pas de liqueurs.

Mode d'administration des médicaments. — [Ce sera

celui des maladies aiguës. — La diète est essentielle tant que dure la maladie; on doit ensuite être réservé quant à l'alimentation.]

4° i»y rosis.— Cette affection est caractérisée par une douleur brûlante et rongeante, ressentie principalement au creux de l'estomac, et généralement suivie, au bout d'un certain temps, d'éructations et de renvois aigres. Elle se lie souvent à une dyspepsie ou à d'autres affections de l'estomac et peut être guérie par les médicaments recommandés contre ces affections. Nux vomica suffit souvent à faire cesser ce symptôme; China est utile quand la douleur arrive après le repas; puis, lorsque Nux vomica, Chamomilla ou Pulsatilla n'ont rien fait, il faut donner Capsicum; enfin, Carbo vegetab. si China n'a. pas réussi. Lorsque les aigreurs sont causées par la fumée de tabac, il faut prendre Stiphysagria; si elles sont accompagnées de beaucoup de soif, Belladona. Chez les femmes enceintes, quand les remèdes précédemment indiqués n'ont eu aucun effet, une trancbc de citron sucrée et gardée dans la boucbe sera salutaire. Quelquefois, on se débarrassera des aigreurs en buvant tous les matins de l'eau sucrée et souvent de l'eau froide, quoique cela puisse augmenter le malaise au début. Mais il faut éviter avec soin les eaux gazeuses, les eaux minérales alcalines, lesquelles pourraient engendrer des maladies dangereuses. Il faut éviter de môme la cbaux, la magnésie, les préparations de coquilles d'buitres, toutes substances nuisibles, surtout quand on prend ensuite des purgatifs.

iVansées et Tomissements. — Danslecasdenauséesavec vomissements, il faut s'enquérir de la cause qui a pu les produire et qui peut guider pour le choix du remède. Bien souvent tous les symptômes cessent d'eux-mêmes après les vomissements, qu'on peut provoquer en faisant boire de l'eau chaude, en chatouillant la gorge avec une plume, en donnant du café noir. Il ne faut jamais prendre d'émétique, cette substance affaiblit toujours l'estomac. Tous les symptômes, en effet, que pourrait enlever l'émétique, cèdent à Antimonium crudum; si la langue est chargée d'un enduit blanc> épais, à 1 ' pecacuanha ; et à Tartarus emeticus, si elle est chargée d'un enduit jaune, avec rougeur de la pointe et des bords. Quelquefois, les nausées et les vomissements sont les suites d'une frayeur, d'un chagrin, d'une contrariété, d'un refroidissement, de longues veilles, de plénitude d'estomac, d'abus de la boisson , de l'infusion de camomille, du tabac, de la rhubarbe ou de toute autre substance médicinale. Lorsqu'on s'est assuré de la cause, il faut chercher dans le paragraphe de notre ouvrage qui s'y rapporte, les médicaments indiqués.

Lorsque les nausées et les vomissements sont les effets d'une chute sur la tête, Arnica les fait disparaître; lorsqu'ils sont causés par la présence d'un corps étranger dans la gorge, il faut consulter Corps étrangers, p. 304. S'ils se rattachent à des étourdissements et à de la céphalalgie, il faut chercher le paragraphe « Mal de tête » (4° partie, chap. II). Si les médicaments recommandés en cet endroit ne soulagent pas, il faut prendre 1 ou 2 doses de Lachesis suivies de Belladona. S'il y a de la toux avec les vomissements, on recourt à lpecacuanha, Mercurius, Capsicum, Pulsatilla, Bryonia, China, Drosera, Acid. phosphoricum, Sulphur, Calcarea ou Lachesis. On trouvera dans les articles « Toux » ou « Coqueluche » les symptômes déterminants pour le choix de ces médicaments. Si les vomissements sont causés par les cahots de la voi-

Hérino. — Méd. hom. 9 3

ture, il faut prendre Cocculus. — Pour les vomissements de femmes enceintes, voir Maladies des femmes, p. 641.

On guérit souvent les vomissements résultant de faiblesse d'estomac et ayant lieu après chaque repas, à l'aide de Pulsalilla ou Nuxvomica alternées avec ifryorwa. Pulsatilla est salutaire lorsque l'estomac est si faible qu'on ne peut manger que très-peu de chose à la fois et que la moindre augmentation dans les aliments cause des vomissements avec spasmes et trancbées ou des étourdissements avec vomissement de mucus blanc et épais, diarrhée, faiblesse des membres, allant quelquefois jusqu'à la défaillance. Cocculus, suivi, si cela est nécessaire, de Nux vomica, et Z?ryoma combattent les mêmes symptômes. Il estquelquefois nécessaire, pour compléter la guérison, d'alterner China et Ferrum. On peut avoir recours à Sulphur suivi d'Arsenicum ou d'IIyoscyamus dans les cas intenses et lorsque les remèdes précédents n'ont pas soulagé. Calcarea est utile, surtout après Sulphur, quand la maladie se prolonge et prend la forme chronique. Dans le cas de vomissements de sang, il faut donner Ipéca, une cuillerée de 2 en 2 heures, et appeler un médecin.

Chez les enfants, les vomissements causés par des vers, cèdent également à Cina, Mercurius, Ferrum, et aux substances indiquées au chapitre des Affections vermineuses .

Si, après tous les repas, on vomit tout ce qu'on a mangé, et q ue cette maladie dure assez pour qu'on devienne tout à fait maigre, il faut prendre des aliments légers et nourrissants, en prendre très-peu à la fois, mais souvent. Si les vomissements sont très-pénibles, il ne faut pas donner plus d'une cuillerée d'aliments par heure, se nourrir d'abord de lait, de crème, de gruau, d'arrow-root, de fécule, tout cela sucré plutôt que salé; prendre de temps en temps un bon bouillon. Cette nourriture sera suffisante et laissera au médicament le temps d'agir. Hyoscyamus est utile contre les battements au creux de l'estomac; Arsenicum, contre la

douleur brûlante de cette partie; Ferrum, contre la douleur pressive ; Carbo vegetabilis, contre la douleur pressive de dedans en dehors; Calcarea contre les élancements. Dans ces cas il vaut mieux consulter un médecin.

Crampes et douleurs d'estomac. — Tout le monde

sait que l'ancienne médecine est souvent impuissante à calmer ce genre de douleurs ; au contraire, l'homœopathie peut beaucoup contre elles. Même chez les personnes âgées, les douleurs d'estomac les plus vives et datant de longues années sont souvent guéries ; mais à la condition de suivre un traitement régulier et quelquefois assez long. Le plus grand nombre des remèdes domestiques employés en pareil cas sont nuisibles ; il y a peu de maladies où les pilules d'opium et de morphine soient plus dangereuses que dans celles-ci.

Les moyens suivants diminuent parfois la douleur : le lait, par exemple, aussi les frictions d'huile d'olive ou de lin pratiquées sur la région douloureuse, le bouillon de poulet comme boisson, et l'application sur l'estomac de quelques linges chauds ou de cataplasmes. En dehors de ces moyens accessoires, et comme médicament principal, Nux vomica soulagera, pourvu qu'on s'abstienne de café, de liqueurs, et d'épices. L'application d'un cataplasme chaud de farine d'avoine grillée peut faire beaucoup de bien, surtout si le malade a pris auparavant de l'opium ou du laudanum, substances qui ne manquent jamais d'aggraver le mal .

Nvx vomica est surtout appropriée aux spasmes chez les buveurs de café ou d'eau-de-vie, aux douleurs de contraction ou de pression à l'estomac, faisant croire au malade que ses vêtements sont trop serrés, à la sensation de vents accumulés dans le côté gauche, au-dessous des côtes, devenant plus gênante après qu'on a mangé, après s'être levé de bonne heure, et troublant quelquefois le sommeil du malade. Ces douleurs sont quelquefois accompagnées d'oppression, comme si l'on avait le corps serré par une bande

58 0 MALADIES LOCALISEES.

enroulée autour du ventre; quelquefois elles s'étendent jusqu'au dos, entre les épaules ou aux reins. Elles sont souvent accompagnées de nausées, d'afflux de salive à la bouche, ou bien amènent dans la gorge un liquide acre, amer et brûlant, avec vomissement des aliments, goût acide, putride dans la bouche, flatulence, tension de l'abdomen et constipation. Quelquefois à ces symptômes se joignent les suivants : douleur sur un seul côté de la tête, douleur pressive au front, palpitations de cœur et surexcitabilité. Dans les cas très-douloureux, on peut prendre une dose du médicament toutes les 3 ou 4 heures jusqu'à ce qu'on obtienne un soulagement ; si après 3 ou 4 doses, le malade ne va pas mieux, il faut choisir un autre médicament.

Si les douleurs résistent ou augmentent, il faut choisir entre > Pulsatilla, Chamomilla ou Ignatia, pour revenir ensuite à Nux vomica. Si plus tard les douleurs reviennent en s'aggravant, et que la noix vomique ne soulage pas de nouveau, Carbo vegetabilis doit être donné. Enfin Chamomilla ou Cocculus viendraient après Nux vomica, dans le cas où ce médicament ne soulagerait pas au début.

Si l'usage du café cause de l'aggravation, Nux vomica est de tous les remèdes le mieux approprié ; s'il soulage, Chamomilla sera donnée ensuite.

Chamomilla est encore indiquée lorsqu'on éprouve une sensation de pression sur l'estomac comme si une pierre avait été posée sur le ventre, lorsque le creux de l'estomac et la partie supérieure de l'hypochondre gauche semblent enflés, comme s'ils allaient éclater, et rendent la respiration courte. Les symptômes s'aggravent la nuit, le malade est anxieux, se remue sans cesse dans son lit, et transpire abondamment ; quelquefois il ressent au sommet de la lête une douleur battante qui lui fait quitter le lit. Quelquefois il calme la douleur d'estomac en se tenant en double sur son lit et en restant parfaitement im-

mobile dans cette position. Lorsque les douleurs sont très-violentes, il faut donner d'abord Coffea, puis, si cela est nécessaire, Chamomilla. Si Chamomilla est peu efficace, il faut donner Belladona.

Les spasmes de l'estomac pendant les règles sont généralement guéris par Nux vomica, que Chamomilla doit remplacer au bout de quelques heures ; si les règles sont peu abondantes, Palsatilla ou Cocculus est préférable.

Cocculus est indiqué lorsque Nux vomica procure un soulagement suivi de près d'une réapparition des symptômes, avec des selles dures ou une constipation complète ; lorsque la douleur d'estomac est accompagnée d'une douleur pressive et constrictive de l'abdomen, soulagée par un dégagement de vents ; lorsqu'on sent de la fadeur d'estomac et un afflux de salive dans la boucbe sans aigreur ; lorsque le malade n'est ni irritable, ni de mauvaise, humeur, ni violent, mais plutôt sombre et taciturne.

Aconit s'adresse aux vives douleurs occupant le creux de l'estomac, qui est très-sensible au toucher avec vomissement de tous les aliments, et, à la fin, renvois à vide ; langue chargée avec rougeur de ses bords et de sa pointe, ventre brûlant et pieds froids.

Il faut donner Belladona lorsque Aconit ne soulage que partiellement, surtout chez les femmes délicates et sensibles ; lorsqu'une sensation de pression et de déchirement ou une constriction spasmodique de l'estomac oblige le malade à se renverser en arrière et à retenir sa respiration, ce qui le soulage; lorsque les douleurs reviennent toujours après dîner et sont assez violentes pour faire perdre connaissance au malade ou le faire tomber en syncope. Ces symptômes sont toujours accompagnés d'une soif ardente, et les douleurs sont plus fortes chaque fois qu'on boit. Les selles sont tardives et peu abondantes, le sommeil est impossible la nuit. Si les symptômes précédents augmentent encore, qu'il y ait une soif vive, la lan-

gue étant sèche, il faut prescrire Rhus, auquel Arseiùc succède souvent avec avantage.

Bryonia convient à la même nature de pression que Chamomilla, surtout lorsque cette pression commence pendant les repas ou aussitôt après, lorsque le creux de l'estomac et la région environnante semblent enflés ; quelquefois la pression se transforme en contractions, pincements, douleurs tranchantes soulagées par des renvois ou lorsqu'on comprime l'estomac; le mouvement aggrave les douleurs [China répond au symptôme contraire]. Ces symptômes sont accompagnés de constipation, sensation de pression aux tempes, au front et à la nuque, comme si les os delà tète allaient se disjoindre, et ces douleurs diminuent lorsqu'on étreint fortement la tête ou qu'on la serre en attachant autour un mouchoir.

Il faut donner Pulsatilla lorsque les douleurs sont perforantes, plus intenses en marchant, surtout lorsqu'on fait un faux pas, et toujours accompagnées de nausées et de vomissements; lorsque les selles sont claires, qu'il ne se manifeste pas de soif, si ce n'est pendant les plus fortes douleurs ; lorsqu'il y a forte construction de l'estomac, avec douleur de pincement ou de battement et grande anxiété, tranchées diminuant lorsqu'on se met à manger. Les symptômes auxquels répond Pulsatilla s'aggravent généralement après les repas, surtout quand on a mangé des aliments gras et succulents. Ce médicament convient surtout aux malades d'un caractère doux et tranquille.

Nux moschata répond aux symptômes suivants : Oppression, plénitude et gonflement de l'estomac ; malaise, respiration courte, mal de tête après avoir mangé; crampes et douleurs d'entrailles après avoir mangé et bu; mauvaise haleine, langue chargée d'un enduit blanc ; le malade aimant à rester assis et à dormir dans son fauteuil.

Ignatia est efficace lorsque Pulsatilla a été donnée sans succès, la maladie durant depuis 2 ou 3 jours. Il corres-

pond à peu près aux mêmes douleurs que Nux vomica. mais sans constipation et pas de vomissement; aussi lorsque après chaque repas, il y a douleur pressive à la partie supérieure de l'estomac ou à la partie inférieure de la gorge. Ce médicament est indiqué dans les cas de douleurs causées parla diète ou par une nourriture insuffisante, et lorsque l'estomac semble serré par un fil.

China répond aux spasmes de l'estomac chez les personnes affaiblies par les émétiques ou les cathartiques, par l'application des ventouses, par une perte abondante de sang, quelle qu'en ait été l'issue, par une salivation abondante ou par une perte de liquide provoquée par tout autre moyen. Ce médicament est très-puissant contre les crampes survenant chez les nourrices et chez les femmes affaiblies pour avoir nourri trop longtemps, le lait ayant été très-abondant. [Dans ces cas-là on fera bien de donner ensuite Belladona,] et, en général, chez les malades qui ont depuis longtemps de mauvaises digestions, des glaires et de la bile dans l'estomac, ce qui cause une douleur de plaie dans cet organe, la douleur augmentant dès que l'on boit ou que l'on mange, pendant le repas, mais étant soulagée par le mouvement.

Carbo vegetabilis est surtout utile lorsque Nux vomica n'a produit qu'une amélioration passagère ; lorsqu'on éprouve une douleur de brûlure ou une sensation de pression constante, douloureuse et anxieuse, devenant plus forte, lorsqu'on y porte la main; ou une sensation de contraction, de spasme, forçant le malade à se plier en deux, lui coupant la respiration et s'aggravant lorsqu'il s'étend sur le dos. Ces douleurs sont souvent accompagnées d'aigreurs, de nausées, de constipation; rien que la pensée des aliments cause du dégoût.

Calcarea convient aux cas chroniques ou lorsque Belladona n'a donné qu'une amélioration passagère; il fait disparaître : oppression, spasmes, douleurs de coupure, de

pincement, étouffement, angoisses accompagnées souvent de vomissement des aliments; tous ces symptômes s'aggravant la nuit ou après les repas ; douleur semblant produite par la pression d'un objet extérieur. Ce médicament convient particulièrement aux femmes dont les règles sont ou ont été très-copieuses, ou aux personnes sujettes aux saignements du nez.

Phospho?*us répond aux violentes douleurs de pression à l'estomac, qu'elles soient provoquées par le jeûne, ou qu'elles augmentent après avoir mangé. G-oullon recommande Causticum pour les douleurs d'estomac causées par des boissons ou des aliments trop chauds.

§ 7. — Maladies de l'abdomen .

Coliques. — Ces douleurs peuvent être causées par un refroidissement, surtout par la suppression de la sueur : Nux von,., China, Chamomilla, Mercurius et Pulsatilla sont alors les médicaments les plus utiles; ou bien elles sont le résultat de mauvaises digestions (v. Maladies de l'estomac). Elles sont souvent aussi le résultat de l'action de certains médicaments, ou de véritables poisons, du plomb par exemple. Pour les coliques qui surviennent pendant les règles, v. Maladies des femmes.

Chamomilla convient aux enfants et aux adultes lorsque, outre les douleurs intestinales, les yeux se cernent d'un cercle bleu, une grande quantité de salive s'accumule dans la bouche, des tiraillements se font sentir autour du nombril, et l'on éprouve aux reins la même sensation dans la colonne vertébrale que si elle était cassée ; si Chamomilla ne suffit pas, il faut donner Pulsatilla. Chamomilla convient encore lorsque des vents sont comprimés en différents points de l'abdomen et produisent une sensation de pression comme s'ils voulaient s'échapper par ces endroits douloureux; lorsqu'on a des points de côté dans

la poitrine, du gonflement sous les côtes et au creux de l'estomac, une grande agitation, du malaise, une sueur gluante, des gargouillements disséminés dans l'abdomen, un fréquent besoin d'aller à la selle avec des évacuations peu abondantes, aqueuses et visqueuses, lorsque les coliques sont la suite d'une forte indignation. Si ce médicament ne suffit pas, il faut donner Colccynthis.

Nux vomica, lorsqu'il y a constipation, sensation d'un poids lourd sur l'abdomen, gargouillements et chaleur; douleurs de pincement, de tiraillement, de compression, comme si différents points des intestins supportaient des poids; oppression au creux de l'estomac; tension et sensibilité de l'abdomen au moindre attoucbement; respiration courte et difficile, sensation de plénitude générale, sensation comme si le dessous des côtes était comprimé; froid des extrémités et perte de connaissance au moment des crises les plus violentes ; douleurs et gaz dans les parties profondes du ventre, forte sensation de pression semblant causée par un couteau émoussé ; à la vessie et au ventre la douleur force le malade à se plier en deux et devient plus intense à chaque pas qu'il fait ; elle diminue quand il reste en repos, assis ou couché, elle est généralement accompagnée d'un violent mal de tête et d'une douleur de reins. Les ignorants attribuent la plupart de ces symptômes à une obstruction des intestins et croient pouvoir les dégager à l'aide de purgatifs. Voyez Constipation.

Mercurius contre les violentes coliques avec douleur de torsion, induration de la région du nombril, douleurs spasmodiques superficielles sur l'abdomen qui est gonflé et dur; fourmillement dans la gorge, hoquet, appétit dévorant, goût pour les mets sucrés; nausées, afflux d'eau dans la bouche, selles douloureuses, évacuation de matière limoneuse, grande faiblesse ; recrudescence des. coliques vers minuit. — Si Mercurius ne soulage pas promptement le

5 86 MALADIES LOCALISEES.

malade et que les symptômes soient accompagnés de démangeaisons dans le nez, il faut donner Cina et, si ce médicament ne guérit pas complètement, Sulphu?\

Pulsatilla, lorsqu'il y a : douleurs perçantes dans les entrailles, battements au creux de l'estomac, sensation douloureuse de constriction à l'abdomen, comme s'il était trop plein; borborygmes, rétention des gaz; irritation, cbaleur , gonflement des veines des mains et du front; le malade ôte ses vêtements à cause de la chaleur et de la construction qu'il éprouve, il sent une douleur de meurtrissure à l'abdomen lorsqu'on le touche. Tous les symptômes s'aggravent lorsqu'on est couché, diminuent quelquefois quand on marche; lorsqu'on se lève sur son séant, on a mal aux reins comme s'ils avaient été meurtris. On éprouve à la fuis des douleurs de pincement, de coupure, et des élancements et des déchiremenls au-dessus du nombril ; malaise, pesanteur du ventre, tension douloureuse et sensibilité de cette partie au moindre attouchement; faiblesse de l'estomac, salive blanche et mousseuse; diarrhée : selles d'un gris jaunâtre, provoquant de vives douleurs d'estomac; face pâle, yeux cernés (voyez Chamomilla), contraction de tout le corps (comparez avec Nux uomica, Bellad., Colocynth.,Pulsat.)\ douleur de têtepressive et tensive. Lorsque ces symptômes sont la suite d'une surcharge d'estomac, il faut donner d'abord du café noir, puis, si cela est nécessaire, Pulsatilla, et, si ce médicament n'amène pas la guérison, Belladona.

Aconitum, dans les cas semblables à ceux que nous venons d'indiquer, lorsque, en outre, la vessie est affectée, que le malade y éprouve de vives douleurs et a un besoin constant d'uriner, sans pouvoir le satisfaire; ces symptômes étant accompagnés d'agacement, de malaise, d'une sensibilité excessive de l'abdomen. Il faut donner 2 ou 3 doses de ce médicament et le faire suivre, si cela est nécessaire, de Nux vomica ou Cepa.

Coliques violentes. — Colocynthis est le remède principal contre les coliques lorsque les douleurs sont trèsviolentes, continuelles ou ne cessent qu'à de courts intervalles pour reprendre avec plus de violence; lorsque les douleurs les plus vives sont confinées en un petit espace voisin du nombril et reviennent périodiquement toutes les 5 ou 10 minutes (comp. avec Bellad.)\ ou lorsqu'elles débutent par une légère douleur de tiraillement, gagnant le centre du ventre, augmentant graduellement 3'intensité et se transformant ensuite en une douleur pressive ou perçante et tiraillante, assez violente pour que le malade pousse de grands cris, se torde comme un ver, soit couvert de sueur, se serre le ventre avec les mains, se frappe avec fureur contre les montants de son lit ou contre les meubles, se couebe sur le ventre, amasse sous lui des oreillers et cherche tous les moyens de se soulager.

Les personnes qui ont déjà souffert pendant plusieurs jours ou périodiquement de semblables crises et qui ont pris du laudanum, ce qui ne fait que ramener plus tôt les accès, peuvent, lorsqu'elles sentent les moindres symptômes, prendre Colocynthis. Ce médicament est encore très-efficace lorsque les premières crises ont tellement affaibli les intestins qu'ils sont le siège d'une sensation de meurtrissure et qu'ils semblent suspendus à des fils prêts à se rompre à ebaque pas. S'il ne soulage pas immédiatement, si, au contraire, les douleurs deviennent plus intenses, il faut prendre de temps en temps une cuillerée de café noir et continuer ainsi tant que l'amélioration continuera. Si le malade va de mal en pis, il faut donner une nouvelle dose de Colocynthis répétée jusqu'à ce que la douleur ait cessé. Si, après la première dose de ce médicament, la douleur cesse d'augmenter, mais que le soulagement vienne lentement, il faut interrompre l'usage du café et laisser le médicament agir tant que l'amélioration

5 88 MALADIES LOCALISEES.

continuera ou jusqu'à la guérison. Une seconde dose est généralement suffisante, et presque toujours la troisième procure une guérison radicale ; pour ma part, je n'ai jamais eu besoin d'en donner davantage dans les cas les plus rebelles. S'il reste encore quelques symptômes, deux doses de Causticum, une le matin et une Je soir, les feront disparaître.

Si le malade a pris du laudanum, substance très-nuisible clans de semblables circonstances, quoiqu'elle soit administrée bien souvent, il faut donner d'abord le café noir et ensuite Colocynthis. Il y a cependant des cas de violentes coliques que Colocynthis ne guérit pas et dans lesquels il faut donner l'un des médicaments suivants :

Belladona lorsque, pendant l'accès, il se forme transversalement sur la surface du ventre une tumeur oblongue qui devient moins douloureuse lorsque le malade la comprime avec les mains ou en se pliant en deux; lorsqu'on sent des douleurs de pincement ou de pression de haut en bas, comme si les intestins allaient sortir, du corps, avec aggravation dans la station droite ou en marchant ; surtout lorsque les selles sont peu abondantes et aqueuses. Dans ce dernier cas, Mercurius dissipe souvent le reste des symptômes. Belladona convient généralement lorsque la face devient très-rouge, que le sang se porte à la tête, que les veines sont gonflées et que le malade est presque fou de douleur. Le môme médicament dissipe les douleurs de pincement autour du nombril, lorsqu'il semble qu'on prend la peau du ventre et qu'on la pince entre les ongles des doigts, lorsque ces symptômes sont accompagnés de douleurs de reins semblables à celles que soulage Belladona.

Cocculus contre les douleurs semblables à celles que guérit Nvx vomica, surtout s'il y a contraction de l'abdomen avec nausées et pression de haut en bas et de dedans en dehors; amas considérable de gaz dans l'estomac et les intestins, distendant fortement la partie supérieure du

MALADIES DE i/ABDOMEN. 58 9

ventre, causant une douleur d'estomac avec borborygmes, de la pression au-dessous des côtes, de l'anxiété, des bruits dans l'estomac, douleurs cessant dès que les gaz ont trouvé une issue par la boucbe.

Cepa contre les plus violentes coliques, soit après un refroidissement, surtout après avoir eu les pieds mouillés, soit après avoir mangé des aliments aigres ou acides; coliques commençant à la région du foie et gagnant toute l'étendue de l'abdomen, devenant insupportables dans le côté gaucbe ou autour du nombril, augmentant lorsqu'on s'assoit, diminuant lorsqu'on marche, provoquant le renvoi de vents fétides, augmentant après avoir mangé ou bu, surtout après avoir pris du café, accompagnées de borborygmes, de sensation de pression sur la vessie, de douleur dans le côté gaucbe du ventre, besoin d'uriner et d'aller à la selle, émission de vents fétides.

Coliques flatulentes. — China répond aux coliques flatulentes, comme Chamomilla et Cocculus, mais est surtout opportun lorsque les intestins sont d'abord contractés à la partie inférieure de l'abdomen, puis compriment laparoi du ventre de dedans en dehors, causent une douleur d'oppression et de tension, avec agitation et tension de la région située au-dessous des fausses côtes ; lorsque les coliques commencent la nuit. Ce médicament convient aux malades très -.affaiblis, aux personnes incommodées par l'abus d'aliments sucrés, aux nourrices.

Coliques pendant le sommeil. — lgnatia soulage

souvent les coliques qui, la nuit, réveillent le malade ; il est opportun dans les cas de douleurs lancinantes s'étendant à la poitrine et aux côtés, de vents qui s'échappent avec difficulté et amenant un soulagement lorsqu'ils se dégagent. Ce médicament convient aux femmes très-sensibles. Lorsque les coliques commencent le soir et que lés vents provoquent des nausées et des vomissements, Pulsalilla est parfois préférable.

590 MALADIES LOCALISEES.

Coliques bilieuses. — Les coliques précédées de : goût amer dans la bouche, enduit jaunâtre sur la langue, soif ardente, causée soi-disant par la bile, accompagaées quelquefois de vomissements ou de selles bilieuses, sont généralement guéries par une ou deux doses de Chamomilla; les cas graves sont guéris par Colocynthis, et, si ces deux médicaments ne suffisent pas, il faut donner Sulphur.

Fiatuosités. — Les flatuosités, c'est-à-dire la présence de vents dans les intestins, occasionnent souvent des coliques contre lesquelles nous avons déjà indiqué des remèdes. Si les vents ne s'échappent par aucune issue et que le ventre se gonfle à faire croire qu'il va éclater, il faut donner Carbo vegetabilis; si leur présence ne cause pas de douleurs violentes, mais engendre de la chaleur, du malaise, un gonflement de l'abdomen qui gêne la respiration, et il en est souvent ainsi lorsqu'on a pris des aliments flatulents, de la bière, ou qu'on a bu de l'eau pure par-dessus une viande grasse, il faut donuer China, et ensuite Nux vomica si le malade est irritable; tandis qu'aux malades d'un caractère calme et doux on donnera Puisaiilla si China ne les soulage pas. Si l'abdomen est enflé, la douleur plus vive dans le côté gauche et dans l'aine gauche, comme s'il allait s'y former une hernie, il faut donner Cepa. Si ces symptômes reviennent souvent, il faut donner Sulphur, et, si ce médicament reste sans effet, il faut consulter un médecin homœopathe.

Inflammation de l'estomac et des intestins. — Il est

aussi dangereux de traiter cette maladie parles remèdes domestiques, que par les procédés de l'allopathie. Il est impossible ici de prévoir tous les cas qui peuvent se présenter, mais il vaut mieux se conformer aux règles de conduite que nous allons poser, que de recourir à un traitement violent. Si l'on peut s'adresser à un médecin homœopathe, cela sera toujours préférable.

On peut conclure à l'existence d'une inflammation de cet ordre, lorsque le malade sent une douleur brûlante, quelquefois irritante ou déchirante en un point de l'abdomen, qui est très- douloureux quand on le palpe et fait mal à chaque mouvement, par exemple, quand on tousse, qu'on éternue ou qu'on rit. La partie douloureuse est quelquefois tendue et enflée. Lorsque le siège de la douleur est près de la poitrine, la respiration devient difficile, surtout les mouvements d'inspiration, les vomissements et les éructations n'apportent aucun soulagement, il y a presque toujours constipation, de sorte que beaucoup de malades réclament des purgatifs ou des vomitifs, souvent dangereux. Il faut au contraire éviter toute perturbation du côté des intestins, boire de l'eau par petite quantité ou des tisanes mucilagineuses. La constipation persiste tant que l'inflammation n'est pas calmée. Dès que le malade entre en convalescence et commenceà manger, lesévacuations reviennent d'elles-mêmes. J'ai vu des cas très-dangereux dé cette maladie, dans lesquels il n'y a eu aucune évacuation pendant quinze jours, et pourtant le malade a été guéri et a recouvré ses forces très-rapidement.

Aux symptômes que nous venons d'indiquer, se joignent quelquefois les suivants ": face pâle, plombée, creuse ; fièvre violente mais pouls faible, abattement et anxiété. Lorsque la maladie esta son apogée, que les douleurs et les vomissements sont très-violents, le malade devient excessivement faible, il aies extrémités froides, est pris de hoquet, et finit par avoir le ventre tendu et extrêmement sensible.

Lorsque l'estomac est le siège de l'inflammation, la douleur se fait généralement sentir au creux épigastrique et s'étend au-dessous des côtes, jusque vers le dos, ou encore traverse l'abdomen; on ne peut boire ni manger sans vomir, on a une soif ardente accompagnée quelquefois d'aversion pour l'eau. Lorsque le siège de l'inflammation

est l'intestin ou une autre partie du ventre, les vomissements ne viennent que quelque temps après avoir bu ou mangé ; le ventre est gonflé et sensible, le malade se plaint d'une cbaleur intense dans toute la région abdominale ou dans une partie seulement. Généralement à ces symptômes s'ajoutent la soif et la constipation.

Aconitum doit être donné au début de la maladie. On peut le répéter toutes les heures jusqu'à ce qu'on obtienne une amélioration, ou, jusqu'à ce que l'aggravation des symptômes rende nécessaire le choix d'un des remèdes suivants :

Ipccacuanha, lorsque la douleur est plus vive sur le devant de l'abdomen et s'étend à l'hypochondre gauche, d'où elle gagne les côtés, le dos ou la base de la poitrine, avec gonflement de l'estomac, grande agitation et vomissements abondants. Si ce médicament est efficace, on peut le répéter plusieurs fois.

Aniimoriium crudum doit être préféré à Jpecacuanha, si la langue est couverte d'un enduit blanc ou jaunâtre ; Pulsatilla ou Nux vomica, si la maladie est la suite d'un dérangement d'estomac; Bryonia, après Aconitum ou Ipecacuanka, lorsque la douleur et la fièvre sont très-violentes et que la maladie a été causée par un refroidissement ou par l'ingestion d'eau froide lorsqu'on avait très-chaud. Lorsque l'effet de ce médicament cesse, il faut donner Nux vomica. Si le malade est dans la stupeur, s'il dit des paroles incohérentes ou n'a pas conscience de la gravité de son état, il faut donner Hyoscyamus et le répéter plusieurs fois ; s'il ne procure pas de soulagement, Belladona. Si les extrémités deviennent froides et que le malade tombe évidemment en syncope, ayant la face pâle et très-altérée, il faut donner Vcratrum ; si cela est sans succès, Arsenicum, dont il faut rarement donner plus de deux doses. Après Arsenicum on peut donner dans bien des cas Aconitum, et répéter ces deux médicaments alternativement. Si

Arsenicum aggrave le mal, il faut donner Nux vomica.

China vient immédiatement après Aconitum, ou alterné avec ce médicament, lorsque la douleur est plus vive au côté gauche, sous les côtes, d'où elle s'étend plus bas, et est accompagnée généralement au début de vomissement de sang. Si la fiëvre est ardente, et que la première ou la seconde dose soit suivie d'un soulagement marqué, il faut répéter jusqu'à ce que les symptômes s'aggravent de nouveau, et revenir alors à China. C'est seulement plus tard, lorsque les médicaments précédents ont échoué, qu'il faut donner Arnica contre les symptômes indiqués précédemment, si Aconitum et China ont été insuffisants, que le patient soit absorbé, indifférent à tout, insensible à ses souffrances, et que les symptômes reviennent par accès, comme il arrive dans la fièvre nerveuse, et quand la respiration est gênée. On peut donner avec succès Nux vomica, lorsque la maladie dure depuis assez longtemps sans grande amélioration, et qu'on sent sur l'estomac une pression sourde avec constipation. Il faut donner Bryonia lorsque, avec la constipation, on éprouve dans l'estomac et dans le ventre des douleurs aiguës augmentées par le moindre mouvement, ets'étendant quelquefois jusqu'à la poitrine.

Il faut donner Arsenicum lorsqu'il y. a diarrhée avec beaucoup de sang, évacuations qui ne soulagent pas le malade, ou lorsque celui-ci est très-faible et ressent de violentes douleurs de brûlure. Enfin, si les symptômes deviennent périodiques, et si l'aggravation se reproduit tous les deux jours, China est le remède approprié ; Arsenicum doit lui succéder souvent.

Si la douleur siège surtout au-dessous des côtes, dans le côté droit, soit à la base, soit au sommet, il faut donner l'un des médicaments suivants : Chamomilla, si les douleurs sont sourdes, ne sont pas augmentées par la pression extérieure, ni par les mouvements ou par la respiration, lorsqu'il y asensation de pression sur l'estomac

avec tension du ventre au-dessous des côtes, respiration difficile, langue jaunâtre, bouche mauvaise, coloration jaunâtre de la peau, accès d'oppression et d'anxiété. Si les accès de cette nature deviennent plus fréquents et sont accompagnés de diarrhée verdâtre et gluante et de langueur d'estomac, il faut donner Pulsatilla. Si au contraire les entrailles sont constipées, la peau moins jaune, mais que la poitrine soit plus gravement attaquée, il fautàoïimr Bryonia.

A/ercwnwiconvientcontreladouleurpressive qui empêche le malade de se coucher sur le côté droit, avec un goût amer à la bouche, plus de soif que de faim, frissons continuels, coloration très-jaune de la peau et des yeux. Quelquefois ce médicament peut être alterné avec Belladona ou, dans les cas critiques, avec Lac/tesis.

Belladona, contre les douleurs pressives s'étendant à la poitrine et aux épaules; lorsque le creux de l'estomac est gonflé, avec tension du ventre en travers et au-dessus du nombril ; difficulté à respirer, anxiété avec congestion de sang à la tête, obscurcissement de la vue, étourdissement allant jusqu'à la syncope, accompagnés souvent d'une soif ardente, d'agitation et d'insomnie. Si l'administration de ce médicament n'est suivie d'aucune amélioration dans les 24 heures, il faut donner Lachesis et le répéter chaque fois que le mal s'aggrave. Lorsque l'action de Lachesis cesse d'être favorable, il faut donner de nouveau Belladona, ou choisir un autre médicament.

Nux vomica, contre les douleurs aiguës, quelquefois accompagnées de battements et d'élancements, la partie malade étant très-sensible au moindre attouchement, avec goût acide ou amer de la bouche, nausées ou vomissements, respiration courte et oppressée, comme si les vêtements du malade étaient trop serrés, et s'il les ôte, la même sensation augmente au lieu de diminuer ; en même temps, soif, urine rouge, céphalalgie pressive.

On peut donner Sulphur après Nux vomica, si ce mé-

dicament produit peu ou point d'amélioration et si les douleurs lancinantes continuent. On peut aussi le donner après les remèdes recommandés précédemment, lorsque ceux-ci ne soulagent que lentement ou produisent une amélioration incomplète. S'il y a de l'aggravation tous les deux jours, il faut donner China, comme il vient d'être dit pour les douleurs fixées dans le côté gauche.

Lorsque la douleur est située surtout dans le ventre, soit à la partie moyenne, soit à la partie inférieure, aggravée par le mouvement ou par la pression, le point le plus douloureux présentant un gonflement, il faut donner Aconitum. Si ce médicament ne procure aucun soulagement et que le ventre continue d'être douloureux au moindre attouchement, il faut donner Lachesis et le répéter une heure après ; si les deux doses restent sans effet, Belladona. Dans certains cas, Hyoscyamus, Bryonia, Arsenkum, Nux vomica et quelquefois Mercurius peuvent faire du hien , le dernier surtout est opportun après Lachesis. Pour l'usage de ces médicaments, il faut consulter ce que nous en avons dit dans le courant de ce chapitre.

Qu'on se garde hien, dans le cours de cette maladie, de recourir aux purgatifs, remèdes dont on fait un si grand usage dans les cas de constipation opiniâtre ; 'moins on y aura recours, plus tôt on sera parfaitement guéri. Si l'on prend des cathartiques ou des émétiques, on court le risque de voir survenir une affection chronique difficile à guérir. Dans l'inflammation des intestins la constipation est un bon symptôme ; si les selles deviennent claires, il faut tirer un pronostic peu favorable, enfin les évacuations involontaires sont un signe encore plus défavorable. Cependant, même dans cette période dangereuse de la maladie, Byoscyamus peut quelquefois sauver le malade. Si après 2 ou 3 doses, celui-ci ne va pas notablement mieux, il ne faut pas donner de suite un autre médicament; mais attendre le résultat.

Les enfants sont sujets à de semblables souffrances; lorsque le creux de l'estomac et la région située sous les côtes, sont distendus, et si le ventre est douloureux, il faut leur donner Chamornilla ou Mercurius. (Y oyez Maladies des enfants.)

Congestion de sang dans l'abdomen. — Cette affection Consiste dans une sensation pénible de chaleur et de brûlure dans l'estomac, avec dureté, tension, douleur sourde, symptômes paraissant le résultat d'un excès de table, quoique le malade n'ait rien à se reprocher sous ce rapport. Lesbypochondriaques, les personnes qui mènent une vie sédentaire, celles qui ont des hémorrhoïdes, sont très-sujettes à cette affection. Le principal remède est Sulphur. Si, toutefois, il s'y ajoute une douleur de reins avec une faiblesse de cette région, telle que la marche est à pcuprèsimpossible,iVw#ttomicaestpréférable.S'ilyaune diarrhée muqueuse, peu abondante et claire, il faut donner Capsicum ; si avec la diarrhée il y a une grande prostration, Arsenicum. Aux remèdes précédents nous ajoutons les suivants qui peuvent être utiles dans certains cas : Bellodona, Veratrum, Puisât il la > Bryonia, Chamornilla, Rlius. (Voyez Hémorrhoïdes.)

Vers intestinaux. — On attribue à l'existence des vers bien des maladies qui remontent à des causes différentes (4). Les enfants qui ne mangent que de la bouillie, des gâteaux ou autres aliments semblables d'une nature malfaisante, les nourrissons dont les mères, pendant l'allaitement, se chargent l'estomac de viande, poisson, aliments salés ou gras, surtout de pâtés, ces enfants deviennent nécessairement malades ou sont prédisposés à le. devenir. Si en même temps on les accable de vermifuges, de lavements, de purgatifs, on ne fera que favoriser Péclosion des vers.

(1) On consultera avec intérêt Davaine, Traité des Entozoaires et des maladies vermineuses de l'homme et des animaux domestiques. Paris, 1850, in-S, avec figures.

Les vers les plus communs sont les tœnias,dont on distingue deux espèces : l°Letœnia proprement dit (fig. 133)

et 2° le bothriocéphale(/fy. 134). Si Ton suppose qu'un en-

fant a des vers, il faut avant tout aviser à un régime rationnel, qui contribuera à la diminution de l'affection vermineuse; s'il en reste des symptômes, les médicaments seront alors efficaces. Le monde s'effraye trop de ces petits animaux qui ne sont pas à beaucoup près aussi nuisibles que les remèdes prescrits contre eux, et surtout que les panacées tant vantées dans les journaux. Les geii s crédules se laissent aisément persuader par ces annonces, et payent assez cber de semblables bagatelles ; mais s'ils savaient ce qu'eux et leurs enfants se préparent à avaler, ils payeraient plutôt le double pour ne voir jamais -chez eux de tels breuvages.

Il est vrai que les vermifuges tuent les vers, mais trop souvent ils tuent aussi l'enfant, ou ils déposent dans l'abdomen le germe d'affections, qui se développeront plusieurs années après. D'abord, il faut considérer que presque tous les enfants ont des vers, quelquefois même ils en ont dans le sein même de leur mère, et bien souvent l'expulsion spontanée de ces parasites est le signe d'une maladie dangereuse; en second lieu., ce qui, dans notre corps, leur sert de nourriture, nous est quelquefois plus nuisible qu'eux-mêmes. Presque tous les symptômes, attribués à la présence des vers, peuvent être les signes d'une maladie générale qui tend à les multiplier, surtout s'il s'y joint un mauvais régime. Lorsque les vers se sont beaucoup multipliés, ils occasionnent des souffrances diverses qui, ajoutées aux symptômes de la maladie primitive, acquièrent quelquefois une certaine gravité. Lorsque les vers sont expulsés, il est évident que les symptômes auxquels ils avaient donné naissance disparaissent, mais l'affection vermineuse reste.

Il n'est pas rare de voir se déclarer, dans la suite, des maladies plus graves que la première, quoique plus lentes dans leur évolution et ne se manifestant quelquefois qu'au bout de 10 ou 12 ans. L'évacuation des vers ne remédie à

rien d'essentiel. Les remèdes prescrits ci-dessous guérissent fréquemment l'affection vermineuse elle-même , et chassent aussi les vers, fussent-ils réunis en nombre réellement trop considérable, cas qui se présente rarement. Les enfants qui souffrent des vers doivent avoir une nourriture suffisante, mais qu'ils ne mangent pas trop de pain, salent très-peu leurs aliments, ne prennent que peu ou point de gâteaux ou de pâtisserie, mais se nourrissent de préférence de viande noire, et de quelques légumes cuits.

Si l'on n'est pas sûr de l'existence des vers et que l'enfant devienne maigre, vomisse souvent, il faut donner d'abord Ipecacuanha ; si la langue est chargée, Carbo vegetabilis; si l'on n'a pas obtenu d'effet, Pulsafitla; si l'enfant est fatigué par une diarrhée opiniâtre, ou s'il a pris beaucoup de purgatifs, China; s'il est constipé, Nuxvomica.

Si l'enfant rend des vers de temps en temps, que le ventre soit distendu, que le nez lui démange, il faut lui donner Cina, remède souverain contre toutes les affections réellement vermineuses. Si les vers causent des coliques avec fréquentes nausées, salivation abondante, induration de la région ombilicale, tension de tout le ventre, fréquents et vains efforts pour évacuer ou évacuation de matières limoneuses, il faut donner d'abord Aconitum, et, quelques heures après, Cîna; et, si ces médicaments nesuffisent pas, Mercurius. Aconit um est très-utile a-u début des affections vermineuses, et si ce médicament est insuffisant ainsi que ceux que nous venons de mentionner, il faut donner Sut fur, qui est généralement très-efficace, surtout après Mercurius. Tous ces médicaments amènent ordinairement la guérison. Dans certains cas rares, où il se manifeste de la soif, des soubresauts, des mouvements de frayeur, il peut être nécessaire de donner Belladona ou Hyoscyamus. Dans les cas très-graves, on peut être obligé de donner 1 ou 2 doses de Lachesis.

Ténia. — Les personnes tourmentées par le ver soli-

taire en rendent de temps en temps des fragments ; ceuxci sont carrés, entièrement plats et larges comme le petit doigt. Il n'y a pas d'autre sigae certain, de la présence de ce ver, que l'expulsion des fragments que nous venons de décrire; ils sont généralement évacués aux époques de la nouvelle et de la pleine lune.

On réussit souvent à détruire les vers solitaires en prenant, pendant deux malins de suite, à l'époque où la lune décroit, 1 dose de Sulfur; puis, Mercurius de la même façon, à l'époque de la pleine lune suivante ; enfin, 8 jours après, 2 doses de Sulfur, à 24 heures d'intervalle. Il faut répéter plusieurs fois, et dans le même ordre, cette médication. Quelquefois, on parvient à évacuer le ver solitaire après 2 doses de Calcarea. Quelques médecins ont obtenu le même résultat avec Cuprum. Si un semblable traitement n'opère pas la guérison, il faut appeler un médecin.

Ascarides. — Pour les Ascarides, petits vers que Ton trouve à l'anus et qui y causent de vives démangeaisons, il faut choisir parmi les médicaments indiqués au paragraphe qui suit.

Démangeaisons à l'anus. — Cette affection désagréable peut être ordinairement guérie par un ou plusieurs des remèdes suivants :

Nux vomica, lorsque la démangeaison est extérieure ou intérieure, plus vive quand on se remue ou s'assoit, produite par l'ingestion de boissons ou d'aliments stimulants, accompagnée de douleurs, d'hémorrhoïdes sèches, d'hémorrhoïdes molles et saignantes, de constipation ; ou bien lorsqu'elle est causée par l'abus des liqueurs fortes, de la bière ou du café; lorsqu'elle affecte des personnes qui mènent une vie sédentaire, des femmes enceintes; lorsqu'elle est causée par de petits vers que l'on nomme Ascarides (fig. 133), que Ton peut voir se remuer sous le sphincter de l'anus, si Ton écarte un peu ce muscle. Il faut donner ce médicament le soir.

Aconitum, si la démangeaison est produite par des ascarides et que Nux vomica reste sans effet, si l'enfant est très-tourmenté pendant la nuit et a la fièvre. Il faudrait donner ce médicament le soir ou pendant la nuit, et, s'il restait sans effet, donner Jgnatia le lendemain matin. Si l'enfant souffre encore des mêmes démangeaisons, produites par des vers, on peut employer la 3° trituration de Mercure, en ayant soin que l'enfant ne prenne pas froid. Dès que la sueur ou la salivation s'établit, on donne Belladona ou China ou un autre antidote de Mercure. Pendant la dentition, on donne Sulfur durant la pleine lune, et Silicea pendant la nouvelle; on peut donner 1 dose par jour de chaque médicament, pendant 8 jours. Si les démangeaisons reviennent à la nouvelle lune suivante, il faut donner Calcarea de la manière qu'on a donné Sulfur, auparavant. Il faut, si l'enfant est assez grand pour manger, qu'il ait une nourriture très-peu salée, et mange le moins possible de pâtisserie. Si toutefois on n'obtient pas de soulagement avec les médicaments précédemment indiqués, il faut recourir à Ferrum tous les 2 jours, le matin; s'il survient de la diarrhée, il faut suspendre la médication, et, si la diarrhée persiste, donner China.

Tant que les enfants sont sous l'action des médicaments précédemment indiqués {Sulfur, Calcarea), il ne faut leur donner aucun autre remède, excepté

HÊhiNG. — Méd. hom. 3 4

l'ig. 135. — Ascaride lombricoïde.

1 dose ou 2 à'Aconitum, pour combattre les symptômes fébriles qui pourraient se présenter ; et quand cela ne suffit pas, faire respirer de la teinture de camphre.

On peut calmer les démangeaisons en frottant l'anus avec de l'huile douce, ou en introduisant dans le rectum un suppositoire.

Des lavements d'eau froide, administrés tous les soirs, font du bien dans beaucoup de cas et ne contrarient en rien l'action des médicaments. Si cependant tous ces moyens avortent, ce qui arrive quelquefois chez des enfants dont l'affection vermineuse est héréditaire, il faut essayer quelques lavements d'eau salée ; si ceux-ci ne réussissent pas ou causent de la diarrhée, il faut recourir à des lavements d'eau, à laquelle est mélangé un peu de vinaigre. Des applications de jus de limon, renouvelées 1 ou 2 fois par jour, ont souvent réussi à soulager les démangeaisons. On a aussi obtenu de bons effets en faisant manger des asperges, légume que l'on sert sur nos tables dans la saison où les vers sont le plus insupportables.

Lorsque les démangeaisons sont causées par les hémorrhoïdes , tumeurs rouges ou bleuâtres à l'anus , il faut donner les remèdes suivants :

Nux vomica si, outre les démangeaisons, il y a une sensation de picotement et de brûlure, si l'anus est tellement contracté, que les évacuations se fassent avec une grande difficulté et soient toujours accompagnées d'élancements, de soubresauts dans les lombes et autour de l'anus; ou bien si le malade sent dans les reins une douleur de meurtrissure ou de broiement assez forte pour le faire crier, et l'obliger à se pencher en avant lorsqu'il marche ou lorsqu'il est assis. Quelquefois, Ignatia est préférable, parce qu'il convient mieux à la constitution du malade.

Sulfur, lorsqu'aux démangeaisons s'ajoute une douleur

de brûlure ou de l'endolorissement avec élancements à la région anale, lorsque les tumeurs se ramollissent, que l'on éprouve une sensation de plénitude, de lourdeur à l'anus, ou que le rectum sort ; lorsqu'on a constamment envie d'aller à la garde-robe ou qu'on a des selles diarrbéiques et sanguinolentes avec de douloureux picotements, de la raideur ou une sensation de contraction dans les reins. Si ce médicament ne produit pas la guérison, il faut donner Aconitum, et, si celui-ci est aussi sans effet, faire respirer du camphre au malade.

Apium virus contre les démangeaisons à l'anus les plus insupportables, avec douleurs de déchirement et de brûlure.

Prolapsus OU Chute du rectum. — Cet état Consiste

dans le renversement extérieur du gros intestin. Il se déclare soit lorsque les intestins sont mis en action, soit à la suite de violents efforts de défécation ou lorsqu'on est assis ou qu'on marche. Le rectum revient à sa position naturelle lorsqu'on s'étend doucement ou qu'on le repousse avec la main. Pour faire cesser le prolapsus, il faut que le malade se mette à genoux, puis, après avoir écarté les parties, on applique des linges mouillés sur l'intestin retourné. Si le contact de l'eau froide est douloureux, il faut faire usage d'eau tiède. Si l'intestin ne rentre pas de lui-même, il faut prendre une éponge très-fine, l'envelopper d'un linge, l'imbiber d'eau et la presser doucement et d'un mouvement continu sur le rectum renversé. Il ne faut pas se hâter, mais s'assurer si l'on exerce bien la pression dans la direction voulue. Alors, un mouvement se produit dans l'intestin, d'abord de haut en bas, puis de bas en haut, et c'est à ce moment que le rectum rentre dans le corps. Si, au bout de 10 minutes, il n'est pas rentré et qu'il soit tiède et flasque, il faut le pousser avec les doigts, qu'on a eu soin d'oindre préalable-

60 5 MALADIES LOCALISEES.

meut d'huile ou de graisse, après s'être coupé les ongles. Si le rectum devient rouge, enflé, enflammé, il ne faut pas essayer de le rentrer dans le ventre, mais il faut appliquer dessus des linges humectés d'eau froide et donner l'un des remèdes suivants : aux enfants, surtout pendant le travail de dentition, lorsqu'ils pleurent et poussent avec de grands efforts, lgnatia ou Nux vomica, selon les tempéraments. Si le rectum est très-enflé , d'un rouge bleuâtre, s'il saigne et cause de vives douleurs pendant les évacuations, Mercurius, suivi à.' lgnatia; s'il reste ensuite un peu de dyssenterie, Buta; si le rectum tombe pendant la marche et devient rouge-bleuâtre, Arnica; s'il se présente un gonflement d'un rouge bleuâtre autour de l'anus, avec des élancements, A/?i"s. Dans les cas chroniques, chez les enfants, Calcarea est préférable ; tandis que Sepia convient surtout aux adultes.

]i£morrhoïdes. — Cette maladie est caractérisée surtout par l'écoulement, par l'anus, de faibles quantités de sang se reproduisant tous les mois ou toutes les six semaines, précédé pius ou moins de malaise et suivi d'un soulagement notable. Très-souvent on est préservé par les .hémorrhoïdes, de maladies plus ou moins dangereuses. Les symptômes, précurseurs de l'écoulement, sont souvent très-pénibles. Quelquefois l'écoulement s'arrête, d'autres fois il s'échappe tant de sang, qu'il y a lieu de s'alarmer. Il se forme souvent, à l'anus, des tumeurs qui deviennent irés-douloureuses, surtout lorsqu'il ne coule pas de sang. TI n'est pas rare de voir, après la suppression subite du flux hémorrhoïdal, se déclarer une maladie plus grave. Pour ces divers cas, il y a des médicaments à donner, et le régime du malade doit être propre à empêcher la maladie de devenir plus dangereuse. Il faut que le malade reste peu de temps assis, surtout qu'il évite de s'asseoir sur des coussins moelleux, à moins que les tumeurs de l'anus ne proéminent; qu'il s'abstienne des spiritueux,

de la bière forte et du café ; qu'il boive beaucoup d'eau et prenne beaucoup d'exercice.

Les praticiens allopathes, ne sachant par queL moyen, guérir les hémorrhoïdes, se sont avisés d'extirper ces tumeurs. Cette opération n'est pas difficil-e, tout le monde peut la faire si l'on a les instruments convenables, et la douleur, ressentie par le malade, n'est pas très-vive, mais ce procédé est inopportun et peut avoir de dangereuses conséquences. Quelquefois l'hémorrhagie qui s'ensuit ne peut être arrêtée que par la cautérisation ou par l'application de la créosote, qui peut engendrer des ulcères incurables. A coup sûr, l'excision des tumeurs hémorrhoïdales n'a qu'un effet, celui de calmer momentanément la douleur; mais ces tumeurs se reforment en peu de temps à un niveau plus élevé du rectum où elles causent, bien entendu, de plus vives douleurs, et d'où il est plus difficile de les extraire ; si l'on essaye de nouveau cette opération, on court le risque de faire au rectum une lésion incurable et, d'ailleurs, les tumeurs se reproduisent encore plus haut, hors de la portée de l'opérateur. Dans ce dernier cas, le malade est dans un état plus grave qu'auparavant, et on l'abandonne à son malheureux sort.

Les médecins homœopathes possèdent, d'un autre côté, des médicaments à l'aide desquels ils guérissent de semblables tumeurs, sans les enlever: plus souvent le malade aura été opéré, plus il sera difficile de le guérir, parce que sa maladie sera devenue plus rebelle par le fait de l'opération.

Des ablutions et des lavements d'eau fraîche, 1 ou 2 fois par jour, sont un excellent moyen de soulagement quand les hémorrhoïdes ne fluent pas ; si elles Huent, il ne faut pas recourir à ces moyens, qui pourraient arrêter le sang. Si celui-ci est trop abondant, on peut appliquer de l'eau fraîche sur les parties, en ayant soin toute-

fois de prendre l'un des médicaments recommandés dans cet article.

Il faut également avoir beaucoup de précautions pour l'administration des lavements : l'eau ne doit pas être trop froide ; le bout de la seringue doit être en bois, en ivoire, en os ou en gomme élastique; qu'il ne soit pas trop épais et qu'il s'élargisse à son extrémité, qui doit avoir à peu près le volume de la dernière phalange du petit doigt; avant de l'introduire dans le rectum il faut l'enduire d'huile fraîche, de graisse ou de beurre ; on l'introduit en lui imprimant un mouvement de rotation lent et continu, puis, d'une main on presse le piston tandis que de l'autre on tient la seringue près de l'anus pour l'empêcher de pénétrer plus avant dans le rectum.

Si les tumeurs hémorrhoïdales sont trop douloureuses pour qu'on puisse supporter un lavement, il faut appliquer sur les parties une éponge imbibée d'eau froide. Si les tumeurs ne saignent pas, sont très-douloureuses et s'exaspèrent peu de temps après l'application des compresses d'eau froide, il faut verser dans une chaise percée de l'eau bouillante ou de l'eau de son très-chaude et s'asseoir sur celte chaise, afin d'exposer l'anus à la vapeur. Les substances mucilogineuses sont quelquefois utiles, nous citerons, par exemple, l'émulsion de graines de coings.

Mais c'est surtout de l'emploi des remèdes indiqués plus bas que dépend la guérison. S'il y a des démangeaisons à l'anus, voyez Démangeaisons à l'anus, page GOO.

Si les hémorrhoïdes sont accompagnées de tranchées, il faut prendre les médicaments indiqués contre les coliques, surtout Pulsatilla, Nux vomica, Colocynthis. Pulsatilla convient surtout aux femmes, Nux vomica, aux personnes qui boivent beaucoup de liqueurs et mènent une vie sédentaire, Colocynthis, aux douleurs violentes. Consultez aussi l'article Congestion de sang dans V abdomen.

Aconitum procure souvent du soulagement lorsque le

sang s'écoule, qu'il y a à l'anus des élancements et une douleur de pression, avec sensation de plénitude de l'abdomen, tension, pression et pincements du ventre ; douleur aux reins comme s'ils étaient meurtris ou broyés.

Il faut donner Nux vomica lorsque les tumeurs sont le siège d'une douleur de brûlure ou de picotement avec des symptômes analogues à ceux contre lesquels nous avons recommandé le même médicament dans l'article Démangeaisons à l'anus ; lorsque après chaque évacuation il s'écoule beaucoup de sang pâle ou lorsqu'il y a un besoin constant d'aller à la selle. Il faut encore donner ce médicament s'il y a de la constipation et pendant la grossesse. Quand il ne suffit pas, il faut donner Ignatia, puis, si le mal reparaît, S al fur.

Apis convient contre les petites tumeurs très-douloureuses, causant des sensations de piqûre, de morsure ou de démangeaison ou contre les tumeurs plus volumineuses avec sensibilité et douleur de brûlure, ou contre le gonflement général de l'anus avec battements, chaleur et pesanteur ; surtout contre le suintement d'un liquide foncé, sanguinolent; il faut le donner de préférence aux personnes irritables , inquiètes et qui s'emportent facilement.

On donnera Pulsatilla, lorsque du sang et du mucus s'écoulent avec les matières fécales et causent une pression pénible sur les tumeurs, avec douleurs dans le dos, teint pâle et disposition à la syncope. Si ce médicament est insuffisant, Mercurius suivi de Sulfu?\ répond quelquefois aux cas de ce genre. Sepia sera utile quand il y aura beaucoup de spasmes à l'anus.

Capsicum est le médicament qui répond le mieux aux tumeurs très-enflées, aux écoulements de sang mêlé de matière visqueuse, causant des douleurs de brûlure, aux douleurs tiraillantes dans le dos, surtout aux reins, et aux tranchées.

lynaiia doit être donnée contre les élancements, se faisant

G 08 MALADIES LOCALISEES.

sentir de bas en haut avec démangeaisons effourmillement à l'anus, flux abondant de sang, chute du rectum à chaque évacuation; ou bien lorsque, après une évacuation, il reste de la sensibilité et des contractions douloureuses, surtout si elles sont accompagnées d'efforts de défécation sans résultats, ou d'écoulement d'un mucus sanguinolent.

Chamomilla est le médicament le plus convenable lorsque le flux de sang est liquide, accompagné de douleurs de contraction dans l'abdomen, de fréquents efforts de défécation ; lorsqu'il y a de temps en temps de la diarrhée, surtout si elle est accompagnée d'une douleur de cuisson et de brûlure et de tiraillements dans le dos, particulièrement la nuit.

Àntimonium crudum est souvent utile quand il s'écoule par l'anus un liquide muqueux qui tache le linge; dans certains cas on peut alterner ce médicament avec Puisatilla; si à l'écoulement muqueux se joint une douleur de brûlure, Carbo vegetabilis sera encore plus efficace, surtout s'il se déclare en même temps des saignements de nez et des congestions de sang à la tête.

Carbo vegetabilis combat les symptômes que nous venons d'indiquer : écoulement de mucus avec douleur de brûlure, saignements du nez, congestion à la tête, surtout chez les malades très-affaiblis. Si ce médicament n'est pas suffisant, on pourra donner ensuite Arsenicum, ou bien les donner tous deux alternativement.

Sulfur est un des remèdes les plus efficaces contre les hémorrhoïdes fluentes ou borgnes; il convient surtout aux cas où l'on a un besoin constant d'aller à la selle, sans cependant rien évacuer, aux cas d'évacuations minces et sanguinolentes, de douleurs aiguës à l'intérieur et à l'extérieur de l'anus; de tumeurs brûlantes, humides, faisant des saillies considérables et ne pouvant pas être facilement rentrées, de violents élancements dans le dos et dans les v

reins, raideur et sensation de contraction dans celte région, douleur de cuisson en urinant.

Aux personnes qui ont pris du soufre ou de l'huile de Harlem, drogues avec lesquelles s'empoisonnent beaucoup de malades affectés d'bémorrhoïdes, il faut donner d'abord Mercurius et, cinq ou six jours après, Sulfur; à celles qui ont pris beaucoup de calomel ou de soufre, une ou deux doses de Lachesis, et si les symptômes s'aggravent encore, Mercurius suivi de Sulfur.

Lycopodium convient très-souvent là où le soufre a échoué, quand les bémorrhoïdes sont liées à la constipation, que le malade est tourmenté par les vents, lesquels causent beaucoup de douleurs sous les fausses côtes.

Belladona est efficace contre les hémorrhoïdes fluentes avec douleur intense dans les reins, comme si on lès brisait. Si ce médicament ne suffit pas, il faut donner Hepar, et, si ce médicament n'amène pas la guérison, Rhus quatre ou cinq jours après. Il suffit de donner le médicament deux fois par jour, malin et soir.

Lorsque l'écoulement est très-abondant, il faut donner Aconitum;si ce médicament ne l'arrête pas, il faut, sans tarder, faire prendre Ipecacuanka, el, si au bout de 12 heures, il ne produit pas d'effet, Belladona, et ensuite Calcarea. Si par l'effet d'un de ces médicaments l'écoulement diminue uu peu, il ne faut plus rien donner, à moins que les symptômes ne s'aggravent de nouveau; alors il faut administrer une nouvelle dose du même médicament, et, s'il perd son efficacité, recourir à un autre. Si le malade est trèsfaible, il faut lui donner China dans l'intervalle.

Nous n'avons indiqué les médicaments précédents que pour les cas d'urgence, quoiqu'ils puissent souvent guérir radicalement cette longue et ennuyeuse maladie; s'ils n'y réussissent pas, il faut appeler un médecin.

Diarrhée. — Cette maladie est souvent le résultat des causes indiquées dans la troisième partie de cet ouvrage

010 MALADIES LOCALISEES.

(pag. 109), par exemple d'une frayeur subite, d'une contrariété, d'un refroidissement, d'un échauffement, d'un dérangement d'estomac ou d'une brûlure.

Beaucoup de personnes sont imbues de cette erreur que la diarrhée nettoie l'organisme et qu'elle est nécessaire au rétablissement de la santé. Il est vrai que quelques maladies se terminent par la diarrhée, maisilestvrai aussi quela diarrhée se montre au commencement d'autres maladies et qu'elle doit toujours être considérée comme le signe d'un état morbide des organes de la digestion.

La sensation trompeuse de soulagement et d'allégement qu'on éprouve après une purgation ou diarrhée provoquée artificiellement, est considérée par beaucoup de personnes comme nécessaire et favorable, uniquement parce qu'elles étaient auparavant dans un état morbide opposé. De même beaucoup de personnes considèrent comme un bon signe l'excitation produite par l'eau-de-vie ou de forte bière, parce qu'elles se trouvent mal à l'aise sans ces boissons, tandis qu'elles sont, en réalité, dans un état de santé beaucoup plus mauvais, quoiqu'elles s'imaginent être mieux.

Bien des personnes ne croient pas pouvoir rester en bonne santé sans prendre des purgatifs; qu'elles essayent, lorsqu'elles se sentiront constipées, un des médicaments indiqués dans cet ouvrage contre la constipation, et elles observeront qu'il les guérira le plus souvent sans leur donner la diarrhée. Que celles qui ont une diarrbée, soit naturelle, soit artificielle, ne cherchent pas à l'arrêter artificiellement, c'est-à-dire parle vin, l'eau-de-vie et autres boissons analogues; il vaut mieux lui laisser suivre son cours et prendre les médicaments qui la guériront naturellement. Les astringents ne sont pas toujours dangereux, mais le sont souvent, surtout chez les enfants, les vieillards et les personnes affectées en même temps d'une autre maladie.

Les conséquences de la suppression artificielle de la

diarrhée sont : la dyspepsie, les maladies de foie, etc., qu'il est difficile de guérir. Toutefois il serait aussi absurde de croire que la suppression de la diarrhée est dangereuse uniqueraeut parce qu'elle empêche l'expulsion des impuretés du corps. La suppression de la diarrhée est dangereuse parce qu'elle n'est que le changement d'une maladie par une autre, et parce qu'on ne peut pas savoir ce que deviendra cette seconde maladie, et qu'elle sera généralement plus grave que la première. La plupart de ces impuretés n'existent que dans l'imagination ; quanta leur production artificielle, voyez ce qui en est dit à l'article Constipation. Si toutefois il y a réellement des impuretés dans l'organisme, celui-ci s'en débarrasse par des évacuations naturelles, bien plus promptemenl que par la diarrhée qui laisse toujours des impuretés après elle, impuretés que les selles normales sont chargées d'emporter. Lorsque les matières fécales sortent fermes, rien ne peut rester dans les intestins, ce fait est si évident que tout le monde en comprendra l'explication : en effet les intestins sont un tube, étroit d'abord, qui s'élargit graduellement; il ne ressemble pas au tuyau d'unepompeà incendie, à l'une des extrémités duquel il faut exercer une pression pour en faire sortir le contenu ; ce n'est pas un tube inerte, c'est un tube vivant constamment en activité. En vertu de cette activité, lorsqu'elle s'exerce régulièrement, rien ne peut rester dans l'intestin, ce n'est que lorsqu'elle s'exerce irrégulièrement ou lorsqu'elle cesse que les matières fécales peuvent y séjourner. Dans la diarrhée, surtout la diarrhée produite par les purgatifs, les fonctions digestives s'opèrent avec une irrégularité et une promptitude exagérées pour débarrasser l'organisme des poisons donnés sous le titre de purgatifs ; lorsque cette expulsion est accomplie, les intestins restent très-faibles et relâchés. Un purgatif qui ne serait pas un poison ne purgerait pas. parce que les substances qui purgent sont celles que l'or-

ganisme ne peut pas supporter et que par conséquent il rejette. Les effets toxiques de ces médicaments deviennent très-évidents lorsque ceux-ci restent dans le corps ; en effet, lorsque l'organisme n'a pas eu la force de les rejeter, ils déploient leur dangereuse puissance. On dira que les symptômes qui en résultent sont des conséquences de la maladie, mais il ne faut pas croire une semblable assertion, elle est fausse. Les drastiques tuent plus d'adultes et la rhubarbe tue plus d'enfants que l'arsenic, si redouté de tout le monde. Dans la constipation, l'activité des intestins est plus énergique, autrement les excréments ne pourraient pas être rejetés, et il s'ensuit que rien ne peut rester derrière eux ; en effet les excréments, lorsqu'ils sont durs, remplissent toute la largeur du tube intestinal, fait qui n'a jamais lieu dans la diarrhée. Il est vrai que lorsque le mouvement des intestins s'arrête, leur contenu reste stationnaire, mais on peut provoquer de nouveau ce mouvement, comme nous l'avons déjà indiqué (1). Les médecins qui dissèquent des multitudes de cadavres trouvent toujours des mafières fécales dans ceux qui avaient eu la diarrhée et en trouvent moins chez ceux qui avaient été constipés.

S'il survient une diarrhée qui soulage le malade de l'affection dont il souffrait, il ne faut pas se hâter de recourir aux remèdes, et c'est seulement dans le cas où elle se prolongerait assez pour devenir nuisible qu'il faudrait choisir un des médicaments indiqués ci-dessous.

Si un enfant a la diarrhée pendant sa dentition, il ne faut pas la combattre immédiatement; qu'on attende un jour ou deux s'il ne se déclarera pas un nouveau symptôme réclamant un traitement. Au début de la diarrhée il suffit d'éviter les acides, le café, le thé et toute substance salée ; les fruits, crus ou secs, les œufs, le poulet et autres

(1) Voyez Constipation.

volailles sont aussi nuisibles, il ne faut donner à l'enfant que des boissons mucilagineuses, deTarrow-root, du riz, du sagou. S'il a bon appétit, il peut prendre du bouillon avec de la farine de froment, de riz ou de sagou. Le lait fraîchement trait peut, dans certains cas, augmenter la diarrhée, il vaut mieux le faire bouillir et le donner à boire chaud, mais il ne faut pas le laisser bouillir trop longtemps, ce qui le rendrait indigeste.

lpecacuanha est indiqué contre la diarrhée accompagnée de cris, d'efforts, de douleurs, de salivation abondante, de tension de l'abdomen, tantôt avec de violents et -vains efforts, ou avec des selles fréquentes, petites, jaunâtres et des douleurs dans le rectum, tantôt avec des selles peu abondantes, muqueuses, mousseuses, fermentées, fétides ou sanguinolentes, accompagnées de faiblesse, désir de rester couché, somnolence, pâleur, cercle bleuâtre autour des yeux, froid et irritabilité. Lorsque lpecacuanha ne répond pas ou ne procure qu'un soulagement partiel, il faut donner Rheum; si les selles ont une odeur aigre, il faut donner ce dernier médicament dès le début/

Chamomilla doit être donnée aux enfants qui crient, s'agitent et veulent toujours être portés ; à ceux d'un âge plus avancé s'ils sont irritables, crient comme si on les battait, se tordent et se plient en deux ; aux petits enfants qui contractent leurs jambes vers le ventre. Il faut encore donner ce médicament lorsque le ventre est dur et tendu, que les selles sont fréquentes, muqueuses ou aqueuses, ou verdâtres et brunes, ou composées d'aliments non digérés et ayant l'odeur d'œufs pourris, et accompagnées de borborygmes, perte de l'appétit, soif, langue cbargée, renvois et nausées. Chamomilla convient aussi aux adultes, lorsque les selles sont verdâtres, aqueuses, chaudes et fétides, accompagnées de : goût amer dans la bouche, renvois amers, vomissements bilieux, plénitude d'estomac, tranchées, céphalalgie.

HÉiiiNG- — Méd. hom. 35

Pulsatilla convient contre les selles semblables à de la bouillie, aqueuses et fétides, accompagnées de douleur de brûlure à l'anus, répugnance, nausées, éructations, trancbées surtout pendant la nuit. Si les selles de la même consistance que la bouillie sont rendues après minuit, précédées de douleurs d'entrailles qui cessent après l'évacuation, il faut donner Rkus. Pulsatilla est encore efficace contre la diarrhée muqueuse, lorsque chaque selle a une couleur différente. Si la diarrhée occasionne une grande faiblesse, il faut donner Colocynthis, et, si elle cause de vives tranchées, une tasse de café noir. Si les selles sont verdâtres ou sanguinolentes, accompagnées de ténesme, il faut donner Mercurius. Pulsatilla convient surtout aux femmes ou aux enfants d'une humeur douce et patiente et aux malades atteints de diarrhée pour avoir mangé avec excès des aliments gras.

Il faut donner Mercurius contre la diarrhée accompagnée d'accès de cris et de convulsions, d'efforts considérables et impuissants, de sueur froide et de tremblement; contre les selles vcrdàtres, aqueuses, muqueuses, quelquefois bilieuses ou mêlées de sang, suivies d'un grand abattement, de fétidité de l'haleine, perte de l'appétit, envie de vomir ou à la fois vomissements et diarrhée ; contre les selles acres avec douleur de démangeaison et de brûlure à l'anus.

Sul/jlnir contre les selles assez acres pour causer de la douleur autour de l'anus et y faire naître une éruption miliaire, selles accompagnées d'une grande émaciation ou, chez les enfants, d'induration et de tension du ventre. Ce médicament est encore efficace lorsque la diarrhée reparaît chaque fois qu'on a été exposé à une température froide, ou lorsque les autres médicaments sont restés sans effet. Il convient surtout quand la diarrhée vient après minuit, accompagnée de crampes dans les mollets.

Anlimonium crudum, contre les selles liquides avec dé-

labrement d'estomac, enduit épais et blanchâtre sur la langue. Si à ces symptômes s'ajoutent : anus endolori, douleurs spasmodiques à l'anus et dans le dos, pression à l'estomac causée par toute espèce d'aliments, pesanteur des yeux, pâleur et lividité de la face, il faut donner Ferrevm, médicament qu'on peut administrer aussi contre les diarrhées indolores. Lorsque les selles sont aqueuses et que la diarrhée dure depuis longtemps, il faut donner Acid. phosphoricum à doses répétées et un peu fortes.

Veratrum, contre les selles aqueuses avec douleurs autour du nombril et anxiété, accompagnées quelquefois de vomissements acides, de désir ardent d'eau froide ou de boissons acides, de frissons et de tiraillements dans les mollets.

Rheum, contre les selles acides, claires, muqueuses, fermentées (voy. Ipecacuanha), maladie commune chez les enfants, que la douleur de ventre fait crier, qui souffrent de coliques, ramassent leurs jambes vers le ventre, ou ressentent des élancements dans les cuisses et dans les aines, laissent écouler de la salive le long de leurs lèvres, sont pâles (si la face est rouge, il faut donner Chamomilla^i si ce médicament ne répond pas aux symptômes, Belladona). Quelquefois tout le corps de l'enfant exhale une odeur aigre que les bains ne peuvent pas faire disparaître. Si, dans des cas semblables, Rheum ne procure pas de soulagement et que la douleur soit très-violente, il faut donner Chamomilla, et si ce médicament ne suffît pas, que la douleur diminue en même temps que la faiblesse continue, avec distension du ventre, Sulphur.

Apis convient lorsque les selles sont indolores, aqueuses, d'un jaune verdâtre, surtout le matin, ou lorsque l'abdomen est si sensible qu'on ne peut supporter le poids des couvertures. Il s'adresse surtout aux personnes irritables, qui trouvent à redire à tout, aux enfants inconstants, qui

610 MALADIES LOCALISEES.

jettent et cassent tout et deviennent faibles et abattus.

China est utile contre toutes les variétés de diarrhée se déclarant chez des personnes affaiblies. 11 est encore efficace lorsque, au milieu de violentes douleurs spasmodiques, de pression ou de contraction, le malade rend des matières brunâtres, selles quelquefois suivies de douleurs de brûlure à l'anus, grand affaiblissement de l'abdomen, borboryguies, flatuosités, éructations ; si l'on est éveillé au milieu de la nuit par des douleurs spasmodiques de l'abdomen, China soulagera immédiatement et empêchera la diarrhée.

Bryonia convient généralement pendant'les chaleurs de l'été, dans les cas de diarrhée se déclarant après avoir bu de l'eau froide ou après avoir pris un rhume ; lorsque la diarrhée est causée par l'abus des fruits crus ou par un excès de nourriture, lorsqu'elle se déclare aussitôt après avoir mangé, après l'usage de la choucroute ou à la suite d'une vive contrariété, et lorsque Chamomilla n'a pas pu la faire cesser.

JSux moschata convient aux malades qui ont la peau très-sensible à l'action du froid, qui ont pris froid dans l'eau ou se sont mouillé les pieds, qui se refroidissent facilement. Il faut donner ce médicament contre les selles visqueuses avec inappétence, langue chargée d'un enduit blanc, mauvaise haleine; ou bien contre les évacuations peu abondantes, exigeant beaucoup d'efforts, accompagnées de douleurs au-dessous des côtes, se déplaçant de la gauche vers la droite; ou bien lorsque l'abdomen est distendu par des gaz, qu'on éprouve des douleurs d'entrailles ou de la céphalalgie après avoir bu ou mangé.

Il faut donner Dulcamara contre la diarrhée causée par un refroidissement, surtout en été ou en automne, diarrhée plus forte la nuit, évacuations fréquentes, un peu aqueuses, sans grandes douleurs ni coliques ; si au bout

MALADTES DE L'ABDOMEN. 617

de 6 heures on n'a pas obtenu de soulagement, il faut donner Bryoma. S'il y a de la faiblesse plutôt que de la douleur, si la diarrhée se déclare immédiatement après les repas et que les aliments soient rendus non digérés, China fait généralement du bien; quelquefois c'est Bryonia ou Rheum qu'il faut donner (voyez ces médicaments). Lorsqu'à une grande faiblesse s'ajoutent des douleurs d'entrailles, il faut donner Arsenicum, et, si ce médicament ne soulage pas promptement, Nux vomica. Lorsqu'on rend des aliments non digérés, Ferrum est souvent efficace, soit seul, soitalterné avec Chinaou C a Icare a. Vouv combattre la diarrhée accompagnée d'une grande faiblesse, il faut surtout recourir à Ipecacuanha, Veratrum ou Arsenicum; contre la diarrhée sans douleurs, Ferrum est le meilleur médicament. Lorsqu'il y a alternativement diarrhée et constipation, fait dont on est souvent témoin chez les vieillards, Antimonium crudum est le médicament le plus efficace. Calcarea suffit le plus souvent à arrêter la diarrhée causée par la dentition, le ventre étant continuellement brûlant, les selles aqueuses, d'un jaunepâle ou aigres, si elles diminuent ainsi que les douleurs et les gargouillements. Nous parlerons plus loin de la diarrhée chez les femmes , pendant la grossesse ou pendant l'accouchement (1), et de la diarrhée se déclarant chez les enfants pendant l'été (2).

Dyssenterie. — Les principaux symptômes de la dyssenterie sont : un besoin constant d'aller à la selle, des efforts pour évacuer, avec tranchées ; des selles peu abondantes, consistanten un mucus blanchâtre ou sanguinolent, mais sans matière stercorale. Le besoin constant d'aller à la garde-robe et les efforts d'évacuation sont les effets de l'inflammation de la partie inférieure du gros intestin, et non de la présence des matières fécales dans le rectum,

(1) Voyez Maladies des femmes.

(2) Voyez Maladies des enfants.

comme chez les personnes bien portantes. Cette maladie n'est pas, comme on le croit généralement, accompagnée de diarrhée, mais d'une suppression de matières fécales; aussi, la réapparition de ces dernières est-elle un signe d'amélioration.

La dyssenterie attaque généralement un grand nombre de personnes dans la même localité, et, lorsqu'on a trouvé le remède convenable pour un cas, on peut le donner à tous les autres, comme on fait dans les épidémies. Lorsqu'une épidémie se présente, le devoir du médecin homœopathe est donc de chercher le remède spécifique à la forme que la maladie a revêtue.

Dés que, dans une maison, une personne est atteinte de l'affection épidômique , plusieurs autres en seront attaquées après. Il faut, pour éviter l'extension de la maladie, désinfecter les cabinets d'aisances, et le meilleur moyen que l'on puisse employer dans ce but, est une solution de 1 partie de sulfate de fer pour 20 parties d'eau. Il faut mêler u npeu de celte solution à toutes les déjections du malade, et en verser une partie chaque jour dans les fosses d'aisances.

La dyssenterie est très-fréquente dans les climats où. les journées sont chaudes et les nuits froides. Il faut alors éviter avec soin de se refroidir quand on a très-chaud, de boire des liquides glacés, d'ôter une partie de ses vêtements. 11 faut s'abstenir, surtout la nuit, de fruits verts, de liqueurs altérées ou fermeutées, de vinaigre, d'eau minérale, de limonade, et empêcher les enfants de s'asseoir sur le sol ou sur la pierre.

Quelquefois la maladie débute par une simple diarrhée, contre laquelle il faut choisir l'un des médicaments indiqués h l'article « Diarrhée», et surtout Veratrum, Pulsalilla ou Nux moschata. En même temps on évite les fruits, la salade, les acides, les légumes; on donne à boire de l'eau de riz et on se contente, comme aliments, de panade

préparée avec un peu de sel et de beurre, mais sans œufs et sans épices.

Parfois, la dyssenterie débute par d'autres souffrances, dont il faut chercher les remèdes dans les articles consacrés respectivement à chacune d'elles.

Aconitum convient lorsqu'il y a chaleur el soif, si le malade est robuste, a le pouls plein et fréquent, la face chaude et rouge, surtout la nuit, avec douleurs d'entrailles accompagnées de coryza et de besoin anxieux d'uriner, urine chaude et d'uri brun rougeàtre, bouche sèche ou froid à la tête. Si les douleurs sont plus vives le matin et qu'elles occupent l'estomac plutôt que le ventre, Nux vomica est préférable. Si le malade éprouve de la répugnance pour le café, le vin ou la bière, ou qu'il y soit habitué, Nux vomica devra être donnée de suite et, après, Chamomilla.

Pour la constipation qui précède la dyssenterie, comparez Nux vomica, Bryonia, Platina ou Meixurius, Staphysagria, Natrum muriaticum.

Il faut donner Mercurius, lorsque le malade a un vif besoin d'évacuer, comme si les intestins allaient sortir, el ne rend, après beaucoup d'efforts, qu'un peu de sang clair ou des selles verdâtres, comme hachées, et mêlées de sang ; lorsque le ténesme est plus fort après l'évacuation qu'avant, symptôme accompagné, chez les enfants, de pleurs et de cris. Les nourrissons atteints de cette maladie refusent de prendre le sein. Mercurius corrosiv. convient à la dyssenterie d'automne, quand les tranchées sont très-violentes, les évacuations d'abord bilieuses, puis composées de mucus et de sang, ou de sang pur, ou seulement de glaires. Si ce médicament améliore et qu'ensuite le mal revienne, il faut donner Colocynthis ou un des médicaments qui conviennent à la diarrhée.

Aconitum est le meilleur remède que l'on puisse opposer à la dyssenterie, quand elle survient dans les pays où les

«20 MALADIES LOCALISEES.

journées sont très-chaudes et les nuits très-froides, si le frisson est intense et suivi d'une forte chaleur, celle-ci accompagnée desoif et de rougeur du visage. S'il ne suffit pas, il faut songer à Bryonia, Nux vomica ou Mercurius. Aconit, réussit encore quand il existe de vives douleurs rhumatismales dans les membres, la tête, la nuque et les épaules; Chamomilla convient très-souvent après. Souvent Pulsatilla est utile, si le malade rend des glaires striées de sang.

Belladona convient dans les cas où Aconitum, qui semblait indiqué, n'a fait aucun bien, surtout aux personnes vives et impatientes, aux enfants qui pleurent facilement, aux femmes qui s'effrayent de tout. Il est indiqué lorsque le malade a du délire en se réveillant, ou parle à tort et à travers pendant son sommeil, si, à chaque instant, il veut se lever ou se coucher dans un autre lit, surtout si la langue est sèche et rouge à la pointe (comparez avec Rhus), ou si elle présente deux bandes blanches et est rouge au milieu et sur les bords.

Il faut donner Chamomilla après Aconitum, s'il reste encore de la fièvre, de la soif et des douleurs rhumatismales, surtout dans la tète, s'il y a nausées, langue sale, bouche amére, etc.; principalement si la maladie a pour point de départ un arrêt brusque de la transpiration, et est accompagnée d'une grande agitation.

Cluna est le meilleur médicament contre la dyssenterie épidémique et périodique, qui attaque beaucoup de personnes en même temps dans une contrée marécageuse, ou dans laquelle on creuse descauaux. Il convient principalement lorsque la maladie a des alternatives d'amélioration et d'aggravation toutes les 24 heures; lorsque le malade éprouve une douleur au-dessous des côtes, surtout à gauche ; qu'il est pâle et faible.

Il faut donner Veratrum, si les selles sont aqueuses, mêlées de mucosités sanguinolentes qui surnagent, accompagnées quelquefois de vomissements amers, soif ar-

dente, tranchées douloureuses, urines rares, face pâle, tirée ou enflée, froid général ou sentiment de froid, grande faiblesse, tiraillements dans le gras des jambes.

Arsenicum, lorsque les selles sont noires, visqueuses, sanguinolentes, ont une odeur putride, s'échappent involontairement, lorsque l'urine devient fétide, que le malade perd ses forces, est indifférent à ce qui se passe autour de lui, tombe dans un engourdissement complet de l'intelligence, a mauvaise haleine ; lorsque des taches rouges ou " bleues sont répandues çà et là sur le corps, que le malade s'agite et est eu proie à une grande angoisse, ne peut trouver le moindre repos, croit qu'il va mourir, etc. ; lorsque, en même temps, l'haleine est presque froide ou lorsque le malade éprouve une sensation de brûlure. Si, après avoir donné 1 ou 2 doses, on remarque qu' Arsenicum reste sans effet, il faut donner Carbo vegetabilis; Arsenic, et Carbo vegetabilis conviennent également aux cas où la dyssenterie provient de ce qu'on a bu des liquides froids, particulièrement de l'eau glacée. Carbo vegetabilis convient mieux aux malades qui abusent des liquides spiritueux ou qui aiment beaucoup les gâteaux, le lait et les viandes grasses. Si l'origine de la dyssenterie est l'usage de la mauvaise bière ou des fruits verts, Arsenicum est le meilleur remède.

Il faut donner Colocynthis contre les violentes douleurs d'entrailles, qui ressemblent -à celles que causerait la pression de l'intestin entre deux pierres, forçant le malade à se tordre ; lorsque les selles sont visqueuses, parfois sanguinolentes, que l'abdomen est très-tendu, quelquefois comme un tambour, lorsque le malade éprouve de l'oppression comme si le ventre était plein, des frissonnements commençant à l'abdomen et parcourant toutle corps, lorsque la langue est couverte d'un enduit muqueux, blanc ; enfin lorsque la maladie est la suite d'une colère ou d'une vive contrariété. Consultez aussi l'article Coliques,

G i 2 MALADIES LOCALISEES.

Slaphysaçjria est utile dans des cas analogues, lorsque chaque bouchée de nourriture ou chaque gorgée de liquide, même d'eau, renouvelle les douleurs et est suivie de sensation de pression au rectum et d'efforts d'évacuation. Il est quelquefois utile d'alterner ce médicament avec Colocyntkis. Si ces deux médicaments ne procurent qu'un soulagement passager, il faut recourir à Causticum.

/{/tus convient à la dyssenterie causée par le froid, soit après Otre tombé dans l'eau ou avoir été mouillé par une forte pluie, soit après avoir pris froid étant en nage ; surtout si les selles sont sanguinolentes, visqueuses, brunâtres ou verdàtres, si elles surnagent (comparez avec China et Mercur.) ; il convient aussi aux personnes qui ont, dès le début, une éruption aux lèvres (comparez avec Arsenicum).

Il faut donner Sulfur dans le cas où la maladie tend à passer à l'état chronique, où les autres médicaments procurent du soulagement, mais ne guérissent pas complètement, où il reste encore du ténesme, où le malade a conservé de l'aversion pour le pain, la viande, le lait, les mets sucrés et les aliments acides, les liqueurs brassées et le vin, et ne veut prendre autre chose que de la soupe claire et des liqueurs spiritueuses.

[Parmi les médicaments qui viennent d'être passés en revue, il en est quelques-uns qui sont de beaucoup plus utiles que les autres. Celui qu'il faut mettre en première ligne est le Mercurius corrosiv., qu'il faut administrer comme il a été dit pour les maladies aiguës, en le continuant pendant Vl à 36 heures. Après lui viendra Puisa- (Ma, donnée de la même manière. Aconit servira seulement au début de la maladie et, pour diminuer l'intensité de la fièvre, Sulphur arrivera seulement à la fin du traitement.

Le malade se trouvera bien en môme temps de prendre des quarts de lavements amidonnés (mais sans Laudanum), et de poser quelques cataplasmes sur le ventre;

Je sirop de cerises, étendu d'eau, sera une excellente boisson ; la diète est nécessaire.]

Constipation. — La première observation que nous ayons à faire, à propos de cette maladie, paraîtra paradoxale à beaucoup de lecteurs; c'est que tous ceux qui sont constipés doivent se féliciter de n'avoir pas de maladie plus grave. Quiconque a réfléchi sur ce sujet doit savoir que presque toutes les personnes qui ont une tendance à la constipation vivent longtemps et conservent de la vigueur, à moins qu'elles ne se tuent par les purgatifs. Au contraire, les personnes sujettes à la diarrhée sont affaiblies de bonne heure et parviennent rarement à un âge avancé.

La diarrhée ne peut pas survenir tant qu'on n'a pas mangé de substances nuisibles ou toxiques, ou qu'on n'y est pas prédisposé par une mauvaise constitution; au contraire, il suffit d'une forte transpiration ou d'une nourriture animale abondante pour être constipé (i). On sait ce qu'il faut penser des prétendues impuretés qui restent dans le corps. La croyance vulgaire que les purgatifs contribuent à entretenir la santé et sont utiles, non-seulement lorsque le corps est malade, mais encore lorsqu'il est parfaitement sain, et qu'ils entraînent avec eux toutes les impuretés amassées dans l'organisme, cette croyance, dis-je, est erronée et dénuée de tout fondement. Ce préjugé ne sert qu'à faciliter la vente des drogues et s'est perpétué, d'âge en âge, jusqu'au moment où il a été universellement répandu. Il est un des articles du Credo traditionnel des médecins, et personne n'ose mettre en doute sa vérité. Les médecins répandent et encouragent cette croyance, parce que leur art consiste presque tout entier à saigner, purger, donner des éméliques; elle est le pivot sur lequel tourne tout l'ancien système médical , et les malades,

(1) Voyez Diarrhée.

pleins de respect pour l'autorité des docteurs, se soumettent à leurs ordonnances. Lorsque cette désastreuse méthode de traitement a été prescrite avec beaucoup d'assurance et de solennité, le cœur et la bourse du malade s'ouvrent, mais il n'en est pas toujours de môme de ses entrailles , et c'est ainsi que des personnes en parfaite santé demandent, avec instance, qu'on nettoie à fond l'intérieur de leur corps.

Quiconque fera, sur un animal ou sur lui-même, l'expérience, acquerra la conviction que ce n'est pas sans raison que nous proscrivons les purgatifs. Qu'on prenne des purgatifs pendant 8 jours et, si bien qu'on ait été auparavant, on rendra, à la fin de l'expérience, des matières d'un trèsmauvais aspect, surtout si Ton s'est purgé avec du jalap ou du calomel. Et comme cette expérience est toujours suivie du môme résultat, sur les hommes comme sur les animaux, et même sur les individus qui n'ont jamais été malades, elle prouve que toutes les impuretés qu'on rend après l'usage des purgatifs, ont été produites artificiellement par ces drogues elles-mêmes.

On peut souvent reconnaître d'après la nature desselles, les médicaments que le malade a ingérés. Lorsqu'on a pris des purgatifs salins, les matières fécales ont toujours l'odeur des œufs pourris ; si Ton a pris des drastiques, elles sont claires et aqueuses ; si l'on a pris du mercure, elles sont vertes ; si l'on a pris de la magnésie ou de la rhubarbe, elles sont généralement d'une odeur acre, etc. Lorsque le, médecin s'enquiert des causes qui peuvent produire la purgation, il remarque que presque toutes les substances toxiques ont un effet semblable, et, pour cette raison, il peut ranger tous les purgatifs dans la classe des poisons. Pourtant, que de médecins les regardent comme des présents de Dieu, créés uniquement pour purger! On pourrait supposer, avec autant de raison, que le serpenta sonnettes et le tigre ont été créés pour nous détruire.

Quand même on admettrait que ces drogues n'ont d'autre utilité sur la terre que l'usage qu'on en peut faire en médecine, cela ne serait pas une raison pour profiter de ce qu'elles sont très-répandues dans la nature, afin de les administrer à tout propos. Les poisons violents, donnés à petites doses, purgent, provoquent Jes vomissements et troublent l'estomac; les poisons moins dangereux sont appelés purgatifs, parce qu'ils ne tuent pas immédiatement, et sont généralement rejetés par les efforts de l'organisme.

Que les personnes constipées et voulant être soulagées sur le moment, ou éprouvant d'autres souffrances liées à cet état, se contentent des médicaments recommandés cidessous. En même temps, il faut qu'elles observent un régime convenable, qu'elles soient modérées dans l'usage de la viande, et n'en prennent pas plus de deux fois par jour ; qu'elles évitent de prendre beaucoup d'aliments salés, qu'elles mâcbent avec soin et coupent leur viande en très-petits morceaux, si elles ont perdu leurs dents ; qu'elles prennent avec la viande beaucoup de légumes, de fruits et de pain. Elles pourront manger autant de soupe qu'elles en voudront, mais qu'elles s'abstiennent de tbé vert, de liqueurs spiritueuses et de bière ; d'ailleurs elles pourront, à la place faire usage de lait et même de petit-lait; quoique ce dernier breuvage soit généralement dédaigné et donné aux animaux par les campagnards, il est très-salutaire pour les enfants comme pour les adultes.

Les personnes babituellement constipées feront bien de manger toujours des fruits à leur dîner, des fruits mûrs de préférence, de bonnes poires par exemple; elles devront s'abstenir de fromage et avoir l'habitude de boire un verre d'eau avant de se coucber.

Parmi les remèdes domestiques, le seul qu'on puisse recommander, ce sont les lavements, pris de temps en

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temps. On craint généralement, si l'on prend l'habitude de faire usage des lavements, d'arriver à ne plus pouvoir s'en passer, mais il n'y a pas lieu de concevoir de semblables craintes du moment où l'on fait usage en même temps des médicaments que nous allons recommander. Ces lavements devront être d'eau pure, et l'on n'y aura pas recours trop souvent ; il serait d'ailleurs infiniment plus dangereux de s'accoutumer aux purgatifs. Pour les autres précautions à prendre dans l'usage des lavements, voyez l'article Hémorrlioïdes.

Il est vrai que les lavements ne soulagent le malade que momentanément, mais en même temps la cause de la constipation peut être détruite par les médicaments, et la guérison en résulter. Des personnes qui ont souffert longtemps d'une constipation opiniâtre et revenant de loin en loin, peuvent être entièrement guéries par les lavements, si elles ont soin de les prendre le soir avant de se coucher, de les faire consister en la valeur d'une demi-pinte ou une demi-tasse d'eau froide, et-de les garder, si elles le peuvent. Après avoir suivi ce traitement pendant une semaine ou deux, on peut, si en même temps on observe un bon régime, obtenir des selles très-régulières. Si l'on a des hémorrhoïdes, il ne faut pas recourir à ce remède.

Tout liquide autre que l'eau, tout mélange est nuisible ; il n'y a d'exception que pour le lait fraîchement bouilli, qui est quelquefois préférable pour les enfants. [Les personnes très-constipées se trouveront bien, souvent, de lavements composés de lait, avec addition de 60 à 100 gr. de gros miel brut.]

Un exercice corporel assidu, la marche à pied, particulièrement sur un sol montueux, aura aussi de bons effets. Les personnes sujettes à la constipation feront bien d'adopter une heure fixe pour se présenter à la selle ; le moment le plus convenable est le matin, soit avant, soit après le déjeuner.

Les médicaments suivants, s'ils sont bien choisis, faciliteront beaucoup la guérison.

JSux vomica convient parfaitement àla constipation chez les personnes qui mènent une vie sédentaire, ou chez celles qui boivent habituellement des liqueurs spiritueuses , à la constipation survenant après un repas copieux composé de mets variés, après une surcharge d'estomac, ou à celle qui est précédée de diarrhée. Il faut encore donner ce médicament, lorsqu'une diarrhée, ayant, été supprimée, est suivie d'inappétence, bouche mauvaise, enduit muqueux de la langue, langueur d'estomac, oppression et gonflement de l'abdomen, chaleur, points de côté, pesanteur du bas- ventre, douleurs sécantes dans cette région, chaleur surtout à la face, céphalalgie, dégoût pour le travail, sommeil inquiet, respiration oppressée, irritabilité et plaintes fréquentes. — Lorsque la constipation est accompagnée d'humeur taciturne et morose, survient après qu'on a mangé trop de gâteaux, du beurre rance, etc., il faut donner Pulsatilla ; si le malade est irritable et a des frissons, Bryonia. Ce dernier médicament est surtout efficace contre la constipation survenant pendant les chaleurs, et chez les personnes affectées de rhumatisme.

Il faut donner Opium lorsque, avec le besoin d'aller à la selle, on éprouve une sensation comme si l'anus était fermé, de la pesanteur dans l'abdomen, des battements dans la même région, une sensation de poids sur l'estomac, de la sécheresse delà bouche, de la soif et de l'inappétence.

Platina lorsque, après beaucoup d'efforts, on rend une petite quantité de matières fécales ; lorsqu'on sent des démangeaisons à l'anus, un frissonnement général après chaque évacuation, et en même temps : sensation de faiblesse de l'abdomen, contractions, pression de haut en bas, oppression de l'estomac, efforts impuissants pour rendre des gaz. Ce médicament est encore utile contre la constipation pendant ou après un voyage. [Aussi chez les

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femmes, quand la constipation tient à un déplacement de l'utérus.]

Lachesis, contre la constipation opiniâtre avec sensation de poids et de pression sur l'estomac, et efforts impuissants d'éructation, selles dures, peu abondantes, insuffisantes.

Mercurius, contre la constipation avec mauvais goût de la bouche, douleurs dans les gencives, appétit inégal. Si Mercurius ne suffit pas, il faut donner Staphysagria.

Natrum rnuriaticum convient aux cas chroniques, lorsque les médicaments précédents sont restés saus effet, ou lorsque le malade ne sent pas le moindre besoin d'aller à la selle. Ou combat par Sulphur l'envie fréquente d'aller à la selle avec vains efforts pour évacuer.

[Mode d'administration des médicaments. — La Constipation étant, en général, un état chronique, il suffit de donner 2 ou 3 doses parjour.]

§ 9. — Hernies.

Hernies. — On appelle hernie, le déplacement d'une anse intestinale, et son passage à travers une des ouvertures naturelles de l'abdomen. La hernie est dénommée suivant le lieu qu'elle occupe; elle est crurale, quand elle s'est faite à travers l'anneau de ce nom; dans ce cas, elle occupe la partie supérieure delà cuisse; scrotale, quand l'intestin tombe jusque dans les bourses ; ombilicale, si elle s'est formée au travers du nombril.

Quiconque est porteur d'une hernie, doit faire en sorte qu'elle soit toujours bien maintenue par un bandage convenable, lequel varie en raison de l'espèce môme de la hernie (fig. 136 et 137).

Avant d'appliquer celui-ci, il faut faire rentrer l'intestin dans la cavité abdominale, le bandage n'ayant qu'un effet: celui de fermer l'ouverture par laquelle l'intestin était

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