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HERNIES

sorti. Si celui-ci se trouvait comprimé par le bandage, il y aurait danger d'inflammation et de gangrène.

Pour réduire une hernie, il faut faire coucher le malade sur le dos, et placer des oreillers sous ses reins, afin que la hernie soit plus élevée que le reste de l'abdomen, et incliner le corps un peu sur le côté où se trouve la hernie,

Fig. 136. — Bandage herniaire de Leplanquais.

afin de relâcher, autant que possible, les muscles abdominaux de ce côté. Beaucoup de malades peuvent faire cette opération eux-mêmes, mais il vaut mieux en laisser le

Fig. 137. — Bandage herniaire de Leplanquais à dix-sept mouvements progressifs.

soin à une personne étrangère. Le meilleur procédé consiste à appuyer doucement la main gauche sur la partie saillante, comme si on voulait la refouler ; puis on applique, sur le sommet de la tumeur, les doigts de la main droite, et on comprime doucement en suivant la direction du canal dans lequel l'intestin est engagé ; puis on appuie de temps en temps la paume de la main sur la tumeur, et l'on augmente graduellement la pression. Il faut continuer patiemment ces manœuvres pendant une demiheure ou plus, si la hernie est considérable. Quand la hernie ne peut être réduite, on dit qu'elle est étranglée; dans ce cas, il faut commencer par détendre l'intestin avec

C30 MALADIES LOCALISEES.

«les médicaments, Aconilum et Nux vomica sont les plus utiles. [Il faut les répéter souvent, au moins toutes les heures.] Lorsque la hernie est si sensible que le malade ne peut y supporter la moindre pression, il faut donner d'abord un médicament pour calmer cet excès de sensibilité, et souvent alors la hernie rentre d'elle-même. Dans ce cas, il suffit, pour opérer la réduction, de mettre sur la hernie un linge imbibé d'eau chaude. Quelques personnes y placent une vessie pleine d'eau froide ou de glace, mais il ne faut pas la laisser longtemps, et renoncer à ce moyen lorsque les parties environnantes sont rouges et enflammées.

Quant aux médicaments, on les choisit d'après les symptômes suivants : Quand le malade éprouve dans le ventre une douleur semblable à celle que causeraient des charbons ardents, laplus légère pression amenant une douleur insupportable avec nausées, goût amer de la bouche, vomissements bilieux, anxiété, sueur froide, il faut donner Aconit., que l'on peut répéter toutes les heures ou toutes les 2 heures, suivant la gravité du cas. Si ce môdir cament n'amène pas de soulagement, que la hernie soit très-douloureuse et le siège de gargouillements continuels, il faut donner Cepa, surtout si la tumeur est au côté gauche, et Bhus quand elle occupe le côté droit. Sulphur est indiqué par des vomissements acides ou amers.

Lorsque la hernie est moins sensible au toucher, que les vomissements sont moins forts, mais que la respiration est difficile, surtout si les douleurs sont venues après un refroidissement, une fatigue, une colère ou une faute de régime, Nux vomica doit être donnée ; on la répète toutes les heures, pendant G heures, puis, si le mieux n'est pas très-marqué, que le visage devienne rouge, que le ventre se gonfle, qu'il y ait des renvois et des vomissements ayant mauvaise odeur et mauvais goût, il faut recourir à Opium, que l'on répète de quart d'heure en quart d'heure,

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jusqu'à soulagement, et que l'on remplace par Vcratrum [donné de même]. Si les vomissements sont accompagnés d'une sueur froide et de froid de tout le corps, Belladona viendrait après Veratrum. Mais dès que le ventre devient sensible et douloureux au toucher, il faut revenir à Aconit. et Sulphur, donnés comme précédemment. Enfin, lorsque la peau, au niveau de la tumeur, prend une teinte noirâtre, il faut redouter la gangrène et prescrire Lachesis, que l'on répète d'heure en heure, en continuant jusqu'à ce que l'état s'améliore ; Arsenic doit lui succéder, surtout si l'amélioration n'est pas rapide.

Ces médicaments toutefois ne peuvent être et ne sont administrés qu'en attendant le médecin ; car une hernie étranglée est chose grave, souvent mortelle, et ce n'est pas trop d'un homme expérimenté pour la traiter.

Peut-on guérir d'une hernie non étranglée ? Le plus souvent non. Les médicaments ne doivent donc être employés que dans le cas d'une hernie récente. Rhus est alors la substance la plus utile; en même temps, il faut que le malade reste couché, avec un coussin sous les reins pour relever le bassin. Rhus convient surtout quand la hernie s'est formée à la suite d'un effort; Cocculus est utile quand elle est venue pour s'être tenu longtemps debout ; en général , Nux vomica doit être donnée en premier lieu.

[Enfin on a recommandé Nux vomica et Aurum pour les hernies des enfants, les seules que l'on ait chance de guérir.]

[Règle générale, quand on a une hernie, il faut la maintenir avec soin pour l'empêcher de s'étrangler; si cet accident a lieu, on doit donner les médicaments indiqués, de manière à diminuer le volume de l'intestin et à permettre sa réduction; et si l'on ne réussit pas, il est temps de songer à l'opération, laquelle est toujours dangereuse. Mais il faut considérer une hernie non étranglée comme une

infirmité et doii comme une maladie, et ne pas demander à des médicaments ce qu'ils ne peuvent faire.]

àiit. X. — Maladies du foie.

Jaunisse. — [C'est la seule affection qui puisse être quelquefois traitée sans médecin.]

Elle ne se présente pas toujours avec les mêmes caractères; tantôt elle est légère et n'offre aucun danger, tantôt elle s'accompagne de fièvre et peut devenir grave ; un médecin peut seul apprécier l'importance de cette maladie. Il arrive très-souvent que la teinte ictérique du visage tient à ce qu'on a pris trop de Mercure, de Quinine ou de Rhubarbe ; il faut prescrire alors les antidotes de ces médicaments. D'autres fois la jaunisse vient après un accès de colère, et il faut la combattre avec Chamomilla ; mais s'il arrive que le malade soit tellement irritable que la moindre circonstance le mette hors de lui et cause un semblable accident, il faut choisir un médicament qui réponde aux symptômes qui accompagnent l'ictère; Sulphur et Lachesis seront alors souvent indiqués.

La jaunisse accompagnée de fièvre, d'agitation et d'anxiété sera combattue avec Aconit; quand il y aura fièvre, irritabilité et constipation, il faudra donner Nux vomica, et Bryonia dans le cas de douleurs lancinantes et pressives à la région du cœur et sous les côtes droites. S'il survient une diarrhée blanche, due à ce qu'on aura mangé des fruits verts, Rhcum sera utile, et quand la maladie viendra en automne et après avoir mangé des œufs, Acidum sulphuricum sera un médicament essentiel. Enfin, l'ictère chronique avec enflure des pieds cédera souvent à Lycopodium et à Sepia, quand le malade aura la langue couverte d'un enduit épais, une fièvre lente et aucun appétit.

La jaunisse vient assez souvent chez les petits enfants

(ictère des nouveau-nés), on la guérit alors avec Mercurius solubilis, médicament qui convient également bien aux adultes, quand ils n'ont pas fait abus de ce métal pour une autre affection. Dans ce cas, on donne d'abord China, puis Mercurius; quand la guérison n'est pas complète, on donne ensuite Hepar Sulphuris pour revenir après au Mercure; Sulphur, Lachesis et Ipéca sont souvent très-utiles. Il faut donner tous ces médicaments à doses répétées, toutes les 3 ou 4 beures par exemple.

Art. XI. — Maladies des voies urinatres. § 4er. — Troubles dans l'émission des urines.

Émission trop abondante et trop fréquente. — Il

faut en tenir grand compte, parce qu'elle indique ou de la faiblesse, ou le début d'une maladie grave.

Chez les enfants, Rhus l'arrête en général; mais il faut recourir à Belladona quand il y a en même temps une soif vive. Silicea est utile si ce symptôme revient souvent et que l'enfant ait des sueurs à la tête. Hepar vient très-bien après Silicea, lorsque les accidents reparaissent après avoir été momentanément calmés.

Les personnes qui ont des urines abondantes et qui sentent leurs forces faiblir, feront bien de les faire bouillir de temps à autre; si alors les urines se troublent, c'est qu'elles contiennent de l'albumine, et l'intervention du médecin devient nécessaire. Le médicament qu'il faut prendre d'abord est Ferrum [qu'on doit continuer pendant une ou deux semaines, à raison de deux doses par jour]; il réussit même lorsque les jambes enflent. Mais si les urines étaient laiteuses, Acidum phosphoricum [donné comme Ferrum] serait préférable.

Émission inTolontaire des urines. — Elle a lieu souvent cbez les enfants pendant leurs jeux, surtout pendant

leur sommeil. Je dirai plus loin ce qu'il faut faire alors (1). Mais cet accideut arrive même plus tard et se retrouve quelquefois chez les adultes, surtout chez les femmes. Dans ce cas, il est accompagné d'autres symptômes qui sont déterminants pour le choix des médicaments. Si la toux cause cette émission, Causticum, Antimon. crud., Bryonia, Pulsatilla, Spongia, Staphysagria, Veratrum, doivent être consultés; Pulsatilla sera préférable, si cette émission a lieu en même temps que celle d'un vent. Enfin, l'émission involontaire le jour est arrêtée par Ferrum, et celle qui a lieu dans le premier sommeil, par Sepia. [Mode d'administration des maladies chroniques.]

§ 2. — Difficulté à uriner, douleurs en urinant.

Cette infirmité est généralement la conséquence d'une autre affection, soit d'une maladie vénérienne, soit d'une maladie chronique des reins ou de la vessie. Dans ce dernier cas, il faut consulter un médecin homœopathe, et, si cela est impossible, recourir à l'un des médicaments indiqués ci-dessous. Ceux-ci pourront ou arrêter la maladie, ou Fempêcher de s'aggraver.

Tl est étrange de voir combien de personnes s'inquiètent du nombre de leurs évacuations alvines dans une journée el prennent à peine garde au nombre de fois qu'elles urinent. Il est pourtant dix fois plus dangereux de rester un seul jour sans uriner que de passer 8 jours sans aller à la garde-robe. Aucune considération ne doit nous empêcher de satisfaire le besoin d'uriner; car beaucoup de personnes sont mortes dans des souffrances atroces pour avoir retenu trop longtemps leurs urines. Ceci doit s'observer surtout pendant les voyages en voiture ou en chemin

(1) Voir Maladies des enfants, pisse ment au lit.

DIFFICULTE A UIIINER. 63 5

de fer. On ne comprend pas en effet que des personnes de bon sens courent volontairement un si grand risque par un excès de modestie ou de timidité, et s'exposent ainsi à un . véritable danger ou à une mort précédée de vives douleurs.

Le premier précepte consiste donc à uriner à temps; le second, à choisir un endroit convenable, surtout à éviter d'uriner en étant placé dans un courant d'air; le troisième, à mettre le temps nécessaire pour vider complètement la vessie, trop de précipitation pouvant amener plus tard des maladies rebelles ; le quatrième, à boire souvent de l'eau, surtout si les urines paraissent être peu abondantes. Ce sont surtout les jeunes enfants qu'il ne faut pas laisser souffrir de la soif.

. Les personnes qui verront leurs urines diminuer de jour en jour, devront craindre de voir apparaître une maladie grave; elles. feront bien alors de prendre chaque jour un bain de pieds chaud et de boire beaucoup d'eau, mais elles devront se garder de prendre des. diurétiques. Si l'on a constamment envie d'uriner, avec douleurs de brûlure en urinant, il faut appliquer sur le bas-venlre des compresses trempées dans l'eau chaude, boire des tisanes mucilagineuses, surtout de l'eau de gruau, et éviter les aliments salés, vinaigrés ou échauffants.

Aconitum est efficace, surtout chez les enfants et les femmes, contre l'envie constante et douloureuse d'uriner, avec écoulement de quelques gouttes d'urine qui arrivent seulement en comprimant le ventre et au milieu des cris du malade, urine d'un rouge foncé, trouble, ou suppression complète des urines.

Il faut donner Pulsatilla dans les cas de douleurs pressives et sécantes, de chaleur dans la région de la vessie, et aussi quand il y a peu de douleur, mais que le malade fait beaucoup d'efforts involontaires et inutiles.

Apis, si les symptômes apparaissent après la suppres-

sion partielle ou totale d'une éruption, ou si l'on éprouve des sensations debrûlure, d'élancement ou de démangeaison sur différentes parties du corps ; si toute l'étendue du ventre est douloureuse au moindre attouchement ; si le malade a des frissons à chaque mouvement, surtout la nuit; s'il a de la chaleur sans soif et bâille sans pouvoir dormir.

Cepa) lorsqu'on a souvent un besoin pressant d'uriner, que l'urine s'échappe par jets intermittents ou goutte à goutte, est brûlante et d'un rouge éclatant; chez les enfants qui urinent en criant et en pressant sur le ventre ; lorsque la maladie est venue après un refroidissement ou après qu'on a eu les pieds mouillés, ou bien après qu'on a eu le ventre exposé à l'air froid ou à un courant d'air.

Il arrive souvent, surtout chez les enfants, que la rétention d'urine vient à la suite d'une chute, ou d'un coup -reçu dans le dos ou au niveau de la vessie; il faut toujours alors commencer par Arnica [que l'on répète toutes les 3 ou 4 heures, en le continuant pendant 24 à 36 heures] et auquel Aconit doit succéder. Mgidi assure que V Arnica, répété de 5 en 5 minutes, peut faire cesser une rétention d'urine, môme quand elle ne tient pas à une violence extérieure.

Néphrite. — Il peut arriver que le malade présente lessymptômes suivants : besoins fréquents d'uriner avec émission peu abondante, suivie de douleurs; urine d'un rouge foncé, sensation lancinante et pressive dans le dos, dans les dernières côtes, plus forte d'un côté que de l'autre, le malade ne pouvant se coucher sur ce côté douloureux; douleurs dans la vessie, fièvre avec soif ardente; chez les hommes, rétraction du testicule du côté malade et engourdissement de la cuisse. [Il faut songer, dans ce cas, à une inflammation des reins.] On débute par Aconit [que l'on donne pendant 24 heures à raison d'une dose toutes les 3 heures] ; puis on ^passe à Pulsatilla [administrée de

NEPHRITE. 6 3'

même], et on termine par Sulphur [donné à raison de 3 doses par jour].

L'inflammation de la vessie et les douleurs en urinant sont parfois le résultat de l'application d'un vésicatoire ou de l'administration des cantharides à l'intérieur, Camphora teinture-mère est alors le remède spéciGque. On en donne quelques gouttes sur un morceau de sucre, répétant cette dose toutes les 4 heures; on peut aussi se borner à Volfaction répétée toutes les 2 heures. Ce médicament suffît souvent, même quand la maladie tient à l'administration d'un autre poison que les cantharides.

Dans d'autres circonstances, surtout si la maladie dépend de la suppression des hémorrhoïdes, il faut prescrire Aconit [que l'on continue pendant 24 à 36 heures], puis Nux vomicay surtout quand il y a tension d'un des côtés du ventre entre le rebord des fausses côtes et la hanche. Chez les femmes, lorsqu'il y a diminution ou suppression des règles, Pulsatilla est préférable [on donne 3 à 4 doses par jour, en continuant pendant 5 à 8 jours]. Belladona vient ensuite, quand il y a des élancements qui s'étendent du dos à la vessie, viennent par crises et s'accompagnent, quand ils sont très-aigus, d'anxiété, d'agitation et de douleurs analogues à des coliques. Lorsque ce médicament soulage seulement d'une façon passagère, il faut prescrire Hepar après Belladona.

Lorsque le besoin d'uriner est continuel et violent, mais que le jet d'urine est très-mince, les efforts que fait le malade lui amènent des sueurs abondantes ; Mercurius est indiqué, surtout si l'urine est d'un rouge foncé, répand une mauvaise odeur et se trouble aisément. On peut alterner Hepar avec ce médicament si l'urine est acre, et si l'émission est suivie d'un léger écoulement de sang. On prend Colocynthis quand l'urine est muqueuse ou bilieuse et que les douleurs sont intolérables.

Aconit est encore utile, si le besoin d'uriner est violent

Héring. — Méd. boni. 3 6

fi 3 8 MALADIES LOCALISEES.

et continuel et suivi de douleurs à la vessie, la région vésicale étant tendue et très-sensible au toucher, et aussi quand la douleur devient très-aiguë du moment où les urines commencent à couler, l'urine étant elle-même d'un rouge de sang ou contenant de petits caill ots.Ce médicament réussit alors môme que ce cortège de symptômes tient à un empoisonnement dont le camphre n'a pu triompher. Après Aconit convient souvent Nux vomica ou Pulsatilla, môme Apis ou Hyoscyamus.

Rétention complète d'urine. — Elle a lieu parfois chez les petits enfants auxquels la mère a donné à téter aussitôt après avoir ressenti une forte colère ou une vive frayeur ; dans ce cas, il y aune constipation, que les lavements ne font pas cesser, et un gonflement considérable du ventre. Opium réussit dans les cas les plus graves; mais il faut en répéter les doses tous les quarts d'heure ou toutes les demi-heures.

Le Camphre fait cesser la rétention incomplète d'urine, quand celle-ci s'écoule lentement par un jet très-mince, causant de la brûlure dans le canal de l'urèthre avec un sentiment de chaleur dansla vessie. Ilfaut seulement avoir le soin de n'employer que de faibles doses de ce médicament, Vol faction sufOt le plus souvent.

La rétention arrive aussi après la suppression brusque des hémorrhoïdes ou quand ces tumeurs ont été enlevées par une opération, ctqu'il survient des douleurs pruriteuses, douleurs très difficiles à guérir. L'urine coule alors goutte à goutte, causant une sensation de brûlure très-pénible. Parfois un peu de sang est expulsé, ce qui soulage presque toujours. Les lavements d'eau chaude sont trèsutiles en pareil cas. Aconit, Mercurius, surtout Sulphur, diminuent la douleur; si ces dernières sont très-violentes, Apis est utile. Il faut songer à Nux vomica, quand il a été fait auparavant abus de liqueurs spiritueuses. Si la maladie est le fait d'un refroidissement, Dulcamara est préférable ; Cepa peut être utile après. Calcarea est très-effi-

PTSSEMENT DE SANG. 639

cace, surtout après Sulphur, quand, de temps à autre, l'urine renferme des masses de mucus.

Enfin, il faut songer à Carbo vegetabilis et à Arsenicum, du moment où la douleur de brûlure reparaît après avoir été calmée par les médicaments précédents.

Coliques néphrétiques. — Si la douleur des reins et de la vessie tient à la présence de petits graviers et qu'elle cesse avec l'expulsion de ces derniers, il faut donner d'abord JSux vomica [une dose toutes les 3 heures], puis Belladona [de môme], et plus tard Lycopodium [une dose toutes les 4 ou 6 heures seulement]. La crise passée, il faut consulter un médecin, la difficulté étant d'en empêcher le retour.

§ 3. — Pissement de sang (hématurie).

C'est un symptôme qui se lie à plusieurs maladies de la vessie, et qui cède aux médicaments convenables pour ces dernières. Est-il produit par une violence extérieure, Arnica est utile ; Nux vomica vaut mieux quand il est le résultat d'abus de boissons spiritueuses, et China quand il y' a eu des excès de toute nature. S'il y a écoulement du sang au milieu de pollutions nocturnes, Mercurius est le médicament essentiel. Il faut le faire suivre d'Hepar quand les accidents se reproduisent; Nux vomica convient en pareil cas chezles vieillards. Lepisscment de sang chez les femmes est souvent arrêté par Pulsatilla. Carbo vegetabilis est indiqué quand le sang est mêlé à Purine. S'il y a douleur de brûlure à l'extrémité du canal de l'urèthre, rétraction des testicules et de la verge, douleurs crampoïdes sous les cuisses, les genoux et les aines, contractions dans les reins et au nombril, Pulsatilla sera le remède essentiel. [Tous ces médicaments doivent être répétés à de courts intervalles, toutes les 4 ou 6 heures, et continués pendant 48 heures, au moins, cbacun.]

0 40 MALADIES LOCALISEES.

§ 4. — Écoulement par le canal de l'urèthre.

Ils dépendent de causes variées, sont d'une guérisou parfois difficile et ne peuvent être traités que par un médecin (1). Le docteur Héring donne les indications suivantes : Aconit pour calmer les douleurs qui accompagnent l'écoulement au début, puis Mercurius, que l'on continue pendant 5 à 6 jours, à raison d'une dose le malin et une le soir; enfin Sulphur, donné comme Mercurius.

Si la douleur est vive et brûlante, l'écoulement purulent et verdatre, il faut encore donner Mercurius; si l'écoulement est blanc et laiteux, Capsicum, surtout si l'urine cause une douleur de brûlure, et qu'il y ait, en dehors de l'émission, des douleurs lancinantes et sécantes ; Pulsatilla, quand cette douleur est tiraillante, pressive, constrictive, plus vive pendant l'écoulement des urines. Nvx vomica est utile dans les écoulements chroniques, et Ferrum quand la matière ressemble à du lait.

§ 5. — Inflammation du testicule.

Si elle est le résultat d'un coup ou d'une chute, on donne Aconit suivi [au bout de 12 heures] d'Arnica; quand elle survient après la suppression d'un écoulement de l'urèthre, c'est Pulsatilla, qu'il faut donner, aussi quand elle est l'effet de la rétrocession des oreillons (2). Si la douleur est pressive et conluSive, liée à de violents élancements qui se font sentir dans le ventre, Spongia est utile ; si elle est surtout pressive, lancinante et brûlante, il faut songer à Staphysagria. Sulphur est indiqué quand il a été fait abus de Mercure.

(!) Voyez Léon Simon fils, Des maladies vénériennes, deuxième partie. Paris, 1860, p. 617 et suivantes. (2) Voyez Oreillons.

§ 6. — Inflammation du prépuce.

Elle cède chez les enfants à des lotions faites avec de l'eau arniquée, car elle est presque toujours alors le fait de frottement. Quand elle est le résultat delà malpropreté, il faut imposer les soins de toilette convenables et donner Mercurius. S'il y a suppuration du prépuce, Mercurius est le médicament essentiel. Capsicum doit être donné ensuite, et Hepar en dernier lieu. S'il reste quelques points indurés, Lachesïs sera très-utile.

Art. XII. — Maladies des femmes (1).

§ 1er. — Règles.

Tantôt elles paraissent pour la première fois plus tard qu'elles ne l'auraient dû, tantôt elles sont accompagnées de vives douleurs, de spasmes ou d'autres accidents ; enfin, leur cessation est souvent l'occasion du développement de maladies dangereuses. Souvent, il est vrai, ces maladies existaient avant que l'époque critique commençât ; dans ce cas, il eût été utile de tout faire pour les guérir à temps. Elles peuvent aussi naître à la suite de quelque faute d'hygiène, pour avoir été, parexemple, trop légèrement vêtue, ce qui est souvent très-funeste aux femmes. Et celles-ci, qui mettent parfois tant de luxe dans leur toilette, devraient chercher avant tout à faire que leurs vêtements les défendent suffisamment contre le froid .

Les femmes sont exposées aussi à des maladies nombreuses, qui ne dépendent pas seulement d'infractkns

(1) Consultez Jahr, Du traitement homœopathique des maladies des femmes. Paris, 1856, in-12.

G42 MALADIES LOCALISEES.

aux règles de l'hygiène, et qui ne peuvent guérir sans médicaments.

Apparition tardiye des règles. — Lorsque les règles

ne s'établissent pas à l'âge ordinaire, retardent, ou sont trop peu abondantes, il faut toujours se garder de ces mille remèdes domestiques que les bonnes femmes recommandent en pareil cas, et avec lesquels une jeune fille peut altérer sa santé pour toujours. Il sera nécessaire alors de faire usage des substances dont je vais parler, et si elles ne suffisent pas, il faut appeler un médecin.

Le premier médicament auquel il faille songer, est Pulsatilla, 18e, 6 globules pour 8 cuillerées d'eau, 2 cuillerées par jour pendant une semaine. Sulphur, 30e, vient ensuite ; il faut l'administrer comme Pulsatilla et pendant le môme temps.

Absence el cessation des règles. — LorsquelesrÔgleS

manquent, ou quand, après avoir duré pendant 2 ou 3 jours, elles cessent tout à coup pendant un jour, pour reparaître ensuite, qu'il existe une vive douleur au côté droit du ventre, entre la hanche et le nombril, cette partie étant très-sensible au toucher, surtout si cette douleur est violente, crampoïde, pressivevers le bas, le sang étant peu abondant, foncé, semblable à des glaires sanguinolentes, surtout quand la jeune fille est triste etpleure sans que rien puisse l'en empêcher, il faut donner Pulsatilla 12e, une goutte pour 8 cuillerées d'eau, 2 cuillerées par jour. Chlorose. — Il y a des jeunes filles chez lesquelles la suppression des règles est accompagnée des symptômes suivants : visage pâle, cercles bleus autour des yeux, peau pâle et froide, grande facilité à se refroidir, répugnance, le soir, à s'aller coucher et impossibilité de se lever le matin, grande faiblesse, douleurs de tête variées, rougeur fugitive des joues, battements de cœur et respiration courte au moindre travail manuel et en montant les escaliers, manque d'appétit ou appétit capricieux, surtout dégoût

des alimentsordinaires, douleurs fréquentes à l'estomac ; ces jeunes filles ont les pâles couleurs, la chlorose. Ferrum leur convient parfaitement si elles ont un caractère indifférent ou si elles crient ou s'emportent pour la moindre cause; Pulsatilla^ quand il s'agit de jeunes filles d'un caractère calme et pleurant au moindre motif; lorsqu'elles se plaignent d'un sentiment de constriction interne et générale, il faut donner Sulphur. Cocculus convient quand il y a prédominance des symptômes nerveux, le sang des règles étant noir et peu abondant ; enfin Veralrum convient quand il existe d'autres symptômes, et en particulier, le froid des pieds et des mains. Nux moschaia est indiquée par les symptômes suivants : règles irrégulières, le sang étant peu abondant et noir, caractère moral changeant.

Si les règles se suppriment et qu'elles soient remplacées par des sa-ignements du nez, il faut donner Bryonia, puis Lachesis ; le premier pendant 6 jours, le second pendant une semaine ; mais quand la suppression est suivie de toux, c'est k'Phosphorus qu'il faut recourir.

Règles supprimées à la suite d'une frayeur, d'une

colère — Elles doivent être traitées avec les médicaments qui ont été indiqués plus haut (v. p. i09); et quand elles sont remplacées par des crampes siégeant profondément dans le bas-ventre, avec pression sur le siège et tiraillements dans les cuisses, Nvx moschaia doit être administrée ; tandis qu'il faut prescrire Cocculus quand il y a sentiment de poids sur la poitrine, oppression, soupirs fréquents, et faiblesse telle que la malade peut à peine parler. Enfin, si le spasme s'étend aux parties supérieures, amenant des vomissements et des crampes dans les membres, avec cris involontaires, iJ faut songer à Çuprum.

Règles supprimées par un refroidissement* — Elles

reviennent sous l'influence d'un médicament répondant à cette cause, surtout à Chamomilla; s'il y a eu fatigue et

refroidissement, surtout si les pieds ont été mouillés, il faut prescrire Nux moschata.

Spasmes. — Les spasmes qui existent pendant les règles, siègent souvent d'une manière exclusive dans le bas-ventre; le tremblement des membres, la contraction anxieuse, les cris, les sueurs froides, la malade ne pouvant se soutenir et tombant à terre, réclament Coffeaou Secale. Pulsatilla convient aux femmes qui ont pris beaucoup de café, sont très-frileuses, pleurent à chaque instant, et sesentent beaucoup plus souffrantes le soir : Cocculus, Nux moschata, Cuprum, leur conviennent souvent. Les nausées accompagnées d'évanouissement, un sentiment de froid général avec pâleur du visage, déviation des yeux et grande sensibilité à la lumière et aux odeurs ; ou la chaleur générale du corps, le gonflement et la dureté du basventre, les douleurs pressives, comme celles que causent les vents, les douleurs tiraillantes indiquent Ignatia. Enfin, les douleurs extrêmement violentes accompagnées d'un froid général, plus marqué au visage, aux mains et aux pieds que partout ailleurs, cèdent à Veratrum ; tandis que Chamomilla convient si la sueur est chaude, et que le visage soit plaqué de rouge. (Gomp. avec l'article suivant.)

Coliques pendant les règles. — Elles sont calmées

par Chamomilla, lorsque la douleur est très-aiguë, composée d'une pression vers les reins et le bas-ventre, comme s'il y avait des vents accumulés. Veratrum arrête des douleurs semblables, mais accompagnées de froid des mains et des pieds; Pulsatilla répond aune douleur de pression violente comme celle que causerait une pierre agissant profondément sur les reins, tiraillements dans les cuisses et engourdissement des membres inférieurs dès qu'on reste assis, et aussi quand la pression se fait sentir vers le rectum, causant un besoin continuel d'aller à la selle, et des douleurs de rems. Belladona convient à peu près dans les mêmes circonstances que Pulsatilla; mais

quand la pression est plus forte et que tous les organes contenus dans le bas-ventre semblent être près de tomber ; JSux vomicaesl préférable quand la douleur parcourt tout le bas-ventre, et se trouve accompagnée de nausées, d'une douleur fouillante et distensive, d'élancements et de crampes dans les aines, au niveau du pubis et dans les parties génitales externes, lesquelles semblent brisées, et s'il y a des douleurs pressives et des tiraillements reparaissant par accès, spasmes à la vessie et sensation de ballonnement du ventre, qui semble sur le point d'éclater. Coffea répond à cette même douleur de distension extrême avec plénitude, frissons, crampes violentes qui remontent jusque dans la poitrine, sensation de distorsion des intestins, la malade se repliant sur elle-même, agitant les jambes et les bras, et les remuant sans cesse, pour tâcber de se soulager, grinçant des "dents, poussant des cris effrayants, devenant peu à peu froide, jusqu'au moment où les membres se roidissent et où la respiration devient baletante et paraît devoir s'arrêter à cbaque instant.

Règles trop hâtives. — Quand les règles avancent sous l'influence d'une impression morale, il faut donner les médicaments qui ont été indiqués à propos de ces causes de maladies (voyez p. d09), il en est de même quand elles avancent après une fatigue ou de violents efforts (v. p. 260); quand elles avancent sans cause connue, il faut prescrire Ipéca.

Règles trop abondantes. — Quand les règles reviennent avant le 28e jour, durent4 jours, s'arrêtent et reviennent ensuite, il faut donner Nux vomica, et défendre Tusage du café, du vin, du cidre, des liqueurs, surtout des aliments poivrés et des boissons excitantes, cela pendant plusieurs mois. S'il existe en même temps des douleurs tiraillantes, corripiantes vers les reins avant et après l'apparition du sang, que la malade se plaigne de soif, de froid des membres, de syncope, le sang étant foncé et en

C4C MALADIES LOCALISEES.

caillots, Chamomilla doit être préférée. Puis, si à l'époque suivante, les règles durent encore trop longtemps, ou si elles reviennent trop tôt avec des douleurs tiraillantes et crampoïdes qui passent comme des éclairs, il faut donner Ignctia le 4° jour de l'époque, la répéter le 8e, et, à l'époque suivante, la donner le 3e jour. On peut répéter les doses toutes les G ou toutes les 42 heures.

S'il arrive que ces différents médicaments ne produisent qu'un soulagement momentané, c'est qu'il a été commis quelque faute de régime ou qu'il existe quelque altération de la matrice. On peut donner alors Sulphur 3 ou 4 jouis après que l'époque a cessé, et Je répéter 8 jours avant l'époque suivante : celle-ci reste-t-elle aussi abondante, on a recours à Calcarea. Enfin, quand les règles sont très-faibles et accompagnées d'une sensation de constriction du ventre qui parait serré par un lien, Platina est très-utile.

§ 2. — Maladies des femmes pendant la grossesse et après l'accouchement.

Écoulement de sang- pendant la grossesse ou à la snite

de l'accouchement. — Les médicaments dont je viens de parler réussissent souvent aussi dans les bémorrhagies, et cela très-rapidement, alors que les moyens allopathiques nuisent : l'application de la glace cause des inflammations, les frictions avec l'éther des accidents nerveux, l'alun amène l'induration des tissus et la créosote les altère ; le tamponnement lui-même donne lieu à des illusions funestes, car il n'empêche pas le sang de s'épancher, mais seulement de s'écouler au dehors [au moins ce moyen doit-il être prescrit et surveillé par le médecin]. Je conseillerai donc de s'en abstenir, et lorsqu'il surviendra, à la suite d'une couche et en l'absence de l'accoucheur, une de ces bémorrhagies foudroyantes

qui peuvent causer rapidement la mort, il faudra recourir à l'ergot de seigle (Secale cornutum), dont il faudra faire prendre 3 centigrammes tous les quarts d'heure, jusqu'à diminution de l'écoulement sanguin. Il sera donc bien d'avoir ce médicament chez soi, à l'avance, pas trop cependant, car il perd de ses vertus en vieillissant et il faut qu'il ne soit pas préparé depuis trop longtemps. Le plus souvent la troisième trituration de ce médicament sera suffisante ; il faudra le donner à dose élevée, 2 ou 3 centigrammes à la fois, et répéter la dose tous les quarts d'heure. Dans bien des cas aussi où la perte arrive tout à coup, lpeca, 3e dilution, sera très-efficace ; il faudra le donner comme Secale.

Il est indispensable, en même temps, que la femme se tienne dans un repos absolu, physique et moral, et que le calme le plus complet règne dans sa chambre. Dans les cas graves, on peut exercer une compression sur les cuisr ses avec un bandage convenable et aussi sur les bras. On donne, comme boisson, de l'eau froide, et si la syncope est menaçante et que le visage pâlisse, on fait boire un peu de vin. On peut en même temps frotter le front et les tempes avec du vinaigre, mais sans inonder la malade avec ce liquide, comme on le fait si souvent.

Quant aux pertes qui surviennent chez les femmes âgées et en dehors de toute grossesse, il faut confier au médecin le soin de les traiter, car elles dépendent souvent de maladies graves. Un régime lacté peut être utile en pareil cas.

Parfois les femmes enceintes éprouvent une sensation de pression sur le bas-ventre comme si les règles allaient venir ; puis il survient des douleurs en urinant ou du mal de tête, ou bien encore le sang se porte vers la poitrine ou à la peau, laquelle devient le siège d'une éruption brûlante et lancinante. Il arrive souvent aussi qu'une douleur de courbature pénètre au niveau des dernières côtes

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et que le ventre devienne sensible en même temps; il peut arriver encore que la malade éprouvé dérives douleurs de reins, qui augmentent par le mouvement. Dans ce cas, on peut éviter que l'écoulement sanguin ne s'établisse en donnant Apis, médicament qui l'arrête souvent, s'il a déjà paru. Apis convient surtout aux femmes qui ont un caractère versatile, ne s'arrêtent à rien, sont ordinairement gaies, mais aussi violentes et jalouses.

[Il est bien aussi, en pareil cas, de soutenir le bas-ventre avec une ceinture. La ceinture dite hypogastrique peut être alors utile (fig. 138).]

Fig. 138. — Ceinture hypogastrique de Leplanquais.

La teinture de cannelle peut être utile quand la perte arrive après avoir soulevé quelque cbose de pesant, pour avoir fait un effort violent, les bras étant tendus, et à la suite d'un faux pas. On mêle une goutte de cette teinture à un verre d'eau, et on fait prendre une cuillerée de ce mélange toutes les 3 ou 4 beures. On s'est quelquefois bien trouvé de mâcher un morceau de cannelle. [?] Quand ce médicament écboue, on le remplace par Arnica.

Quand l'écoulement sanguin est abondant et de longue durée, surtout cbez les femmes enceintes, puis continu avec trancbées autour du nombril, pression sur le basventre et sur le rectum, frissons, froid du corps avec chaleur à la tête, caractère acariâtre et grande tendance à rester couchée, il faut donner Ipéca, et, aussitôt après, Arnica. Si les douleurs ressemblent à celles que causent les vents,

ou que le médicament précédent n'amène pas d'amélioration, il faut le remplacer par Chamomilla, et revenir ensuite aux médicaments qui conviennent aux règles trop abondantes.

Ipéca est encore la meilleure substance dans le cas d'hémorrkagie à la suite de couches.

Quand la perte se compose d'un sang rouge, foncé, trèsabondant, avec violentes douleurs dans les reins et la tête, les tempes surtout, comme si la tête allait éclater, Bryonia est très-utile ; Crocus ne l'est pas moins, si le sang est épais et glaireux.

Le sang est-il épais, noir, foncé, augmentant peu à peu, avec pression sur le rectum, tiraillements dans les cuisses, somnolence quand on reste couchée tranquille, urines brûlantes pendant l'émission, il faut prescrire Nux moschata, laquelle convient encore aux femmes qui ont un caractère changeant, dont les règles ne sont jamais exactes et ne l'ont jamais été, et qui ne peuvent supporter ni l'air frais, ni aucun travail forcé, mais se plaignent de souffrir habituellement de l'estomac. China est utile dans les cas les plus graves, lorsque la malade éprouve des vertiges, de la pesanteur à la tête, qu'elle est sur le point de perdre connaissance, se sent faible, au moment de tomber en syncope, les extrémités étant froides et le visage pâle, surtout quand elle éprouve un grand besoin de dormir ; la contraction spasmodique des muscles de la bouche,, la déviation des yeux, une coloration bleuâtre des mains et du visage, des secousses parcourant tout le corps indiquent aussi l'emploi de ce médicament. Dans ce cas, il faut frotter légèrement le bas-ventre, y appliquer des linges trempés dans l'eau froide et faire boire quelques gouttes de vin. Ce médicament est également utile quand le sang coule par saccades, chaque flot étant accompagné de crampes et de douleurs de matrice, s'étendant vers le rectum; chaque crise de douleur étant suivie d'une

Héring. — Méil. hom. 37

G5 0 MALADIES LOCALISEES.

augmentation de la perte. Il y a souvent aussi, en pareil cas, des tranchées avec fréquents besoins d'uriner, tension et sensibilité du bas-ventre. China convient encore quand il reste^ des douleurs à la suite d'une perte prolongée.

Byoscyamus s'adapte aux hémorrbagies accompagnées de douleurs semblables à celles de l'enfantement, tiraillements clans les lombes et les cuisses, chaleur croissante, pouls faible ou plein, gonflement des veines des mains et de la tête, grande agitation, surexcitabilité, tremblement de tout le corps, ou engourdissement des membres, perte des sens, obscurcissement de la vue, hallucinations, soubresauts des tendons ou de tous les membres, mouvements involontaires alternant avec raideur des articulations.

Belladona. — Écoulement d'un sang rouge, ni trop clair ni trop foncé, pression sur les parties génitales comme si tous les organes allaient tomber, violentes douleurs- dans les reins, qui paraissent devoir se briser, et aussi quand il y a menace de fausse couche.

Plaiina. — Perte après une forte impression morale, le sang étant noir, épais, en caillots, la douleur de reins tiraillante et s'étendant vers les aines, el àla suite, cette douleur devenant une pression sur les parties génitales,, lesquelles deviennent sensibles.

Ferrum. — Sang tantôt noir et en caillots, tantôt clair et liquide, avec douleurs semblables à celles que causent les vents et rougeur du visage ; convient surtout après China. Mais si le sang est noir et en caillots et que les médicaments précédents restent sans effet, il faut donner Crocus, 3e dilution.

Les femmes enceintes sont soumises à beaucoup d'autres souffrances qu'on a souvent rapportées à un excès de sang et contre lesquelles on a prescrit la saignée ; mais depuis Hahnemann, on a renoncé à ce moyen. Du moment, en effet, où une femme consent à se traiter avec Fhomœopa-

tbie dès le début de sa grossesse, elle évite en grande partie les malaises qui accompagnent cet état, et peut se mettre à l'abri des souffrances si fréquentes dans les derniers mois. Il faut seulement que le médecin cboisisse ses médicaments avec soin, en tenant compte de tous les symptômes que la malade peut présenter, et en faisant son cboix d'après cet ensemble même. En suivant cette méthode, l'enfant arrive sain et sauf, et la mère évite les dangers qui suivent raccoucbement.

Parmi les souffrances auxquelles on est appelé à remédier en pareille circonstance, je signalerai d'abord les suivantes :

Maux de cœur et Yomissenicnts. — Il fautopposerà ces

souffrances les médicaments ordinaires : Ipéca, Nux vomica ou Pulsatilla, qui sont les plus fréquemment indiqués, Aconit, Lachesis, Veratrum dans les cas graves ; ou encore Nux moschata, Arsenicum ou Natrum muriaticum. [Sepia est souvent aussi très-utile pour arrêter les vomissements des femmes enceintes.]

Faus§es faims. — Onles arrête avec Nux vomica, Rhus, Arsenic, Natrum muriat. et Sepia.

Douleurs «le Yentre. — Il faut les combattre, selon le caractère qu'elles présentent, avec Chamomilla, Pulsatilla, Nux vomica, Belladona, Bryonia, Hyoscyamus, Veratrum, Arnica, et souvent aussi avec Lachesis ou Sepia.

Diarrhée. — Elle cède à Dulcamara, Nux moschata, Rheum, Pulsatilla, Antimon. crud., ou Lycopodium.

Douleurs en urinant. — On les arrête avec Pulsatilla, Nux vomica, Cocculus, Acidum phosphoricum, Sulphur.

Impossibilité de retenir ses urines. — RJlUS et Ati-

dum phosphoricum en triompbeDt facilement.

Afflux du sang Tcrs la tête, battements de cœur et

Syncopes. — Ces symptômes doivent être traités avec les

médicaments indiqués à propos de chacun de ces groupes.

Mal de tête. — Il faut souvent choisir entre Aconit,

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Belladona, Bryonia, Calcarea, Cocculus, Nux vomica, Platina, Pulsafilla, Sepia,Sulphur, Veratrum, après lesquels on est souvent obligé de donner Glonoin.

Maux de dents. — H faut leur opposer les médicaments indiqués p. 52w2, et souvent Apù, Calcarea, Nux moschata.

Convulsions. — Il faut les traiter avec les substances signalées p. 684, et surtout avec Bdladona,Hyoscyamvs, ou PlcUina, Chamomilla, Veratrum, Ipéca, Jgnatia etCocculus. (Corn p. avec l'article Impressions morales.)

Varices. (Voyez p. 398.)

§ 3. — Fausse couche.

On peut l'éviter parfois en traitant la malade dès que le sang et les douleurs apparaissent; au moins parvient-on toujours à atténuer les suites d'un pareil accident. Il faut d'abord chercher son médicament parmi ceux que j'ai indiqués tout à l'heure à propos des hémorrbagies (voyez p. G45), puis on appelle un médecin.

La cause présumée ou réelle de la fausse couche doit être prise en sérieuse considération pour le choix des médicaments ; il faut donc s'en enquérir dès que la femme se plaint de douleurs pressives sur le bas-ventre et qu'elle s'aperçoit d'un écoulement, même léger, de sang ou de mucus. Quand cette cause est un coup ou un effort fait en vue de soulever un fardeau trop lourd, si c'est une chute ou une secousse quelconque, il faut donner Arnica; quand il s'agit d'une impression morale, il faut prescrire une des substances indiquées pour en combattre les effets. (Voyez p. MO.)

Si les douleurs sont violentes, en administre Chamomilla en premier lieu; puis Ipéca quand la perte devient abondante; si la malade était tourmentée par une constipation tenace, il faudrait donner Nux vomica, Bryonia ou Lycnpodium.

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