‹ Médecine homoeopathique domestiqueChapitre 99 sur 110 · DENTITION · texte numérisé non relu

DENTITION

cède la mort ; dans ce cas il n'y a rien à tenter. Mais le plus souvent elle est légère, de sorte qu'on peut la laisser passer et traiter ensuite le malade pour éviter qu'elle ne revienne. Dans le cas où l'accès serait violent et répété, il faut donner des médicaments avant et pendant la crise. On se trouvera souvent très-bien de faire respirer de la teinture de camphre. Pour les autres médicaments, il faut les donner avant ou après l'accès, jamais pendant. Si le malade paraît se trouver plus souffrant à la suite de l'administration des médicaments , on le laisse réagir, c'est-à-dire qu'on ne lui donne pas de nouvel ageut tant que l'aggravation n'est pas effacée. Mais si l'état s'aggrave, ou que les accès reparaissent après avoir cessé, il faut revenir aux substances qui avaient soulagé une première fois. Enfin, quand la maladie se modifie et qu'il survient de nouveaux symptômes, on choisit entre Coffea, Ignatia et Chamomilla.

Coffea convient uux enfants faibles, qui sont sujets à la fièvre, mais chez lesquels elle revient sans être suivie d'autres accidents.

Parfois les enfants ont des soubresauts dans les membres ou seulement dans quelques muscles, puis la fièvre arrive, caractérisée seulement par la chaleur et accompagnée d'un sommeil léger avec fréquents réveils en sursaut; à ce moment le petit malade crie et tout son corps tremble. Ces accès arrivent souvent sans que Ton en puisse découvrir la cause. On accuse les vers, la dentition, la croissance, mais sans pouvoir rien affirmer. Si les accès reviennent tous les jours à la même heure, composés d'une période de roideur suivie de chaleur, ou qu'ils viennent tous les deux jours et à une heure variable, il faut donner Ignatia, que l'on répète après l'accès suivant. Mercurius convient encore quand la sueur suit la chaleur et se trouve très-abondante.

Quand il y a des soubresauts dans les jambes et dans

Hbeino. — Méd. hom. 39

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les bras, avec mouvements continuels de la tête, que l'enfant jette de droite à gauche, yeux à demi ouverts, absence de connaissance, surtout si le petit malade a une joue rouge et l'autre pâle, qu'il pleure à chaque instant et demande sans cesse à boire, il faut donner Chamomilla, et Rheum si les contractions musculaires ont lieu à la partie supérieure des cuisses et dans les flancs.

Lorsqu'en outre des symptômes précédents, l'enfant a la respiration courte, éprouve des envies de vomir, même des vomissements, est tourmenté par la diarrhée, s'étire sans cesse, soit avant, soit pendant, soit après l'accès, il faut donner lpeca à doses répétées, surtout si l'accès revient.

Dans les accès pendant lesquels tout le corps tremble, le malade tapant à la fois des bras et des jambes, criant trèshaut sans qu'on puisse savoir pourquoi, ou aussi quand il est couché sans force et sans connaissance, ou que le ventre se gonQe, les selles et les urines étant supprimées, surtout s'il arrive que les accidents soient venus parce que la nourrice aura éprouvé une violente impression de peur ou de colère, il faut prescrire. Opium, et ensuite un autre médicament qui soit en rapport avec l'impression morale éprouvée par la nourrice, par exemple Aconit ou Chamomilla (I).

Mercurius s'adresse auxaccès fébriles pendantlesquels le ventre est dur et tendu, le malade faisant des efforts pour vomir, efforts qui n'amènent que de l'eau, laquelle coule sans cesse de la bouche, l'enfant étant très-faible. Cina convient dans la même circonstance, lorsque l'enfant se frotte sans cesse le nez, surtout s'il a rendu des vers.

On doit en même temps couvrir le ventre de cataplasmes et tâcher de tenir l'enfaut au lit. S'il tète encore, on peut continuer de lui donner le sein, autrement il faut le tenir à la diète, et le faire boire chaud.

(t) Comparer avec le chapitre Impressions morales, p. 109.

DENTTTION.

§ 3. — Dentition.

ÊTolution des dents. ^— Lorsque les dents poussent, les gencives se gonflent et rougissent; l'enfant y éprouve du chatouillement et de la démangeaison, quelquefois elles blanchissent, surtout sur leur bord ; en même temps, la bouche devient brûlante, l'enfant s'agite sans cesse, surtout la nuit, il a des accès de chaleur passagère après lesquels il devient pâle, il mord tout ce qu'on lui met clans labouche, et même le mamelon pendant qu'il tète. Souvent aussi il ne peut prendre le sein en raison de l'état de ses gencives qui sont gonflées, chaudes et douloureuses.

On a proposé dans ce cas d'inciser la gencive, afin de faciliter la sortie de la dent; mais c'estun mauvais moyen ; et c'est seulement chez les enfants maladifs, nés de parents scrofuleux ou syphilitiques, qu'on peut l'employer; autrement il vaut toujours mieux que la dent sorte par sa force propre. Lorsqu'on se décide à pratiquer l'incision, il faut que la dent soit très-avancée et sur le point de paraître ; autrement la gencive se referme et la cicatrice se trouve être bien plus dure que la gencive elle-même. Au lieu de faciliter la sortie de la dent, on ne fait donc alors que l'entraver.

C'est vers la fin du sixième ou septième mois environ, que les dents incisives [fîg. 169), moyennes inférieures, percent le tissu des gencives. Peu de temps après, les incisives correspondantes de la mâchoire supérieure paraissent, puis les incisives latérales supérieures, et enfin celles de la mâchoire inférieure.

Accidents de la dentition. — Parmi les accidents qui accompagnent la dentition, je signalerai la salivation et les selles diarrhéiques. Lorsque ces deux symptômes ont une intensité médiocre, il n'y a rien à leur opposer; mais s'ils arrivent à une certaine violence, Mercurius zlSulphur sont

très-utiles ; Ipéca vient ensuite, et Coffea doit être prescrit du moment où l'enfant est excité et sans sommeil.

Fîg. 169. — Denis (côté gauche de la mâchoire). — A, première incisive; B, seconde incisive; C, canine; 1) et E, petites molaires; L?, G, H, grosses molaires.

Lorsque le travail préparatoire à la sortie de la dent se prolonge, on voit la gencive se gonûer et blanchir tantôt sur une place, tantôt sur une autre, et cela sans que la dent paraisse. On fera bien dans ce cas de donner Calcareo 30°, une dose tous les 8 jours, pendant 5 à 6 semaines. Ce médicament réussitsurtout lorsque plusieurs dents menacent de percer à la fois. Chez les enfants faibles, il suffit souvent d'administrer ce médicament en olfaction. S'il détermine quelque aggravation, on arrête celle-ci en faisant respirer un peu de teinture de camphre ou d'esprit denitre.

L'enfant est-il excité, incapable de dormir, tantôt porté aux pleurs, tantôt trop gai et ayant un peu de fièvre, Coffea est très-efficace ; s'il ne réussit pas, il faut le répéter d'abord, puis donner Ignatia ; Aconit vient ensuite, et, plus tard encore, on doit songer à Chamomilla.

Dans le cas où la fièvre arriverait avec chaleur générale, soif, l'enfant criant sans cesse, portant la main à sa bouche, s'éveillanttout à coup pendant son sommeil, c'est encore à Coffea qu'il faut revenir; Aconit et Chamomilla arrivent ensuite. Du moment où ces différentes substances triompheraient de cette fièvre, il faudrait s'arrêter. Si l'état s'aggrave, on revient à l'Aconit, pour reprendre ensuite

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