CALA// TE
Fig. 162.
Fig. 161.
Fi". 161. — 1, Biberon Mathieu. — 1, Son mamelon, ayant la tige centrale munie d'un pas de vis et d'un chapeau à écrou destiné à boucher les trous a, b et c, représentés dans la figure 3, et qui servent à laisser passer plus ou moins de liquide. — d, chapeau.
Fig. 162. — Biberon Galante: «, vase de verre; 6, tube plongeur; c, tétine.
ALLAITEMENT. H 67
le volume de deux doigts de la main ; mais lorsqu'on le remplit de lait, il prend un développement considérable et peut tenir facilement 6 à 800 grammes de liquide.
Les parois étant élastiques, il n'est pas sujet à se briser comme les biberons en verre.
Le bout de sein £, également en caoutchouc vulcanisé, participe à l'imperméabilité de l'appareil ; lavé à grande
mw
Fig. 163. — Sein artificiel de Calante : a, bouchon destiné à fermer le tube penJant l'allaitement; 6, mamelon; ccc, développement successif de l'appareil lorsqu'ou y introduit un liquide par la partie écrasée du tube d'introduction.
F'g. 164. — Sein artificiel de Galante appliqué sur la poitrine de la nourrice. Le mamelon est logé dans l'enfoncement que présente la parlie inférieure de l'appareil même dans son plus grand développement.
eau, il ne donne jamais lieu à l'acidité du lait que nous avons signalée plus haut.
Dans la figure 163, la partie dessinée en relief représente le sein vide de lait. Pour introduire commodément ce liquide dans l'appareil, il faut avoir soin de tenir la partie évasée du tube plus haut que le niveau du haut du sein.
Faiblesse causée par l'allaitement. — Souvent, pendant qu'elles nourrissent, les femmes perdent l'appétit et le sommeil, transpirent beaucoup et sont prises d'une petite toux très-fatigante, deviennent très-impressionnables à l'air et maigrissent. [Il faut craindre alors que la
poitrine ne devienne malade et appeler un médecin.] Le médicament qu'il faut donner tout d'abord est China, [qu'on doitadministrer comme il vient d'être dit. ]En même temps, on apporte le plus grand soin au régime de la malade, lui faisant boire du bouillon plusieurs fois par jour, lui préparant des potages au gruau, au sagou, à l'arrow-root, au pain; lui donnant du chocolat, et surtout lui faisant boire un peu de bon vin et manger des farineux. Il est très-important alors de régler l'enfant, lui donnant à téter à des heures fixes, et pas trop rapprochées, le sevrant la nuit, et lui donnant au besoin ou du lait de vache ou quelques petits potages.
Art, XIII. — Maladies des enfants.
§Jer. — Premiers soins.
Asphyxie des uouTeau-nés. — Les enfants, au moment où ils viennent au monde, paraissent souvent morts, cela tient à ce qu'ils ont souffert pendant le travail de l'accouchement; mais souvent aussi cette mort n'est qu'apparente, et l'on peut les rappeler à la vie. Pour cela, il ne faut pas se hâter de couper le cordon ombilical que l'on peut laisser intact tant qu'on y perçoit quelque battement. Avec le doigt entouré d'un linge, on enlève les mucosités qui remplissent la bouche du nouveau-né, puis on coupe le cordon, on couche l'enfant sur le côté droit, en lui mettant la tête basse, afin que les mucosités qui remplissaient encore la gorge et la bouche, puissent facilement s'écouler. En même temps, on lui lave les mains à l'eau froide, on lui en verse sur le visage. On place ensuite l'enfant pres-
(l)Pour une étude approfondie des maladies des enfants, on consultera avec fruit l'ouvrage du docteur Fr. Hartmann : Thérapeutique homœopatldque des maladies des enfants, traduit de l'allemand, par le docteur Léon Simon fils. Paris, 1853, 1 vol. in-8.
que sur le ventre, de manière à pouvoir presser le dos avec la main lentement, mais avec une certaine force, puis on le retourne comme pour le mettre sur le dos, mais en le laissant sur le côté. On répète plusieurs fois ces pressions et ces changements de position, lesquels n'ont d'autre objet que de ramener les mouvements respiratoires. (Voyez Asphyxie par submersion, p. 326.) On recommence ensuite à asperger le visage, on frictionne doucement les membres. Ces moyens suffisent d'ordinaire. Mais s'ils restent sans effet et que l'enfant ne commence pas à respirer au bout de 5 minutes, on fait préparer deux bains, l'un chaud, l'autre froid ; le premier doit avoir 30° au moins, le second doit être fait avec de l'eau puisée immédiatement à la fontaine. On prend l'enfant en lui plaçant une main sous la tête, et l'autre sous les reins, et on le plonge alternativement dans les deux baignoires, qui doivent être placées à peu de distance l'une de l'autre. On doit commencer et finir par celle où se trouve l'eau froide. On répète ces immersions sept fois de suite, puis on enveloppe l'enfant dans des couvertures chaudes, lui appliquant alors le procédé de Marshal Hall (voyez p. 329), toujours en vue de rétablir la respiration.
[M. Mattei (1) vient de proposer un autre moyen : la succussion : il le décrit ainsi :
Le fœtus est saisi par les aisselles pendant que la tête est immobilisée entre la paume des deux mains (fig. 165.) L'opérateur imprime ainsi une petite secousse double à l'enfant, et le bruit de rro-rro qui accompagne cette secousse indique l'entrée et la sortie de l'air à travers la glotte.
Par ce moyen, dit M. Mattei, on opère l'inspiration et l'expiration artificielles en dilatant et en resserrant le thorax à volonté. Si les muscles inspirateurs conservent encore l'aptitude à se contracterais sont appelés à la re-
(1) Mattei, Bull, de V Académie de médecine, 1867, tome XXXII, p. 436.
MALADIES LOCALISEES.
prendre par l'exercice direct ainsi que par l'excitation qu'occasionne l'air sur la muqueuse et sur le sang qu'on oxygène en répétant les secousses environ toutes les demiminutes, jusqu'à ce que la respiration spontanéecornmence. La S'./ccussion évite la pénétration de l'air dans l'estomac, ce qui arrive souvent avec l'insufflation, et surtout
il'
fi-. 165. — Procédé de M. Maltei pour la succussiou contre l'asphyxie des nouveau-nés.
n'expose pas l'enfant à l'emphysème, pas plus qu'elle n'expose le médecin à contracter une maladie en appliquant ses lèvres sur la bouche de l'enfant. Elle permet à l'opérateur de suivre des yeux les plus petits mouvements du cœur, du diaphragme, du thorax et de la face. N'exigeant ni instrument, ni un grand savoir, elle peut être pratiquée facilement en tout temps et en tous lieux. Mais la meilleure recommandation en faveur de la succussion est que M. Mattei Ta employée déjà plusieurs fois avec succès dans les cas les plus graves.]
MALADIES DES ENFANTS. 67 l
Tout en continuant l'emploi de ces moyens mécaniques, on essaye quelques médicaments: d'abord Tartarus emeticus, 3e trituration; on en fait dissoudre 1 centigramme environ dans 1 verre d'eau, et l'on fait tomber quelques gouttes de cette solution dans la bouche de l'enfant. Si Ton a des globules d'une dilution plus élevée, on se contente de lui en placer 3 ou 4 sur la langue. On peut aussi se servir de la première solution en lavement. Si au bout d'une demi-heure on n'a rien obtenu, il faut songer à Opium, si le visage a une teinte bleuâtre, et à China quand il est très-pâle. On doit employer ces médicaments comme Tartarus, c'est-à-dire en globules sur la langue, et en solution comme lavements. Enfin, quand ces médicaments restent sans effet, Lachesis doit être administré comme les médicaments précédents. On remplace parfois le bain froid par une irrigation, c'est-à-dire que l'on met de l'eau froide dans une théière, par exemple, et qu'on la verse peu à peu sur la poitrine du nouveau-né, en ayant soin que le filet d'eau tombe d'une hauteur de 3 ou 4 pieds ; pour cela la personne qui tient la théière monte sur une chaise ou sur une table et une autre présente l'enfant. On recommence ensuite l'application de la respiration artificielle selon la méthode de Marshal Hall.
Du moment où quelques signes de vie apparaissent, on confie l'enfant à sa mère ou mieux à une personne jeune et robuste, et on fait en sorte de le tenir dans une pièce chaude, mais où l'air soit bien pur et facilement renouvelé, puis Ton revient à l'emploi des médicaments, donnant Aconit, quand le visage est rouge ou bleu, et China s'il est pâle. Enfin, dès que l'enfant crie, il faut se garder de l'interrompre, mais se réjouir; car ce cri prouve que la vie est revenue ; sous son influence, l'air pénètre dans ses poumons, le sang se révivifie et l'existence commence.
Tumeur sanguine du crâne (Céphalœmatôme). —
07 2 MALADIES LOCALISEES.
Cette tumeur se forme au sommet de la tête pendant le travail de l'accouchement. Il suffît en général d'y appliquer quelques compresses trempées dans l'eau arniquée (2 gouttes de teinture dans 1 verre d'eau), pour la voir disparaître. Quand cette application, continuée pendant 2 jours, ne suffît pas, on emploie Rhus à l'intérieur [à l'extérieur, 2 gouttes de la 3e dilution pour 1 verre d'eau, cette solution servant à imbiber des compresses ; à l'intérieur, & globules pour 8 cuillerées à bouche d'eau dont on donne 3 cuillerées à café par jour]. Dans le cas où la tumeur résisterait, il faudrait appeler un médecin. Les céphalaematômes, quand ils sont mal traités, suppurent et s'ulcèrent; Silicea 30e dilution [4 globules pour 6 cuillerées à bouche d'eau, 2 cuillerées à café par jour] suffît à les faire cicatriser.
§ 2. — Opérations à tenter chez les enfants.
Il ne faut jamais se hâter de pratiquer une opération chirurgicale sur un enfant ; on doit même attendre le plus longtemps possible, et cela pour l'opération la plus simple.
[Section du filet. — Tant que l'enfant peut téter, il est inutile de couper le fîlet.
"Verrues, enYies, doîg-ts et orteils supplémentaires.
— Ils doivent être respectés ; les verrues parce qu'elles peuvent tomber, les envies, parce qu'elles s'effacent souvent d'elles-mêmes, ou bien par l'effet de la vaccine, quand on inocule le vaccin sur elles ; les doigts et les orteils supplémentaires, parce qu'ils s'articulent souvent au même point que la phalange normale. Il ne faut jamais oublier que l'opération la plus simple peut tuer un nouveau-né. J'ai vu mourir une jeune enfant par suite de la blessure qu'on lui avait faite pour lui percer les oreilles. îVœTi. — Quand ils sont saillants au-dessus du niveau de la peau, ils peuvent disparaître au moment de la dentition,
quand ils sont traités avec soin : Sulphur, Calcarea, Silicea, sont les médicaments les plus utiles en pareil cas. On en donne 3 globules de la 30e dilution à la fois, et Ton répète cette dose tous les 8 ou 15 jours.
Déplacement des os du crâne. — Il Se fait SOUVent
pendant l'accouchement, lorsque la tête de l'enfant reste longtemps comprimée. Le plus souvent les os reprennent leur place dès le 3e ou 4° jour qui suit la naissance. Autrement l'enfant est abattu, crie sans cesse, maigrit au lieu de profiter, et maigrit très-rapidement. Il faut alors lui faire prendre OpiumSQ* [2 globules tous les matins, sur la langue, pendant 8 jours avec 3 à 4- jours de repos], puis Spongia 30e, de la même manière.
Difformités. — On peut vraisemblablement les éviter en soumettant la mère à un traitement convenable pendant la grossesse ; autrement il y a peu de chose à faire. S'il y a déplacement des os, il faut tâcher de les remettre en place et de les y maintenir, mais les médicaments sont inutiles (voyez p. 277 et suivantes). On essaye, en comprimant convenablement les parties malades avec les mains, de remettre peu à peu les eboses à l'état normal, et l'on peut alors espérer de rétablir chaque organe.
Gonflement des seins chez les nouveau-nés. — Il est
souvent le résultat d'une contusion ou d'une compression, aussi V Arnica réussit-il très-bien. S'il y a de la rougeur, Chamomilla est préférable; il faut, au bout de 48 heures, la remplacer par Bdladona, à laquelle Bryonia doit succéder au bout du même temps, si la guérison n'est pas complète. Quand il s'est formé une grosseur un peu volumineuse, Hepar est préférable à tout; on le donne pendant 3 à 4 jours, à raison de 4 doses en 24 heures, et après, on passe à Silicea donnée de même. Arsenic, fait cesser l'induration, quand elle persiste. Hepar et Belladona paraissent s'adresser surtout au sein droit, Bryonia et Silicea au sein gauche.
HÉniNG. — Mé'l. hom. 3 8
07 4 MALADIES LOCALISEES.
Sciérème. — Quand il se forme chez les nouveau-nés, sous la peau du ventre ou sous celle des cuisses, des noyaux indurés au niveau desquels La peau est rouge, comme érésypélateuse, que cette lésion s'étend peu à peu, causant une fièvre intense, des convulsions ou la roideur des membres, Goullon recommande d'employer l'esprit de camphre, 3 gouttes dans 3 onces de lait d'amandes, dont ou fait prendre à l'enfant 1 cuillerée à café toutes les heures. [Il serait plus simple d'employer le camphre en globules, à la 3° dilution, Belladona, Pulsatilla et Sulphur seront aussi très-utiles en pareil cas.]
Hoquet. — Il passe ordinairement quand la mère approche l'enfant de sa poitrine afin de le réchauffer, et qu'elle lui fait boire quelques cuillerées à café d'eau sucrée chaude; mais il ne faut jamais employer les sirops qui amènent de l'acidité et des glaires. [Gomme médicament, Chamomilla serait très-utile; on peut donner 4 globules dissous dans 4 cuillerées à boucbe d'eau, 1 cuillerée à café toutes les demi-heures.]
EiiciiiflTrèiicniciit. — Il est grave parce qu'il empêche l'enfant de téter. On a coutume d'enduire la racine du nez d'un corps gras [c'est peine inutile, il vaut mieux administrer un médicament], 1° Nux vomica, 4 globules par 4 cuillerées à bouche d'eau, 4 à 6 cuillerées à café par jour, et quand ce médicament n'a pas réussi au hout de 12 heures, Sambucus. Quand il coule de l'eau du nez, il faut recourir à Chamomilla ; kCarbo vegelabilis, si l'aggravation a lieu le soir ; Dulcamara, quand elle se manifeste aussitôt que Ton porte l'enfant au grand air, tandis que si l'aggravation alieu dans une chambre chaude, il faut administrer Ceya. [Tous ces médicaments sont donnés comme Nux vomica, et continués pendant 24 heures au moins chacun.]
Haï de gorge — Il empêche aussi l'enfant de téter, non pas que celui-ci refuse le sein , mais parce qu'il éprouve des douleurs qui le font crier dès qu'il veut ava-
MALADJES DES ENFANTS. 67 5
1er, de sorte que le lait lui remonte dans la gorge et est souvent rejeté. En même temps, les enfants sont très-en roués. Il faut, en pareil cas, quand le petit malade est agité, débuter par Aconit, surtout si l'enfant veut être porté sans cesse, qu'il crie ayant d'uriner et qu'il ait les joues rouges. Mais si tout le visage devient rouge pendant les cris, que la tête soit'brûlante, les yeux comme gonflés, Rhus est trèsimportant, Belïadona aussi. Rhus si la gorge a une teinte rouge foncée, Belïadona quand elle est d'un rouge vif ; Rhus si la peau de l'enfant reste sèche et brûlante, mais que la sueur ne vienne pas ; Belïadona dans le cas de sueurs abondantes ; Rhus si le pourtour des yeux et les paupières sont rouges, Belïadona quand la rougeur occupe le blanc de l'œil. Si Rhus ne suffit pas, il faut donner Bryonia, surtout quand il y a constipation; et quand Belïadona échoue, il faut prescrire Mercurius solub., surtout si la peau de l'enfant devient jaune.
[Ces médicaments doivent être administrés comme il vient d'être dit, c'est-à-dire à la dose de 4 globules dissous dans 4 grandes cuillerées à bouche d'eau, et par cuillerées à café répétées toutes les 3 ou A heures.]
Opbthalmîe des nouYoau-ncs, — L'ophthalmie des
nouveau-nés est une maladie souvent très-grave; elle survient le 3e jour après l'accouchement, et est engendrée par un refroidissement, par un bain trop chaud, ou parce qu'on a laissé s'introduire dans l'œil un peu d'eau de savon, ou bien parce que la lumière est tombée trop directement sur l'enfant, ou encore parce que celui-ci a été tenu dans une chambre trop sombre et trop chaude ; mais la cause la plus fréquente est l'introduction, pendant le travail de l'accouchement, des liquides sécrétés par les parties génitales de la mère. A l'époque indiquée les yeux rougissent très-rapidement, les paupières, collées l'une contre l'autre, ne peuvent être ouvertes qu'avec peine, et laissent voir alors un boursouflement rouge de la conjonc-
tive, puis un pus épais, jaune se sécrète et s'écoule. Le plus souvent l'œil se détruit et l'enfant reste aveugle ; il est donc très-important de veiller sur cet organe. [Dès que la première rougeur se montre, il faut administrer Aconit [1 goutte pour 6 cuillerées d'eau, 1 cuillerée à café toutes les 3 heures]. Si l'amélioration est sensible au bout de 12 heures, on continue le môme médicament, en éloignant les cuillerées; mais quand la rougeur augmente, on passe à Belladona [donnée comme Aconit] et l'on applique sur l'organe malade des compresses trempées dans une solution composée de 4 à 6 gouttes de teinture-mère pour un verre d'eau. Dès que l'œil commence à suppurer, qu'il existe de la constipation, on prescrit Dulcamara ; mais si les paupières sont rouges intérieurement, gonflées, et que l'enfant crie aussitôt qu'on essaye de les ouvrir, il faut songer à Apis ; à Euphrasia lorsque l'écoulement augmente et que les paupières ne peuvent môme plus être entr'ouvertes, et à lîhus si un bourrelet rouge vient faire saillie entre les paupières. Lycopodium s^era utile si les paupières sont gonflées et transparentes comme des vessies pleines d'eau, et que l'on lasse écouler une grande quantité de pus épais en appuyant dessus. Sulphur est utile contre les rechutes. Ignatia, Chamomilla et Mercurius se sont aussi montrés utiles en bien des cas. Pour une maladie aussi grave, il faut se hâter d'appeler un médecin. [Tous ces médicaments doivent être donnés en l'attendant ; chacun pendant 24 heures au moins.]
Constipation. — Elle est souvent l'effet d'un mauvais régime, et cesse lorsque celui-ci est modifié. 11 ne faut jamais laisser les jeunes enfants plus de 24 heures sans garde-robe, et leur donner alors un lavement de lait coupé d'eau ou d'eau de guimauve. Gomme médicaments, il faut songer à Bryonia et Nux vomica^ et ensuite à Opium (vérifier ces médicaments p. 625). [Pour leur administration, il faut suivre le procédé souvent indiqué déjà, c'est-à-dire
dissoudre 4 globules de la 12° dilution dans A cuillerées à bouche d'eau, et donner une cuillerée à café ou à dessert, selon l'âge de l'enfant.]
insomnie. — Elle dépend souvent du mauvais régime suivi par la nourrice. Il suffit que celle-ci boive du thé, du café, des boissons alcooliques ou qu'elle mange des aliments épicés, pour que le lait soit modifié, que l'enfant en ressente l'influence, surtout sur son sommeil. Il faut aussi veiller à la manière dont Fenfant est couché ; s'il a la tête trop élevée, il dormira mal. Gomme médicaments, il faut commencer par Coffea, que l'on fera suivre d' Opium si l'insomnie persiste et que le visage de l'enfant devienne rouge. ChamomiUa réussira mieux s'il y a beaucoup de gaz dans les intestins. Quand l'insomnie vient après le sevrage, il faut recourir à Belladona et à Apis quand la peau de l'enfant se couvre d'une éruption miliaire rouge.
Cri». — Il faut d'abord en chercher la cause; car ils tiennent souvent ou à ce qu'une épingle du maillot les blesse ou à ce qu'on a trop serré leurs langes, ce qui comprime la poitrine et le ventre ; ce sont là des fautes habituellement commises par les nourrices ; c'est à la mère à veiller sur ces détails. Souvent aussi un enfant crie parce qu'il est mal couché, qu'il a un bras ou une jambe engourdi; dans ce cas, on le calme en frictionnant doucement le membre; ou bien encore s'il a des démangeaisons, ce qui arrive surtout à la tète, et onle soulage en le grattant légèrement et avec précaution. Ou bien encore l'enfant a froid, et il veut que sa mère le rapproche d'elle-même, ou il a trop chaud et ne se calme qu'au grand air. On peut aussi, dans ce cas, le faire taire en lui faisant avaler quelques cuillerées d'eau froide. Il peut arriver encore que les cris tiennent à ce qu'un corps étranger a pénétré dans les yeux ou dans les oreilles, il faut alors les extraire comme il a élé dit plus haut (p. 302). En général, un jeune enfant ne crie pas à moins qu'il ne ressente une douleur ; il
C78 MALADIES LOCALISEES.
faut donc toujours rechercher avec soin d'où celle-ci peut venir et y remédier. Plus tard, quand la dentition commence, les cris ont une autre signification et indiquent de véritables souffrances.
Tout ce que Ton peut faire de plus nuisible pour un enfant est de lui donner de l'opium ou une décoction de pavot dans le but de le calmer ; à tel point que s'il criait au point d'être menacé de suffocation, cela serait moins dangereux pour lui que de prendre des narcotiques. Et cependant les gardes, désireuses de conserver leur sommeil, recourent souvent à ces moyens, dont l'emploi est funeste à plus d'un titre.
Est-ce donc un si grand malheur de ne pouvoir prendre de repos parce qu'un enfant crie ! Est-ce que la mère et celle qui la remplace dans les soins à donner au nouveauné ne peuvent sacrifier quelques nuits pour évitera l'enfant un danger certain, l'exposer ades maladies médicinales d'une guérison difficile et parfois douteuse ?
Du reste, les médicaments ne manquent pas pour calmer un enfant : Chamomilla sera utile quand les cris seront causés par une douleur de tête ou d'oreilles, surtout si l'enfant se roidit en criant, soulève son ventre et renverse sa tète en arrière. Quand il y a, à la fois, agitation et chaleur de la peau, Coffea suivi tf Aconit um est très-utile, et Brlladonn quand les cris sont incessants et longtemps continués. Rheinn convient quand ils sont accompagnés de besoins d'aller à la selle, les matières rendues ayant une odeur acide, surtout si les cris redoublent, dès que les bras ou les jambes se trouvent découverts. Les cris causés par des élernuments cèdent à Cina, ceux qui sont déterminés par la toux cessent sous l'influence de Aconit, Bryonia, Bclladona, Hepar, ou encore Cina.
Les cris que provoque la colère réclament Aconit ou ChomomVla. Pour ceux qui seront l'effet de la crainte, de la frayeur (voiries impressions morales, p. 109).
Il arrive parfois qu'au milieu de la convalescence d'une maladie, les enfants deviennent colères et crient à chaque instant, comme s'ils avaient le délire; Tartarus emeticus les calme ordinairement ; si le visage est rouge et que les malades tournent en rond, A conit doit être prescrit, et Platina quand ils ont de fortes démangeaisons.
Hernies des enfants. — Il arrive souvent aux jeunes enfants que le nombril se relâche de façon à permettre àl'in-
Fijj. 166. - Hernie ombilicale. Fig. 167 — Hernie ombilicale.
testin de s'y engager ; il se forme alors une grosseur molle qui rentre sous la pression, mais ressort dès que l'enfant crie ; c'est ce qu'on nomme une hernie ombilicale (fig. 166 et 167). Il faut la maintenir avec soin en y appliquant un tampon de liège très-fin que Ton fixe avec une bande roulée autour du corps de l'enfant. On peut aussi, et avec plus de succès, employer des ban dages qui supportent une pelote élastique. C'est cette dernière qu'il faut appliquer sur la tumeur.
On a aussi employé avec succès une petite pelote en caoutchouc vulcanisé (fi g. 168).
Fi^. 168. — Pelole pour le traitement de la hernie ombilicale.
La hernie qui se forme dans Faine, hernie inguinale, est plus difficile à maintenir que la précédente, la pression du bandage étant plus difficile à supporter. Ce bandage est pourtant le seul moyen contentif sur lequel on puisse compter. Parmi les médicaments, Nux vomica et Veratrum sont les premiers auxquels il faille songer, Chamomilla peut être également utile ; Sulphur doit être prescrit si les autres médicaments échouent. L'intervention du médecin est indispensable pour arriver à une cure complète.
Rétention d'urine. — Il suffit le plus souventpour la faire cesser de faire respirer du camphre, puis on donne quelques doses &* Aconit; ces médicaments suffisent d'ordinaire ; cependant Pulsatilla, Cepa et Hyoscyamus peuvent être nécessaires. (Voyez p. 638.)
Gerçures (intertrigo) . — Elles paraissent souvent entre les cuisses. Il faut alors avoir soin de tenir l'enfant très-proprement en le lavant autant qu'il est nécessaire et l'essuyant bien ensuite ; mais il faut se bien garder des
onguents et des pommades recommandés en pareil cas. Les enfants ne meurent pas de cette maladie, il faut seulement les entourer de soins de propreté extrêmes. Dès qu'on s'aperçoit que la peau se gerce, il faut donner Chamomilla et Rhus si la gerçure s'étend en longueur et en profondeur, une rougeur vive se manifestant tout autour. Ce médicament est encore indiqué quand de petites vésicules paraissent, à la tête surtout. L'enfant est-il impressionnable au contact de l'air, Carbo vegetab. est indiqué ; s'il a un teint jaunâtre, bilieux, que les places excoriées soient rudes, surtout derrière les oreilles, Mercurius est très-eflicace, et souvent il faut lui faire succéder au buut de 4 à 5 jours, Sulphur ou Carbo vegetab. ; quand il se développe sur ces gerçures une éruption miliaire, et que l'anus est atteint, Sulphur est encore le médicament essentiel ; mais si les gerçures sont l'effet de la diarrhée, il faut chercher parmi les médicaments indiqués à propos de celle-ci (p. 609). Lorsque Sulphur échoue, on doit le remplacer par Silicea. Il est bon de faire prendre le même médicament à la mère et à l'enfant. Pour les gerçures aux membres Nux moschata est très-souvent utile ; quand elle ne suffit pas, Sulphur, Silicea réussissent presque toujours, et si l'état de la peau se prolonge, Calcarea est le médicament auquel il faut recourir.
Aphtiies. — Les soins de propreté générale suffisent souvent à les faire disparaître ; mais il faut se garder des cautérisations, lesquelles aggravent le mal, ou, si elles le guérissent sur un point, ne l'empêchent pas de se reporter ailleurs, au fond de la gorge par exemple. Il faut éviter aussi l'usage de la bouillie et celui du biberon. Les aphthes sont le plus souvent guéris par Mercurius solubilis, que l'on continue pendant 5 à 6 jours, pour le remplacer ensuite par Sulphur ; Borax, 12e dilution, et Acidum sulfuricum, 12e dil., sont également utiles. Le premier convient surtout quand l'enfant est agité et veut à chaque instant
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changer de place, et Acidum sulfuricum quand il a un teint jaune ictérique.
Dyssenterie. — On l'évite en veillant sur l'hygiène de l'enfant, lequel ne doit pas être laissé dans un endroit trop chaud ou exposé à l'humidité, auquel on doit donner à boire de l'eau fraîche et faire respirer un air pur. Il faut aussi réglerle régime avec soin, surtoutpendant la seconde année, défendre le café, le thé, la bière, les acides, les aliments acres ou salés, aliments dont la mère doit s'abstenir tant qu'elle nourrit. Les fruits verts et même ceux qui sont mûrs, la pâtisserie mal cuite doivent aussi être évités. Dès que la diarrhée arrive, il faut proscrire les aliments qui renferment de la graisse, les œufs,- les viandes noires et se contenter d'un peu de volaille, de lait bouilli et de riz.
S'il faut recourir aux médicaments, Ipéca est celui auquel il convient de penser en premier lieu ; il suffit souvent à la guérison. Si la maladie résiste, on donne ensuite Nux vomica, et Veratrum dans le cas où les extrémités deviennent froides, où les forces diminuent rapidement et où des convulsions surviennent. La diarrhée qui arrive pendant les chaleurs de l'été et est accompagnée de soif cède à Bryonia; quand ce médicament soulage seulement pour un certain temps, on donne, après Bryone, Carbo vegetabilis. Lorsqu'au contraire la diarrhée arrive pendant le temps froid, il faut prescrire Bryonia ou Nuxmoschata, ou encore quelques-unes des substances indiquées à l'article Diarrhée (p. 609). Antimonium crudum est utile quand la langue est chargée d'un enduit blanc ou jaune, et Arscnicum quand l'enfant est très-faible et pâle. Secale réussit dans les cas les plus graves. Mercurius est utile quand l'enfant désire manger du beurre; s'il a un grand désir d'avoir des œufs, Calcorea est indiquée; et s'il reste faible et agité, alors même que les selles s'arrêtent, China doit être choisi.
Lorsque l'enfant était déjà faible avant la maladie, il faut l'alimenter un peu. Le mieux est de lai faire manger de petites panades faites avec du pain bien cuit, auquel on ajoute un peu de beurre frais, ou avec de la biscotte. Le lait peut être toléré ; mais il n'est pas supporté par tous les sujets. Les potages au bouillon de poulet sont souvent utiles.
On peut aussi prescrire, comme moyens accessoires, des lavements d'eau de guimauve avec de l'amidon.
Crampes de poitrine, Cyanose. — Les enfants UOU-
veau-nés sont sujets à éprouver des crampes de poitrine pendant lesquelles leur respiration esthaletante et leur visage devient bleu. Le médicament essentiel en pareil cas est Ipéca qu'il faut donner à doses répétées [toutes les 1/2 beures en commençant]; Tartarus emeticus est préférable quand ils bâillent beaucoup et qu'ils deviennentpâles et mous. Si la cyanose se répète, il faut coucher l'enfant sur le côté droit, et, quand il paraît souffrir de celte position, il faut que la mère le prenne dans ses bras et le promène. On donne en même temps Lackesis et on appelle un médecin.
D'autres fois l'enfant s'éveille tout à coup en poussant des cris comme s'il allait étouffer, il a une toux courte, sèche etrauque et est en proie à une anxiété extrême. On soulage parfois ces crises très- promptement en exerçant une douce friction sur la colonne vertébrale en partant de la partie postérieure de la tête et descendant jusqu'aux hanches. En même temps on fait respirer Sambucus, et si l'oppression persiste, on a recours à Chamomilla, Ignalia ou Cepa. (Comp. avec l'article Oppression.)
Suffocation. — Parfois les enfants sont très-oppressés, anxieux, agités, crient en ,ramenant leurs cuisses vers le ventre, et arrivent même à manquer tout à fait de respiration. En même temps, la région du cœur, au niveau des fausses côtes, se gonfle au point qu'on ne peut plus la
08 4 MALADIES LOCALISEES.
déprimer. Cet état est généralement l'effet d'un refroidissement. Chamomilla réussit presque toujours à le faire cesser.
Fièvre chez les enfants. — Elle vient rarement seule et se trouve ordinairement liée à la dentition, à quelque maladie de la peau, aux cris, etc. Il faut alors la combattre avec les médicaments indiqués pour chacune de ces affections.
Aconit convient quand l'enfant est brûlant, agité et qu'il respire avec peine; Coffea, dans le cas d'insomnie; Chamomilla, s'il crie et transpire beaucoup, et que malgré cela il reste brûlant; Belladona, quand il y a chaleur et trouble de la tête; Arnica, si la tête est brûlante. La respiration est-elle pénible, Opium est indiqué, et Mercurius solubilis quand le front est froid et humide. Si l'enfant tressaille au moindre bruit, il faut prescrire Chamomilla, puis Sulphur suivi tfAconitum, quand la Camomille n'a pas suffi. Ipéca est utile quand l'enfant s'étire avec force et qu'il a des secousses dans les muscles de la face ; Lackesis quand les symptômes s'aggravent après qu'il a dormi.
Soif. — Les enfants qui ont la fièvre sont tourmentés par la soif aussi bien que les adultes. On peut parfois étancher celle-ci avec un peu d'eau fraîche, donnée par cuillerées à tbé ou à café. Parfois aussi on fait un tampon de linge que l'on trempe dans l'eau froide et que l'on fait sucer à l'enfant.
[Il ne faut pas que cette eau soit trop froide; de plus on la remplacera avec avantage par une des boissons indiquées, p. M. Si l'enfant a une maladie des voies aériennes, il faudra lui donner une tisane chaude, autrement de l'eau, sucrée avec du sucre ou avec un sirop, sera suffisante.]
Convulsions. — Quand on en connaît la cause, on donne un médicament qui soit en rapport avec celte dernière. Souvent la convulsion est un symptôme qui pré-