CHAPITRE X
Wan9 les yeux. — Le simple lavage n'est utile que pour en taire > sortir la poussière; mais, si la substance introduite est soluble dans 1 eau, les lotions ne peuvent qu'aggraver 1rs souffrances. Le frottement est encore plus nuisible: mieux vaut lu lavage surtout quand on a soin de mettre l'œil dans un verre plein d'eau. L'huile est un calmant contre les acides ou
les sels caustiques, mais elle offre de très-graves inconvénients contre la poussière de cantharides, ou autres insectes morts. Le blanc d'œuf est très-bon, dans le cas où il est tombé dans l'œil des parcelles acérées de substances minérales, des couleurs ou tels autres corps aigus. Si c'est de la chaux, de la cendre, quelque éclat de couleur non fondue, ou du tabac en poudre, il faudra dans ce cas se servir de lait caillé acide, ou de la crème tournée.
S'il est entré dans l'œil un petit corps qui occasionne une pression incommode, et qu'on n'ait pu le dégager à l'aide des moyens précédents, qu'on écarte les paupières, et qu'on tache de le faire tomber, à l'aide d'une petite allumette de papier fortement roulée; son extrémité ne portera point droit sur l'œil; l'on s'en servira comme d'un pinceau. Puis, on laissera 1 œil se mouvoir dans toutes les directions pendant l'ecartement des paupières, et l'on examinera si dans l'intérieur il n y a pas d'autres corps étrangers. Le papier sans colle sera préfère parce que ces petits objets s'y attachent plus facilement. S i était utile de porter profondément ce petit cylindre de papier, on le mouillerait préalablement avec la salive.
Les forgerons, par exemple, sont exposés à être atteints dans l'œil par de petits éclats de fer chaud, qui adhèrent fortement; on peut s'en débarrasser et les extraire au moyen d un crin doublé que l'on promène çà et là sous la paupière, ou bien encore à l'aide d'un cure-oreilles bien nettoyé. L aimant a souvent servi à enlever ces parcelles de fer : qui veut 1 essayer, le fasse : il n'y a pas d'inconvénient.
Comme tout frottement est toujours nuisible, 1 ïaudra mieux, surtout chez les enfants, se servir d'un petit appareil de compresses trempées dans l'eau froide. Souvent les souf- Lces 's'apaisent par le sommeil. Quand il y a rougeur inflammation de l'œil, donnez aconitum, qui est encore nie alors même que le petit corps ne serait pas sorti, et qu il y aurai quelque difficulté à l'extraire. Ce remède calme beaucouples douleurs, ce qui est d'un grand avantage puisquj peu? faire attendre avec patience l'arrivée du médecin, ou h, n procurer au malade une nuit supportable, insqu au retour du fôui où l'inspection de l'œil est plus facile. Si, après avoir continué aconitum, l'œil reste sensible et rouge, donnez sulphur; cela ne suffit pas, donnez calcarea ou sihcca. D.« 1« «-eUle8. - S'il y est entré des insectes, qu on se
tienne couché sur l'oreille opposée, afin de laisser tomber dans l'autre de l'huile goutte à goutte, jusqu'à ce que l'insecte se fasse voir; on l'ôtera alors avec une allumette de papier roulé ou avec une paire de petites pinces bien fines. — S'il s'est introduit dans l'oreille d'un enfant quelque chose qui soit susceptible de se gonfler par l'humidité, tel qu'une graine, ou bien tel autre petit corps dur, un gravier, un éclat de bois, qu'on se hâte, parce que chaque heure de retard rend le cas plus grave. Prenez une épingle à cheveux, pliez-la sur le milieu, et faites-lui subir en ce point un angle obtus, ce qu'on peut faire facilement à l'aide d'une clef; elle doit former ainsi une espèce de curette, dont les extrémités libres seront fixées dans un bouchon.
Qu'on se place de manière à être derrière l'oreille, qu'on la tire avec une main en haut et vers la nuque.de façon que l'œil de l'opérateur y voie aussi profondément que possible. Qu'on trempe l'instrument dans l'huile, et qu'on le fasse glisser assez résolûment dans l'intérieur de l'oreille, de façon à saisir le corps étranger par derrière; et une fois qu'il est embrassé, on le soulève légèrement en le ramenant à soi. — On peut encore tenter de le faire sortir avec des injections d'eau chaude, à l'aide de ces petites seringues qui se vendent chez les pharmaciens.
Si, antérieurement à tout essai pour l'extraction du corps étranger, il y a inflammation et douleur dans l'oreille, qu'on donne arnica; quelques heures après, pulsatilla ; si l'inflammation est assez intense pour que l'oreille en soit enflée au point d'empêcher l'extraction, donnez alors pulsatilla; s'il arrive, par exemple, que l'enfant éprouve de fortes douleurs, de la fièvre, du délire, s'il se débat avec rage, pulsatilla ne suffit plus, donnez bellac/onna ; et plus tard, s'il reste encore de la douleur, on peut s'en défaire par sulphur.
Après que les accidents inflammatoires ont disparu, procédez à l'extraction du corps étranger.
Dans le nez. — Dans le cas où l'on aurait à extraire un corps étranger logé dans les narines, qu'on attende que le malade fasse une forte inspiration; on lui ferme ensuite la bouche afin que l'air s'échappe avec force par le nez, ou bien encore on en chatouille l'intérieur avec une barbe de plume, ou on lui l'ait prendre une prise de tabac pour l'obliger à éternuer. On peut aussi se servir du petit instrument décrit plus liant, pour Pex-
traction des corps introduits dans l'oreille. Selon les circonstances, on donnera à cet instrument des proportions telles, qu'on puisse le porter jusque dansTarrière-houche. Cependant qu'on ne se laisse pas trop aller à des tentatives de cette nature; il vaut toujours mieux s'adressera un médecin qui doit avoir des instruments adaptés à de pareils accidents. — L'inflammation qui en résulte et forme obstacle à l'opération, de même que celle qui se déclare consécutivement, se guérissent l'une et l'autre par aconitum ou arnica. Lorsque cela ne suffit pas, donnez belladonna ou rhus. Contre les douleurs persistantes de la suppuration consécutive, donnez sulphur.
Dans le gosier. — Si pareil cas se présente dans le gosier, qu'on provoque à faire cracher avec force et promptitude en frappant entre les épaules; qu'on fasse ouvrir la bouche, et après avoir fixé la langue en bas avec un cuiller, qu'on regarde dans le gosier pour s'assurer s'il y quelque chose qui puisse se prendre avec le doigt et être enlevé.
Si c'est une grosse bouchée qui s'y soit arrêtée., il est urgent, à cause de son volume et de sa dureté, de provoquer la régurgitation, surtout quand, en pressant la gorge, on sent que la bouchée se porte vers le haut. Afin de faciliter la régurgitation, il suffira de chatouiller le gosier, et, selon le cas, de mettre une prise de tabac sur la langue, ou même encore de faire des injections d'une infusion légère de tabac. — Si l'on peut s'assurer par une exploration extérieure de la présence du bol alimentaire, il suffit quelquefois d'une simple pression dirigée de bas en haut pour le faire rendre. Si l'on a affaire à un enfant, il faut le contraindre à cracber ce qu'il a avalé, mais que cene soit pas avec trop de violence. — Si la bouchée est descendue assez en avant pour qu'on ne puisse la voir en regardant au fond du gosier, et qu'elle est parvenue jusque dans la région inférieure de l'arrière-bouche, il faut en favoriser tout de suite la chute dans l'estomac, si c'est une substance d'une digestion facile. Si le patient sent que le bol commence à cheminer, qu'il laisse faire, le bol descendra de lui-même; seulement, pour aider, il boirade temps en temps une gorgée d'eau, pourvu toutefoisque le corps engagé ne soit pas de nature à se gonfler par l'humidité: car, dans ce cas, il faudrait donner du beurre fondu; si enfin la déglutition est par trop difficile, on l'aidera avec une baguette de bois souple, ou mieux, avec une baleine très-lisse, dont l'une des extrémités sera raboteuse et dentelée tout à la fois,
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afin d'y fixer fortement une éponge avec un lien Je fil ou de soie. Ainsi disposé, cet instrument improvisé sera trempé dans l'huile et introduit avec précaution dans l'arrière-bouchc, où il doit forcer l'obstacle.
S'il se déclare une contraction spasmodique qui empêche le morceau de descendre, s'il y a douleur, difficulté de respirer et autres symptômes semblables, donnez ignatia. Si cela ne suffit pas, chamomilla; alors, donnez à avaler un peu d'huile ou de beurre, et recommencez les tentatives mécaniques de la déglutition. — Si la face pâlit, qu'il y ait des nausées avec aggravation, perte de la parole, donnez cocculus; si la face devient rouge, et qu'il y ait des mouvements constants de déglutition, belladonna.
Il reste souvent dans la gorge, à l'endroit où était l'empêchement, une sensation comme s'il y avait encore quelque ebose d'arrêté. Mais cela n'est rien, cette sensation disparaît d'elle-même, ou après avoir pris un remède. On se convainc que ce n'est qu'une fausse sensation, car, les douleurs, qui précédemment étaient fortes, n'augmentent pas, restent les mêmes, et qu'il ne survient pas d'autres souffrances. Aussi peut-on alors avaler sans difficulté aucune, soit un peu de boisson, soit une bouchée molle. Toutefois, en avalant, on éprouve encore, au passage qui a souffert, une douleur qui cesse toute seule. Dans ce cas, on peut donner arnica, et s'il ne suffit pas, mercurius. Si cependant il restait encore quelque chose dans la gorge et que la douleur persistât, donnez silicea.
Si c'est un os qui s'y soit arrêté, et qu'il soit d'une dimension telle qu'il ne puisse descendre, il faut l'ôter de la manière indiquée ci-après, ou en faire opérer l'extraction par un médecin.
Si l'on a affaire à des corps aigus, pointus, à des morceaux de verre, à des arêtes, à de petits os, à des épingles, à des aiguilles, etc., qu'on se garde bien de faire des tentatives violentes. Dans ce cas, on se contentera d'avaler de temps en temps une bouchée de pain un peu forte, sans être trop mâchée toutefois; une figue peut remplir le même office ; ou, si ce sont de petits corps acérés qui se soient attachés à la gorge, qu'on avale des boulettes de cire de la grosseur d'une balle de plomb, enduites préalablement de miel ou de sirop.
S'il survient des symptômes qui offrent du danger, tels que douleurs violentes, pression qui va jusqu'à l'étouffement, grande anxiété, mouvements convulsifs, etc., qu'on se hâte de faire l'ex-
traction du corps engagé dans la gorge. Pour cela, on se servira d'unecorde de violonou d'un fil de fer qui seradoublé de manière à faire une anse dans son milieu ; on le plongera dans la bouche et on lepousserajusqu'au-dessousdu point douloureux; là, pour le saisir, on lui fera subir un mouvement de va-et-vient, quelquefois un mouvement de rotation, et on le sortira tout doucement. Dans certaines circonstances, il est préférable de se servir d'un morceau de baleine, monté comme il a été dit plus haut. On enfoncera cette baleine jusqu'au-dessous du corps étranger; en même temps on donnera à avaler une gorgée d'eau pour gonfler l'éponge; alors on tournera tout légèrement la baleine et l'attirera à soi. On peut également se servir d'une large barbe de plume attachée à un fil de fer. Plongéedans l'arrière-gorge, ainsi qu'il vient d'être dit de la baleine, on la fera pivoter avec précaution, et l'on ramène quelquefois l'objet engagé. — D'autres fois, quand ce sont des aiguilles ou des arêtes qui se sont introduites, on peut Taire usage, avec quelque succès, d'un morceau de viande ou de lard qui sera attaché solidement à un fil; le malade devra l'avaler, et quand il sera arrivé à la partie douloureuse, on le retirera vivement. Si, dans un cas d'urgence, il s'agit d'un fragment de verre, qu'on se serve de l'extrémité supérieure d'une chandelle de suif, qu'on attachera par sa mèche à un fil; on la donnera à avaler, et on la sortira après qu'elle aura eu franchi le point douloureux : on répétera cette opération plusieurs fois. Il est bien entendu que, dans de pareilles circonstances, on se servira des moyens qui sont le plus à portée, et que l'on prendra toujours en considération la nature du corps engagé. C'est ainsi qu'un enfant qui courait les plus grands dangers pour avoir avalé un hameçon en fut débarrassé a l'aide d'une balle de plomb, qui, avant été percée et puis enfilée par un bout de fil, arriva sur l'obstacle, pesa dessus, détacha 1 hameçon et le ramena heureusement.
Dans le cas où ces diverses manœuvres sont indiquées, opérations toujours assez délicates pour ne les confier qu'à un praticien expérimenté, on fera appuyer la tête du malade sur la poitrine d'un assistant; on baissera et l'on tiendra baissée la langue avec le doigt indicateur, puis on introduira l'instrument, préalablement préparé, huilé, avec une grande précaution dans l'arrière-gorge, et aussi profondément que cela sera nécessaire. On *era averti que l'instrument est arrivé sur le corps étranger à la résistance instinctive du malade, ou à la douleur ou aux
mouvements brusques et presque, convulsifs qu'il manifeste. Pour retirer l'instrument, on ne saurait apporter trop d attention afin d'éviter d'obstruer la trachée-artère et de ne pas abandonner le corps étranger qu'on ramène. Qu'on porte plutôt 1 instrument un peu de côté, et qu'on se hâte de faire pencher la tête du malade en avant dès qu'on en aperçoit l'extrémité.
Dans les cas les plus graves et les plus difficiles, cette operation pratiquée même par un médecin habile, peut échouer; alors il ne reste plus qu'à faire une ouverture à la gorge : on peut encore espérer de sauver par ce moyen extrême un malade sur le point d'étouffer.
Dans le larynx et la trachée -artère. - Si pendant la déglutition on se met à parler ou rire, si l'on fait une forte inspiration en tenant quelque chose dans la bouche, ou qu'un enfant en jouant saisisse un objet quelconque avec la bouche, il peut arriver que ce corps étranger s'engage dans le larynx ou dans la trachée-artère. Dans ce cas, on a recours à la pratique vulgaire qui consiste, soit à frapper entre les épaules pendant que le patient porte la tête inclinée en avant, soit à provoquer l'étemument ou le vomissement en chatouillant le gosier, moyens utiles seulement dans les accidents les plus simples, mais qui peuvent aggraver aussi la position du malade; ainsi, qu'on n'en abuse pas. On peut pareillement, en jetant avec force la tête en arrière, faciliter une toux violente qui dégage le corps et l'oblige à sortir. Cependant, qu'on ne compte pas sur ces divers petits moyens, si le corps est engagé trop avant dans le larynx. — On s'assurera de sa présence, en saisissant doucement avec les doigts le larynx à l'extérieur, et en lui faisant subir un petit mouvement de haut et de bas; il devient alors assez facile de le sentir et de le faire claqueter contre les parois, s'il n'est pas trop adhérent. Quelquefois on parvient à rassurer le malade à l'aide de quelques médicaments, et il s'endort la tête peu élevée, il arrive que le corps sort de lui-même. Si le danger augmente malgré les remèdes, il faut procéder à l'opération. Qu'on se hâte alors d'appeler un médecin capable d'entreprendre celte opération, qui est l'unique moyen de salut, et cela lorsque le malade paraît êtic dans un étal désespéré. La trachéotomie, si elle est bien pratiquée, n'est nullement dangereuse, comme elle paraît l'être à beaucoup de gens; elle n'est pas même très-difficile. La plaie qui en résulte guérit assez promplement d'elle-même, comme tout le monde le sait; on voit, en ellet, souvent des gens qui
se sont coupé accidentellement ou autrement la gorge, se rétablir en peu de jours. Ce serait donc un tort que de reculer devant cette opération , quand il se trouve un chirurgien assez expérimenté pour la pratiquer.
Comme les accidents sont ici à peu près semblables à ceux que nous avons fait connaître au sujet des corps engagés dans l'arrière-bouche, les mêmes moyens s'y appliqueront après un examen préalable et selon les mêmes précaulions.Nous renvoyons donc à cet article. — On reconnaîtra qu'un corps étranger est engagé dans la trachée-artère aux signes suivants : La douleur se fait sentir plus avant, le malade l'indique avec le doigt; si c'est dans la gorge, la douleur est plus en arrière. Les symptômes que nous connaissons se déclarent ici comme dans le cas relatif à la gorge, seulement la respiration est courte et surtout plus gênée; la figure est également bouffie, plus bleuâtre ; les yeux plus saillants, la voix plus changée, rauque, et quelquefois elle s'éteint. Ces souffrances sont d'abord presque insignifiantes, mais elles ne tardent pas à s'aggraver peu à peu ; d'autres fois elles cessent tout à coup, mais elles reprennent subitement et ont plus d'intensité.
Si le corps étranger n'est pas assez gros pour empêcher complètement la respiration, et qu'il ne soit pas engagé dans l'épiglotte, mais plus bas, alors il arrive que le malade paraît être assez bien pendant quelque temps; car il ne tousse pas et ne souffre d'aucune incommodité, et cet état peut même durer plusieurs semaines. Il n'est pas guéri pour cela ; on voit plus tard se déclarer une toux suffocante qu'on peut prendre pour une espèce d'esquinancie. Dans ce cas, si tartarus emeticus ne soulage pas promptement, ou silicea, le malade est sans ressource. L'incision elle-même ne pourrait rien, si la respiration, entre les accès de toux, est difficile et pénible. La langue alors se gonfle et le malade meurt asphyxié, qu'on fasse ou qu'on ne fasse pas l'opération.
Dès qu'on a reconnu que le corps étranger est dans la trachéeartère, qu'on donne aussitôt ipecacuanha. S'il apporte du soulagement, il faut le répéter après chaque aggravation, et l'on ne donnera au malade rien autre chose que de l'eau sucrée ou du sucre. En attendant l'arrivée du médecin, donnez plusieurs fois ipecacuanha; s'il ne suffit pas, on donnera belladonna étendus dans l'eau, qui produit souvent un grand résultat. Avant comme après l'arrivée de l'homme de l'art, on se contentera de donner
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du sucre ou de l'eau sucrée. — Si le malade s'endort, qu'on le laisse tranquille; et si les accidents se représentent, qu'on ne se hâte pas de lui donner trop vite une nouvelle dose, mais seulement dans le cas où il y aurait une aggravation réelle. Souvent le corps étranger sort de lui-même durant le sommeil. Si belladonna ne suffit pas, ou si les souffrances persistent après que le danger est dissipé, on peut faire l'essai de hepar délayé dans l'eau. Si malgré tous ces moyens, il survenait une suffocation, qu'on donne tartarus emeticus (3e tritur.); ou si le visage devient rouge foncé, donnez opium.
Belladonna sera le remède approprié dans le cas où il serait entré dans la bouche, et par suite dans la trachée-artère, de la poussière, des cheveux ou de la barbe de plume, qui agissent ici en provoquant la toux; plus tard hepar. L'amélioration se fait, toutefois, lentement. Il est bon de lenir de temps en temps du sucre ou de la gomme arabique dans la bouche.
Si, lorsqu'un objet s'est engagé dans le haut du larynx d'un enfant, ou à côté, il se déclare des accès d'une toux suffocante, donnez avec espoir de succès tartarus emeticus (3e tritur.). Si les accès se renouvellent fréquemment, et qu'en toussant il se dégage une mauvaise odeur de la bouche, donnez silicea. Il en résulte presque toujours un bon effet : le corps étranger est chassé au dehors par la toux, ou il est avalé. Dans les cas les plus opiniâtres, donnez hepar alterné avec silicea.
Dans l'estomac et les intestins. — Il suffira souvent d'avaler des substances molles, gluantes et liées, d'éviter tout ce qui est échauffant, acide et irritant, et d'attendre patiemment que le corps étranger, réfractaire aux forces digestives, soit rendu par les selles. Des frictions sèches, des pressions modérées sur le bas-ventre, puis rester couché dessus, faire un peu d'exercice sans fatigue, tout cela favorise, aide les intestins dans leurs efforts expulsifs.— On voit, en effet, une pièce de monnaie, une balle, une bague, etc., même les corps qui ont un diamètre peut-être plus grand que celui des conduits par où ils doivent passer, sortir, quelque temps après, sans souffrance, et cela par le seul effet d'un régime convenable. — Celui qui est sujet à la constipation s'abstiendra de tout purgatif qui affaiblit la force intestinale; qu'il prenne, au contraire, une nourriture légère et du beurre en quantité; puis, qu'il ait soin de s'administrer tous les jours un lavement d'eau tiède ou de lait.
Il faudra prendre la précaution de rendre ses évacuations
dans un vase plein d'eau, afin de s'assurer que le corps étranger est sorti. On tamisera les matières rendues, et s'il s'agit de petits corps effilés et aigus, on jettera le tout sur un gros linge, et l'on constatera s'ils ont été amenés avec les selles. — Les aiguilles se frayent généralement une tout autre voie, et le plus souvent sont rendues sans aucune souffrance et sans danger pour le malade. Si elles devaient séjourner longtemps, qu'on donne toutes les semaines silicea, et plus tard, une seule fois dans l'intervalle, hepar.
Si, quelque temps après avoir avalé des aiguilles ou une pièce de monnaie, il survient des symptômes graves, des douleurs violentes dans le bas-ventre avec une sensation de serrement et de pincement, qu'on donne tout de suite ipecacuanha; s'il est suivi de soulagement, il faut y revenir toutes les fois que le mal reprend ; s'il ne suffit pas, donnez veratrum ou nux vomica. Si , malgré ces premiers moyens, les accidents s'aggravent, suivis de coliques violentes et de constipation , opium y remédie souvent; s'il survient des accidents plus graves accompagnés de douleurs lancinantes sur un point; et que là on ressente comme si un abcès voulait s'y former, qu'on donne lachesis.
Quelquefois les objets avalés suivent sans difficulté tout le trajet des voies digestives, et ne s'arrêtent qu'à l'anus. Qu'on donne dans ce cas, pour en faciliter la sortie, des lavements mucilagineux, d'huile ou de lait ; ou bien qu'on coupe de longues bandes de lard d'une certaine épaisseur, qu'on les introduise à cet effet dans la moitié de leur longueur. Si, après avoir donné le lavement, on peut faire cette introduction de manière à garantir l'intestin des blessures qu'il pourrait recevoir du corps étranger qui s'y trouve, il deviendra facile, dès qu'il se présentera à la sortie, de l'extraire, avec une baguette arrondie ou le manche d'un cuiller d'argent. - Si l'on ne peut en venir à bout il faut appeler unmédecin pour qu'il fasse le nécessaire. Mais qu'on se garde toujours d'administrer des purgatifs, ce qui serait très-dangereux. Si l'anus se ferme, avec spasmes, donnez iqnatia, belladonna ou lycopodium.
Quand des sangsues s'introduisent dans l'estomac, il se déclare des symptômes alarmants, tels que douleurs brûlantes, hoquets avec suffocation, vomissements mêlés de sang, et fièvre lente qui mine le corps : qu'on se hâte alors de donner de l'eau salée en grande quantité, et, dans l'intervalle, du beurre fondu;
chez les enfant?, quelquefois un peu de sucre, et jusqu'à ce que les souffrances aient un peu cessé. On donnera ensuite arnica, et quelques jours après, contre les souffrances consécutives, arsenicum.
Si d'autres (petits animaux, comme des insectes, pénètrent dans l'estomac, il suffira de donner du beurre fondu salé ou de l'huile; si la douleur qu'ils causent ne cesse pas tout de suite, qu'on donne une pilule de camphre de la grosseur d'un pois, écrasé dans l'huile. S'il s'agit de vers, de petits reptiles, de grenouilles, qu'on donne à boire de l'eau sucrée, et du sucre à manger, jusqu'à effet évacuant. Si cela ne suffit pas, donnez un peu tfipecacuanha ou de la pondre de moutarde en quantité suffisante pour produire le vomissement. Contre les souffrances qui en résultent, faites flairer du camphre, et répétez plusieurs fois ipecacuanha (s'il n'a pas été employé à titre de vomitif) ou nux vomica.
Dans la peau. — Quand des corps étrangers s'introduisent sous la peau, on peut employer les moyens indiqués plus haut à l'article Blessures. Cependant il est bon de noter ici ce qu'il convient de faire lorsque ce sont de petits corps aigus, tels que épines, barbes de chardon, etc., qui pénètrent dans la peau en grand nombre. S'il s'agit de piquants de diverses plantes, qu'on frotte alors la partie avec de l'huile, et qu'on l'approche du feu aussi près que cela se pourra; puis, qu'on prenne un couteau ordinaire pour racler doucement la peau, de manière à faire sortir ces petits corps. Lorsque les épines sont entrées obliquement, faites courir votre couteau dans le sens opposé, de façon que la pression porte d'abord sur l'extrémité engagée. Cette opération sera répétée aussi souvent que ce sera nécessaire, ainsi que les onclions d'huile et l'exposition au feu.
Le même procédé sera employé dans le cas où de pelils éclats de verre auraient pénétré sous la peau ; mais ici la douleur est forte, et il devient préférable de les abandonner au travail de la suppuration, qu'on traitera comme une blessure ordinaire. — Pour remédier à l'inflammation donnez arnica; si cela ne suffit pas ; pour en favoriser la sortie, donnez hepar, et si c'est encore insuffisant, silicea. Dans le cas où la suppuration serait abondante, et où silicea et hepar n'auraient apporté aucune amélioration, donnez lachesis, et plus tard mercurius .