‹ Médecine homoeopathique domestique [electronic resource]Chapitre 112 sur 270 · YEUX AFFECTÉS DE SCROFULES · texte numérisé non relu

YEUX AFFECTÉS DE SCROFULES

La plupart dos maladies chroniques des yeux proviennent des scrofules : on les reconnaîtra à la description des symptômes propres à chaque médicament, soit chez les enfanls qui en sont atteints, soit sur les adulles qui en étaient porteurs dans leur enfance. Si les yeux sont frappés d'une sorte de faiblesse par suite de scrofules, ils n'en seront que plus sujets à des récidives soit à l'occasion du froid ou de toute autre cause, et contracteront plus facilement des obscurcissements de la vue ou des ulcérations de la cornée. Qu'on emploie dans ce cas les remèdes cidessous indiques; mais si les souffrances se reproduisent trop souvent, le mieux est de traiter le malade comme atteint de scrofules, et pour cela il faut s'adresser à un médecin homœopathe. Cependant on peut essayer avec succès les moyens suivants :

Aconitum est fréquemment employé au commencement d'une atteinte d'inflammation ; on l'arrête quelquefois tout court; il ne faut donc pas en différer l'emploi; les symptômes marchent vite, l'œil est très-douloureux, rouge, et d'une excessive sensibilité à la lumière.

Pulsatilla convient souvent au début quand les bords des paupières commencent à devenir rouges, brûlent, s'agglutinent et jettent beaucoup ; lorsque les larmes sont corrosives et brûlent les joues; qu'il se forme comme un gonflement œdémateux; que les yeux ne supportent pas la lumière, ou selon que l'indiquent les symptômes détaillés plus haut à l'article Pulsatilla. Si ce remède a agi favorablement, mais non complètement, donnez huit jours après ferrum.

2?e//acfowia lorsqu'il y a pression douloureuse des yeux, pression qui s'aggrave en les portant en haut vers le front ;

que les vaisseaux sont injectés de sang; qu'il se forme des pustules et de petites ulcérations sur la cornée; s'il y a une coïncidence de catarrhe nasal et des symptômes rapportés au paragraphe belladonna; si, indépendamment, ces souffrances se trouvent être la suite d'un refroidissement, de l'humidité ou de l'influence des vents froids et humides.

Mercurius convient aux enfants qui n'ont pas encore fait de ce remède un usage allopathique ; quand les douleurs sont sécantes, surtout si les yeux en éprouvent de la gêne ; qu'il y a aggravation la nuit et à la chaleur du lit ; si les yeux brûlent et pleurent à l'air frais ; qu'ils ne peuvent supporter la lumière ; qu'ils se troublent, s'obscurcissent ; s'il se forme de petites pustules sur la conjonctive, et quand, à la suite d'un refroidissement, ces souffrances reparaissent. Mercurius est surtout convenable après que belladonna a agi de huit à quinze jours.

Hepar convient après belladonna ou mercurius, lorsque les enfants ont déjà pris du calomel ; quand les bords des paupières et les yeux sont rouges et douloureux; lorsqu'en les touchant on y réveille une sensation d'excoriation; qu'ils se meuvent avec douleur et difficulté, et ne peuvent, le soir, supporter les effets de la lumière artificielle, et qu'ils sont alternativement obscurcis ou clairs, ou qu'on y ressent une pression comme si l'œil était poussé en dehors; quand il y a sur la cornée des ulcérations ou des taies, et autour de l'œil de petites pustules. On en donnera une dose tous les jours, c'est-à-dire un globule de la troisième trituration, et cela pendant plusieurs jours de suite.

Administrez sulphur, au lieu à'hepar, lorsque belladonna et mercurius ont été donnés préalablement mais non après hepar, et ce sera dans les cas suivants : lorsque les paupières sont resserrées, contractées dès le matin; que le malade peut à peine supporter la clarté du jour ; qu'il y voit à peine, mais seulement dans un demi-jour;

MALADIES DES YEUX. Iwl

lorsqu'il lui apparaît devant la vue quelque chose comme un brouillard; que la prunelle est trouble et comme cou verte de poussière, ou lorsque les paupières sont particulièrement affectées, comme il a été dit plus haut. Il conviendra également quand le blanc de l'œil (cornée opaque) est rouge et comme teint de sang ; s'il est semé de petites vésicules, qu'il y ait des larmes abondantes, et horreur de la lumière avec une sensation de pression sur le globule, qui augmente au soleil. Il sera administré dans ce cas deux globules de la troisième dynamisation une fois par jour ou tous les deux jours, selon les circonstances.

Dulcamara est d'un grand usage quand l'affection des yeux est la suite d'un refroidissement ; quand en lisant il y a une sensation de pression, et quand tout paraît trouble et couvert d'un voile ; quelquefois il semble que des étincelles et des flammes sortent des yeux, avec une douleur sus-orbitaire.— Si le malade se sent mieux dans le repos et nullement disposé d'en sortir, avec aggravation par le mouvement, et qu'il aime à rester assis, au lieu de dulcamara, donnez belladonna. Mais si son état s'aggrave dans le repos, et qu'il préfère le mouvement, donnez dulcamara, et attendez que son action se développe.

Calcarea est quelquefois convenable après dulcamara, ou lorsqu'il se forme sur les yeux des ulcérations et des taies, avec sensation d'une forte pression, avec démangeaison et élancements; ou lorsqu'on ressent du brûlement et une douleur incisive, le soir, en lisant; lorsqu'il y a obscurcissement, et comme si des plumes voltigeaient devant les yeux, surtout après avoir mangé, ou en lisant, cousant, etc., et aussi lorsqu'on éprouve du froid en dedans de la partie affectée.

China convient lorsque les douleurs augmentent le soir, comme s'il y avait, du sable dans les paupières, ou si l'on y introduisait quelque chose avec force; lorsque la cornée transparente a perdu son brillant, ou que, lorsqu'on y re-

garde attentivement, on y aperçoit comme une sorte de fumée ou de brouillard.

Arsenicum s'emploie quelquefois lorsque les douleurs ressemblent à celles que produirait un charbon ardent, et lorsqu'il s'est formé des taches sur l'œil. Dans le dernier cas que nous indiquons on donne quelquefois aussi, parmi les remèdes indiqués plus haut, ignatia et nux vomica; et quand il y a des taies, avant tout, euphrasia.

Quelquefois les maladies inflammatoires des yeux reconnaissent pour cause de petits insectes qui s'y sont introduits. Dans ce cas, on fera usage d'un peu de camphre râpé sur un morceau de linge que Ton appliquera, ou bien on emploiera le baume camphré dont il a déjà été question.

L'origine de beaucoup d'ophthalmies dépend de la suppression de maladies de la peau, d'ulcères, ou de certaines autres souffrances : dans ce cas, appelez un médecin honiceopathe. Si elles sont la suite de la petite vérole, de la rougeole, de la scarlatine, etc., voyez les articles consacrés à ces maladies.

Les taies ou obscurcissements qui se forment sur les yeux ne doivent jamais être traités par des remèdes violents et corrosifs : des milliers de personnes leur doivent la perle de la vue. Ne laites plutôt rien; et si vous ne pouvez consulter un médecin, employez les moyens dont il vient d'être parlé, et laissez passer une ou deux semaines pour qu'ils aient le temps de développer leur action. Seront efficaces dans ce cas, principalement apium virus ou pulsatilla; belladonna, et plus tard hepar ou sulphur. et après, calcarea et silicea.

Si le malade n'a pas assez de patience pour attendre, il fera usage d'huile de noix, fraîche de l'année ; on l'exprimera à une température douce; on en introduira une ou deux gouttes chaque soir dans les deux yeux. Dans les cas où les taies sont très-épaisses, gonflées et blanches, employez sur l'œil, à l'aide d'un petit pinceau, un atome de sel porphyrisé. S'il se forme de ces taies ou obscurcissements qui envahissent tout l'œil, en commençant par les angles, mettez-y chaque jour une pincée de sucre blanc pulvérisé. Lorsque la cornée transparente ressemble à un morceau de verre dépoli, que la laie s'épaissit et menace de la perte de la vue, appelez un médecin hoinœopathe, et au besoin un chirurgien.

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