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COQUELUCHE

Rienneprouve mieux contre l'emploi des remèdes préconisés par la vieille école dans la coqueluche, que la persistance même de la coqueluche, qui laisse après elle des souffrances d'autant plus opiniâtres, qu'on a usé plus longtemps de ces remèdes.

Il est généralement reconnu que, lorsqu'on abandonne la coqueluche à elle-même, on la voit durer trois fois six semaines, et que si l'on a recours à un médecin habile et sage, oh ! alors elle dure deux fois neuf semaines; mais si l'on s'adresse à un médecin qui aime à formuler, elle dure encore beaucoup plus longtemps. Mais si vous faites usage des remèdes que nous allons indiquer, sa durée sera réduite de moitié; et si ordinairement elle est de trois semaines, dans beaucoup de cas elle est de deux seulement, quelquefois même elle ne dure que quelques jours, mais à la condition que les remèdes soient bien choisis et que le régime soit exactement suivi. Lorsqu'on a affaire a des enfants sujets à s'enrhumer, et chez lesquels on a fait abus des remèdes énergiques, ou que déjà ou a employé contre la coqueluche différents moyens, il faut s'attendre à les von- se rétablir très-lentement. Alors le mieux est encore de prendre patience , et de ne rien négliger pour l'avenir, en fai-

sant usage des moyens propres à faire disparaître promptement la toux.

Cette affection se partage en trois périodes : la première ou période fébrile, ressemblant au catarrhe ordinaire, s'accompagne de frissons, d'une fièvre légère, de dépression des forces, d'écoulement augmenté de larmes, d'éternumentet de mucosités nasales, tout le temps avec une toux sèche et fatigante qui revient par accès, par crises. — La durée de cette période est variable; elle peut être de peu de jours comme de plusieurs semaines. Il est rare, toutefois, qu'elle dépasse quinze jours.

La seconde, période nerveuse et spasmodique ou convulsive, se constitue par les symptômes caractéristiques de la maladie elle-même. La toux commence par être excessivement violente et pénible; le malade, sentant venir l'accès, se jette sur l'objet qui peut le soutenir jusqu'après le paroxysme. Celte crise est plus fréquente la nuit, et consiste dans une série d'expirations forcées, courtes et inégales, qui est suivie d'une autre si prompte que l'inspiration est impossible. La face se gonfle et devient livide; les larmes coulent en abondance; les veines du cou se gonflent, une copieuse transpiration se fait jour et la suffbcationparaît imminente. Bientôt après, ont lieu des inspirations courtes et incomplètes qui sont suivies d'une nouvelle inspiration longue, tardive et laborieuse, qui s'accompagne d'un cri particulier [huée) qui caractérise la maladie et lui laisse son nom. Les paroxysmes se succèdent toutes les cinq ou dix minutes, quelquefois on ne compte que quatre à cinq accès en vingt-quatre heures. Us se terminent ordinairement par un accès de toux et l'écoulement abondant des mucosités nasales ou par des vomissements.— Il n'est pas rare de voir se déclarer deshémorrhagies du nez, quelquefois par la bouche et même par les oreilles ; durant ce paroxysme, les yeux s'injectent aussi de sang.

La durée de cette période varie; quelquefois elle se termine après trois semaines, comme elle peut durer des mois entiers.

La troisième période ou période de déclin se reconnaît à la diminution progressive des paroxysmes ; ils deviennent de plus courts en plus courts, moins violents et moins fréquents; la huée disparaît graduellement, et la toux, qui prend de la ressemblance du catarrhe ordinaire, disparaît enfin peu à peu.

La coqueluche est une maladie propre à l'enfance, et peu d'enfants y échappent. Elle règne à l'état épidémique, et la

majorité des médecins croient à sa faculté contagieuse. Il est probable qu'elle se communique plus ordinairement durant la seconde période, alors qu'elle est pleinement formée ; elle se propage aussi pendant le déclin.

Quand la coqueluche est épidémique, et que les enfants commencent à tousser, donnez immédiatement un des remèdes indiqués plus haut contre la toux, et choisissez toujours celui qui convient le mieux. Dans beaucoup de cas, on réussira à y couper court. — Si la toux débute par être très-sèche et sifflante avec fièvre, ou que les enfants se plaignent de brûlement dans la trachée-artère, et indiquent du doigt le point douloureux, donnez tout de suite aconitiwi, et attendez quelques heures ou même une demi-journée.

Dulcamara, si, à la suite d'un refroidissement, elle débute par être grasse et se détache facilement, et s'accompagne en même temps d'enrouement. —Pulsatilla, si elle est grasse et provoque des vomissements, s'il y a éternument, faiblesse des yeux qui augmente avec l'écoulement des larmes, et un peu d'enrouement. Si elle est sèche, et qu'il y ait aussi des vomissements et de l'anxiété, avec menace de suffocation, si la figure est empourprée, quelquefois avec saignement du nez et des yeux, et que la toux se déclare principalement après minuit et dure jusqu'au matin, donnez nux vomica; et ipecacuanha, si, le vomissement ayant cessé, il reste la crainte d'étouffer avec face bleue et anxiété.

Belladonna, si au début la toux est courte et enrouée, rude et aboyante, pire la nuit, avec congestion de la tête, céphalalgie et douleur de gorge.

Mercurim contre la toux ordinairement nocturne, et se produisant par deux paroxysmes successifs qui se suivent chacun à un court intervalle, après lesquels il y a un repos assez long; contre la toux avec vomissement et saignement du nez, sang qui se coagule de suite ; transpiration la

nuit avec surexcitation, convenable surtout aux enfants sujets aux vers.

Bryonia et phosphorus sont utiles lorsque la coqueluche se complique d'une affection de poitrine, avec douleur, fièvre, etc.

Dans la deuxième période ou période convulsive du mal, ayez toujours recours à veratrum album, drosera ou cuprum, soit l'un ou l'autre, quelquefois l'un après l'autre, soit alternativement avec les remèdes indiqués plus loin, particulièrement avec nux vomica.

Veratrum album agit très-promptement: voilà pourquoi il faut l'employer d'emblée dans la plupart des cas; donnez-en un ou deux globules immédiatement après un accès, et attendez le suivant. Si l'accès est aussi intense que le précédent ou est devenu pire, donnez-en un autre globule et attendez vingt-quatre heures et même trente-six, et plus longtemps s'il se déclare de l'amélioration et qu'elle continue; lorsqu'il y a aggravation, donnez une nouvelle dose, qui est spécialement indiquée lorsqu'il y a grande faiblesse, fièvre, transpiration froide, de la tête principalement, avec pouls précipité et faible et beaucoup de soif. Il est encore indiqué lorsque les enfants laissent échapper leurs urines pendant l'accès, ou qu'ils se plaignent de la poitrine, du bas-ventre et des aines; lorsque entre les accès ils ne recouvrent pas leur gaieté et restent comme abattus ; que, par suite de perte de forces, ils laissent tomber leur tête: s'ils éprouvent des frissons et sont altérés; qu'ils n'aient pas envie de parler, et si en même temps leur cou se couvre d'une éruption sèche et clairsemée, ou si elle ne se montre qu'au visage et aux mains. Drosera et carbo vegetabilis conviennent généralement après veratrum album.

Drosera s'administre deux fois de suite de la même manière que veratrum album, et l'on attend deux ou trois jours au plus; s'il se déclare de l'amélioration, on attend

tant qu'elle dure; si elle s'arrête, on choisit un autre remède. — Drosera convient principalement dans les cas où les symptômes du mal sont analogues à ceux qui lui sont propres; comme lorsque le malade souffre plus dans le repos que dans le mouvement, que les frissons sont non accompagnés, mais suivis de la soif; que la transpiration n'est pas froide, mais plutôt chaude, ou seulement la nuit; ou lorsque les paroxysmes sont très-violents, avec une toux forte et rauque, qu'elle soit accompagnée ou non d'une fièvre qui prend une certaine régularité, et s'accompagne de frissons et de chaleur, seulement la fièvre n'a pas la lenteur de veratrum album.

Cina convient lorsque les enfants, pendant la toux, deviennent tout à fait roides, et qu'après les paroxysmes on entend un bruit de glouglou qui descend de la gorge dans le bas-ventre. On l'administrera avant tout autre remède, lorsque les enfants portent opiniâtrément leurs doigts au nez, qu'ils ont des tranchées et des démangeaisons à l'anus, ou que l'on aura signalé antérieurement l'existence d'autres symptômes vermineux, ou qu'il y aura eu des vers rendus.

Cuprum metoMicum a été jugé très-utile dans les cas où il y a rigidité très-prononcée du corps ou des convulsions, phénomènes qui se produisent après chaque accès, ou qu'il y a des vomissements après les attaques et un gargottement de flegmes, sur la poitrine durant la toux. Ce médicament aura dans quelques cas un effet très-heureux; il diminue d'une manière considérable la durée de la maladie. — Il réussit généralement bien après l'emploi de veratrum.

Carbo vegetabilis est le remède capital dans les attaques spasmodiques de toux, arrivant deux fois le jour, spécialement le son ou avant la nuit; toux creuse, avec larmoiement abondant, rougeur du palais et de la gorge, comme aussi contre la toux accompagnée de douleurs lancinantes dans

la tête, la poitrine et la gorge ou avec éruption à la tête et au corps. — Il est également très-utile dans la dernière période de la maladie après que les plus violentes crises ont été domptées.

Araser convient à la suite d'une forte hémorrkagie du nez et de la bouche, ou avec injection rouge des yeux, lorsque le sang s'est extravasé autour, comme s'il y avait meurtrissure des yeux, et comme aussi lorsque chaque paroxysme de toux est suivi de cris.

Hepar, lorsqu'il y a diminution de la toux, mais qu'elle reste sèche et enrouée, ou creuse et résonnante, avec des envies de vomir, suivies de cris violents par accès.

Tartarus émettais, pris au début de la coqueluche, peut dans quelques cas couper court à la maladie ou en diminuer grandement la violence. Il est aussi fréquemment avantageux dans un degré plus avancé, et au moment même où les bronches semblent engouées par les glaires. On administrera un grain de la troisième trituration délayé dans un verre d'eau, on le servira par cuillerées à bouche trois à quatre fois par jour.

La troisième période ou de déclin réclame les mêmes remèdes qui ont été recommandés dans la période commençante, et dans la toux ou dans les cas de refroidissements ordinaires, et ils doivent être choisis selon leur véritable indication. — Le changement d'air, lorsqu'on le peut, est très-utile à cette période.

Pendant le traitement de la coqueluche, la nourriture sera légère et d'une facile digestion ; on écartera avec soin toutes les choses stimulantes.

Toute émotion sera prévenue avec vigilance, car elle peut ajouter beaucoup à la violence du mal, et augmenter les crises de toux, et surtout au moment des paroxysmes les plus terribles.

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