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COURTE HALEINE, ASTHME

Les attaques d'asthme se manifestent tantôt subitement, et alors le malade est pris à l'improviste; tantôt il en est averti par un sentiment de plénitude et d'oppression qu il éprouve au creux de l'estomac, causé le plus souvent par un refroidissement, avec irritation de la trachée-artère. L'accès a lieu rarement le Tour mais bien la nuit, entre dix et deux heures Si e malade est couché, il se redresse immédiatement et est oblige de rester sur son séant; il ressent une conslriclion dans toute a poitrine, ht oorte les bras en arrière pour faciliter la resp.ral.on. Les épaules sont soulevées et la tête s'embarrasse; .e malade se saisit

de tout ce qui peut le soutenir; les inspirations sont précipitées, et, après chaque expiration, il se fait une pause; le malade recommence une nouvelle inspiration, et comme s'il tentait un effort pour prendre haleine; il demande que les portes et fenêtres soient ouvertes pour laisser entrer l'air. Sa figure est pâle, quelquefois livide; ses yeux anxieux et saillants; il a une petite toux fréquente et sèche, et le corps se couvre d'une sueur froide et profuse, accompagnée fréquemment d'un dérangement de l'estomac et même de vomissements.

L'attaque d'asthme d'un caractère nerveux ou spasmodique ne dure guère que trois ou quatre heures ; après quoi les symptômes se dissipent graduellement, la toux devient plus faible, et l'expectoration moins abondante, les matières expectorées plus claires et visqueuses, avec un petit goût salé ou douceâtre; la physionomie prend son expression naturelle, et le malade peut s'endormir. Après le réveil il se sent entièrement rétabli; mais il reste encore quelque embarras dans la respiration; c'est un sentiment de douleur à l'estomac, qui dure le jour suivant et jusqu'au prochain accès. L'asthme, qui provient d'un refroidissement, commence graduellement; l'expectoration qui a lieu est d'abord filante et rare, plus tard copieuse et porte un grand soulagement au malade ; elle le dégage.

Les causes de l'asthme sont très- diverses : les changements atmosphériques , différents genres d'odeur, agréable ou désagréable, la fumée, la poussière; les gaz; des particules métalliques ou autres flottantes dans l'air; l'infusion de camomille; l'ipécacuanha; les vapeurs sulfureuses et autres. En outre , les irrégularités du régime, spécialement une trop forte dose d'aliments ou de boissons, ou de mauvaise qualité; l'abus des liqueurs spiritueuses; la suppression d'une habituelle évacuation, la surexcitation et les impressions morales. — L'asthme est une affection qui est plus particulière à un âge avancé qu'à tout autre.

Dans les accès subits, on'peut trouver quelquefois du soulagement en mettant les mains dans l'eau chaude, ou en appliquant des ventouses sèches à la base de la poitrine ou sur l'abdomen, comme il a été dit à l'article « Crachement de sang ». On fera utilement aussi de recourir aux ligatures des extrémités, ainsi qu'on l'a recommandé dans le même article.

Lorsque l'accès dépend d'une infusion de'camomille ou d'ipécacuanha , respirez le camphre ou prenez une petite prise

de café pur. S'il est causé par la vapeur de soufre , pulsatilla sera préférable.

Si la poitrine semble être prise et étreinte comme dans un corset, avec angoisse, et si la conslriction alterne avec le mal de tête, donnez glonoine.

Lorsque l'accès arrive après avoir mangé,ou particulièrement après le dîner; lorsque le malade manque d'air, ce qui l'oblige à tendre le cou comme s'il craignait d'être suffoqué; s'il sent de la sécheresse dans la gorge qui lui semble être trop étroite, mais sans qu'il éprouve trop d'anxiété, donnez un peu de gingembre à mâcher avec du sucre.

Si c'est par suite d'un refroidissement que l'accès a lieu, et qu'il soit suivi d'une toux sèche, donnez par cuillerée à café d'une légère infusion à'anis , principalement Je soir.

Ceux qui sont sujets à ce genre de souffrances doivent prendre pour habitude de boire chaud et de se faire frictionner le corps une fois par semaine, comme aussi de fumer tous les malins.

Les forts accès d'asthme sont améliorés assez promptement par l'inhalation de la fumée de papier brouillard préparé au salpêtre.

Dans les attaques d'aslhme comme dans les autres affections pulmonaires qui sont produites par l'inhalation d'une poussière fine., ainsi que cela arrive souvent pour les tailleurs de pierre, les meuniers et autres professions qui s'exposent à de pareils inconvénients, on fera bien de laisser pousser la moustache afin qu'on ait un moyen d'empêcher la poussière volante d'arriver dans les poumons. La nature semble avoir sauvegardé les hommes des causes qui portent atteinte à leur poitrine en garnissant la lèvre d'une moustache qui est destinée moins à servir d'agrément qu'à la santé de l'individu. Il n'est pas un cheveu implanté sur notre tête qui n'ait son usage et sa beauté, mais un faux système d'hygiène et la dépravation du goût ont conspiré à fausser notre jugement à cet égard.

Ipecacuanha est indiqué lorsque la poitrine est comme serrée, la respiration haletante, avec bruit de râle dans la trachée-artère, comme par la présence de mucosités qui montent et descendent, ou s'il semble au malade qu'il respire un air pulvérulent qui l'empêche de respirer ; s'il se

porte avec avidité et anxiété au-devant de l'air, par la crainte de suffoquer; si son visage est pâle, ses extrémités froides. Après ipecacuanha, arsenicum convient généralement, ainsi que bryonia ou nux vomica.

Arsenicum dans les accès les plus violents, lorsqu'ils sont dus à un catarrhe supprimé, et qu'en outre la poitrine soit délicate; lorsqu'il y a aggravation vers minuit, que la respiration devient de plus en plus difficile, qu'il y a un bruit de râle accompagné de gémissements, de soupirs, de mouvements désordonnés et involontaires du corps,ou si l'accès se déclare pendant la marche, chez les vieillards surtout ; lorsqu'on se sent le cœur comprimé, que cette sensation va et vient; et qu'au moindre mouvement il se déclare de l'aggravation, principalement en montant au lit.

Si l'accès augmente après arsenicum, répétez ipecacuanha qui sera alors fort convenable ; ou si le lendemain il n'y a encore aucune amélioration, il y a lieu de donner nux vomica.

Apium virus, si le cou est fortement contracté; si la région des fausses côtes est comme meurtrie, plus vers le côté gauche ; si la température de l'appartement devient insupportable à cause de la chaleur et du mal de tête qu'on éprouve.

Bryonia est d'une grande utilité après ipecacuanha, particulièrement quand il y a aggravation par le mouvement, principalement à la suite d'éruptions rentrées, ou que celles-ci ne veulent pas sortir; lorsque le malade soupire souvent, que les accès viennent la nuit, accompagnés de maux de ventre comme pour aller à la selle.

Belladonna convient lorsque l'état s'aggrave par le mouvement, et que cependant on ne peut rester tranquille ; que le paroxysme empire en parlant, et que la respiration est tantôt courte, tantôt longue, ou courte et précipitée, suivie de toux sèche, et que la poitrine est comme trop pleine.

Arnica, lorsque le mal s'aggrave non-seulement par le mouvement, mais aussi par la parole et en se mouchant; si la respiration est haletante, avec des douleurs lancinantes dans la poitrine.

Cepa, si les enfants sont éveillés subitement dans le milieu de la nuit par une toux suffocante, particulièrement si l'on a été surpris par un accès en plein air par temps humide. — Donnez euphrasia, dans de pareilles circonstances. Voyez ce qui a été dit de ces deux remèdes à l'article « Toux » .

China, lorsque la respiration est sibilante et bruyante, ou qu'il y a menace de suffocation par les glaires; lorsque le mal se déclare pendant le sommeil et qu'il tient éveillé; lorsqu'on ne peut respirer que la tête très-élevée; si le malade transpire facilement et se refroidit de même.

Coffea est bon pour les personnes d'une excessive sensibilité, qui sont sujettes à ces excès après une grande excitation intellectuelle; lorsque l'inspiration ne se fait qu'avec peine et par des prises d'air saccadées, suivies d'anxiété, d'inquiétude, chaleur et moiteur. Si cela ne suffit pas, donnez aconitum ou alternez ces deux remèdes. Il convient de donner plus tard pulsatilla chez les personnes timides et larmoyantes, ou nux vomica, chez les personnes vives et passionnées. — Si le mal provient d'un chagrin concentré, ignatia; — s'il vient d'un violent accès de colère ou d'une querelle, chamomilla.

Chamomilla convient lorsqu'on s'enrhume facilement, qu'on ne tousse pas pour le moment, mais qu'on ressent une pression très -forte sur la poitrine ou sur le cœur, ou que la transpiration ne peut pas s'établir.

Pulsatilla convient aux personnes d'un caractère doux, aux femmes surtout, lorsqu'il y a vertige, faiblesse de la tête, somnolence, palpitation de cœur, chaleur dans la poitrine, ou lorsque la respiration ne se fait que par la partie supérieure.

Sambucus, si la respiration est précipitée, laborieuse et

forte, avec sensation de pesanteur sur la poitrine, angoisse et crainte de suffoquer; gonflement et bleuissement de la figure et des mains; chaleur, tremblement; impossibilité d'élever la voix ; toux suffocante ; les symptômes s'aggravent par la position couchée, particulièrement s'il y a de la transpiration dans la région du cou.

Sulphur, respiration courte, respiration gênée etanxieuse avec crainte de suffoquer; l'accès surprend dans la nuit au lit, ou durant le sommeil ; sensation comme si la poitrine était contractée; râle muqueux dans la poitrine; plénitude et pression comme par une pierre ; toux quelquefois dure et fatigante, d'autres fois humide avec l'expectoration profuse de mucosités blanchâtres ou jaunâtres ; face bleue et impossibilité de parler et palpitation de cœur.

Phosphorus, lorsque l'accès débute la nuit ou sur le matin, et s'il paraît dépendre d'une surexcitation ou de l'impression de l'air du jour précédent, et lorsque l'expectoration est séreuse et pleine de bulles d'air, et d'une couleur jaunâtre et brunâtre.

Veratrum convient souvent apvèsipecacnanha,arsenicum, china, arnica, particulièrement lorsque le malade est près de suffoquer; également aussi, avec aggravation en se levant ou par le mouvement, avec douleur dans le côté, toux creuse en même temps; lorsqu'il se fait une transpiration froide, ou que la figure et les bras deviennent froids ; particulièrement, si l'on n'obtient qu'un soulagement partiel par le repos, étant couché.

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