PROLAPSUS OU DESCENTE DE L'ANUS , DU RECTUM
Cet état consiste dans le renversement exte'rieur du gros intestin, ou rectum; il se déclare, soit lorsque les intestins sont mis en action, soit seulement qu'ils soient précédés ou suivis d'épreintes, ou en s'asseyant, ou en marchant. — L'intestin revient dans sa position naturelle lorsqu'on s'étend, ou qu'on l'aide avec la main. — Pour faire cesser le prolapsus, le malade doit se mettre sur ses genoux, les parties étant écartées, on enfonce l'intestin avec un petit tampon mouillé. Si l'eau froide provoque de la douleur, on peut se servir d'eau chaude. Si l'intestin ne veut pas rentrer en place, et pour ainsi dire de lui-même, on aura recours à un tampon un peu plus ferme, on prendra une éponge fine, qu'on enveloppera d'un linge très-fin aussi; mouillez ce tampon, et introduisez-en une partie avec lenteur mais avec fermeté. Ne précipitez rien et vous opérerez avec plus de sûreté dans la véritable direction ; il se fait dans l'intestin une très-courte contraction ; qui procède alternativement de haut en bas et de bas en haut, c'est pendant le dernier erïort que l'intestin reprend sa place. Mais s'il n'en est pas ainsi après dix minutes, et que l'intestin soit froid et mollasse, essayez del enfonceravec votie doigt, préalablement huilé ou beurré et dont 1 ongle aura été taillé de manière à ne pas blesser les tissus. Ml se déclare de la rougeur, du gonflement et de l'inflammation abstenez-vous d'opérer la rentrée, et contentez-vous d'ap- £ le Z T Pai tieS-deS comPresses d'<^ froide, et admlnhh TivS^TAlTT?*'- aUX enfa"ts> P^iculièremenl pendant
îmgï';r,: l°mtia ou »™ ^mica, selon la valeur des symptomesetdes tempéraments.- Si l'intestin est très-enflé, ou d une couleur bleuâtre, ou s'il saigne avec de vives douleur en
poussant à la selle, mercurius, le jour d'après, ignatia; — si c'est à la suite de la dysenterie, ruta; si le prolapsus a lieu en marchant et que l'intesliu soit d'un rouge violet, arnica; - s'il y a un gonflement d'un rouge blanchâtre autour de l'anus accompagné d'élancements, apium virus. — Dans les cas chroniques, chez les enfants surtout, donnez calcarea; il est préférable.
Cette affection consiste dans un écoulement de sang par l'anus à travers les veines dites hémorrhoïdales ; ila lieu assez fréquemmenttouteslesquatre à cinq semaines, etqui est précédé de souffrances plusou moins incommodes, après quoi on se trouve infiniment soulagé. Cette incommodité préserve souvent d'autres maladies plus graves. C'est précisément ce qui fait que les Allemands l'appellent veine d'or. D'ordinaire les symptômes précurseurs sont assez douloureux. Quelquefois l'écoulement du sang s'arrête; il n'en sort pas ou peu; d'autres fois il s'en écoule trop, et cela devient dangereux. Souvent il se forme sur la marge de l'anus des tumeurs très-douloureuses, surtout lorsqu'il ne se fait pas de flux sanguin. Celte affection peut en outre se déplacer et se porter sur une partie plus importante de l'organisme : il en résulte alors des accidents très-graves. Pour ces divers cas, il y a à la vérité différents remèdes à employer; mais il y a avant tout à modifier un genre de vie qui ne manque pas d'aggraver la maladie. — 11 ne faut pas rester longtemps assis, particulièrement sur un siège mou, à moins que les hémorrhoïdes ne soient sorties ; on évitera toute boisson forte, principalement la bière forte, le vin, le café, le thé, etc. Le matin on boira beaucoup d'eau; on mangera moins de viande, et l'on prendra beaucoup d'exercice.
Les médecins de la vieille école n'entendent rien au traitement des tumeurs hémorrhoïdales; s'ils ont quelquefois réussi à les taire disparaître, c'est par un pur hasard ; et l'insuccès leur a fait concevoir la folle idée de les exciser, ce que chacun peut faire s'il a une paire de ciseaux adaptés à celle opération. Les douleurs de l'opération n'ont rien de irès-souffi ant, mais ce n'est pas moins une opération hasardée et très-irrationnelle, qui peut avoir, de graves conséquences; on ne parvient souvent dans ce cas àarrêler l'effusion du sang qu'avec un fer brûlant ou de la créosote et il en résulte des ulcères qu'on ne parvient pas toujours
AFFECTIONS DE i/aBDOMEN.
à faire cicatriser. Cette excision n'a du reste d'autre effet que de suspendremomentanément les souffrances, car il ne tarde guère à se former d'autres tumeurs qui s'établissent plus haut dans le rectum, où elles deviennent naturellement beaucoup plus incommodes et plus douloureuses: on n'a plus la ressource de les exciser avec la même facilité, et, si l'on y parvient, le rectum se trouve lésé d'une manière irrémédiable. Supposons que cette nouvelle opération ait une apparence de réussite; et puis que fera-t-on contre les tumeurs qui se forment plus haut? Là s'arrête la sagesse de ces habiles opérateurs. Mais alors la maladie étant devenue plus grave qu'auparavant, ils l'abandonnent au destin. — Nous autres homceopathes, nous avons des remèdes qui guérissent ces tumeurs sans les couper; et nous savons aussi que plus on fait subir de ces mutilations au malade, plus il est difficile de Je guérir.
Des ablutions et des lavements d'eau fraîche, une ou deux fois par jour, constituent un excellent moyen, quand leshémorrhoïcles ne coulent pas; mais qu'on se garde bien de l'employer, quand elles saignent avec trop de force. Tout au plus y doit-on recourir quand le flux est trop abondant; mais alors il faut toujours user des remèdes adaptés à la circonstance. Ces lavements seront pris avec une grande précaution; l'eau ne sera pas froide; le bout de la seringue, en gomme élastique, en bois de buis ou de tilleul, ne sera pas trop pointu; il sera obtus et de la grosseur du petit doigt; on aura la précaution de le tremper dans de l'huile fraîche, de la graisse, ou du beurre: on l'introduira alors avec ménagement. Mais si les tumeurs de l'anus sont trop douloureuses, et qu'on ne puisse pas introduire la seringue, on tiendra sur l'anus une éponge trempée dans l'eau froide. Le malade fera utilement d'humecter les tumeurs avec sa salive, pourvu que ce ne soit pas immédiatement après avoir mangé ou fumé; ceux qui chiquent ou ont des ulcères dans la bouche s'en abstiendront. Lorsque les hémorrhoïdesne saignent pas, elles deviennent très-duuloureuses; et si l'application de l'eau froide les exaspère, alors qu'on prenne une fumigation sur une chaise percée placée sur un vase d'eau de son très-chaude ; on se trouvera bien aussi de l'usage de substances mucilagineuses , et particulièrement d'une émulsion de graines de coing.
Mais le principal est dans l'emploi des remèdes. S'il y a une grande démangeaison, consultez l'article « Démangeaisons à
l'anus; » s'il y a des coliques par suite d'hémorrhoïdes , donnez les remèdes contre la colique, parmi lesquels se distinguent principalement pulsatilla, nux vomica et colocynthis. Pulsatilla s'adresse aux femmes; nux vomica est pour les ivrognes et pour ceux qui mènent une vie sédentaire, et colocynthis quand les douleurs sont très-violentes. Il faudra aussi voir l'article consacré à la « congestion sanguine abdominale. »
Aconitum est suivi d'un bon résultat lorsque le sang flue, et qu'il y a en même temps une douleur lancinante et pressive à l'anus; lorsque le bas-ventre est comme trop plein, avec tension, pression et coliques ; lorsque les reins sont comme brisés.
Nux vomica lorsque les tumeurs sont le siège de douleurs lancinantes et brûlantes, accompagnées des souffrances indiquées à l'article « Démangeaisons à l'anus » ; lorsque, avant et après la selle, il y a un flux abondant d'un sang clair, ainsi que dans le cas de constipation ou de grossesse. Si ce remède ne suffit pas, donnez ignatia; et plus tard, si les souffrances reviennent, sulphur.
Apium virus lorsque les tumeurs sont petites, très-douloureuses, pinçantes, mordantes et pruriteuses ; quand il y en a de grosses avec douleur et brûlement ; si tout le pourtour de l'anus est gonflé, chaud et comme rempli, particulièrement s'il sort un sang noir fluide; approprié aux personnes irritables, inquiètes et abattues.
Pulsatilla lorsque avec les selles il sort un mélange de sang et de mucosités, qu'il y a forte pression sur les tumeurs; qu'on éprouve des douleurs dans le dos, et que la face est pâle, avec crainte de syncope ; si cela ne suffit pas, donnez mercurius ; et après, sulphur.
Capsicum convient quand les tumeurs sont très-enflées, que le sang s'échappe avec des douleurs brûlantes, des selles séro-sanguinolentes; lorsqu'on ressent les tiraillements dans les reins et le dos, et des tranchées dans le
ventre. , Ignatia convient dans les douleurs pulsatives situées pro-
AFFECTIONS DE i/ABDOMEN. 335
fondément, avec démangeaison et fourmillement, flux abondant de sang, ou procidence de l'anus pendant les selles, ou lorsque, après les selles, on éprouve une forte douleur d'excoriation et de contraction, particulièrement à la suite d'un besoin impuissant d'aller, ou qu'il n'est sorti qu'un mucus sanguinolent.
Chamomilla se donne quand le flux de sang est liquide, avec douleurs compressives dans le bas-ventre, et besoins fréquents d'aller à la selle ; qu'il y a de temps en temps de la diarrhée, particulièrement si elle est accompagnée d'une sensation de brûlement et de corrosion, avec maux dans les reins, surtout la nuit.
Antimonium crudum convient fréquemment lorsqu'il sort de l'anus une mucosité jaunâtre qui tache le linge ; on peut dans quelques cas l'alterner avec pulsatilla; lorsque le mucus donne la sensation d'un fort brûlement préférez alors carbo vegetabilis , principalement quand on saigne du nez et qu'il se fait un afflux de sang vers la tête. &
Carbo vegetabilis lorsque, par suite d'un flux de san<* brûlant, le malade tombe dans une grande faiblesse : s'il ne suf fit pas, donnez arsenicum ; et s'il y a une nouvelle aggravation, alternez ces deux remèdes.
Sulphur est le remède principal contre les hémorrhoïdes Huentes ou borgnes; il convient particulièrement quand il y a une pression, un besoin continuel d'aller à la selle et que ce besoin est sans résultat, ou qu'il y a des selles trèsminces et sanguinolentes, accompagnées de douleur d'ex comt.on et d'élancements violents dans l'anus et autour;
Woun T1* S°nt brÛlantes' qu'elles suintent> s°rten
euîTZïl aU P0'nt ^ ne P°UVOir IeS faire ™trer; si elles sont accompagnées de douleurs violentes et lanri
aussi quand - -
Celui qui a déjà pris beaucoup de soufre ou d'huile de Harlem, et qui en a abusé, devra préalablement faire usage de mercurius, et , six jours après, de sulphur , le soir et le matin; mais s'il a abusé également des préparations de mercure et de soufre, qu'il prenne d'abord lachesis une ou deux fois; et s'il se produit une nouvelle aggravation, mercurius, et ensuite sulphur.
Belladonna convient dans le flux de sang accompagné de mauvaises douleurs dans les reins, comme s'ils étaient contusionnés, brisés; s'il ne suffit pas, donnez hepar; et si la guérison n'est pas opérée, quatre à cinq jours après, rhus. Dans tous les cas, le malade ne prendra de ces remèdes que deux fois par jour, le matin et le soir, ou le soir et le matin.
Dans le flux trop abondant de sang, donnez aconitum; s'il ne suffit pas et que le sang coule comme dans une hémorrhagie, qu'on n'attende pas longtemps et qu'on donne ipecacuanha; si après dix minutes il n'y a pas de résultat, sulphur, et de nouveau aconitum; si cela ne suffit pas encore donnez belladonna à flairer, et ensuite calcarea en olfaction. Si, après l'usage de l'un de ces remèdes, il y a quelque amélioration, ne donnez plus rien ; s'il y a quelque aggravation, recommencez, et ne recourez à un autre remède que lorsque le précédent a épuisé son effet. Si le malade est faible, donnez-lui china dans l'intervalle.
Les remèdes ci-dessus indiqués suffisent pour les cas d'urgence; ils peuvent aussi guérir les cas chroniques; et s'ils n'y réussissent pas, appelez un médecin homœopathe, et renseignez-le avec détail sur toutes vos souffrances.