‹ Médecine homoeopathique domestique [electronic resource]Chapitre 160 sur 270 · DIARRHÉE · texte numérisé non relu

DIARRHÉE

Cette affection est déterminée très-souvent par les .causes indiauées dans la première partie de ce livre : comme pai »ne fra t subite, une peur, une contrariété, un refroidissement,

un échauffement, un dérangement d'estomac, la suite de brûlures, etc.

La plupart des gens ont encore le préjugé de croire que la diarrhée est un bénéfice de nature, nécessaire au rétablissement de la santé dérangée. Il est vrai qu'il y a quelques maladies qui se jugent par la diarrhée, mais elle n'en reste pas moins une maladie si elle a de la durée; et il est très-vrai aussi que c'est par elle que commencent d'autres souffrances. — Le faux semblant d'amélioration et de faiblesse qu'on éprouve après une diarrhée quelconque (soit provoquée ou non) est considéré par beaucoup de personnes comme salutaire et agréable, par cela seul que l'état actuel est différent de celui qui précédait ce dérangement. Par comparaison, il en est de même de ceux qui regardent l'usage de la bière forte ou de l'eau-de-vie comme bienfaisant, à cause de cette espèce d'enivrement qui en résulte • il leur semble d'autant meilleur, qu'il est plus prononcé. 11 se trouve aussi des gens qui croient que la santé ne peut rester dans un parfait équilibre s'ils ne se purgent pas de temps en temps. Us n'ont qu'à essayer, s'ils sont constipés, des remèdes que nous conseillons contre la constipation, et se convaincront qu ils peuvent guérir la plupart du temps sans purgatifs. Si l'on est pris d une diarrhée naturelle ou artificielle, ce ne sera pas une raison pour qu'il faille l'arrêter artificiellement, comme par du vin, de l'eau-de-vie, et tout autre moyen ; il vaut mieux lui laisser son cours, et ne prendre que les remèdes qui lui sont appropriés. Supprimer la diarrhée n'est pas toujours dangereux; cependant cela peut le devenir quelquefois, principalement chez les enfants et les vieillards, ou chez les personnes qui sont atteintes en même temps d'une autre maladie - Il

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Expliquons-nous plus positivement, et cela pour détruire les préjugés qui existent sur ce sujet : en admettant que le corps contienne de véritables impuretés, il s'en débarrasse plustôtpar une évacuation naturelle que par la diarrhée, qui, quoi qu'on en dise, ne parvient pas à en délivrer les intestins. Lorsque les matières sortent fermes, rien ne reste; tout le monde sait cela. Le canal intestinal est un véritable tube, étroit à son origine, et qui va s'élargissant jusqu'à son extrémité inférieure. Il ne ressemble pas à un tuyau de pompe à incendie , sur lequel il faut agir pour en faire sortir le contenu. Non, ce n'est pas un instrument inerte, mais bien un tube tout vivant, doué d'une activité propre et constante. Cette activité, tant qu'elle est à l'état normal, ne souffre pas que rien reste dans le corps; il n'y reste quelque chose que lorsqu'elle a perdu sa régularité ou qu'elle s'arrête; ce qui ne peut avoir lieu. — Dans la diarrhée provoquée par un purgatif, celle activité, cette force est nregulière, et s'irrite dans les efforts qu'elle fait pour débarrasser l'organisme de ces purgatifs, véritables poisons qui, lorsqu elle y est parvenue, laissent les intestins dans une grande faiblesse, dans un relâchement extrême.- Sile purgatif n'agit pas à l'égal d'un poison, alors il n'évacue pas tout; et il ne sort du corps que parce qu'il ne peut être toléré. - Les effets funestes des médecines deviennent encore plus évidents; lorsque ces drogues restent dans les intestins ; car le corps n'a plus la force de les chasser; alors elles y restent avec toute la force d un poison. On a beau dire que c'est la maladie qui produit ces symptômes ; il n'en faut rien croire; cela est faux. Il meurt beaucoup plus d'adultes par la magnésie et l'huile de ricin, plus d enfants par la rhubarbe que par l'arsenic, dont on est tant/ffraï\* J"^ t.itre. Dans l'état de constipation, la force des intestins es plus puissante, et dans un temps donné, les excréments peuvent être expulsés, et, par conséquent, rien ne peut rester dedans, car les matières durcies remplissent toujours le gros boyau, ce qui n'a jamais lieu dans la diarrhée. Lorsque la force d expulsion s'arrête, il est vrai que tout reste stationnaire ; mais elle peut être facilement provoquée, comme cela est prouve a 1 article « Constipation » . Les médecins qui ont ouvert des corps par centaines, savent très-bien qu'on ne trouve des impuretés que dans les sujets morts à la suite de la diarrhée, et jamais dans ceux nui ont élé constipés.

LorVon est pris d'une légère diarrhée et qu'on se trouve

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par là soulagé ou guéri d'une autre maladie, il ne faut pas se presser de recourir aux remèdes ; il faut y recourir quand elle continue, ou qu'elle donne lieu à d'autres affections. Dans ce cas, choisissez parmi les médicaments appropriés aux symptômes.

Dans la diarrhée de la dentition il n'y a rien à faire, à moins qu'elle ne dure trop longtemps et qu'elle n'affaiblisse les enfants. Il suffira dès le principe d'éviter les acides, le café, le thé et toute substance salée; tous fruits, frais ou secs, les œufs ou le poulet et autres volailles sont toujours nuisibles. Ne donnez que des boissons mucilagineuses et une nourriture féculente, comme la farine d'avoine, de riz, etc. Si l'appétit se conserve, le malade prendra du bouillon, du potage avec ou sans fécule, ainsi que du lait récemment trait, s'il n'y a pas de répugnance ; mais on te donnera sans excès; il pourrait augmenter la diarrhée.

, Jpecacuanha convient dans le cas où le petit malade crie, s'agite, est inquiet, salive beaucoup, qu'il a le bas-ventre gonflé, avec des besoins impuissants d'aller, qu'il a des selles fréquentes, petites, jaunâtres, accompagnées de coliques et de douleurs au rectum, ou que les selles sont muqueuses, minces, comme fermentées, et d'une mauvaise odeur; qu'il éprouve en même temps de la faiblesse, l'envie de rester couché ou qu'il est somnolent; que le visage est pâle, avec cercle bleuâtre des yeux, horripilation, irritabilité, mauvaise humeur. Si ipecacuanha ne suffît pas donnez rheum; si les selles ont une odeur aigre, rheum sera préféré dès le principe.

Chamomilla s'adapte principalement aux enfants qui crient s agitent, et veulent toujours être portés; à ceux d un âge plus avancé, s'ils s'agitent d'une manière inquiète

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gée, renvois fréquents et soulèvements d'estomac comme pour vomir. — Ce remède conviendra aux grandes personnes, particulièrement quand les selles sont vertes, aqueuses, chaudes et puantes; qu'elles ont la bouche amère ; qu'il y a renvois amers, vomissements bilieux, plénitude d'estomac, tranchées, céphalalgie.

Pulsatilla convient dans la diarrhée qui a la consistance de bouillie, ou lorsqu'elle est liquide, puante, qu'elle excorie l'anus, qu'elle est brûlante; si elle s'accompagne de dégoût, de nausées, de renvois désagréables, de tranchées; plus fréquente la nuit que le jour; donnez rhus, si, rendue à l'état de bouillie, elle n'a lieu qu'après minuit, mais précédée de maux de ventre qui cessent après la garde-robe.

Pulsatilla convient dans la diarrhée muqueuse, lorsque chaque selle change de couleur; - si elle occasionne une grande faiblesse, donnez colocynthis ; et s. ce remède amène de vives tranchées, administrez une tasse de cale pur — Si les selles sont claires, verdâtres, sanguinolentes et accompagnées de ténesme, donnez mercurius.

Pulsatilla est particulièrement convenable aux malades d'une humeur douce et patiente (les femmes et les enfants); et si la diarrhée est causée par des aliments gras.

Mercurius convient quand les souffrances sont à pousser des cris qu'on se tord et qu'on a un besoin urgent et impuissant d'aller, avec sueur froide et tremblement quand les selles sont vertes, aqueuses et muqueuses, que que ois bilieuses, avec des stries de sang suivies d'une grande fa b esse d'une haleine mauvaise, et comme s, elle venait d un estomac à jeun; s'il y amanque d'appétit, et envie de vomir, et en même temps diarrbée et vomissement. Il convient aussi quand les selles sont tellement corrosives qu en sortant elles brûlent l'anus, siège d'un vif prurit.

Sulphur se donne dans la diarrhée où les selles sont tellement acres que tout le pourtour de l'anus en est excorié ou provoque des éruptions miliaires; souvent aussi, ■

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elle s'accompagne d'émaciation,ou chez les enfants, qui ont le ventre dur et ballonné : lorsque le moindre refroidissement l'a fait récidiver. Il convient surtout après les remèdes qui ont guéri la diarrhée une première fois, mais guérison qui n'a pas tenu.

• Antimonium crudum convient dans la diarrhée aqueuse avec dérangement d'estomac et langue chargée d'un enduit blanc. Lorsque l'anus est douloureux avec spasmes, que la moindre nourriture cause une douleur pressive sur l'estomac; que les yeux sont comme hébétés; si la figure est pâle et comme livide, donnez ferrtim, qui peut être aussi administré dans la diarrhée indolore. - Si cette affection dure depuis longtemps, et que les autres remèdes soient restes sans effet, donnez phosphoric. acicl. à doses répétées et de plus en plus fortes.

Rheum convient dans la diarrhée aiguë, mince, glaireuse, et comme en fermentation (comparez avec ipeeacuanha), et particulièrement aux enfants qui crient et se plaignent de coliques, ou ramassent leurs jambes vers le ventre, si leur bouche est pleine de salive et leur face pâle. (Si la figure est rouge, donnez chamomilla, et si c'est insuffisant, belladonna). Dans le cas où l'enfant sent l'aigre quoiqu'on le lave souvent, si rheum n'a pas suffi et que les douleurs persistent, donnez chamomilla ; et si elle re<=te sans effet, et que les douleurs diminuent en même temps que 1 état de faiblesse continue, avec distension du ventre donnez sulphur. '

Jpium virus, pour la diarrhée jaune verdàtre, liquide,

ou si le ventre est

persolTr? Z C°ntaCt dU drap de Ht' sPé™lement aux pei sonnes irritables, qui trouvent à redire à tout aux en ants inconstants qui mangent et boivent de ïou et au tombent dans l'abattement et la faiblesse q

lesbdiviH P° r , T"8™161116111 à toutes les diarrhées chez les individusdebihtes, mais aussi dans les cas où, lorsque

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pendant la durée des fortes douleurs, caractérisées par un état de spasme, de resserrement et de compression, qu'il y a évacuation d'une grande quantité de matières brunâtres et minces, suivies le plus souvent de douleurs brûlantes à l'anus, avec grande faiblesse du bas-ventre, borborygmes, coliques venteuses et éructations. Lorsque les douleurs spasmodiques surexcitent le patient , et l'empêchent de dormir, ce remède lui donne un peu de calme et prévient la diarrhée.

Bryonia convient assez ordinairement pendant les chaleurs de l'été, et en particulier après avoir pris des boissons froides ou pour tel autre cas de refroidissement; ou que la diarrhée est causée par du fruit ou par un excès de nourriture; ou lorsqu'elle se déclare bientôt après avoir mangé ; à la suite de l'usage de la choucroute ou d'un aliment analogue; à la suite d'une vive contrariété, et quand chamomilla n'a pas suffi.

Nux moschata convient à celui qui s'est enrhumé soit dans l'eau ou par l'humidité des pieds, ou qui prend facilement froid, et qui a la peau très-sensible à l'impression du froid; dans la diarrhée glaireuse; appétit nul; langue chargée ; mauvaise haleine ; ou évacuations claires, accompagnées d'épreintes; avec douleur sous les côtes, se portant de droite à gauche; ou abdomen ballonné par des vents; après avoir bu et mangé, coliques et mal de tête.

Dulcamara convient dans la diarrhée qui se manifeste à la suite d'un refroidissement, particulièrement en ete et en automne, s'aggravant la nuit; qui s'accompagne d évacuations fréquentes et plus aqueuses, avec ou sans douleurs ou coliques. Si dulcamara ne réussit pas après six heures, donnez bryonia et répétez-le toutes les six, huit ou douze heures. - Si la diarrhée est accompagnée de plus de faiblesse que de douleur, si elle éclate après le repas et que les aliments soient rendus non digérés, chinâ convient généralement; quelquefois aussi c'est bryoma ou

rheum qu'il faudra consulter. Mais si la faiblesse est considérable et coïncide avec les douleurs abdominales, donnez arsenicum, et s'il n'est pas suivi d'un prompt effet, nux vomica. Contre les selles d'aliments non digérés, ferrum conviendra souvent, alterné avec china ou calcarea, et quelquefois avec mercurius. Contre la grande faiblesse avec diarrhée, ipecacuanha est le meilleur remède, avec veratrum et arsenicum; pour la diarrhée sans douleur, ferrum. — Lorsque la diarrhée alterne avec la constipation, comme cela a lieu quelquefois chez les vieillards, donnez antimonium crudum et calcarea, surtout s'il n'y a aucune espèce de douleurs.

Pour la diarrhée des femmes grosses ou nouvellement accouchées, voyez le chapitre des « Maladies des femmes» ; et pour la diarrhée des enfants pendant l'été, voyez le chapitre des « Maladies des enfants » .

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