CESSATION DES RÈGLES OU ACE CRITIQUE
Cette e'poque de la vie du sexe fe'minin arrive vers l'âge de quarante-cinq ans; elle est, en général, plus tardive chez les femmes qui vivent dans l'aisance, tandis qu'elle avance chez celles qui mènent une vie dure. On en voil chez lesquelles cette révolution s'opère à trente-six ans, comme aussi chez d'autres où elle n'a lieu qu'après cinquante ans et même plus tard. Lorsque cet âge approche, les mois deviennent plus ou moins réguliers, soit quant au temps, soit quant à la quantité. La périodicité est plus courte, comme aussi elle peut être plus longue que de coutume. La quantité de sang qui se perd varie pareillement dans sa nature, sa consistance et ses mélanges. Les règles sont ou très-courtes, ou constituent une véritable maladie. Le flux se présente fréquemment à l'improviste, dure deux ou trois heures, et puis il s'arrête, sans aucun des symptômes propres à une suppression.
^ Quelquefois la marche progressive du changement d'état s'accomplit d'une manière si graduelle et avec si peu de trouble dans l'organisme, que la femme ne se doute pas qu'elle subit une nouvelle condition. Sa santé se fortifie et devient plus florissante que jamais.
D'autres femmes sont moins heureuses; elles éprouvent diverses souffrances, telles que vertiges, céphalalgie, bouffées de chaleur, état nerveux, pâleur et faiblesse; urines 'fréquentes, lim-
dàn,8H r > ndantïS'.°U C0l01'ëes et e" P^ite quantité; douleur "on ^^leure de l'abdomen (bas-ventre), dans le dos
«'.rr:1'10?^ jambes avec mA^*»» de
rampement; appétit irregulier, lenteur de digestion1 chaleur dans la parue inférieure de l'estomac et dans le dos - h n o rhoules fatigantes, et suppléant quelquefois au règb l enZes des extrémités inférieures; gonflement du vent e uf a ie d
temps en temps sans s'accompagner des symptômes ordinaires propres aux flatuosités. De violentes démangeaisons dans les parties sexuelles ne sont pas rares alors.
Il ne faut pas, à l'occasion d'une légère irrégularité des règles à cet âge, faire intervenir la moindre action médicamenteuse, surtout si l'évacuation diminue. Un régime bien réglé est ce qui importe le plus dans celle circonstance, — aliments simples el d'une digestion facile, pris principalement parmi les végétaux; abstinence complète de toutes choses stimulantes ; exercice en plein air conformément à la saison ; bains; frictions sèches sur tout le corps. On évitera de dormir dans une chambre trop chaude et trop renfermée, ainsi que dans un lit trop mou. Dans tous les cas, il sera bon de porter la flanelle ou la soie sur la peau, on mettra le plus grand soin à ne pas s'exposer aux fâcheux effets des vicissitudes de l'atmosphère ; en conséquence on se vêtira convenablement.
Les prétendus toniques et les remèdes dits fortifiants sont toujours nuisibles à cette époque; il faut donc savoir s'en passer.
Lachesis et pulsatilla sont les principaux remèdes homéopathiques contre les désordres de Yage du retour. Si l'un d'eux ne suffit pas pour neutraliser les symptômes, il faudra les prendre alternativement, en mettant entre chaque dose un intervalle d'une semaine. — Il arrive très-souvent que l'un suffît sans l'autre; dans ce cas, chacun sera adapté aux symptômes propices.
Bryonia, cocculus, ignatia ou sulphur, conviennent dans
quelques cas particuliers.
FLUEURS BLANCHES, LEUCORRHÉE.
Cette maladie consiste dans une perte de mucus anormal des parties génitales, et affecte plus particulièrement les femmes adultes et celles qui touchent à l'âge du retour. On 1 observe quelquefois chez les petites filles, et quelquefois auss! chez les femmes un peu âgées; dès le commencement, la patiente ne remarque qu'un léger écoulement de matière blanchâtre; il soit goutle à goutte, et s'accompngne dans les parties d une sensation désagréable. Si on n'y fait nulle attention, comme c'est l'ordinaire, l'écoulement augmente en quantité, et devient, dans quelques cas, excessif.
Les femmes qui sont le plus sujettes à celte affection sont d'un tempérament nerveux , c l'une complexion molle, à poitrine délicate et à prédisposition héréditaire. Les causes génératrices de cette maladie sont en général : accouchements laborieux, irrégularité des règles, emploi de purgatifs, corsets,veillées prolongées, usage immodéré du thé, du café et des épices; peu d'exercice, et quelquefois oubli dans les soins de propreté; présence de vers, et application^ injection locale de quelque substance irritante. Les femmes qui sont habituées à cette affection l'éprouvent surtout avant et après les règles et pendant la grossesse. La sécrétion est moindre ou plus abondante, et varie en quantité et en qualité. Dans le commencement, elle n'a rien d'extraordinaire : on dirait que la sécrétion de mucus est à l'état normal; mais, plus tard, le mucus prend une consistance plus épaisse et une apparence gélatineuse, ou devient clair, laiteux et aigre. Dans la leucorrhée passée à l'état chronique, ce mucus devient purulent, et acquiert une couleur jaune; il est souvent verdàtre,et quelquefois d'une teinte brune. La perte ne s'effectue pas toujours à la continue, elle a lieu souvent d'une manière irrégulière et par émissions saccadées.
La leucorrhée, après une durée plus ou moins longue, se compose de certains symptômes ; tels sont : douleur constante dans les reins et le dos ; sensation d'impulsion vers et dans l'abdomen; souffrance dans les hanches; froid des extrémités; pâleur de la face ; tristesse ; perte d'appétit; éructations ; symptômes nerveux; névralgies, etc.
La leucorrhée amène après elle des affections si graves de la matrice et des parties voisines, qu'on ne saurait trop s'empresser d'y porter remède. On a eu trop souvent sujet de regretter avec amertume d'avoir négligé de s'occuper de cette maladie dès le principe, alors qu'on pouvait la traiter avec espoir de succès. — Au premier signe de l'approche du mal, la malade s'attachera d'abord à corriger les causes prédisposantes, et autant qu'il est en son pouvoir, à éloigner les causes excitantes; telles sont : toutes choses qui agissent au détriment de la santé générale; et notamment, les corps étrangers introduits dans le vagin avec l'intention de soutenir la matrice; les pessaires, la malpropreté, etc. Celte affection peut tenir aussi à un état particulier de l'organisation
On trouvera plus d'un avantage à se servir des injections dans le traitement de la leucorrhée.
Calcarea, s'il y a démangeaisons etbrûlement, se faisant sentir avant les règles; pertes laiteuses qui disparaissent souvent après avoir uriné et s'accompagnent de sensation pressive sur la portion la plus basse de l'abdomen, et d'une descente ou chute de la matrice; si elle a lieu après avoir voulu faire effort pour soulever quelque chose de trop lourd; leucorrhée corrosîve, blanchâtre , chez les très-jeunes filles ; il convient spécialement aux femmes lymphatiques, de la complexion des blondes et prédisposées à l'embonpoint, et qui ont des règles abondantes avec anticipation.
Pulsatilla, lorsque la perte est épaisse, comme de la crème; quelquefois corrosive; accompagnée de prurit vers l'époque critique; avant, pendant et après les règles ; si elle est occasionnée par une peur ; et chez les jeunes filles, avant que la menstruation soit bien établie.
Cocculus, leucorrhée avant et après les règles ; pertes de mucosités sanguinolentes pendant la grossesse ; leucorrhée semblable à des lavures de viande ; avec coliques et flatuosités.
Causticum contre la leucorrhée profuse, ayant l'odeur du sang des règles, ou qui coule la nuit, accompagnée d'une douleur dans le dos et les reins; pâleur de toute l'habitude du corps, avec excoriation des parties.
Natrurn muriaticum, lorsque la perte est abondante et consiste en un mucus transparent, blanchâtre et épais, ou s'il est cuisant; teint terreux, jaune de la figure; leucorrhée accompagnée de mal de tête, avec prédisposition à la diarrhée, avec évacuations claires et coliques.
Sulphur, dans les cas opiniâtres avec urines chaudes ; pertes blanchâtres ou jaunâtres et corrosives ; à la suite d'éruptions répercutées ou d'un rhumatisme incomplètement guéri.
REMARQUES SUR L\ CROSSESSE.
Pendant la durée de la grossesse, la femme doit considérer que les actes les plus futiles de sa part peuvent exercer une
grande influence sur l'avenir el la santé, et ajoutons, sur l'état moral et intellectuel d'un être qui lui est attaché par les liens les plus intimes et les plus chers , être qui doit attendre d'elle comme mère, et autant qu'il est en son pouvoir, une seconde constitution. Ainsi donc, pour atteindre à un tel but, il est du devoir d'une mère de faire la plus grande attention à sa nourriture, à ses vêtements et à l'exercice qui lui sied le mieux.
Nourriture. — Elle doit à cet égard observer la plus grande simplicité et s'abstenir des aliments et des boissons stimulantes, comme de tout ce qui tend à augmenter l'excitabilité du système nerveux. Elle évitera également de prendre trop de nourriture à la fois; car, il semble que la nature ait voulu prévenir la plénitude en excès par les nausées et les vomissements auxquels sont sujettes les femmes enceintes. Il n'est pas nécessaire non plus qu'elle serve ses goûts bizarres et ses appétits voraces; personne n'ignore qu'il en résulte le plus ordinairement des indigestions, des coliques et même des états convulsifs. A plus forte raison, devra-t-on s'opposer à l'usage contre nature de la chaux, de la magnésie, du café grillé, etc.
Vêtements. — Elle doit s'habiller selon la saison, et n'avoir aucun lien qui fatigue la taille ou toute autre partie du corps; les habillements auront plutôt de l'ampleur et une certaine laxité dans les attaches. Les corsages serrés [corsets] (1) sont on
(1) Il faut absolument que la femme comprenne toute son importance dans l'humanité. Qu'elle soit donc éclairée dans l'accomplissement de ses devoirs, comme mère; qu'elle soit même initiée aux mystères de sa propre organisation, pour que tous les doutes de son esprit soient dissipés. Aux conseils, aux avertissements du docteur Héring, ajoutons les enseignements du professeur Serres {*). Puissent ces conseils, ces avertissements, ces enseignements, si judicieux, être compris comme ils doivent l'être ; le sort de l'homme y est intéressé.
« L'usage du corset est dangereux. Je dis l'usage, qu'on le remarque bien. Ici l'abus ne se sépare point de l'usage : l'hygiène proscrit l'un et l'autre.
« J'appellerai d'abord l'attention sur les effets les plus ordinaires que produit le corset.
« Généralement, il presse l'abdomen au niveau de la neuvième ou de la dixième côte. A cet endroit, il agit sur le foie, le comprime, le brise en quelque sorte; il en diminue, il en altère les fonctions. On sait combien, chez les femmes, les maladies du foie sont devenues, depuis
(♦) Voyez aussi Études historiques et médicales sur les corsets, par le docteur H. Bouvier. Pans, 1853, in-8.
no peut plus dangereux. L'expérience démontre, en effet, que la plupart des souffrances de l'enfant el de la mère proviennent de la compression continuelle et forcée de l'abdomen durant la gestation. Il n'y a pas de doute que le plus grand nombre
quelque temps, fréquentes, opiniâtres, graves. La cause de ces affections ne se cherche pas ailleurs que dans l'usage du corset.
« Il comprime la veine cave inférieure (veine ventrale); par suite, le sang stagne dans le ventricule droit, et ce ralentissement dans la fonction circulatoire occasionne l'étranglement des veines jugulaires. De là des spasmes, des évanouissements.
« Le corset est encore une cause de hernies , et on le comprend : cette armature baleinée s'oppose à l'ondulation naturelle des viscères de l'abdomen; elle les comprime d'une manière inégale, et ils tendent à s'échapper par les endroits qui leur offrent le moins de résistance.
« Mais ce n'est là qu'une partie des désordres causés par le corset; il en produit d'autres, de plus graves, et c'est l'utérus qui en est le siège.
« J'ai parlé déjà de l'utérus, de son analomie, de ses fonctions. Cet organe est suspendu dans le bassin par le ligament large et le ligament rond. Ces ligaments maintiennent l'utérus à la manière des ressorts qui maintiennent la caisse d'une voiture. Je ne puis pas trouver de comparaison plus exacte ; et il fallait qu'il en fût ainsi. Au moment de la grossesse, en effet, l'utérus se déplace, voyage dans l'abdomen: il n'est pas fixé aux parois du bassin; les ligaments , tout en le retenant, lui permettent de flotter.
« Avec le corset, voici ce qui arrive à l'utérus :
« Le corps baleiné refoule la masse intestinale de haut en bas ; alors l'utérus, organe flottant, est lui-même refoulé par les intestins; les ligaments le suivent dans le sens de la pression. De là ces abaissements de l'utérus, de là ces autres affections du même organe, affections terribles et si fréquentes, à Paris surtout, que bientôt les médecins n'y pourront plus suffire.
« On le voit, l'usage du corset n'est pas seulement funeste à celle nui le porte; si nous n'y prenons garde, il atteindra la race; car cette mode ridicule et meurtrière s'atiaque à la source même de la vie, et tend à l'altérer.
« Sans doute, le corset n'est pas nouveau en France; mais, de toutes les formes qu'il a affectées, la plus dangereuse pour la santé est celle qui a été adoptée de nos jours.
« Nos dames , pour obtenir un plus grand evasement relatif des hanches, compriment le buste avec une énergie dont les âges précédents n'offrent point d'exemples. Au dix-huitième siècle, nos grand'mères portaient des corsets. - Bulfon appelle de pareils vêtements des cuirasses; - mais aussi elles portaient des paniers, et l'énorme développement de ces paniers permettait de donner plus d'ampleur aux corsets.
de difformités n'aient leur origine dans la vanité et les prétentions excentriques des mères.
Exercice. — Quant à l'exercice, nous l'avons déjà dit ici, il
« La mode était aussi ridicule que la nôtre, mais elle offrait bien moins de dangers. Nos grand'mères, qui portaient paniers, ont, après tout, produit la forte génération de 1789.
« J'ai dit que le corset finirait par altérer notre race, et je n'ai pas exagéré. — On sait que c'est par la femme que les qualités de la race se conservent. Ce fait est d'une observation constante.
« Français du dix-neuvième siècle, nous sommes les fils des femmes gauloises ; et nous devons être fiers de nos mères. Leur condition était bien supérieure à celle des femmes romaines. La Gauloise choisissait son époux : mariée, elle était l'associée de son mari ; elle avait la moitié des biens. L'éducation des enfants lui appartenait exclusivement; quand le fils savait manier les armes, alors seulement elle le présentait à la tribu.
« Les Gaulois avaient ceci de très-remarquable pour un peuple à peine naissant à la civilisation, c'est qu'ils respectaient la femme. Partout où ce respect de la femme existe, soyez sûr que le peuple est éminemment perfectible, qu'il atteindra à de hautes destinées.
« Ce sont les générations de femmes gauloises qui , chez nous, ont conservé et perpétué la race, cette race gauloise dont vous m'entendez si souvent parler. Les conquérants romains, bourguignons, francs, sarrasins, ont eu beau s'abattre et s'implanter sur le sol, ils n'avaient point amené leurs femmes avec eux ; ils ont trouvé dans le pays conquis les femmes gauloises qui ne l'ont jamais quitté, et par elles l'élément gaulois a toujours survécu et a prédominé. Aussi ne vous étonnez pas de rencontrer dans notre race une unité de croyance, d'effort social qui persiste à travers les ténèbres du moyen âge, à travers les guerres, les fureurs des factions, et qui s'est retrouvée, cette unité, plus puissante que jamais au grand jour de la Révolution française. La Révolution a fait de cette unité un faisceau aujourd'hui indissoluble. Oui, nous sommes un peuple homogène par l'agglomération et les idées, homogène dans les âges. Les Gaulois du temps de César et nous, c'est le même peuple, que distingue le même trait moral : l'amour de l'égalité.
« Eh bien! cette race énergique, intelligente, supérieure, cette race gauloise est-elle destinée à déchoir ? Oui, si la femme , conservatrice de la race, déchoit elle-même. Et le corset , cause perpétuellement agissante de maladies et d'atrophie, peut amener ce résultat qui sera gênerai; car l'usage du corset est général dans les villes et tend même a se généraliser dans les campagnes.
« Luttez avec nous, mères, contre le despotisme de la mode; luttez dans vos ramilles pour y abolir l'usage pernicieux du corset. Pour nous, nous utterons toujours et partout. Médecins, notre famille, c'est I humanité !»
Skuhks, Couru c/'anthropolo</ie.
est nécessaire pendant letat de grossesse. Celui qu'on devra préférer sera la promenade à pied et au grand air; car il n'en est pas qui mette les muscles du corps plus en action. Cependant il ne faudra pas le prendre immédiatement après que le travail delà digestion sera commencé; le moment le plus convenable est deux ou trois heures après avoir pris un modeste dîner, soit pendant un temps doux, dans la journée ou vers le soir; on évitera avec soin l'humidité de la nuit en ne rentrant pas trop tard chez soi. La promenade en voiture ou à cheval est un exercice passif qui convient peu; et en outre il offre trop de chances pour des accidents qui peuvent être graves par eux-mêmes, et parce qu'il est précisément l'occasion de mille frayeurs. On mettra un égal soin à éviter les promenades trop longues, engagées par un temps trop incertain, la danse, la course, l'emploi d'efforts pour soulever des poids trop lourds, etc. L'avortement ou l'accouchement prématuré sont la suite de ce genre d'imprudence. On respirera un air pur, et la chambre à coucher sera grande et fréquemment ventilée. Il faut conserver la tranquillité d'âme sur toute chose; il est nuisible d'occuper trop sérieusement son esprit, comme aussi dépasser de longues veillées. — Tout ceci s'adresse aux dames du grand monde ; pour les femmes du peuple, elles doivent faire comme elles peuvent.