DES INCOMMODITÉS DE LA. GROSSESSE
Quoique la grossesse soit un état parfaitement naturel, il n'en est pas moins troublé quelquefois par des désordres qui proviennent , soit d'une organisation imparfaite, soit des suites des divers traitements subis antérieurement. Il n'est donc pas inutile de faire connaître les moyens de remédier à ces déviations de la santé pendant l'état de grossesse.
Quelle que soit la croyance universelle à un état de pléthore, à une plénitude générale du système pendant la gestation , nous passerons outre; l'idée d'agir dans ce cas par déplélion est un véritable non-sens. — Disons seulement, au .sujet de cette nécessité de la saignée en certains cas, tels que ceux qui concernent les femmes sujettes aux fausses couches, qu'elles doivent avant tout éviter d'être saignées; pour un cas dans lequel la saignée a paru justifier ce préjugé, cent ont rendu l'avorlement plus inévitable.
L'irritabilité nerveuse qui complique si souvent l'état de gros-
sessc csl susceptible d'être traitée avec succès; des soins intelligents el judicieux préviennent la tempête qui menace la santé de la femme, en donnant à son système entier une impulsion vitale dans laquelle la santé ne laisse rien à désirer.
Nous allons maintenant parler des désordres qui peuvent avoir lieu dans la grossesse, et indiquer le traitement qui leur convient.
Menstruation. — La continuation des règles pendant la grossesse, incommodité comparativement très-rare, est fortuite, et doit être considérée plutôt comme un simple écart de la nature, que comme une maladie.
Lorsqu'une cause de souffrance dure depuis trop longtemps, elle produit la faiblesse, el la femme peut être sujette à l'incommodité en question; si elle s'accompagne, de douleur on aura recours à crocus, platinum, ou cocculus, ou phosphorus.
Pour l'indication spéciale de ces remèdes voyez « Coliques menstruelles ou règles trop abondantes ».
Vertige et mal de tête. — Quelquefois, dès la seconde semaine, mais généralement dans la troisième après la conception , la femme ressent dans la tête une étrange sensation de plénitude ou de pesanteur, qui s'accompagne d'engourdissement, et d'une sorte d'inaptitude pour tout mouvement. Si les effets de cette sensation augmentent, il s'ensuit une certaine légèreté de la tête, avec vertige, principalement le matin, un étourdissement avec obscurcissement de la vue en s'arrêtant; et en même temps scintillation devant les yeux; assoupissement ou un état opposé; céphalalgie avec pesanteur de têts ou de la nuque; disposition à se laisser tomber en avant si l'on s'arrête; palpitations du cœur, nervosité générale, etc. A ces symptômes viennent s'ajouter, dans quelques cas, des fadeurs d'estomac; l'appétit varie sur toute chose et diminue; l'odeur des aliments qu'on prépare inspire du dégoût; la vue des provisions pour la table excite des nausées; les mets que la malade préférait à tout lui font mal, et les choses pour lesquelles elle n'avait aucun goût sont celles qui lui plaisent et qu'elle mange avec avidité. Il est remarquable que ces désirs el ces répugnances ne résulter l pas de 1 expérience du moment, mais bien des caprices du gout. — La langue est généralement recouverte d'un enduit jaunâtre avec un peu de rougeur sur les bords el à la pointe. La bouenese remplit d'une salive sans saveur
410 DES MALADtES LES PLUS COMMUNES.
Il n'y a peut-être pas un seul cas de grossesse qui réunisse tous ces symptômes, mais il n'en est pas un qui n'en présente quelques-uns ; ils ont cela de commun , qu'ils s'aggravent le matin; on rencontre aussi des femmes qui passent tout le temps de la gestation sans que leur santé soit troublée par rien d'extraordinaire.
Aconitum, vertige en se levant étant assis, comme par ivresse, et comme si l'on allait tomber ; faiblesse en se levant d'une position couchée, avec obscurcissement de la vue ; congestion du sang à la tête avec battement, et pression sur la région du front; douleurs sourdes à la tête; yeux rouges; étincelles, avec crainte delà lumière; taches noires devant les yeux. — Ce remède convient principalement aux personnes pléthoriques et d'un tempérament nerveux.
Belladonna, vertiges avec chancellements et tremblements ; stupeur avec perte de connaissance ; plénitude de la tête avec bruissement dans les oreilles, et crainte de tomber ; le bruit irrite; pesanteur et pression sur la tête, ou sur le front au-dessus des yeux ; douleurs expansives dans la tête, avec violent battement des carotides ; injection des yeux, avec palpitation des paupières et rougeur de la face ; éclairs devant les yeux ; double vue des objets. Les symptômes qui réclament l'emploi de belladonna éprouvent généralement de l'aggravation le matin et répugnent au mouvement.
Glonoine, voyez ce qui a été dit de ce remède à l'article « Mal de tête ».
Nux vomica, vertige et embarras de la tête; étourdissement avec obscurité de la vue, et bourdonnements d'oreilles; douleurs déchirantes, tractives et tressaillantes de la tête, douleurs périodiques ; souffrances de la tête particulières à la grossesse, avec constipation ; dégoût pour les aliments accompagné de saveur insipide, ou acide, amère et putride de la bouche. — Ce remède convient aux per-
sonnes vives, violentes, principalement si elles mènent une vie sédentaire; si elles sont constipées et habituées au café. Les souffrances s'aggravent généralement le matin, après l'exercice et au grand air.
Opium, vertige en se levant; vertige avec stupeur, comme après une débauche ; sommeil imparfait, avec somnolence et face bouffie; respiration lente et lourde; illusion de l'imagination.
Platinam, le mal de tête qui augmente graduellement et cesse de même; mal de tête causé par une vexation ou un accès de colère; exspuition de salive fade ou douceâtre. — Ces souffrances, chez les femmes nerveuses et hystériques, s'aggravent par le repos et s'améliorent par le mouvement.
Pulsatilla, vertige, qui devient pire en s'arrêtant, avec une cécité momentanée, chancellement et crainte de tomber; mal de tête unilatéral, douleurs pulsatives et lancinantes dans la tête ; mal de tête sympathique de l'esto- 'mac; mal de tête tous les jours ; les souffrances sont suivies fréquemment de l'engourdissement des membres, et s'aggravent généralement le soir et avant minuit. — Pulsatilla convient particulièrement aux personnes d'un caractère doux et facile.
Sulphur, s'il y a congestion de la tête, avec douleur pulsatives, et sensation de chaleur à la tête, vertige, chancellement, principalement assis, ou après avoir mangé, suivi de nausées, de syncope, de faiblesse, et de saignement de nez; tête confuse, méditation difficile, avec aggravation le matin et le soir; maux de tête d'un seul côté, ou maux de tête occupant le sommet, le derrière ou le devant au-dessus des yeux, avec obscurcissement de la vue, maux de tête périodiques ou intermittents, aggravés le matin, ou le soir, ou la nuit. Les douleurs de tête augmentent par le mouvement, en se promenant en plein air, et par les méditations. Après l'emploi de ces différents ré-
mèdes, la malade attendra plusieurs jours pour en observer les effets. S'il se déclare de l'amélioration, on s'abtiendra tant qu'elle durera. Si les symptômes reprennent de nouveau, il faudra répéter le remède. S'il n'y a pas d'à» mélioration, on passe à un autre.
Mal au cœur. — Les nausées, les vomissements, les crachements, la pituite de l'estomac, c'est tout un. — Ces incommodités si communes à l'état de grossesse commencent habituellement vers la sixième semaine et se prolongent, avec plus on moins de force, jusque dans le cinquième mois. Après cette époque elles cessent généralement, mais pour reparaître sur la fin de la gestation, dans quelques cas.àlasuitedela plus légère provocation. Les nausées et les vomissements ont lieu communément le matin, au saut du lit, et continuent deux ou trois heures durant. Après bien des efforts, on rend plein la bouche des mucosités d'un goût quelquefois tellement aigre, que les dents en sont agacées. Les aliments sont rarement rejetés, et les vomissements amènent souvent aussi une grande quantité de bile.
Nous n'oublierons pas de noter le crachement d'une salive écumeuse et une salivation si copieuse et si tenace, que, lorsqu'elle tombe sur le plancher, elle y forme de véritables flaques d'eau. Quelquefois celte salivation devient encore plus abondante et est suivie d'aigreurs et de déjections d'eaux de l'estomac (pituite).
lpecacuanha, vomissements violents avec douleurs au creux de l'estomac; langue sale; vomissement de bile; vomissement avec soif ; perte d'appétit et relâchement du ventre.
Nux vomica, vomissement avec vertige; impatience, mauvaise humeur ; vomissement d'un mucus aigre ; goût amer de la bouche; nausées continuelles; aigreur, écoulement d'eaux; hoquet; sensibilité douloureuse de l'estomac avec pression comme par une pierre; constipation, et tempérament irritable.
Arsenicum est utile lorsqu'il survient des vomissements excessifs après avoir mangé ou bu; s'il y a défaillance, grande faiblesse et maigreur considérable.
Pulsatilla, langue couverte d'un enduit blanchâtre ; nausée insupportable avec envie de vomir; vomissement d'un mucus aigre et d'aliments ; nausées venant de la gorge et de la bouche ; éructations acides, amères ou rapportant le goût des aliments ; goût amer ou aigre delà bouche après avoir mangé ; nausée après avoir mangé; salivation; écoulement d'eaux de l'estomac ; hoquet; pulsations au creux de l'estomac ; envie fréquente d'uriner.
Natrum muriaticum, dans le cas opiniâtre de déjections d'eaux de l'estomac; griffement au creux de l'estomac, qui est douloureux au toucher; eaux salées qui montent constamment de l'estomac; perte du goût et de l'appétit.
Nux moschata, voyez ce remède ainsi que veratrum, à l'article «Affections de l'estomac ».
Phosphorus sera ;donné dans les cas semblables à ceux d'arsenicum, s'il avait paru ne pas suffire.
Mal de dents. — L'odontalgie est l'affection la plus commune qui paraisse dans la grossesse, elle en est quelquefois l'un des premiers symptômes. Elle peut exister pendant tout le temps de la gestation , mais d'ordinaire elle se manifeste par paroxysmes el par intervalles plus ou moins longs. Elle se fait sentir dans une ou plusieurs dénis cariées, ou dans une dent parfaitement saine ou dans une partie de dent. La douleur est de nature névralgique. Avant de songer à extraire une dent, dans ces circonstances, il faut consulter un médecin.
Les remèdes qui réussissent le mieux sont : calcarea, apium virus, mercurius, chamomilla, nux vomica, pulsatilla et staphysagria. — Pour les cas particuliers , laissez-vous gouverner dans le choix du remède par la similitude de symptômes avec ceux du mal. (Voyez l'article « Mal de dents».)
Constipation. — La constipation accompagne très-fréquemment la grossesse. On y remédie en général par l'exercice et un régime alimentaire composé plus particulièrement do vegelaux , ainsi que par ]a boisson de beaucoup d'eau froide Mais, si cela ne suffit pas, donnez nux vomica, une do-^e le soir et deux ou trois soirs consécutifs, ou, dans quelques cas, si c est nécessaire, donnez bryonia, opium, lycopodium , ou sulphur. (Voyez « Constipalion ».)
Diarrhée. — La diarrhée n'est pas aussi commune que la constipation dans la grossesse, mais elle est beaucoup plus grave ; il ne faudrait pas qu'elle durât longtemps. Elle dépend fréquemment de quelque cause accidentelle dont l'éloignement la fait cesser presque aussitôt.
Les meilleurs remèdes sont : lycopodium, sulphur, dulcamara, antimonium crudum, nux vomica , pulsatilla et rheum. (Voyez « Diarrhée » .)
Prurit. — Durant les premiers mois, quelquefois même jusqu'à la fin de la grossesse, les femmes sont fatiguées et tourmentées par des démangeaisons insupportables des parties génitales. On les attribue généralement à une augmentation dans la sécrétion de ces parties. Le mucus sécrété acquiert de l'âcreté; une efflorescence aphtheuse, semblable à celle qu'on remarque chez les enfants, se manifeste sur la surface interne des grandes lèvres et dans les parties voisines; elle pénètre quelquefois jusqu'à la hauteur et dans la direction de la matrice. Dans d'autres cas, les aphlhes sont remplacés par une trèsgrande irritation des tissus qui prennent une couleur cuivrée et présentent comme de petites déchirures. De toutes ces surfaces, tourmentées par une irritation particulière, il s'échappe constamment une perte aqueuse viciée qui, lorsqu'elle s'accumule, s'accompagne d'un prurit indomptable. Celle maladie n'attaque pas seulement la femme enceinte, elle visite même celle qui ne l'est pas. Elle y est, toutefois, plus sujette durant la gestation et s'amende pendant les règles.
De fréquentes ablutions d'eau offrent un puissant moyen de soulager les malades et de préparer la guérison.
Les principaux remèdes sont : bryonia, carbo vegetabilis.
Dans la variété aphtheuse on donne la préférence à carbo vegetabilis et à silicea.
Dans la chaleur et la sécheresse des parties, à bryonia et lycopodium.
Lycopodium s'adapte principalement s'il y a un écoulement blanc ichoreux avec ou sans expulsion de vents de la matrice.
Pulsatilla, à chaque variété de la maladie, surtout si elle a lieu sur le déclin des règles.
Mercurius, si les démangeaisons sont violentes avec inflam-
mation et engorgement d'oS lèvres; leucorrhée corrosive avec pression en bas et excoriation de tissus.
Afin de faire cesser promptement cette inopportune maladie dans son symplôme pruriteux, on pourra se laver de temps en temps les parties avec une solution légère de borax. — On se sert également avec succès d'eau acidulée avec le jus de citron.
Hémorrhoïdes. — Quoique cette maladie ne soit , en aucune façon, particulière à la grossesse , cependant il arrive souvent que certaines femmes en sont atteintes à cette époque à cause de la pression qui s'exerce sur l'utérus et de l'état de torpeur où sont tenus les viscères abdominaux. Il en résulte une gêne dans les fonctions du ventre et de la circulation sanguine locale.
Pour un traitement approprié, voyez l'article « Hémorrhoïdes ».
Varices. — Cette maladie consiste dans la dilatation et la distension des veines; elle n'est point exclusive à l'état de grossesse; elle existe en tout temps chez la femme, et quelquefois aussi chez l'homme. Mais comme celte maladie se rencontre fréquemment chez la femme enceinte, on doit considérer qu'elle est presque particulière à cet état. Elle se montre rarement dans la première gestation , mais on la remarque beaucoup plus souvent dans les grossesses subséquentes. Les veines variqueuses se font remarquer généralement vers les chevilles et peuvent s'établir à la jambe, et de là se porter au genou, comme aussi couvrir toute l'extrémité. L'affection peut être limitée à une seule jambe, comme aussi occuper les deux. L'état variqueux existe avec ou sans l'œdème, ou gonflement général des pieds et des extrémités inférieures.
Les veines variqueuses sont généralement superficielles, et prennent d'abord une couleur rougeâtre; plus tard, elles sont de couleur bleuâtre plombée et sont plus gonflées ; elles deviennent bosselées, nouées. Elles acquièrent plus de grosseur lorsque la malade se tient debout; elles diminuent lorsqu'elle reste couchée.
Quand cette affection est légère, elle n'est point douloureuse; mais en augmentant, elle le devient, et enfin, les veines peuvent se crever elle sang s'épancher sous la peau, et môme se faire jour extérieurement.
Comme la maladie est produite par une cause en quelque sorte mécanique, elle disparaît après la délivrance : la près-
sion exercée sur les veines n'existant plus, tout rentre dans l'état naturel.
Si la distension est très-prononcée et que la maladie soit très-douloureuse, il est nécessaire que la femme reste étendue. On a recours alors à des lotions fréquentes d'eau froide ou d'eau légèrement alcoolisée. Si elle est obligée de se tenir debout, on pourra lui apporter quelque soulagement en lui appliquant à la jambe un bandage ou en lui faisant prendre un bas lacé. Si le bandage ou le bas lacé ne suffisait pas, il conviendrait d'appliquer le matin un bandage plus serré en commençant par l'orteil, et progressivement jusqu'à la partie la plus supérieure de la jambe, jusqu'au genou.
En aide aux moyens mécaniques que nous venons de faire connaître, on pourra employer avec succès les remèdes suivants :
Pulsatilla convient dans le plus grand nombre de cas, surtout s'il y a un gros développement des veines et de tout le membre, avec beaucoup de douleur et plus ou moins d'inflammation, ou lorsque les veines sont bleues et même tout le membre. Arnica, donné alternativement avec pulsatilla, est quelquefois très-avantageux.
Lachesis après pulsatilla, lorsque ce dernier n'a produit qu'un amendement dans la douleur et le gonflement, mais que la teinte bleuâtre est restée.
Nux vomica, avec constipation, coïncidant avec un tempérament hémorrhoïdaire et irritable.
Arsenicum, comme pulsatilla, mais avec sensation de brûlement dans les douleurs.
Carbo vegetabilis comme dans le précédent, si arsenicum
n'a pas suffi.
Lycopodium dans les cas chroniques, lorsque les autres remèdes ont été insuffisants.
Incontinence d'urines. — Cette incommodité se manifeste dans tout le temps de la grossesse, et peut-être est-elle plus commune dans les premiers mois. Si ce désir n'est pas satisfait tout de suite, l'urine peut s'échapper involontairement. L'urine est fréquemment très-âcre et d'une odeur forte.
Les meilleurs remèdes sont : pulsatilla, belladonna, china, silicea ou stramonium.
Si les urines sont douloureuses : pulsatilla, eocculus , phosphoric. acid., nux vomica ou sulphur.
Douleurs dorsales et du côté. — Après le cinquième mois de la grossesse, quelques femmes sont prises de douleurs dorsales, qui s'étendent aussi en profondeur dans le côté droit sous les côtes. Cette sensation est un mal incessant qui s'accompagne de chaleur. La malade ne peut rester longtemps assise; la douleur est plus supportable après avoir passé une ou deux heures au lit. Elle cesse généralement vers le huitième mois. Les petites femmes y sont particulièrement beaucoup plus sujettes dans leur première grossesse.
Pour les douleurs dorsales, donnez bryonia , rhus , belladonna, pulsatilla, nux vomica, causticum ou sulphur.
Pour les douleurs du côté, aconitum, chamomilla, pulsatilla ou phosphorus.
Crampes. — C'est une affection très-incommode qui se fait sentir et devient pire vers le quatrième ou cinquième mois, et plus lard sur la fin de la grossesse.
Les crampes se font sentir dans les muscles de l'abdomen , dans le dos, les hanches et les extrémités inférieures.
Les remèdes les plus propres à éloigner les crampes des jambes, qui sont les plus fréquentes, sont : colocynlhis , hyoscyamus, calcarea, chamomilla, nux vomica ou sulphur.
Celles du dos : ignatia, rhus ou opium.
Celles de l'abdomen : nux vomica, pulsatilla, belladonna, hyoscyamus ou colocynthis.
Celles des cuisses, hyoscyamus.
— des pieds, calcarea.
Pour les crampes des muscles de l'abdomen, prenez belladonna, hyoscyamus, nux vomica ou pulsatilla.
Lorsqu'elles attaquent le dos, prenez ignatia, opium ou rhus.
Les hanches, colocynthis, graphites ou stramonium .
Les cuisses, hyoscyamus.
Les jambes, calcarea, chamomilla, nux vomica, si c'est après minuit ; ou sulphur, si c'est le soir. Les pieds, calcarea.
Défaillance et attaques hystériques. — Ces incommodités peuvent avoir lieu durant toute la grossesse, mais elles se manifestent particulièrement vers l'époque où l'enfant corn-
mence à remuer. Les femmes robustes en sont attaquées, mais non pas aussi souvent que les femmes délicates et nerveuses. Ces accidents ne sont que passagers. La malade éprouve d'abord une sensation de langueur avec disposition au bâillement; tout paraît tourner autour d'elle; il y a obscurcissement de la vue, bruissement et tintement des oreilles; pâleur de la face; soupirs et insensibilité. 11 n'y a pas, comme dans l'épilepsie, des mouvements convulsifs, la voix n'est pas étouffée et la malade ne se mord pas la langue. — Lorsque ces accès sont légers, il suffira, pour les rendre tolérables, d'être attenlir au régime diététique, d'aller et de se promener au grand air; on les prévient aussi en écartant les causes accidentelles, telles que de rester dans une chambre trop chaude, ou d'être trop à l'étroit dans son corset, etc.
Ces affections peuvent également être causées par la frayeur, la colère ou un saisissement [quelconque. Quelquefois même elles ont lieu sans aucune cause d'excitation extérieure.
Aconitum peut prévenir le retour des accès, lorsqu'ils ont lieu sur des femmes d'un tempérament sanguin etexcitable.
Coffea, chez les femmes nerveuses; quand il y a grande excitation; spasmes de l'abdomen, respiration difficile, transpiration froide, etc.
China, dans un état de faiblesse générale, et particulièrement après de fortes hémorrhagies.
Chamomilla , contre l'hystérie à la suite d'un accès de colère.
Nux vomica , chez les femmes d'un tempérament passionné et colères, avec dérangement de l'estomac.
Belladonna est souvent employé après ou alterné avec aconitum, spécialement avec dispositions à avoir le sang à la tête.
Pulsatilla, chez les femmes douces qui se laissent facilement attendrir, et lorsque les accès sont accompagnés d'une grande excitabilité , avec disposition à se laisser abattre.
Ignatia, lorsqu'il y n céphalalgie intense, nausées ët défaillance; frissons avec pâleur de la face; si là malade ne
peut supporter ni la lumière ni le bruit; distension de l'abdomen. Si cet état dure et se répète, faites dissoudre quelques globules à'ignatia dans de l'eau, et donnez-en deux cuillerées à café toutes les dix minutes, jusqu'à ce qu'elle soit mieux.
Mélancolie. — Sous cette dénomination, nous comprenons le découragement, la dépression des forces morales et intellectuelles.
Sans entrer dans le détail des symptômes à ce sujet, nous dirons en un mot que l'esprit dans un état aussi malheureux voit toujours les choses sous une mauvaise couleur et à travers un milieu défavorable. Dans cet état, la femme réalise dans ses propres sensations tous les symptômes pénibles dont elle entend parler, et s'étonne même qu'elle ne soit pas plus malheureuse. Des commères et des amis légers contribuent involontairement à augmenter cet état de souffrance, en lui rapportant toutes sortes d'accidents et de malheurs. — Entourez la malade de personnes judicieuses, dont la conversation enjouée et gaie la distraira de sa mélancolie et donnera le change à ses idées déraisonnables; qu'elle prenne de l'exercice au grand air et une nourriture convenable. Qu'elle use plus ou moins des remèdes suivants :
Aconitum, si la crainte de la mort prédomine, et si cet état malheureux de l'esprit a été causé par la frayeur.
Belladunna, grande agitation, inquiétude, la nuit; frayeur avec disposition à s'enfuir ou à se cacher; peur des revenants; rire involontaire et disposition à chanter ou à devenir furieuse avec rage; crainte de faire un effort; illusion des sens et visions effrayantes.
Pulsatilla, tristesse et larmes; douloureuse préoccupation d'une foule de petits soins; sensibilité au creux de 1 estomac; insomnie; céphalalgie; aigreurs d'estomac; elle reste dans une humeur taciturne, elle entoure ses genoux avec ses mains et dit des choses folles; elle est capricieuse et se refuse a la conversation.
Sulpkur, abattement d'esprit avec grand inImH pour les sujels rebgieux; désespoir de se sauver dans le ciel ; oubli
des noms propres, spécialement des mots dont elle veut se servir ; disposition à la colère.
Blessure ou avortcinent. — Il y a des femmes qui sont susceptibles de se blesser à toutes les périodes de la grossesse ; mais, toutefois, cet accident arrive le plus ordinairement entre le troisième et le quatrième mois. Mais lorsque l'avortement alieu vers cette époque, il est sans danger; cependant, s'ils reviennent souvent, les pertes qu'ils occasionnent affaiblissent la constitution et préparent des maladies chroniques. Les blessures qui se déclarent plus tard sont beaucoup plus sérieuses, et entraînent souvent de véritables dangers.
Les femmes qui ont avorté une première fois deviennentfacilement sujettes à cet accident. Les causes les plus ordinaires de i'avortement sont : des coups, des chutes, des émotions subites, l'abus des purgatifs; un exercice forcé; l'abus d'une nourriture et de boissons trop stimulantes ; le défaut d'exercice, du grand air, etc.
Les symptômes suivants précèdent ou suivent cet accident : Frissons accompagnés de plus ou moins de fièvre ; douleurs qui portent en bas; douleurs vives de l'abdomen ; douleurs sécantes sur les reins, ou ressemblant à des douleurs d'enfantement; sortie de mucosités plus ou moins sanglantes, plus ou moins foncées ou cailleboltées, suivie de l'écoulement d'un fluide clair. L'avortement se fait généralement pendant la manifestation de ces symptômes, et, s'il n'est pas empêché par les moyens appropriés, il met en péril la Yie de la malade.
Arnica, si l'accident est provoqué par une cause externe, une chute, un coup, etc. Ce médicament sera donné sans délai.
Apium virus est aussi utile pour prévenir l'avortement que pour arrêter la perte de sang qui peut suivre ; s'il y a des douleurs pressives sur l'abdomen ; embarras dans les urines; mal de tête; montée de sang à la figure; éruption avec brûlement et picotement; sensation de brisement des parties situées dans les fausses côtes; tout le ventre sensible; douleur dorsale, particulièrement chez les femmes d'humeur changeante et d'un esprit jovial et gai, mais qui sont susceptibles de colère et de jalousie.
Chamomilla est particulièrement indiquée dans les tranchées violentes qui se portent des reins dans les hypochondres jusque vers le milieu du ventre, avec le besoin senti de pousser une selle ou d'uriner; ces douleurs sont périodiques et ressemblent à des douleurs d'enfantement, et ne tardent pas à être suivies de perte de sang, où l'on remarque quelques caillots; fréquents bâillements; frissons avec soif.
Nux moschata, si le sang est noir, épais et s'il augmente constamment en quantité, avec douleurs qui portent en bas, nausées, tiraillements dans les jambes, urines brû lantes; chez les femmes d'humeur changeante, dont les menstrues sont généralement irrégulières, qui s'enrhument facilement, et à peau sèche; le grand air ne peut être supporté ; estomac faible.
Secale, très-utile après l'avortement, spécialement aux sujets faibles et délicats, ou lorsque la perte consiste en un sang fluide et noir et que les douleurs sont sans aucune énergie.
Crocus, particulièrement employé dans les cas où la perte est d'un sang noir etcaillebotté, qui augmente par le moindre mouvement, avec une sensation de frémissement, comme si quelque chose remuait dans la région ombilicale; son usage est avantageux dans les cas qui marchent lentement et que les autres remèdes ont paru inefficaces.
Ipecacuanha contre l'avortement avec spasmes, mais sans perte de connaissance; écoulement profus et continuel dun sang vermeil, accompagné d'une pression dorsale, et de douleurs sécantes vers le nombril ; nausée ou vomissement; défaillance imminente; frisson et chaleur Belladonna convient au début dans les douleurs presses et violentes, avec tension dans tout le bas -ventre, particulièrement vers la région inférieure, avec une sensation de contraction ou de gonflement, ou en même temps avec une pression en bas, comme si les parties géni-
taies (la matrice) allaient sortir, symptôme caractéristique de belladonna ; on ressent comme une douleur de brisure, de luxation, dans les reins; face rouge; stupeur, chaleur vers la tête; soif; palpitation; perte profuse qui n'est ni très-noire, ni très-rouge.
Hyoscyamus répond à l'état de spasme, avec mouvements saccadés et convulsifs, accompagnés de roideur dans tout le corps; perte de connaissance; hémorrhagie d'un sang rouge fluide, plus forte pendant les spasmes et la nuit.
Platinum est convenable si la perte est d'un sang noir, épais et caillé; douleurs dorsales qui passent sur les aines, avec pression intense qui affecte les parties génitales, devenues très-excitables; bon quelquefois après ipecacuanha.
China s'adapte particulièrement aux femmes faibles et épuisées, qui perdent du sang par intervalles, avec douleur qui pousse en bas, ou contre les douleurs spasmodiques de l'utérus; vertiges, somnolence, syncope; perte de connaissance et froid des extrémités. Ce remède est propre à rétablir les forces vitales et d'éloigner les symptômes du mal qui restent.
Ferrum est utile dans le cas d'avortement avec fièvre, douleurs d'accouchement et perte de sang.
Nux vomica et bryonia se donnent avec avantage quand la constipation est cause de l'accident.
Administration des remèdes. — A Ja première apparence des symptômes précurseurs de l'avorlement, la malade se tiendra tranquille ou gardera son lit tant qu'il y aura du danger; ou éloignera de son esprit tout motif d'excitation, et elle vivra d'un régime modéré. On choisira le remède approprié aux symptômes, et s'il n'y a pas d'amélioration après quelques heures ou le jour suivant, à la suite de la première dose, on la répétera. Si, après cette seconde dose, il n'y a pas encore amélioration , il faut chercher un autre remède. S'il y a du mieux, abstenezvous du remède tant que le mieux durera; si les symptômes reparaissent, répétez le dernier rè'rnèd'e encore une fois avant
de recourir à un troisième médicament. — Si les symptômes sont intenses et la perte abondante, dissolvez environ dix globules dans un verre plein d'eau et donnez-en une culilerée toutes les demi-heures ou plus souvent selon la nécessité, en espaçant les cuillerées au fur et à mesure de l'amélioration, et cessez toute médication avec la cessation de la perte.
Perle de sang- pendant et après la grossesse. — C'est un accident assez fréquent pendant la grossesse et pendant les couches. — Les moyens ordinaires se montrent ici presque toujours nuisibles, même quand ils soulagent momentanément. Par exemple, l'eau froide, qui se montre efficace pour un moment, ne tarde pas à produire l'inflammation : c'est pourquoi ce moyen est particulièrement dangereux pendant les couches; les frictions éthérées occasionnent fréquemment des attaques de nerfs; l'alun détermine des indurations ou autres mauvaises maladies ; la créosote donne des ulcères, etc. Le tamponnement ne sert de rien; il ne fait que mettre' une' digue au sang, car l'hémorrhagie ne s'arrête pas : elle se continue à l'intérieur. — Dans cette grave circonstance, il est essentiel que la femme reste étendue, qu'elle soit tranquille de corps et d'esprit, et qu'il règne autour d'elle le plus profond silence. Lorsque l'hémorrhagie se renouvelle, il convient de faire une forte ligature à la partie supérieure de la cuisse avec une serviette, et mieux encore avec un foulard; on en appliquera une seconde au bras. Il sera avantageux de faire prendre a la malade quelques cuillerées d'eau froide; et si la figure commence à pâlir et qu'on craigne un évanouissement, donnez quelques gouttes de vin pur, mais seulement quelques gouttes a la fois. Le vinaigre en olfaction a aussi son avantage, et dans beaucoup de cas on s'en sert utilement en friction sur le nez les tempes et autres parties; mais il ne faut pas faire comme cela se pratique ordinairement, s'en servir en trop grande qnant,te; il suffira d'en prendre tout au plus une cuillerée à cafe dans le creux de la main, et d'y tremper les doigts pour Ua maîT " ^**«^: c'est le moyen Vév U cas, peut avon des inconvénients
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pe danf un an ^ , 1 eSt indisPei^ble de défendre pendant un. an 1 usage de boissons chaudes; par contre on presenra 1 usage du lait froid quatre ou cinq fois^ar Jour Maïs
la circonstance est toujours assez importante pour faire intervenir un médecin homœopaihe.
Pendant la grossesse ou après la délivrance, on emploiera avec avantage la teinture de cannelle, — une goutte étendue dans une demi-tasse d'eau, après l'avoir agitée; — on en prendra une cuillerée à café toutes les fois qu'il y aura aggravation. Ce remède sera encore utile dans le cas où l'hémor- 1 hagie serait la suite d'un effort, ou après avoir porté un fardeau, soit aussi après avoir étendu trop fortement les bras, ou fait un faux pas. Si l'on n'a pas de la teinture, on fera mâcher un peu de cannelle. Si ce moyen ne réussit pas assez promptement, donnez arnica. Il est un autre remède non moins important dans les fortes hémorrhagies qui surviennent après l'accouchement, c'est secale cornutum (seigle ergoté). A la dose d'un demi-grain , on lui a vu arrêter des pertes foudroyantes.
Ipecacuanha convient dans le cas d'une hémorrhagie continuelle très-abondante , particulièrement chez les femmes enceintes dont les règles n'ont pas été suspendues, avec douleurs sécantes autour du nombril, forte pression qui porte sur la matrice et à l'anus, avec froid et frissons de tout le corps, avec ondée de chaleur à la tête, faiblesse très-prononcée et envie de rester couchée; donnez ensuite arnica. Le remède principal dans les hémorrhagies qui peuvent se déclarer après l'accouchement est ipecacuanha. — Chamomilla sera donné après ce remède lorsqu'il n'aura produit que peu ou point d'amélioration, surtout si le flux sanguin est accompagné de douleurs semblables à des douleurs d'accouchement.
Bryonia, lorsque le sang sort en grande abondance et qu'il est d'un rouge foncé, s'il s'accompagne de douleurs pressives dans les reins, de céphalalgie, principalement dans les tempes, avec la sensation comme si la tête allait éclater.
China est un remède essentiel dans les cas les plus graves de ménorrhagie qui déterminent une grande faiblesse; lorsqu'il y a pesanteur de tête, vertiges, perte de connaissance et somnolence; lorsqu'il y a faiblesse soudaine, dé-
faillance, froid des extrémités, pâleur de la face, mouvements convulsifs de la bouche, convulsion des yeux, ou si la face et les mains deviennent bleues, ou s'il se déclare des tressaillements isolés dans tout le corps. — On peut en même temps frictionner légèrement le bas-ventre, ou appliquer sur les parties des compresses vinaigrées, et donner ensuite quelques gouttes de vin. — On doit aussi faire emploi de ce médicament lorsque le sang s'échappe par intermittence et avec spasmes, si les douleurs dont ces symptômes s'accompagnent ressemblent aux douleurs d'accouchement et se portent sur l'anus, et si l'hémorrhagie augmente de plus en plus. On l'emploiera pareillement lorsque les symptômes sont suivis de coliques, d'un besoin fréquent de rendre ses urines, et d'une tension sensible du bas-ventre.
ffyoscyarnus convient lorsque la perte rouge s'accompagne de douleurs semblables à celles de l'accouchement avec tiraillement dans les cuisses ou les reins ; lorsqu'il se manifeste une chaleur générale avec pouls accéléré ou plein, avec gonflement des veines du dos des mains ou de la figure ; qu'il y a grande inquiétude, agitation excessive, tremblement dans tout le corps ou torpeur des membres, perte de connaissance , trouble de la vue , délire et soubresauts des tendons ou des extrémités, secousses et mouvements brisés des membres, alternés avec roideur des articulations.
Belladonna, lorsque le sang qui se perd n'est ni trop clair, ni trop foncé, et qu'on éprouve une pression aux parties génitales, comme si tout allait sortir, avec douleurs violentes dans les reins, comme de brisure, et accompagnées d'autres symptômes qui sont mentionnés à J article « Avortement».
Platinum est prescrit quand l'hémorrhagie reconnaît pour cause une violente émotion, que le sang est foncé, épais, mais sans être caillé ou coagulé; douleur dans le
bas-ventre qui part des reins, avec pincements ou élancements qui se portent sur la région ombilicale, qui compriment les parties internes et rendent l'appareil génital trèssensible et exaltent les appétits.
Ferrwn convient lorsque le sang est tantôt noir et caillé, tantôt clair et liquide, accompagné de douleurs comme d'enfantement, avec la face rouge, pouls ordinaire; après ferrum, china convient souvent.
Apium virus et nux moschata; voyez l'article « Avorte-
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ment 9 • ,. i-, Bi/n&N ma taeJioq -jç t-» tnsmodDUQO Dans quelques cas, où le sang est très-épais et coagule,
et que les remèdes précédents paraissent insuffisants, faites
sentir du safran, broyé entre les doigts.
Hygiène des seins pendant la grossesse. — Après Vaccouchement, les seins deviennent souvent si malades que l'allaitement est quelquefois impraticable. C'est pourquoi il est essentiel de s'en occuper deux ou trois mois avant le terme de la gestation. En effet, on observe principalement durant la première grossesse, et sur les jeunes femmes , que les seins augmentent de volume, que le pourtour des mamelles prend une couleur foncée, et que même les mamelons grossissent et se portent en saillie plus que dans l'état naturel. Ce changement de volume et de condition des mamelons s'accompagne souvent de douleur et d'une excessive sensibilité. Excoriation , inflammation , crevasses, exfoliations farineuses, et un cercle de petits abcès, sont les affections les plus ordinaires auxquelles ces parties sont sujettes à l'état de gestation.
Durant les trois derniers mois de la grossesse, les seins seront bassinés dans toute leur étendue avec de l'eau froide, et cela tous les matins; ils seront ensuite séchés avec des serviettes un peu fermes. En cas de simple excoriation ou de tendreté des mamelons , il s'agira de les laver deux ou trois fois par jour avec de l'eau contenant quelques gouttes de teinture d'arnica, ou d'eau-de-vie. Dans quelques cas, un peu de teinture de myrrhe scia ajoutée avec avantage à l'eau-dovie. Quant aux autres affections du bout des seins, on donnera selon les indications, à l'intérieur, les médicaments suivants :
Aconitum ou chamomilta, si les mamelons sont très-enflammés, et que la douleur ressemble à un mal de dent. Conviendront aussi silicea et sulphur.
Sulphur, dans le cas de brûlement, de picotement, de gonflement, de crevasse, d'éruptions farineuses, de petits boutons pustuleux. Lycopodium, mercurius ou hepar sont quelquefois également nécessaires.
Fausses douleurs. —Quelques femmes, avant d'arriver à terme, éprouvent des douleurs anticipées, c'est ce qu'on appelle fausses douleurs. Généralement, ces douleurs précèdent l'accouchement de quelques heures, de quelques jours et même de quelques semaines.
Elles diffèrent des douleurs vraies principalement par leur irrégularité, qui ne s'accordent pas avec les constructions de la matrice; elles sont reléguées dans l'abdomen, augmentent par la pression et le mouvement, et n'ont point la progression des douleurs vraies. Quelquefois il est difficile de distinguer les unes des autres. Dans cette circonstance, il faut se laisser guider par l'état ou durée de la grossesse; s'il y a encore une, deux ou trois semaines à attendre , il faut les calmer avec les remèdes appropriés.
Les causes probables de ces fausses douleurs sont la congestion du sang de la matrice, le refroidissement de l'abdomen, des émotions morales, des erreurs de régime, les vêtements, etc. -?oi2j;I i'»s3,i("io;iq arioi-M?Qu2ihrri z^h lirornson'immoTi I 0<-
Bryonia, si ces douleurs proviennent d'un accès de
colère, si^ elles occupent le dos et le bas-ventre; s'il y a constipation; tempérament irritable; aggravation par le mouvement.
Nux vomica. Douleur comme dans bryonia, de plus, comme si la région des hanches était meurtrie; constipation; si elles ont lieu principalement la nuit; aux personnes colères et passionnées, qui aiment les excitants, le café, etc.
Puhatilla. Douleurs abdominales et dorsales, aggravées en se baissant, avec sensation de roideur et douleurs tiraillanles et picotantes, dans les cuisses; constipation ou diarrhée ; aux femmes douces et faciles et mangeant beaucoup de choses grasses et indigestes.
Dulcamara, lorsqu'elles dépendent du froid, et que les effets du froid ou de l'humidité sont aigus et violents et portent dans les lombes; arrivent ou s'aggravent la nuit.
Aconitum convient aux jeunes femmes d'une riche constitution, lorsque ces douleurs s'accompagnent d'un pouls fort, plein et fréquent, avec congestion de tête, face rouge et chaleur de la peau.
Belladonna, si les symptômes ressemblent au précédent; convient après ou alterné avec aconitum, et aussi lorsque ces douleurs ont quelque chose de spasmodique.