‹ Médecine homoeopathique domestique [electronic resource]Chapitre 55 sur 270 · DE LA NUTRITION ET DU RÉGIME. CI · texte numérisé non relu

DE LA NUTRITION ET DU RÉGIME. CI

en donnant les moyens de les satisfaire. Mais comme les désirs contentés sont toujours plus impérieux, le pouvoir de satisfaction ne peut les suivre ; il a ses bornes, si les désirs n'en ont pas. L'esprit, affaibli, s'irrite, et l'homme se trouve entraîné, avec le délire des idées, dans le délire des passions ; il perd toute moralité ; et la nécessité croissante de donner satisfaction à des hesoins factices produit les maladies de l'esprit, les aliénations mentales. C'est là le lot des heureux de ce monde, qui entendent si bien, disent-ils, l'art de vivre confortablement. — Mais voici le contraste : l'imbécillité, l'atrophie de l'intelligence, amenée par l'épuisement graduel des forces physiques, est la part de cette masse de travailleurs qui semblent délaissés par la civilisation. C'est ici l'abrutissement presque primitif de l'espèce humaine. La matière a absorbé l'esprit; l'emploi perpétuel de la puissance musculaire a empêché la manifestation de la puissance intellectuelle.

Au point de vue de l'hygiène pure, l'excès dans l'exercice du cerveau par surexcitation ou par la méditation prolongée; le défaut d'exercice par paresse ou par négligence, sont également dommageables pour la santé. Tout se réduit encore ici et toujours, à faire une juste et impartiale répartition des forces.

Quelque grande et souveraine que soit l'intelligence sur le monde extérieur, qu'elle exploite au profit de besoins vrais ou faux de la vie, l'intelligence, qui marque son apogée par le règne de la raison, n'en est pas moins subordonnée aux nécess.tésde l'organisme; car, en définitive, elle est un instrument au service de la perpétuité du phénomène vital. Vivre est la suprême nécessité,

Plutôt souffrir que mourir, Est la devise des hommes.

(La Fontaine.)

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comme des forces libres, elles font une sorte d'appel à la puissance intellectuelle, qui intervient avec ses moyens d action, pour l'assouvissement des besoins en souffrance. Comme leur activité est proportionnelle au degré du plaisir qui doit en résulter, il s'ensuit que les natures sensuelles et fortes sont aussi les plus passionnées. . , „

A proprement parler, il n'y a pas de passions chez les êtres inférieurs à l'homme; il n'y a que des appétits, qui, dans certaines circonstances, peuvent nous donner l'idée que 1 on peut se faire de ces transports élevés de la vitalité. - k ce point de vue les passions ne sont pas primitives, mais bien acquises par la pratique sensuelle de la vie, c'est-à-dire par le développement progressif des appétits, qui ne sont pas régulièrement satisfaits. Quand on voit, au sein du corps social, des nécessites et des goûts nouveaux et purement accessoires éclore par un accord de l'instinct et de la volonté, on doit admettre que les passions peuvent être une conséquence immédiate et comme une émanation colorée de l'amour de soi, de la vie, et qu elles naissent et germent des appétits déterminés organiquement; et bien qu'elles soient dégagées de la matière, elles « en restent pas moins inhérentes à des conditions toutes vitales. C est même leur immatérialité qui fait qu'elles sont la manifestation spontanée et sereine de l'existence morale, tant qu e les demeurent dans la subordination de la force spirituelle, de la puissance de la raison ; et elles restent subordonnées, si les facultés intellectuelles ont reçu une haute et grande culture ; autremen dit s. ces facultés prévalent toujours sur les instincts Mais si cette digue leur manque, elles débordent, et entraînent 1 homme dans

1 V y "a des passions bonnes et mauvaises, parce qu'il y a de bons et de mauvais instincts. ,

Dans l'échelle des êtres, les divers instincts sont partages et attribués sans confusion à chaque espèce. Tout animal porte donc son cachet distinctif et indélébile : celui du loup ne sera iamais celui de l'agneau. L'homme, être synthétique, résume en lui tous les attributs instinctifs, mais dans une mesure variable De là la diversité des caractères et des penchants parmi 1 s nommes. Us sont bons ou mauvais, selon les instincts qu. le dominent, et chacun reste marqué d'un type - £

ou moins accentué; s'il est doté de manière a ce qu . se fluefl équilibre, il est l'être supérieur, et ne conserve ru» au fi ont qrij

de l'éducation. cm

le rapproche, par un côté quelconque, de l'animalité. Il marche droit, et peut contempler le ciel ; il est un et semblahle à lui seul, il est devenu l'image de l'être surnaturel. — Arrivé à ce point de perfection organique, il peut, par le sentiment qu'il a de ses besoins, de ses forces et de son aptitude à comprendre le milieu qui l'enveloppe, il peut régner sur la nature entière et sur lui-même. C'est là l'œuvre des facultés intellectuelles, auxquelles il appartient d'apprécier ce qui est bon et mauvais, dans le monde physique comme dans le monde moral ; auxquelles il appartient de mettre l'homme en état de juger et de vouloir, pour se perfectionner encore et toujours.

Cela posé, on conçoit qu'indépendamment de leur diversité, les passions puissent être, à raison même de leur origine, plus ou moins intenses et vives, et être plus ou moins susceptibles de subir des dépressions ou des modifications ; on conçoit aussi qu'il soit en notre pouvoir de les animer et de les exalter, ou de les diminuer, et de les anéantir même. A ce point de vue, cela ne paraît plus qu'une question de régime ou de discipline. — On les fomente, on les fait déborder par les excès, comme on les contient par la privation forcée ou volontaire. L'homme raisonnable, c'est-à-dire celui dont les facultés de l'esprit sont supérieures par les lumières, se suffit à lui-même ; mais l'homme faible (c'est tout le monde), c'est-à-dire celui dont l'intelligence est primée par les appétits instinctifs, a besoin d'une règle qui l'oblige.

Comme on le voit, c'est toujours le même thème : solliciter, sinon surexciter le système nerveux ou l'amoindrir, selon les nécessités profitables à la santé.

§ IV. De l'éducation. En conséquence des énonciations qui se sont succédé dans les pages précédentes, et le système nerveux ayant été pris pour base des indications à remplir en hygiène, on voit qu'il doit aussi servir de point de dépari a l'établissement des règles de l'éducation. — C'est par le système nerveux que nous vivons et agissons; c'est par lui que nous devons et que nous pouvons nous perfectionner, c'est-àaire étendre et augmenter la sphère de notre activité vitale.

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nous borner a une considération générale qui suffira, c'est notre espoir, poUr ouvrir les yeux d(| £ ^ ^

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