CVI DE L'APPROPRIATION DES REMÈDES
qui en sera faite adoucira, avec le progrès du temps, cet entraînement, cette pente irrésistible à la douleur physique et. morale, à laquelle l'humanité est livrée depuis qu'elle a perdu les instincts vrais et purs de la vie. Alors commencera celte grande restauration physiologique, tant promise, dans laquelle disparaîtra, dans la mesure du possible, par la prophylaxie, le germe de la mort anticipée que nous subissons. Ainsi, en garantissant à l'homme les fruits acquis de l'expérience et de la science, l'homœopathie le réintégrera encore dans sa longévité, en écartant de lui les excès qui y portent atteinte.
Or, tout tempérament constitue un premier désaccord dans l'harmonie vitale ; d'où il suit que chaque tempérament, fortement accusé, est déjà une forme de maladie, qui ne compromet pas encore, il est vrai, l'exercice des fonctions et la jouissance de la vie, mais qui fait, selon son espèce, pencher l'organisme vers un ordre spécial de souffrances. — Personne ne doute, en effet, que le tempérament sanguin ne prédispose, par exemple, à des maladies différentes de celles du tempérament nerveux, et quel'état de pléthore ne soit l'expression la plus complète delà prépondérance du sang sur le restedu corps vivant.
L'étude des effets purs des médicaments (étude faite sur l'homme à l'état sain) a démontré que les remèdes ont, chacun en propre, la faculté de développer une augmentation d'activité vitale, plus ou moins restreinte, dans une portion de 1 organisme, et que c'est toujours au détriment de la pondérât. on des fonctions que cette augmentation se fait. - Tout le monde sait aujourd'hui que Yaconit napelh la vertu de solliciter spécialement un excès d'action dans le système sanguin et de donner à l'économie animale les attributs, passagers sans doute, du tempérament sanguin. Ce qu'on dit ici de l'aconit, on peut en dire autant de tout autre médicament à l'égard des constitutions lymphatiques, nerveuses, bilieuses, et des constitutions mixtes, les moins imparfaites de toutes.
Quant à l'influence réciproque des âges, des sexes et des tempéraments, il y aurait des considérations majeures a présenter en ce lieu. — Nous devons nous borner pour le moment à dire que certains médicaments ont une action qui se fait sentir plus particulièrement aux divers âges, et d'autres qui affectent plutôt les femmes que les hommes; qu'il y a une analogie fondée entre les tempéraments, les âges et les sexes, et que c'est à raison de cela qu'on répète de tout temps que la consu-
SELON LA PRÉDOMINANCE DES TEMPÉRAMENTS, ETC. CVIl
tution lymphatique répond à l'enfance comme la constitution nerveuse à celle de la femme, etc.
Cela posé, on comprend l'importance de prendre en considération les conditions dont il vient d'être parlé dans le choix du médicament. Ce n'est pas absolument tout que de l'approprier à la maladie à guérir, il faut encore qu'il s'adapte, s'il y a lieu, à l'individualité physiologique. Si cette concordance peut s'établir, la guérison n'en sera que plus prompte, plus douce et plus sûre. Prenons un exemple : un homme et une femme sont atteints l'un et l'autre d'une maladie semblable, contractée sous l'influence de causes identiques ; le même remède doit convenir ici de prime abord; cependant il y a une nuance dans l'expression des symptômes qui fait hésiter dans le choix du remède. L'hésitation cesse, si l'on vient à considérer que ces deux malades diffèrent de sexe, et surtout si la femme est lymphatique et l'homme sanguin : cette circonstance indique alors deux remèdes au choix, et qu'on donnera à la condition, toutefois, que chaque remède couvrira les symptômes principaux du mal, dans les deux cas.
Il ne nous reste plus qu'à dresser le tableau des principaux médicaments que l'expérience assigne aux diverses conditions de tempérament, d'âge, de sexe, de caractère, etc., etc.
Tempérament lymphatique. — Il se caractérise par l'abondance des humeurs avec expansion du tissu cellulaire - le corps prend une réplétion très-prononcée, et se fait remarquer par des formes arrondies, la mollesse des chairs, la couleur blonde des cheveux, la blancheur et la pâleur de la peau et aussi par l'inexpression de la figure et des yeux. Dans ce tempérament, la circulation est lente, l'esprit sans vivacité, les passions sans énergie.
Les médicaments qui lui conviennent sont : merewius, sulphur, catcarea carbonica, pulsatilla, china, arsenicum, nitrum acidum, belladonna, phosphorus, secale, lycopodium, carbo vegetabilis, arnica, silicea, natrum muriaticum.
Tempérament 8a.,s.ii„. n se manifeste par la prédominance du sa dont la circulation est plus active ; paHa 2-
InZ» n S °n de 'a figU,'°' avec *cux brillants, d'une couleur plutôt bleue que foncée ; cheveux châtains ou noirs ; les formes corporelles sont accentuées autrement que dans lé
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lymphatique; l'esprit, l'âme et le corps sont pleins d'activité. Il Pntre dans les attributs de la jeunesse.
es médicaments qui lui sont appropriés sont : aconitum,
Jux vomica, bryonia, lachesis, phosphorus, pulsatUla, sul
phur, etc. . , <„
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