PRÉFACE
11 n'est pas inutile, sans doute, à la première page de ce livre, d'exposer le plan que l'auteur a voulu suivre; ce plan est, en effet, différent de celui des traités de Médecine Opératoire. J'ai eu seulement en vue d'exposer les procédés opératoires employés par moi, pour le traitement des maladies de l'appareil urinaire, qui nécessitent l'intervention chirurgicale. Écrivant pour mes élèves et pour les chirurgiens peu habitués à ce genre d'opérations, je n'ai pas cru utile d'indiquer toutes les variantes qui ont été décrites, j'ai voulu seulement, par sélection, exposer les procédés opératoires, dont j'ai reconnu, à l'expérience, la supériorité.
Pour mieux faire comprendre les raisons de la technique et préciser les manœuvres, il m'a paru utile d'ajouter à leur description l'étude des deux bases sur lesquelles repose toute la médecine opératoire : l'anatomie normale et l'anatomie pathologique.
L'anatomie normale chirurgicale a été suffisamment développée dans ce livre pour dispenser le lecteur d'avoir recours à d'autres ouvrages, et je me suis appliqué surtout à appeler l'attention sur les points qu'il est utile de connaître à fond pour bien opérer.
Je n'ai, à aucun moment, voulu perdre de vue le but pratique de ce livre que j'ai destiné à ceux qui doivent opérer sur le vivant; aussi ai-je évité systématiquement les descriptions schématiques des opérations cadavériques, et je nie suis, au
vin PRÉFACE.
contraire, elïbrcé d'établir les indications anatomo-pathologiques des opérations.
Sous le nom d'anatomie pathologique chirurgicale, j'ai décrit les modifications que la maladie imprime aux organes et aux tissus voisins : elles intéressent au plus haut degré le chirurgien, parce qu'elles commandent le choix des différents procédés opératoires. La même opération est souvent appliquée à des maladies déterminant des lésions très dissemblables; aussi, ne peut-on décrire un procédé général, réellement utile dans la pratique : on ne fait pas la même néphrectomie dans les traumatismes du rein, dans les pyonéphroses ou dans le cancer, et la description générale d'un procédé ne saurait indiquer avec assez de précision les modifications imposées à une même opération par des lésions anatomiques différentes. En décrivant l'opération applicable au groupe de cas particuliers d'une même maladie, j'ai essayé de me rapprocher davantage de la clinique opératoire que seule l'expérience pratique peut enseigner.
Je sais, par une expérience personnelle longuement répétée, l'importance capitale des soins post-opératoires et je n'ignore pas qu'il y a là pour le chirurgien inexpérimenté une source de graves difficultés : c'est pourquoi je n'ai pas hésité à donner un grand et parfois minutieux développement à la description des soins à donner aux opérés.
Avant de terminer cette brève préface, il me tient à cœur d'adresser ici tous mes remerciements à MM. Papin, Leuba et Frantz, qui ont, avec beaucoup de talent et de précision, illustré cet ouvrage, ainsi qu'à MM. Masson et Bouchez, mes éditeurs, qui ont consacré un soin tout particulier à l'ordonnance typographique et à la publication du livre.