‹ Médecine opératoire des voies urinairesChapitre 110 sur 274 · Chai-ut. Arch. Génér. de Méd., 1894, janvier · texte numérisé non relu

Chai-ut. Arch. Génér. de Méd., 1894, janvier

464 URETERE.

ration. Deux mois plus tard, Chaput opéra une autre malade, atteinte de tuberculose vésicale; dans une première séance, il fixa l'uretère gauche au côlon; trois mois après, il exécuta la même opération du côté droit : la malade succomba le jour même de cette deuxième intervention.

Des expériences sur le chien, faites d'abord par Gluck etZeller (*), par Bardenheuer (2) et par Novaro(3), répétées ensuite par un grand nombre de chirurgiens, parmi lesquels je citerai surtout Morestin (*) , Harvey Reed(3), Boari(c), Martin et Petersen(7), Zeit(8), ont démontré que, avec tous les procédés opératoires imaginés, les animaux meurent très fréquemment, au moins dans les trois quarts des cas, les uns, primitivement de péritonite, les autres de rétention rénale ou de pyélonéphrite. De rares succès expérimentaux ont pourtant été obtenus, mais presque toujours lorsqu'un seul uretère a été implanté. Ces résultats expérimentaux s'expliquent par la difficulté opératoire qui est due, chez le chien, à la petitesse de l'uretère et à la grande épaisseur des tuniques intestinales; les résultais obtenus chez rhomme sont très supérieurs, quoique la mortalité opératoire soit encore très considérable et que bon nombre de malades aient succombé aux altérations rénales consécutives.

Je n'ai pas à discuter ici la valeur de la greffe intestinale des uretères et je me contenterai de dire qu'on connaît aujourd'hui un certain nombre de cas de longue survie, surtout lorsque l'implantation est unilatérale : en France, je citerai les succès de Chaput (13 ans), Chalot (bilatérale 1 an), Guinard (5 ans), Michaux (2 ans), Auvray (15 mois); à l'étranger les observations de Boari (0 mois), Fowler (bilatérale 5 ans 1/2), Pelers (bilatérale 10 mois), Krause (bilatérale 3 mois 1/2), Beck (bilatérale 7 mois), Martin (18 mois).

L'étude des cas mortels montre que l'opérateur doit craindre des accidents immédiats de péritonite, qui imposent le plus grand soin dans les sutures destinées à fixer l'uretère, et des accidents ultérieurs de pyélonéphrite ascendante, avec destruction plus ou moins complète du parenchyme rénal.

La greffe des uretères dans l'intestin a été pratiquée :

1° Pour des plaies accidentelles de l'uretère, lorsqu'on n'a pu faire ni l'anastomose urétéro-urétérale ni la greffe vésicale (Cavazzani).

2° Pour remédier à une fistule urétérale (Chaput).

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